La Banque Centrale du Congo (BCC) engage une réforme discrète mais structurante avec l’introduction de la plateforme Bloomberg FXGO DRC sur le marché interbancaire des changes.
Le lancement de la phase bêta, intervenu le 24 février 2026 sous la conduite du gouverneur André Wameso, en présence des équipes de Bloomberg L.P. et des représentants des banques commerciales, marque une évolution technique susceptible d’avoir un impact macroéconomique significatif.
Une infrastructure numérique pour structurer le marché
FXGO est une plateforme électronique dédiée à la négociation de devises entre établissements bancaires. Elle permet de centraliser les cotations, de digitaliser les transactions et d’assurer un suivi en temps réel des flux.
Au-delà de l’outil technologique, l’objectif affiché est clair : réduire l’opacité des opérations, fluidifier les échanges et renforcer les capacités de supervision de la Banque centrale sur le marché des changes.
Un enjeu stratégique dans une économie dollarisée

Dans une économie partiellement dollarisée comme celle de la RDC, où le taux de change influence directement les prix domestiques, la transparence dans la formation du cours constitue un levier essentiel de stabilité.
Un marché mieux structuré contribue à limiter les écarts excessifs, à réduire les asymétries d’information et à améliorer la transmission des décisions de politique monétaire. Cette évolution rapproche la RDC des standards internationaux en matière d’infrastructures de marché financier.
Des effets attendus pour l’ensemble des acteurs
Pour les banques commerciales, la plateforme instaure un environnement plus compétitif et plus sécurisé.
Pour les opérateurs économiques, elle offre une meilleure lisibilité des conditions de change, facilitant la planification des transactions internationales.
Pour les investisseurs, enfin, elle renforce la crédibilité et la transparence du cadre financier congolais.
Une phase test avant le déploiement officiel

La phase pilote, prévue sur une durée de six semaines, doit permettre d’ajuster les paramètres opérationnels avant un déploiement officiel annoncé dans les deux prochains mois.
Au-delà de son aspect technique, cette réforme consolide le rôle d’arbitre de la Banque centrale et renforce les fondations de la stabilité monétaire. En modernisant l’architecture du marché des changes, la BCC ne se limite pas à introduire un nouvel outil numérique : elle s’attaque à l’un des nœuds structurels de l’économie congolaise, à savoir la qualité de la formation des prix et la confiance dans la monnaie, soulignent plusieurs experts.
Par Pascal Kabeya
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