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Monde

À la UneMonde

Argentine: le candidat d’extrême droite Javier Milei remporte l’élection présidentielle

by Sam's Londele 20 novembre 2023
written by Sam's Londele

À l’issue du scrutin de l’élection présidentielle en Argentine ce dimanche soir, le candidat ultralibéral Javier Milei est élu président de la République avec 55,95 % des voix, selon les premiers résultats partiels officiels. Son rival péroniste Sergio Massa, l’actuel ministre de l’Économie, a concédé sa défaite avec 44,04 % des votes. Le résultat entre les deux candidats s’annonçait pourtant serré, alors que le pays est plongé dans une grave crise économique.

Les résultats, montrant une avance de plus de 11 points pour Javier Milei, ont été communiqués par le secrétariat général de la présidence, avec plus de 86% des votes décomptés. Quelques minutes auparavant, Sergio Massa avait concédé sa défaite, annonçant à ses partisans que Javier Milei « est le président que la majorité des Argentins a élu pour les quatre prochaines années ». Sa candidature a été plombée par la crise économique sans précédent depuis 20 ans dans le pays.

Il a ajouté avoir appelé Javier Milei « pour le féliciter et lui souhaiter bonne chance ».

En même temps, l’euphorie a envahi l’extérieur du QG de campagne de Javier Milei, où quelques milliers de partisans ont chanté et scandé deux des slogans fétiches du candidat: « La caste tiene miedo » (« La caste a peur ! ») « Viva la libertad, carajo ! » (« Vive la liberté, bordel ! »). « Qu’ils s’en aillent tous, qu’il n’en reste pas un seul ! », ont entonné aussi les pro-Milei, agitant des drapeaux jaunes à l’effigie du lion -une image cultivée par Milei lui-même, évoquant sa chevelure-crinière.

« Nous sommes confrontés à des problèmes monumentaux », prévient Milei

Dans son discours de victoire, Javier Milei a affirmé qu’« aujourd’hui commence la fin de la décadence » et la « reconstruction de l’Argentine », mais mis en garde qu’il n’y aura « pas de demi-mesures ». « C’est une nuit historique pour l’Argentine », a lancé Milei à plusieurs milliers de partisans, à son QG de campagne à Buenos Aires. « C’en est fini du modèle appauvrissant de la caste, aujourd’hui nous adoptons le modèle de la liberté, pour redevenir une puissance mondiale, a-t-il poursuivi. Aujourd’hui prend fin une manière de faire de la politique, et commence une autre ».

« Nous sommes confrontés à des problèmes monumentaux : l’inflation, la stagnation, l’absence de véritables emplois, l’insécurité, la pauvreté et la misère », a énuméré le président-élu. « Des problèmes qui n’auront de solution que si nous adoptons à nouveau les idées de liberté ».

L’ex-président américain Donald Trump a félicité dimanche l’ultralibéral Javier Milei pour son élection à la présidence de l’Argentine, sur son réseau social Truth Social, estimant qu’il allait « transformer » son pays. « Je suis très fier de toi. Tu vas transformer ton pays et faire de l’Argentine à nouveau un grand pays », a écrit M. Trump sur son réseau social Truth Social, avant la publication des résultats officiels.

Le président brésilien Lula a souhaité « bonne chance et succès » au nouveau gouvernement argentin, dans un message sur le réseau social X dans lequel il n’a pas mentionné Javier Milei. « L’Argentine est un grand pays qui mérite tout notre respect. Le Brésil sera toujours disponible pour travailler avec nos frères argentins », a écrit Lula.

L’ampleur de l’écart surprend : des sondeurs avaient ces dernières semaines donné un léger avantage à Milei, mais nombre d’analystes prédisaient un résultat se jouant « au vote près », dans une élection crispée et indécise comme rarement en 40 ans depuis le retour de la démocratie.

Au final, « l’outsider » qui promettait de dégager la « caste politique parasite », les gouvernements péronistes et libéraux se succédant depuis 20 ans, a renversé la politique argentine par un petit raz-de-marée, à hauteur du ras-le-bol d’Argentins éreintés par une économie à genoux.

Une inflation chronique, désormais à trois chiffres (143 % sur un an), quatre Argentins sur dix sous le seuil de pauvreté, un endettement pathologique et une monnaie qui dévisse dressent le paysage de ce second tour.

Un redressement économique graduel contre un dégagisme tronçonneur

Soins longue durée ou thérapie de choc ? Pour la troisième économie d’Amérique latine, 36 millions d’Argentins étaient appelés à se prononcer entre projets d’avenir on ne peut plus antagoniques.

– Parabéns ao povo argentino pela vitória com @JMilei . A esperança volta a brilhar na América do Sul.

– Que esses bons ventos alcancem os Estados Unidos e o Brasil para que a honestidade, o progresso e a liberdade voltem para todos nós.

– Jair Bolsonaro.

— Jair M. Bolsonaro (@jairbolsonaro) November 19, 2023

D’un côté, Massa, politicien accompli, ministre de l’Économie depuis 16 mois d’un exécutif péroniste (centre-gauche) dont il s’était distancié. Et qui promettait un « gouvernement d’unité nationale », et un redressement économique graduel, préservant l’État-providence, crucial dans la culture argentine.

