Face aux tensions sur les marchés pétroliers, la République démocratique du Congo accélère sa stratégie de diversification de ses sources d’approvisionnement en carburant. Le Vice-Premier ministre et ministre de l’Économie, Daniel Mukoko Samba, a conduit une mission officielle au Nigeria pour négocier un partenariat direct avec la Raffinerie Dangote, la plus grande du continent.
Selon un communiqué du ministère de l’Économie nationale daté du 14 avril, cette initiative du gouvernement dirigé par Judith Suminwa Tuluka vise à garantir la disponibilité des produits pétroliers en contournant les circuits traditionnels, souvent soumis à de fortes fluctuations internationales. La délégation congolaise a notamment échangé avec le milliardaire nigérian Aliko Dangote en vue d’établir un canal d’approvisionnement direct.

Malgré d’importantes ressources en hydrocarbures, notamment dans le Graben Albert et en offshore, la République démocratique du Congo reste fortement dépendante des importations de produits raffinés, faute d’infrastructures locales suffisantes. Cette dépendance expose le pays aux chocs des prix mondiaux et aux tensions géopolitiques.
L’objectif affiché par les autorités est de diversifier les sources d’approvisionnement, renforcer la résilience énergétique et mieux anticiper les fluctuations du marché.
Avec une capacité de production estimée à 650 000 barils par jour, la Raffinerie Dangote constitue aujourd’hui un acteur clé de l’approvisionnement pétrolier en Afrique, exportant déjà vers plusieurs pays du continent.
Au-delà de l’urgence conjoncturelle, cette démarche s’inscrit dans une logique de coopération sud-sud, alors que le groupe Dangote intensifie sa présence en Afrique centrale. Un éventuel accord pourrait contribuer à stabiliser les prix à la pompe en RDC, où les capacités de stockage demeurent limitées.
Des observateurs saluent cette offensive diplomatique, tout en soulignant la nécessité, à long terme, de développer une industrie nationale de raffinage afin de réduire durablement la dépendance extérieure.
Si aucun détail chiffré n’a encore été rendu public, cette initiative illustre la montée en puissance de la diplomatie économique du gouvernement Suminwa, en cohérence avec les ambitions de la Zone de libre-échange continentale africaine, et pourrait ouvrir la voie à des partenariats énergétiques plus larges sur le continent.
Par Marius Bopenga
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