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Afrique

Burkina : des nourrissons parmi la soixantaine de personnes enlevées

by admin9775 20 janvier 2023

Des nourrissons figurent parmi la soixantaine de personnes enlevées la semaine dernière dans le nord du Burkina Faso par des djihadistes présumés, a indiqué jeudi le procureur de Djibo (nord), qui a annoncé qu’une enquête avait été ouverte.

« Le 14 janvier, mon parquet a été informé par des officiers de police judiciaire de cas d’enlèvement d’une soixantaine de femmes et de nourrissons par des hommes armés non identifiés dans les encablures de la commune d’Arbinda (nord) », a écrit dans un communiqué le procureur, Issouf Ouedraogo.

Le précédent bilan faisait état d’une cinquantaine de femmes enlevées. « Ces enlèvements auraient été effectués les 12 et 13 janvier respectivement dans les villages de Liki-Boukouma avec une quarantaine de victimes, de Sirigni avec une vingtaine de victimes », a-t-il expliqué.

« Les victimes étaient à la recherche de feuilles et de fruits sauvages comestibles lorsqu’elles ont été appréhendées et conduites vers les localités de Gasseliki et Gorguel », selon le procureur qui a précisé qu’une enquête avait été « immédiatement ouverte pour identifier et d’interpeller les auteurs ».

Mercredi, le mouvement burkinabè des Droits de l’homme (MBDH) a « établi une liste, non exhaustive, de 61 femmes enlevées, dont au moins 26 âgées de moins de 18 ans ».

Le MBDH a également appelé les autorités « à œuvrer à l’amélioration des conditions d’existence des populations vivant dans les zones à fort défi sécuritaire en leur apportant davantage d’aide et d’assistance et en assurant un accès humanitaire effectif à leur profit ».

Arbinda se situe dans la région du Sahel, une zone sous blocus de groupes jihadistes, difficilement ravitaillée en vivres ce qui pousse les habitants à aller chercher de la nourriture à l’extérieur des villages.

Un ravitaillement d’Arbinda a eu lieu par voie aérienne mardi, selon une source sécuritaire contactée par l’AFP.

Près d’un million de personnes vivent actuellement dans ces zones sous blocus, dans le nord ou l’est du pays, selon les Nations unies.

Arbinda et ses environs sont régulièrement le théâtre d’attaques djihadistes meurtrières (80 morts en août 2021, 42 fin 2019). Mais des enlèvements d’une telle ampleur, en particulier visant des femmes, constituent une nouveauté au Burkina, selon plusieurs observateurs.

Lundi, le gouverneur de la région du Sahel, le lieutenant-colonel Rodolphe Sorgho, avait indiqué que des recherches étaient en cours pour retrouver ces personnes enlevées dans le nord du pays.

« Tous les moyens sont mis en œuvre, sur le plan terrestre et aérien pour retrouver ces femmes », avait ajouté à l’AFP une source sécuritaire, assurant que « des aéronefs survolent la zone pour détecter tout mouvement suspect ».

Lundi, le Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’Homme, Volker Türk, avait exigé la libération « immédiate et inconditionnelle de toutes les femmes enlevées » tandis que l’Union africaine a « condamné fermement » mercredi ce kidnapping.

Le Burkina Faso, en particulier dans sa moitié nord, est confronté depuis 2015 aux attaques de groupes djihadistes liés à Al-Qaïda et à l’Etat islamique, qui se multiplient. Elles ont fait des milliers de morts et au moins deux millions de déplacés.

Le capitaine Ibrahim Traoré, président de transition arrivé au pouvoir fin septembre après un coup d’Etat militaire, le deuxième en huit mois, s’est donné pour objectif « la reconquête du territoire occupé par ces hordes de terroristes ».

AFRICANEWS via CONGO PUB Online

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20 janvier 2023 0 comments
Economie

L’Afrique peut mobiliser 6 milliards $ par an sur les marchés volontaires du carbone d’ici 2030 (rapport)

by admin9775 14 décembre 2022

Les pays du continent n’ont monétisé que 22 mégatonnes d’équivalent CO2 en 2021 pour une valeur estimée à 123 millions de dollars. Pour les experts de l’Initiative pour les marchés du carbone en Afrique, ce niveau peut être multiplié par quatorze sous quelques conditions.

