Libye: Saïf al-Islam Kadhafi, fils de l’ancien dirigeant libyen, est mort

par admin9775

Saïf al-Islam Kadhafi, l’un des fils de l’ex-dirigeant Mouammar Kadhafi, longtemps vu comme son successeur potentiel et recherché par la Cour pénale internationale (CPI) pour crimes contre l’humanité, a été tué mardi 3 février, ont confirmé plusieurs sources à RFI. 

Photo non datée de Saïf al-Islam Kadhafi.
Photo non datée de Saïf al-Islam Kadhafi. © Entourage de Saïf al-Islam Kadhafi

La chaîne Libya al-Ahrar a affirmé que « des personnalités proches » de Saïf al-Islam Kadhafi ont fait part de son décès « sans (en) révéler les circonstances ». Son conseiller et représentant au comité du dialogue national, Abdullah Othman Abdurrahim, a indiqué qu’il était décédé dans une publication sur Facebook, sans autres précisions.

« Le docteur Saïf al-Islam est tombé en martyr », a de son côté déclaré son cousin, Hamid Kadhafi, par téléphone à la chaîne Libya al-Ahrar. 

Un commando de quatre personnes aurait perpétré l’assassinat, selon le conseiller de Saïf al-Islam Kadhafi

Selon plusieurs médias, Saïf al-Islam est mort au sud de la ville de Zintan, dans l’ouest de la Libye. L’homme de 53 ans était seul chez lui, quand il a succombé à des tirs de quatre hommes armés qui ont fait irruption à son domicile en prenant soin de désactiver les caméras de surveillance. Ils « ont pris d’assaut la résidence de Saïf al-Islam Kadhafi après avoir neutralisé les caméras de surveillance, puis l’ont exécuté », a écrit la chaîne Libya al-Ahrar sur X, citant les propos d’Abdullah Othman Abdurrahim rapportés par la chaîne. L’avocat de Saïf al-Islam a confirmé auprès de l’AFP qu’un « commando de quatre personnes » avait tué le fils de Mouammar Kadhafi à son domicile.

Certaines sources ont accusé la brigade 444 d’avoir perpétré cet assassinat. Cette brigade dirigée par Mahmoud Hamza a rapidement nié son implication dans l’assassinat. « Nous affirmons qu’il n’y a aucune force déployée à Zintan et nous nions l’existence d’une décision de poursuivre Saïf al-Islam Kadhafi », indique leur communiqué.

« Il ne sera pas enterré avant la fin de l’enquête »

Une photo de son corps allongé à l’arrière d’une Toyota circule sur les réseaux sociaux. Son conseiller politique affirme que sa dépouille a été transporté dans un hôpital privé à Zintan, et que quatre juges sont déjà arrivés dans la ville pour mener une enquête. « Il ne sera pas enterré avant la fin de l’enquête » affirme son conseiller.

Son avocat Abdallah Zaydi a déploré « l’assassinat lâche de Saïf al-Islam. Un crime odieux qui s’ajoute à la série de crimes commis contre le peuple libyen. »

Longtemps présenté comme le successeur potentiel de son père, Saïf al-Islam, 53 ans, s’était forgé une image de modéré et de réformateur. Une réputation qui s’est effondrée quand il a promis des bains de sang au début de la rébellion. Recherché par la CPI pour crimes contre l’humanité, il avait été arrêté dans le Sud libyen. Longtemps détenu à Zintan, il a été condamné à mort en 2015 à l’issue d’un procès expéditif avant de bénéficier d’une amnistie.

Une image de réformateur

Sous le régime de son père Mouammar Kadhafi, Saïf al-Islam s’était forgé une image de réformateur. Formé à Londres, il parlait couramment anglais et a joué le rôle de médiateur dans des missions diplomatiques sensibles, comme les négociations sur l’abandon des armes de destruction massive par la Libye.

Saïf al-Islam était devenu l’interlocuteur privilégié de l’Occident, appelant à l’adoption d’une constitution et au respect des droits de l’homme. Dans les années 2000, il avait contribué à la libération de prisonniers politiques, y compris islamistes, et lança un projet de réformes destiné à engager la Libye sur les rails de la démocratie, se heurtant toutefois à la vieille garde du régime – et a finalement échoué.

Mais au début de la rébellion contre le régime de son père en 2011, il promet «des bains de sang » et brise alors sa réputation de progressiste. Il est arrêté alors qu’il tentait de fuir, puis reste six ans en détention à Zintan, dans un isolement presque total. Il est condamné à mort en 2015 à l’issue d’un procès expéditif avant de bénéficier d’une amnistie.

Populaire auprès des nostalgiques du régime, il s’était présenté à la présidentielle libyenne de 2021. Sa candidature était controversée et contestée. Finalement il est disqualifié à cause de sa condamnation. Les disputes ensuite font effondrer le processus électoral et le vote n’a pas lieu. 

Un intellectuel contrarié

Marqué par la mort de son père et de son frère Moatassem en 2011, et par l’emprisonnement de deux autres de ses frères, Saïf al-Islam se méfiait de tous. Il sortait rarement, se promenant parfois seul aux abords du désert, toujours accompagné d’un livre — habitude qu’il avait acquise en prison.

En 2025, il avait rouvert des comptes officiels sur les réseaux sociaux, où il commentait l’actualité internationale et laissait transparaître son ambition persistante de se présenter à une future élection présidentielle.

Diplômé en économie et en architecture, Saïf al-Islam avait également développé une activité artistique, exposant ses peintures dans plusieurs pays, notamment à Paris.

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