Face à lui, l’économiste Javier Milei, polémiste de plateaux TV surgi en politique il y a deux ans. Dégagiste contre la « caste parasite », résolu à « tronçonner » l’« État-ennemi » et à dollariser l’économie, laissant mourir le peso argentin de sa belle mort.

Au milieu, des Argentins passés « de crise en crise, et au bord de la crise de nerfs », a résumé Ana Iparraguirre, politologue au cabinet GBAO Strategies. Les Argentins sont éreintés par des prix qui grimpent de mois en mois, voire de semaine en semaine, quand les salaires décrochent, dont le salaire minimum à 146 000 pesos (400 dollars).

« Il faut voter pour le moins pire », s’est résignée Maria Paz Ventura, docteure de 26 ans. « Beaucoup de gens ont peur de (Milei), mais vu comment on va, un changement ne nous ferait pas de mal. Il faut parier ! ».

L’élection de Milei inquiète le Brésil, premier partenaire économique de l’Argentique

La victoire du candidat d’extrême-droite Javier Mileil à la présidentielle argentine est vue comme une déception chez le voisin brésilien. À la tête de l’autre pays fort du bloc économique du Mercosur, le président brésilien de gauche Luiz Inácio Lula da Silva a félicité la victoire de l’économiste ultra-libéral, mais cette défaite cuisante du péronisme pourrait ouvrir une période d’incertitude entre les deux principaux pays du marché commun du Cône Sud.

Dans un court message sur les réseaux sociaux, Lula a félicité les institutions et le peuple argentin. Du bout des lèvres, il a souhaité « bonne chance au nouveau gouvernement », sans toutefois évoquer le nom de Javier Milei. Le désormais président-élu l’avait qualifié de « communiste corrompu » pendant la campagne électorale, rapporte notre correspondant à São Paulo, Martin Bernard.

Un ministre brésilien avait de son côté affirmé que l’élection de Javier Milei inquiétait le Brésil. En coulisses, des contacts diplomatiques ont pourtant déjà été noués pour trouver un terrain d’entente, ou au moins calmer le jeu.

Toutefois, la plupart des observateurs brésiliens estiment que les relations vont forcément se dégrader, et que s’ouvre une énorme période d’incertitude entre les deux principaux pays du Mercosur, le marché commun du Cône Sud.

Sans compter que la victoire de Javier Milei a été suivie de près par les partisans de l’ancien président Jair Bolsonaro et pourrait constituer un coup de pouce à l’extrême-droite au Brésil après sa défaite en octobre 2022.

L’ancien président brésilien Jair Bolsonaro (2019-2022) a également félicité dimanche Javier Milei et déclaré que « l’espoir brille à nouveau » dans la région. « Félicitations au peuple argentin pour la victoire de Javier Milei. L’espoir brille à nouveau en Amérique du Sud », a écrit M. Bolsonaro sur X (ex-Twitter). L’ancien leader d’extrême droite brésilien a ajouté espérer que les « bons vents atteindraient les États-Unis et le Brésil » afin que « l’honnêteté, le progrès et la liberté reviennent ».

L’ex-président Donald Trump, candidat à la présidentielle américaine 2024, a également félicité M. Milei.

RFI via CONGO PUB Online

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À la UneMonde

Bombardements sur Gaza et violences meurtrières en Cisjordanie

by Sam's Londele 17 novembre 2023
written by Sam's Londele

Les communications sont à nouveau coupées dans la bande de Gaza. L’armée israélienne continue de fouiller l’hôpital al-Chifa, le plus grand de Gaza, malgré la présence de malades et de civils piégés par les combats. Les bombardements se multiplient également dans le Sud. Le chef de la diplomatie américaine a appelé Israël à prendre des mesures « urgentes » pour mettre fin aux violences des colons contre les Palestiniens en Cisjordanie.

Ce qu’il faut retenir : 

► Les services de télécommunications sont à nouveau hors service dans la bande de Gaza, faute de carburant. Le Croissant-Rouge palestinien rapporte une « violente attaque » israélienne sur l’hôpital Ahli Arab de la ville, désormais assiégé.

► L’armée israélienne mène une opération « ciblée » dans l’hôpital al-Chifa, le plus grand centre hospitalier de Gaza, depuis mardi soir 14 novembre.

► Le Programme alimentaire mondial des Nations unies alerte sur le « risque immédiat de famine » dans la bande de Gaza.

► L’armée israélienne a annoncé avoir pris possession des bâtiments gouvernementaux, dont le Parlement, du mouvement Hamas dans la ville de Gaza, ainsi que le « contrôle opérationnel » du port de Gaza.

► Le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken a appelé jeudi Israël à prendre des mesures « urgentes » pour mettre fin aux violences des colons contre les Palestiniens en Cisjordanie.

► Le ministère de la Santé du Hamas a annoncé mercredi à 20h que le bilan des bombardements israéliens dans la bande de Gaza avait atteint les 11 500 morts depuis le début de la guerre le 7 octobre, dont 4 710 enfants. Depuis cette date, plus de 1 200 Israéliens ont été tués, après un bilan revu à la baisse vendredi 10 novembre. L’armée israélienne fait état de 239 personnes retenues en otage par le Hamas.