L’Afrique est en mesure de mobiliser 6 milliards de dollars par an sur les marchés volontaires du carbone (MVC) d’ici 2030 si elle parvient à lever les obstacles qui freinent l’accroissement de son offre de crédits carbone, selon un rapport publié en novembre dernier par Sustainable Energy for All  (SE4All), une initiative lancée en 2011 par l’ONU pour doubler la part des énergies renouvelables dans le mix énergétique et assurer un accès universel à des services énergétiques modernes.

Ce rapport présente les objectifs de l’Initiative pour les marchés du carbone en Afrique (Africa Carbon Markets Initiative/ACMI), un groupe de 13 dirigeants, chefs d’entreprise et experts africains et internationaux qui œuvrent pour développer les marchés du carbone sur le continent africain.

Lancée le 8 novembre dernier lors de la COP27, cette initiative précise de prime abord que l’un des principaux défis auxquels l’Afrique est confrontée dans le domaine de la lutte contre le dérèglement climatique, consiste à déterminer comment financer la nécessaire transformation des économies du continent. D’autant plus que les financements climatiques promis par les pays riches sont encore très en deçà des objectifs fixés.

Le rapport souligne dans ce cadre que la solution au manque des financements climatiques passe par l’exploitation de l’immense potentiel des marchés volontaires du carbone, qui représentent « une opportunité majeure pour accélérer le développement économique du continent et réduire simultanément les émissions de gaz à effet de serre ».  

Un crédit carbone équivaut à une tonne de dioxyde de carbone, ou à la quantité équivalente d’un autre gaz à effet de serre, qui est réduite, séquestrée ou évitée.

La demande augmente de 36% en moyenne par an

Sur les marchés volontaires du carbone, les acheteurs acquièrent ces crédits afin de compenser leurs propres émissions, finançant ainsi des projets de réduction du carbone. En des termes plus simples, des acteurs qui émettent des gaz à effet de serre, comme les compagnies aériennes, les groupes industriels ou encore les sociétés pétrolières, achètent des crédits carbone qui financent directement des projets concrets de réduction de CO2 ou d’évitement de l’émission de carbone, comme la plantation d’arbres, l’entretien d’une zone naturelle de biodiversité, les projets d’énergies renouvelables, la réduction des émissions de méthane des décharges ouvertes ou encore la régénération des sols agricoles.

A l’échelle mondiale, les marchés volontaires du carbone ont enregistré une croissance annuelle moyenne de 30% entre 2016 et 2021.

La demande de crédits carbone africains a également augmenté à un taux annuel moyen de 36% durant la même période.

Mais cette croissance se produit à partir d’un point de départ très modeste. Les pays du continent n’ont monétisé que 22 mégatonnes d’équivalent CO2 (MtCO2e) en 2021 pour une valeur estimée à 123 millions de dollars.

fgfk

De plus, cinq pays seulement (Kenya, Zimbabwe, RD Congo, Ethiopie et Ouganda) représentent 65% des crédits émis au cours des cinq dernières années. Plusieurs pays ayant un grand potentiel comme Madagascar, l’Angola, le Nigeria, le Soudan et la Tanzanie ont par ailleurs enregistré de faibles niveaux d’activité.

Globalement, l’offre de crédits carbone par les pays africains sur les marchés de compensation demeure limitée et largement en deçà du potentiel du continent estimé à 2400 mégatonnes équivalent CO2 (1 mégatonne= 1 million de tonnes) par an d’ici 2030.

Le rapport souligne dans ce cadre que l’augmentation de l’offre africaine de crédits carbone permettrait un investissement durable fort nécessaire dans divers secteurs, allant des énergies renouvelables aux solutions de cuisson propres, en passant par l’agriculture et l’exploitation forestière.

30 millions d’emplois pourraient être créés d’ici 2030

Des obstacles majeurs restent cependant à lever pour libérer le potentiel du continent dans ce domaine. Il s’agit notamment de la pénurie de développeurs de projets capables d’opérer à grande échelle, des réglementations complexes, des méthodologies inadéquates dans la détermination de la valeur des crédits de certification et des questions liées à l’intégrité.

L’Initiative pour les marchés du carbone en Afrique a identifié dans ce cadre plusieurs actions prioritaires pour surmonter ces obstacles, dont l’appui aux gouvernements africains dans l’élaboration de plans nationaux relatifs aux MVC, le renforcement des capacités développeurs de projets, le développement du marketing des crédits carbone africains, le déploiement de mécanismes de financement pour réduire les risques des investissements, le coût du capital pour les développeurs et l’instauration d’une réglementation transparente du secteur, en fonction des engagements de chacun des gouvernements dans le cadre de l’accord de Paris sur le climat.
 L’ACMI entend également nouer des liens étroits avec les principaux acheteurs et les organismes de financement des crédits carbone, dont Exchange Trading Group, Nando’s et Standard Chartered Bank pour mettre en place un engagement de marché anticipé de centaines de millions de dollars.

Grâce à ces multiples programmes d’action, les pays africains seront en mesure de vendre 300 mégatonnes d’équivalent CO2 par an d’ici 2030, surtout que le groupe de travail sur la mise à l’échelle des marchés volontaires du carbone (Taskforce on Scaling Voluntary Carbon Markets/TFSVCM) estime que la taille de ces marchés se multipliera par 15 entre 2020 et 2030.

Ces ventes seraient alors multipliées par quatorze par rapport aux niveaux de 2021 (22 MtCO2e). Un tel niveau de monétisation des crédits carbone doit permettre au continent de mobiliser 6 milliards de dollars chaque année et de créer directement ou indirectement 30 millions d’emplois d’ici 2030 en se basant sur l’hypothèse d’un prix de 20 dollars pour chaque tonne de CO2 compensée, adoptée par Standard & Poor’s et la Banque mondiale.

D’ici 2050, l’ACMI estime que l’Afrique pourrait monétiser 1500 mégatonnes d’équivalent CO2 par an, ce qui lui permettrait de mobiliser 120 milliards de dollars par an dans l’hypothèse d’un prix de 80 dollars par tonne. À un tel stade, les marchés du carbone constitueraient un secteur majeur sur le continent, et pourraient soutenir la création de plus de 100 millions d’emplois.

Agence Ecofin via CONGO PUB Online

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14 décembre 2022 0 comments
Afrique

Financement des partis politiques en Afrique: de zéro à des millions d’euros selon les pays

by Pius KAMBU 8 octobre 2022

En Afrique, de plus en plus de lois encadrent le financement des partis, qu’il soit privé comme public, favorisant une plus grande transparence, mais sans toujours se donner les moyens de leur contrôle.

Véritable « patate chaude » dans les pays où manquent des cadres légaux, comme au Sénégal, la question du financement des partis est traitée de manière très différente à travers l’Afrique. Un passage en revue non exhaustif donne une idée des montants publics, très variables, accordés aux formations politiques : ils vont de zéro au Nigeria, en Égypte, au Soudan, au Botswana et nombre de pays d’Afrique de l’Ouest, à 33,5 millions d’euros au Maroc, en passant par 8 et 9 millions d’euros au Kenya et en Afrique du Sud.    

Au Maroc, le soutien de l’État au financement des partis politiques a rien moins que quadruplé entre 2020 et 2021, année électorale. Une nouvelle loi a permis de dégager une enveloppe de 33,5 millions d’eurosen 2021 contre 7,4 millions en 2020, afin de financer les campagnes des élections législatives, régionales et communales.  L’objectif, tel que formulé en 2018 par le roi Mohammed VI, vise à « accompagner les formations politiques (…) afin d’améliorer la qualité des législations et des politiques publiques ». Une aide complémentaire destinée à financer les travaux d’études et recherches des partis a d’ailleurs été décidée pour 2022.