La faim se répand dans la bande de Gaza

C’est un témoignage inespéré qui est parvenu à RFI, de Gaza ce matin. Haya, 20 ans, injoignable depuis plusieurs jours, a réussi à envoyer un message audio à notre envoyée spéciale à Jérusalem, Murielle Paradon, alors que les communications ont été coupées, faute d’électricité et de carburant. Haya est réfugiée avec sa famille dans le centre de la bande de Gaza, à Deir al-Balah et elle lance un appel à l’aide : « La situation ici est de plus en plus difficile chaque jour. Les Israéliens sont rentrés avant hier dans l’hôpital al-Chifa, c’est le principal hôpital de Gaza. Ils bombardent tout, vraiment tout à Gaza. Il n’y a pas à manger ici à Deir al-Balah ni ailleurs dans la bande de Gaza. Nous demandons d’urgence un cessez-le-feu, parce qu’on ne peut rien faire. Nous avons besoin d’être libérés. » Il n’y a plus à manger, c’est le cri d’alarme de Haya. La jeune femme qui a déjà perdu sa grand même dans les bombardements tente de survivre, avec le reste de sa famille, au milieu de centaines de milliers de déplacés à Gaza.

Le 17 novembre 2023, à Deir al-Balah, dans le centre de la bande de Gaza.
Le 17 novembre 2023, à Deir al-Balah, dans le centre de la bande de Gaza. AFP – MAHMUD HAMS

Israël autorise l’entrée partielle de carburant à Gaza

Le cabinet de guerre israélien a approuvé l’entrée de deux camions-citernes par jour dans la bande de Gaza pour aider à répondre aux besoins en carburant des Nations unies, a déclaré un responsable israélien vendredi. Cette décision aurait été prise à la suite d’une demande de Washington selon ce responsable qui a requis l’anonymat. Cette quantité de carburant permettra d’apporter un soutien « minimal » aux systèmes d’approvisionnement en eau, d’évacuation des eaux usées et d’assainissement de Gaza afin de prévenir les épidémies, a-t-il ajouté. En autorisant l’entrée de carburant, Israël se donne une marge de manœuvre supplémentaire sur la scène internationale pour poursuivre sa campagne d’élimination du Hamas dans la bande de Gaza, a-t-il encore estimé.

L’OMS réclame des évacuations quotidiennes de patients de Gaza vers l’Égypte

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a demandé ce vendredi que des flux réguliers et quotidiens de patients soient autorisés à quitter la bande de Gaza pour être soignés en Égypte, afin de soulager les hôpitaux débordés. L’OMS espère pouvoir déployer dès que possible une équipe à Gaza pour évaluer la situation, et réclame la mise en place d’un « mécanisme pour faciliter l’évacuation des patients les plus critiques », a déclaré Richard Peeperkorn, chef du Bureau de l’OMS dans les territoires palestiniens occupés, aux journalistes à Genève, en visioconférence depuis Jérusalem. Il a expliqué qu’il faudrait évacuer 50 à 60 patients par jour vers l’Égypte. Selon l’OMS, 47 des 72 centres de soins primaires à Gaza sont hors service et 25 des 36 hôpitaux ne sont pas opérationnels, les autres ayant du mal à fonctionner. Avant la guerre entre Israël et le Hamas, déclenchée par l’attaque du mouvement islamiste sur le sol israélien le 7 octobre, il y avait environ 3 500 lits d’hôpitaux à Gaza. « On en compte aujourd’hui environ 1 400 », a indiqué le responsable de l’OMS.

L’UE appelle à garantir l’approvisionnement en carburant des organisations humanitaires à Gaza

Janez Lenarčič, commissaire européen chargé de la Gestion des crises, appelle à garantir l’approvisionnement en carburant des organisations humanitaires à Gaza. « J’invite instamment les parties concernées à cesser d’entraver les efforts humanitaires et à assurer la livraison suffisante et ininterrompue de carburant à Gaza pour les organisations humanitaires, ainsi qu’à interrompre les communications, qui sont essentielles à l’acheminement de l’aide vitale », a déclaré M. Lenarčič.

35 morts dans des bombardements dans le sud de la bande de Gaza

Plusieurs bombardements ont eu lieu dans le sud de la bande de Gaza depuis jeudi soir. Selon l’agence Associated Press, l’armée israélienne, qu’elles visent des cibles du Hamas. Mohammed Zaqout, le directeur des hôpitaux de l’enclave palestinienne, a avancé un bilan de trente-cinq morts dans les bombardements de la nuit.

Sur le site d'un bombardement israélien à Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, le 17 novembre 2023.
Sur le site d’un bombardement israélien à Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, le 17 novembre 2023. AFP – SAID KHATIB

47 Palestiniens arrêtés au cours de la nuit en Cisjordanie

Les forces israéliennes ont arrêté 47 Palestiniens en Cisjordanie occupée au cours de la nuit, a déclaré la Commission palestinienne des affaires des prisonniers et ex-détenus. La plupart des arrestations (26) ont eu lieu dans le village de Nelin, près de Ramallah, a indiqué la Commission sur Telegram. « Les campagnes de détention ont été accompagnées de tortures, de coups violents, de menaces à l’encontre des détenus et de leurs familles, et de vandalisme dans les maisons », a déclaré la commission. Au total, 2 800 Palestiniens ont été arrêtés depuis le 7 octobre.

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À la UneMonde

Guerre Israël-Hamas: à Gaza, une situation critique pour les femmes enceintes

by Ruben Yale 17 novembre 2023
written by Ruben Yale

La situation humanitaire de plus en plus difficile dans la bande de Gaza a un impact important sur les femmes enceintes.

Ce qui était autrefois un centre de formation à Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza, accueille aujourd’hui des dizaines de milliers de déplacés. Mais témoigne l’une d’entre elles, la nourriture est insuffisante, l’eau également. Et les conséquences sont dramatiques pour les femmes enceintes.

« L’une des femmes enceintes a perdu son enfant. Parce qu’il n’y a pas d’eau… Et il n’y a pas d’ambulance pour venir vous chercher et vous emmener à l’hôpital », témoigne cette femme.

Selon l’ONU, des centaines de milliers de Palestiniens vivent encore dans le nord de la bande de Gaza. Parce qu’ils ne veulent pas ou ne peuvent pas partir. Les femmes enceintes notamment, pour qui une marche de plusieurs heures n’est pas possible.

Mais il n’existe plus beaucoup de structures médicales pour leur accouchement, témoigne le Dr Ahmed Muhanna, directeur de l’hôpital Al Awda à Jabaliya, dans un message adressé via des militants palestiniens. « Aujourd’hui, notre mandat consiste à travailler avec les femmes enceintes et blessées. Car les hôpitaux de la ville de Gaza et de la zone nord sont hors service. Nous accouchons environ 20 femmes par jour. Des césariennes et des accouchements normaux spontanés. »

Mais l’hôpital n’a plus d’électricité. C’est à la lampe de poche que tous ces accouchements sont pratiqués. Et les bébés prématurés ne peuvent être placés en couveuse.

Guilhem Delteil

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Le Kremlin admet la présence de forces ukrainiennes sur la rive sous contrôle russe du Dniepr

by Sam's Londele 16 novembre 2023
written by Sam's Londele

Pour la première fois, la Russie reconnaît une incursion ukrainienne sur la rive occupée du Dniepr, dans la région de Kherson. L’information est confirmée par l’armée ukrainienne. Ce 16 novembre, un nouveau bombardement sur Kherson, a fait un mort.

Les Russes eux-mêmes l’admettent : les Ukrainiens ont un pied sur cette rive occupée du Dniepr, à environ 35 kilomètres de la ville de Kherson, à Khrynky plus exactement. Ce fut confirmé côté ukrainien par Natalia Houmeniouk, porte-parole du commandement Sud de l’armée ukrainienne qui déclare que c’est une zone de combat active sur plusieurs kilomètres.

Ce n’est pas la première incursion ukrainienne de ce côté. Depuis février, il y a eu une multiplication de ces incursions, une intensification même depuis l’été, depuis août 2023. Mais jamais auparavant, il n’y avait eu de confirmation côté russe. La difficulté pour les Ukrainiens sera d’arriver à faire passer assez d’hommes et d’équipements sur la rive occupée par la Russie pour enfin percer cette ligne de défense. Et si cela a lieu, de pouvoir interrompre le feu russe qui est lancé depuis la rive opposée sur, notamment, la ville libérée de Kherson. Il est en effet très difficile pour l’armée ukrainienne d’avancer à la fois sous le feu de l’artillerie russe et sans disposer de l’avantage des airs dont disposent les Russes. Il s’agit donc d’une nouvelle à prendre avec prudence.

Kherson, libérée il y a un an, mais toujours bombardée

Le centre-ville a été ciblé mercredi 15 novembre. Les infrastructures civiles sont touchées, endommagées. Des bibliothèques ont été détruites au cours de la semaine. Il y a des morts quasiment tous les jours, dans Kherson-ville et aussi dans la région. Tous les jours, des civils sont blessés. Mardi, un bébé de deux mois et sa maman ont été touchés par une frappe russe en voiture.

Et Kherson n’est pas isolée : les autres régions de la ligne de front sont également concernées, comme Mykolaiev. Hier, mercredi 15 novembre, une double frappe a touché la région de Zaporijjia. Des pompiers ont été touchés alors qu’ils portaient secours aux victimes d’une première frappe. Deux d’entre eux sont morts, trois ont été blessés ainsi que quatre civils. Frapper des équipes de secours, qui plus est lorsqu’elles sont en exercice, va à l’encontre du droit international. Les pompiers n’étant pas considérés comme des combattants, ils devraient donc pouvoir porter assistance sans risquer leur vie.