Les mêmes dotations pour tous les partis présentant des candidats aux législatives, à condition de couvrir un tiers des circonscriptions, ont été octroyées en 2021 sur une première tranche de 69 000 euros, puis variable sur deux autres tranches, en fonction du nombre de sièges obtenus et de la représentation féminine. Celle-ci, du coup, progresse au Maroc, la part des femmes au Parlement étant passée de 10,7 % en 2002 à 24,1 % en 2022.

En Afrique du Sud, 9 millions d’euros de fonds privés comme publics

À l’autre extrémité du continent, en Afrique du Sud, la lutte contre la corruption a motivé l’adoption d’une nouvelle loi (Political Party Fund Act) en 2018, entrée en vigueur en avril 2021. Le détail des dons privés reçus par les partis, s’ils dépassent 100 000 rands (5 600 euros), doit être transmis tous les trimestres à la Commission électorale, compétente pour enquêter, sous peine d’amendes. Il est interdit de toucher plus de 15 millions de rands par an (84 000 euros) en provenance de la même source, tandis que les financements étrangers sont plafonnés à 5 millions de rands et destinés à des usages précis, tels que l’appui à la formation.

Résultat : le Congrès national africain (ANC) et l’Alliance démocratique ont déclaré avoir reçu respectivement 3,16 et 2,5 millions d’euros entre avril et décembre 2021. Le total des dons privés déclarés sur l’exercice financier 2021-22 s’élève à 9 millions d’euros, soit un peu plus que le dispositif de soutien public au financement des partis. Instauré en 1997, le Represented Political Parties Fund (RPPF), alimenté par le Parlement à hauteur de 8,9 millions d’euros en 2020, est attribué en fonction du nombre de sièges.

Au Nigeria, des dépenses privées plafonnées

Ailleurs, les dispositifs de soutien public ont fait l’objet de tant d’abus qu’ils ont disparu, comme en 2010 au Nigeria. À l’approche de la présidentielle de 2023, le pays a légiféré en 2022 non pas pour soutenir les partis, mais au contraire essayer de plafonner leurs dépenses, faramineuses : pas plus de 12 millions d’euros pour un candidat à la présidentielle, stipule ainsi la nouvelle loi.   

L’idée est d’assurer un minimum d’égalité, les partis moins nantis ayant le droit de recourir au crowdfunding. La loi limite les dépenses de campagne à 2,3 millions d’euros pour un poste de gouverneur, 235 000 euros pour un siège de sénateur et 165 000 euros pour celui d’un député. Seul problème, ces dispositions énoncées sur le papier restent difficiles à contrôler. La Commission électorale nationale indépendante (INEC), qui ne peut que saisir la justice en cas de violation, demande plus de moyens. En août, la Commission sur les crimes économiques et financiers (EFCC) a réfuté le besoin, exprimé par le président de l’INEC, de créer une institution spéciale pour enquêter et sanctionner.

Au Kenya, 0,3% des recettes publiques consacrées aux partis

Le Kenya, traumatisé par les violences post-électorales de 2007-08 qui ont fait plus de 1 500 morts, a cherché sa propre voie pour pacifier une arène politique hautement inflammable. En 2011, le Political Parties Act a prévu de consacrer 0,3 % des recettes publiques au financement des partis, afin de faire « avancer la démocratie ». Les subventions publiques sont gérées par l’Office of the Registrar of Political Parties (ORPP), qui publie chaque année un rapport détaillé. En 2020-21, cet organisme a ainsi octroyé près de 8 millions d’euros aux 73 partis dûment enregistrés.

S’ensuit une plus grande transparence, même si la corruption entache toujours la réputation du Kenya. L’Orange Democratic Party (ODM) de Raila Odinga, opposant de longue date à nouveau battu lors de la présidentielle du 9 août dernier, donne sur Twitter des chiffres largement commentés par la presse. Il annonce avoir tiré 2,7 millions d’euros de dons privés sur l’exercice 2021-22, et 2,5 millions d’euros de fonds publics, pour une campagne présidentielle qui aura coûté 5,8 millions au total. 

RFI via CONGO PUB Online

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