Ukraine, le 15 novembre 2023: troupes ukrainiennes camouflées dans la région de Zaporijjia, sur la ligne de front.
Ukraine, le 15 novembre 2023: troupes ukrainiennes camouflées dans la région de Zaporijjia, sur la ligne de front. REUTERS – STRINGER

Le front délimité par le fleuve Dniepr

À Snihurivka, entre Mykolaiev et Kherson, les habitants ont été très affectés par l’occupation russe jusqu’en novembre dernier, puis par la destruction en juin du barrage de Kakhovka et les inondations qui ont suivi. La petite ville de Snihurivka est dévastée, il y a beaucoup de bâtiments qui ont été bombardés, il y a aussi des tags sur les murs qui dénoncent les collaborateurs, des portails criblés de balles, qui rappellent que les combats ont bien eu lieu.

Au niveau du paysage, on peut voir les dégâts, la catastrophe environnementale, la catastrophe agricole qu’a été l’explosion du barrage en juin. Les habitants ont été directement sinistrés, leurs maisons sont devenues inhabitables. Ils témoignent aussi de bombardements très fréquents encore aujourd’hui. Même s’ils ne vivent plus sous l’occupation, la guerre fait encore partie de leur quotidien.

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À la UneMonde

À l’issue de leur rencontre, Joe Biden et Xi Jinping insistent sur leur volonté de dialogue

by Ruben Yale 16 novembre 2023
written by Ruben Yale

Le sommet tant attendu entre Joe Biden et Xi Jinping en Californie s’est achevé mercredi sur de « vrais progrès », selon le président américain qui veut « s’assurer que la rivalité ne dégénère pas en conflit ».

Les deux hommes, renouant après un silence d’un an, ont passé au total quatre heures ensemble, entre réunion, déjeuner de travail et même une courte promenade, de quoi offrir à la presse une image d’apaisement. Les deux dirigeants ont fait de « vrais progrès » face aux « défis mondiaux », a assuré Joe Biden sur le réseau social X (anciennement Twitter).

Le président américain avait appelé, dans un court propos introductif face à la presse au début de la réunion, à gérer la rivalité de manière « responsable ». Xi Jinping, qui a mis en garde contre les conséquences « insupportables » d’une confrontation, a lui estimé, selon une traduction en anglais, que la Chine et les États-Unis ne pouvaient pas se « tourner le dos ».

I’ve just concluded a day of meetings with President Xi, and I believe they were some of the most constructive and productive discussions we’ve had.

We built on groundwork laid over the past several months of diplomacy between our countries and made important progress. pic.twitter.com/0RT1q0FZHr

— President Biden (@POTUS) November 16, 2023

« La planète est assez grande pour que nos deux pays prospèrent », a-t-il assuré, alors que Washington et Pékin se livrent une concurrence féroce, qu’elle soit économique, technologique, stratégique ou militaire. « Nos rencontres ont toujours été franches, directes et utiles », a assuré le démocrate de 80 ans, qui avait rencontré Xi Jinping plusieurs fois avant de devenir président, et qui se targue de particulièrement bien le cerner. « Je crois fermement en un avenir prometteur pour la relation bilatérale », a dit Xi Jinping, tout en mettant en garde contre toute tentation, pour les États-Unis, de « remodeler » la Chine.

Première conséquence de cette reprise du dialogue, les deux chefs d’État se sont mis d’accord pour reprendre les communications militaires de haut niveau, a rapporté un média d’État de Pékin jeudi. « Le président chinois Xi Jinping et le président des États-Unis Joe Biden se sont mis d’accord mercredi pour reprendre les communications militaires de haut niveau sur la base de l’égalité et du respect », a écrit l’agence de presse Chine nouvelle. Ils se sont également entendu pour instaurer des discussions gouvernementales conjointes sur l’utilisation de l’intelligence artificielle, et établir un groupe de travail sur la coopération en matière de lutte contre les stupéfiants lors du sommet californien, a indiqué l’agence chinoise.

Je me réjouis des pas positifs que nous avons fait aujourd’hui. Et il important que le monde voie que nous mettons en pratique une approche dans la meilleure tradition de la diplomatie américaine. Nous parlons à nos concurrents et ces discussions directes permettent de lever les incompréhensions. Cette une clé pour maintenir la stabilité globale et pour servir le peuple américain. Dans les mois qui viennent, nous allons préserver et poursuivre la diplomatie de haut niveau avec la Chine dans les deux sens, pour garder ouvertes les lignes de communication. Y compris entre le président Xi et moi. Nous sommes mis d’accord pour que si l’un d’entre nous voulait parler à l’autre, il décrocherait son téléphone et nous nous parlerions immédiatement

Joe Biden, président des Etats-Unis

Joe Biden a assuré que les deux hommes pourraient décrocher leur téléphone et se parler « directement et immédiatement » en cas de crise. Car la réunion, destinée à donner une impression de sérénité retrouvée n’a évidemment résolu aucun différend de fond, en particulier concernant Taïwan.

Blocage sur le dossier taïwanais

Joe Biden, en campagne pour un second mandat, et Xi Jinping, confronté à une situation économique et sociale dégradée en Chine, ont au fond intérêt à ce que la rivalité reste sous contrôle au fil d’une année 2024 potentiellement tumultueuse, avec des élections présidentielles aux États-Unis et à Taïwan.

Le statut de l’île, dont Pékin revendique la souveraineté et à laquelle Washington fournit une conséquente assistance militaire, reste un sujet de friction central. Mercredi, Joe Biden a demandé à Xi de « respecter le processus électoral » sur l’île, d’après un haut responsable américain. Le président chinois a de son côté exhorté Biden à « cesser d’armer Taïwan» en parlant d’une réunification « inévitable », selon une source de la diplomatie chinoise

Washington demande aussi à la Chine, proche partenaire de l’Iran et de la Russie, de ne pas envenimer les grandes crises internationales: le conflit entre Israël et le Hamas ainsi que la guerre en Ukraine.

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Haïti: un hôpital évacué, violents affrontements à Cité-Soleil, après la mort d’un chef de gang

by Ruben Yale 16 novembre 2023
written by Ruben Yale

En Haïti, des résidents de la commune de Cité-Soleil, au nord de la capitale haïtienne et des zones avoisinantes vivent dans la peur depuis le début de la semaine. En cause des affrontements entre des gangs armés rivaux, suite à la mort d’un chef de gang.

Isca Andrice, chef du gang armé du quartier de Belekou de Cité-Soleil, est mort dans des circonstances troublantes et son décès a provoqué de vives tensions, rapporte notre correspondante à Port-au-Prince.

De fortes détonations ont été entendues dans la zone alors que la circulation automobile et les activités sont paralysées. Des résidents ont été contraints de fuir leur maison. Des morts et des dégâts sont à déplorer, nous raconte cet habitant de Cité Soleil. « Ils sont passés par la mer pour attaquer des quartiers. Ils ont incendié des véhicules et des maisons. J’ai pu constater environ huit décès. On demande à la police de nous venir en aide car certains résidents aimeraient se déplacer, mais n’ont nulle part où aller. »

Mercredi après-midi, des affrontements ont également eu lieu aux abords d’un centre hospitalier dans le quartier de Fontaine, situé à proximité de Cité Soleil, semant la panique parmi les patients et le personnel soignant. L’hôpital a été entièrement évacué, a témoigné son directeur à l’Agence France presse. « Tout le personnel de santé s’est mis à couvert (..) et nous avons dû appeler la police pour qu’ils viennent nous aider afin d’évacuer toutes les personnes qui ne pouvaient pas bouger de leur propre chef, parmi lesquelles des femmes qui ont eu une césarienne hier et qui ne pouvaient pas marcher », a-t-il poursuivi.

Des résidents qui habitent encore la zone n’ont pas pu regagner leurs maisons ce mercredi. Sur les réseaux sociaux, les appels au secours se multiplient en vue de cesser les violences armées dans la commune de Cité-Soleil. Les gangs contrôlent 80 % de la capitale, Port-au-Prince, et le nombre de crimes graves a atteint des records, selon la représentante de l’ONU dans le pays.

Marie-André Bélange

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Gaza: les opérations israéliennes se poursuivent dans l’hôpital al-Chifa

by Sam's Londele 16 novembre 2023
written by Sam's Londele

L’armée israélienne poursuit ce jeudi 16 novembre son opération dans le principal hôpital de Gaza, un site militaire stratégique du Hamas selon elle. Des milliers de civils s’entassent dans ce lieu, suscitant de vives inquiétudes et critiques.

Ce qu’il faut retenir : 

► L’armée israélienne mène une opération « ciblée » dans l’hôpital al-Chifa, le plus grand centre hospitalier de Gaza, depuis mardi soir 14 novembre. 

► Mercredi soir, Israël a affirmé avoir trouvé des « armes et équipements militaires » dans l’hôpital al-Chifa, ce que le Hamas a démenti.

►Sortant du silence pour la première fois depuis le début de la guerre entre Israël et le Hamas, le Conseil de sécurité de l’ONU a appelé mercredi à des « pauses et des couloirs humanitaires » dans la bande de Gaza. La résolution préparée par Malte, adoptée par 12 voix pour et trois abstentions (États-Unis, Royaume-Uni, Russie), « appelle à des pauses et couloirs humanitaires étendus et urgents pendant un nombre de jours suffisants ».

►L’armée israélienne a annoncé avoir pris possession des bâtiments gouvernementaux, dont le Parlement, du mouvement Hamas dans la ville de Gaza.

►Le ministère de la Santé du Hamas a annoncé ce mercredi à 20h que le bilan des bombardements israéliens dans la bande de Gaza avait atteint les 11 500 morts depuis le début de la guerre le 7 octobre, dont 4 710 enfants. Depuis cette date, plus de 1 200 Israéliens ont été tués, après un bilan revu à la baisse vendredi 10 novembre. L’armée israélienne fait état de 239 personnes retenues en otage par le Hamas.

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La justice française émet un mandat d’arrêt contre Bachar al-Assad

by Ruben Yale 15 novembre 2023
written by Ruben Yale

La justice française a émis un mandat d’arrêt international contre Bachar al-Assad, ont annoncé, mercredi, des plaignants. Le président syrien est accusé de complicité de crimes contre l’humanité pour les attaques chimiques perpétrées à l’été 2013 en Syrie.

Bachar al-Assad dans le viseur de la justice française. Des plaignants ont annoncé, mercredi 15 novembre, qu’un mandat d’arrêt international a été émis mardi contre le président syrien, accusé de complicité de crimes contre l’humanité pour les attaques chimiques perpétrées à l’été 2013 en Syrie.

Une source judiciaire a confirmé l’émission de quatre mandats d’arrêt pour complicité de crimes contre l’humanité et pour complicité de crimes de guerre pour ces attaques au gaz sarin, qui avaient notamment fait plus de 1 000 morts dans la Ghouta orientale le 21 août 2013, selon les renseignements américains. 

Ces mandats visent également le frère redouté de Bachar al-Assad, Maher, chef de facto de la Quatrième division – unité d’élite de l’armée syrienne – ainsi que deux généraux, Ghassan Abbas, directeur de la branche 450 du CERS, et Bassam al-Hassan, officier de liaison et chef de la sécurité.

Des juges d’instruction du pôle crimes contre l’humanité du Tribunal judiciaire de Paris enquêtent depuis avril 2021 sur ces attaques chimiques perpétrées en 2013 en Syrie et imputées au régime de Bachar al-Assad.

L’enquête avait été ouverte après une plainte avec constitution de partie civile par le Centre syrien pour les médias et la liberté d’expression (SCM), Open Society Justice Initiative (OSJI) et Syrian Archive.

« Un précédent judiciaire historique »

Ces investigations, menées au titre de la « compétence extraterritoriale » de la justice française, portent également sur les attaques perpétrées dans la nuit du 4 au 5 août à Adra et Douma – 450 blessés.

« Cette décision constitue un précédent judiciaire historique. C’est une nouvelle victoire pour les victimes, leurs familles et les survivants, ainsi qu’un pas vers la justice et une paix durable en Syrie », a réagi dans un communiqué Mazen Darwish, fondateur et directeur général du SCM.

Il rappelle que la plainte était accompagnée de « témoignages de première main venant de nombreuses victimes », d’une « analyse approfondie de la chaîne de commandement militaire syrienne », ainsi que « de centaines de documents, parmi lesquels des photos et vidéos ».

Le régime syrien est la cible de plusieurs actions en justice lancées en Europe, en particulier en Allemagne.

En France, le premier procès de responsables du régime syrien aura lieu du 21 au 24 mai à Paris : trois hauts responsables du régime de Bachar al-Assad seront jugés pour complicité de crimes contre l’humanité et de délit de guerre, pour la mort de deux citoyens franco-syriens, Mazzen Dabbagh et son fils Patrick, arrêtés en 2013.

Dans une autre procédure, concernant un bombardement à Deraa en 2017, des mandats d’arrêt ont été émis en octobre contre quatre ex-hauts dirigeants de l’armée syrienne.

Déclenché en 2011, le conflit en Syrie a fait plus d’un demi-million de morts et morcelé le pays.

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Joe Biden et Xi Jinping, des retrouvailles pour garder la rivalité sous contrôle

by Ruben Yale 15 novembre 2023
written by Ruben Yale

Le président américain Joe Biden et son homologue chinois Xi Jinping vont se retrouver en tête-à-tête, mercredi, près de San Francisco en marge du sommet de l’Apec. Les deux hommes souhaitent montrer que la rivalité entre leurs deux pays reste sous contrôle.

La réunion ne débouchera peut-être sur rien de concret, et ce n’est pas grave : pour Joe Biden et Xi Jinping, l’essentiel, mercredi 15 novembre, sera d’assurer que la relation sino-américaine, tendue à l’extrême, reste sous contrôle.

Le président américain doit s’entretenir avec son homologue pendant plusieurs heures, à proximité de San Francisco, en Californie, en marge d’un sommet de l’Apec, la Coopération économique pour l’Asie-Pacifique.

Selon Voice of America, la rencontre, prévue à 18 h 45 GMT, se déroulera dans un domaine huppé et bucolique, à une quarantaine de kilomètres du fameux pont du Golden Gate.

« Le président Xi est un autre exemple de la manière dont le rétablissement du leadership américain dans le monde est en train de s’imposer. Ils ont de vrais problèmes », a affirmé Joe Biden lors d’une collecte de fonds, la veille de son entretien avec son homologue chinois.

Pas de « découplage »

Juste avant ce tête-à-tête, le second en personne depuis l’élection du démocrate de 80 ans, le ton se voulait pourtant conciliant. « Nous n’essayons pas de nous découpler de la Chine », a assuré, mardi, Joe Biden, pour qui l’objectif est d’ « être capables de prendre le téléphone et de se parler s’il y a une crise ». « Nous nous opposons à une définition des relations sino-américaines en termes de concurrence », a même dit une porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères .

Les deux dirigeants, qui se connaissent depuis plusieurs années, avaient discuté pendant trois heures en marge d’un sommet du G20, en Indonésie, il y a un an. La relation a depuis tourné à l’aigre, en particulier avec le survol du territoire américain par un ballon chinois en début d’année. Joe Biden a irrité Pékin en soulignant en février les « énormes problèmes » que rencontre, selon lui, la Chine au plan économique.  

Une stratégie d' »encerclement »

En mars, Xi Jinping a critiqué, avec une virulence rare, une stratégie américaine d' »encerclement » alors que Washington muscle ses alliances en Asie-Pacifique. La Chine dénonce les sanctions que lui imposent les États-Unis dans le domaine technologique, tandis que Washington s’insurge contre les actions « provocatrices » de Pékin en mer de Chine méridionale. 

Même la fameuse « diplomatie du panda » a fait les frais du coup de froid : le 8 novembre, les trois pandas géants du zoo de Washington sont repartis pour la Chine, signant la fin d’une pratique animalo-diplomatique débutée en 1972. 

Le ton entre Washington et Pékin s’est toutefois suffisamment radouci à l’été pour permettre l’organisation du face-à-face californien.

Israël, Ukraine

Joe Biden « veut s’assurer que nous gérons cette relation bilatérale tellement importante de la manière la plus responsable possible », a dit, mardi, un porte-parole de la Maison Blanche, John Kirby.

Surtout avant une année 2024 potentiellement tumultueuse, avec une élection présidentielle à Taïwan, et aux États-Unis – à laquelle Joe Biden se présente. Le statut de l’île, dont Pékin revendique la souveraineté, et à laquelle Washington fournit une conséquente assistance militaire, reste un sujet de friction central.

Les États-Unis demandent aussi à la Chine de ne pas envenimer les grandes crises internationales, et en particulier la guerre entre Israël et le Hamas, que Joe Biden ne veut surtout pas voir s’étendre. « Ils ont dans la région des lignes de communication que nous n’avons pas », a dit John Kirby, en référence à la relation entre Pékin et l’Iran.

Pour ce qui concerne l’Ukraine, les États-Unis n’escomptent certes pas que la Chine coupe les ponts avec la Russie, mais espèrent au moins qu’elle s’abstienne de lui livrer des armes.

Un groupe de travail sur l’action commune pour le climat

Mardi, à la veille de la rencontre entre les deux hommes, la Chine et les États-Unis ont annoncé la prochaine création d’un groupe de travail sur la coopération en matière climatique, à quelques semaines de la conférence internationale sur le climat (COP28).

Ce groupe de travail se concentrera sur « la transition énergétique, le méthane, l’économie circulaire et l’efficacité des ressources, les provinces/États et villes à faible émission de carbone et durables, et la déforestation », ont indiqué dans une déclaration commune les médias d’État chinois et le département d’État américain. Les membres du groupe mèneront « un dialogue et une coopération afin d’accélérer les actions concrètes en faveur du climat », selon le texte.

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Royaume-Uni: Suella Braverman, ministre de l’Intérieur, limogée, David Cameron nommé aux Affaires étrangères

by Sam's Londele 13 novembre 2023
written by Sam's Londele

Suella Braverman a mis en cause, la semaine dernière, l’impartialité des forces de police. Elle leur reprochait d’avoir autorisé une manifestation pro-palestinienne, provoquant une énième polémique depuis sa nomination. James Cleverly, actuel ministre des Affaires étrangères, la remplacera, a fait savoir Downing Street. 

La rumeur enflait depuis des jours au Royaume-Uni : le remaniement ministériel a donc bien eu lieu. La ministre de l’Intérieur Suella Braverman a été démise de ses fonctions et remplacée par le ministre des Affaires étrangères, James Cleverly. 

Suella Braverman au cœur de la tempête

La ministre de l’Intérieur est une personnalité clivante, explique la correspondante de RFI à Londres, Emeline Vin. Mais la goutte d’eau qui a fait déborder le vase, c’est la semaine passée : elle avait critiqué à plusieurs reprises la gestion des manifestations pro-palestiniennes par la police londonienne. Au cours du week-end, des débordements se sont bien produits, mais en marge des commémorations du 11-Novembre et de la part de groupuscules d’extrême droite.

C’est loin d’être la première polémique de Suella Braverman. Rishi Sunak l’avait pourtant maintenue à son poste, pour se protéger de sa capacité de nuisance et en tant que caution envers la droite du Parti conservateur. Mais en multipliant les sorties offensives, la ministre est devenue plus dangereuse au sein du gouvernement qu’à l’extérieur. C’est la deuxième fois que Suella Braverman est démise de ses fonctions à l’Intérieur : Liz Truss l’avait renvoyée en 2022 pour avoir enfreint le code ministériel. Ce lundi matin, Suella Braverman écrit que ce poste « avait été le plus grand honneur de sa vie » et qu’elle s’exprimerait davantage « en temps voulu ». 

Le retour de David Cameron

James Cleverly devient donc, à sa place, ministre de l’Intérieur. Le changement de poste de cette figure du gouvernement, âgé de 54 ans, déclenche donc un remaniement plus large puisqu’il était lui-même l’actuel ministre des Affaires étrangères. C’est l’ex-Premier ministre britannique David Cameron (57 ans) qui fait son retour au gouvernement en prenant la tête de la diplomatie britannique. Un retour en politique aussi spectaculaire qu’inattendu pour celui qui avait déclenché le référendum sur le Brexit en 2016, a annoncé Downing Street.

 Afin de pouvoir entrer au gouvernement alors qu’il n’était plus député, David Cameron a été nommé à la Chambre haute du Parlement britannique, celle des Lords, toujours selon Downing Street, qui a, en outre, annoncé que le ministre des Finances Jeremy Hunt serait maintenu à son poste.

RFI via CONGO PUB Online

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