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Monde

À la UneMonde

Colombie: le président Petro et les mouvements armés en ébullition après l’opération américaine au Venezuela

by admin9775 6 janvier 2026
written by admin9775

Le président colombien Gustavo Petro, ancien guérillero du M-19, a déclaré ce lundi 5 janvier qu’il était prêt à « reprendre les armes » après les menaces proférées à son encontre par Donald Trump.

Personne ne connaît le degré de préparation de l’administration Trump quant à la suite des évènements au Venezuela, mais pour une partie du monde latino-américain, les faits survenus à Caracas ce week-end sonnent comme un coup de pied dans une fourmilière qui a de la mémoire, et où les fractures sont ancrées.

Le chef d’État de la Colombie voisine, l’ancien guérillero Gustavo Petro, est désormais en mode « branle-bas de combat ». Premier président issu du marxisme dans ce pays historiquement très lié à Washington, il a lui-même été menacé par Donald Trump en des termes on ne peut moins diplomatiques.

Après lui avoir dit samedi qu’il devrait « faire gaffe à ses fesses », l’ami nord-américain est allé par la suite jusqu’à le qualifier d’« homme malade », qui « aime prendre de la cocaïne ». Il avait déjà accablé la Colombie pour ses laboratoires de production.

« Tout commandant des forces armées qui préfère le drapeau américain au drapeau colombien sera immédiatement destitué »

Dans sa réponse à Donald Trump, Gustavo Petro commence, quant à lui, par rappeler sa position sur les stupéfiants, et défend la politique menée par son gouvernement en la matière. Il s’indigne aussi de tout raccourci à son propos, suite aux allusions du président américain relatives à sa supposée consommation de cocaïne.

La suite est d’une toute autre teneur : « J’ai juré de ne plus jamais toucher aux armes après l’accord de paix de 1989, mais pour le bien de mon pays, je reprendrai les armes dont je ne veux plus », promet le chef de l’État, qui avait déjà décrété l’envoi de troupes colombiennes aux frontières avec le Venezuela.

Le président de la Colombie est le commandant suprême des forces armées et de police colombiennes, conformément à la Constitution. Une Constitution qui a 34 ans, à l’élaboration de laquelle mon mouvement a contribué après avoir déposé les armes.

Gustavo Petro ne se fait aucune illusion face à la complexité interne, structurelle, propre à son armée. Il prévient sans ambages : « À compter de cet instant, chaque soldat colombien a un ordre : tout commandant des forces armées qui préfère le drapeau américain au drapeau colombien sera immédiatement destitué. »

J’ai une immense confiance en mon peuple, c’est pourquoi je lui ai demandé de défendre le président contre tout acte de violence illégitime. Pour me défendre, le pouvoir doit être pris dans chaque municipalité du pays. L’ordre donné aux forces de sécurité est de ne pas tirer sur la population, mais sur l’envahisseur.

« Je ne dis pas n’importe quoi, poursuit l’ancien maire de Bogota, j’ai confiance dans le peuple et dans l’histoire de la Colombie, que M. Rubio n’a pas lue », ajoute-t-il, dans une allusion au secrétaire d’État américain monté en première ligne depuis l’enlèvement de Nicolas Maduro, et dont les parents sont des émigrés cubains. Le chef d’État termine par le rappel de références communes : « J’ai confiance dans le soldat qui sait qu’il est un fils de Bolivar et de son drapeau tricolore. Qu’il sache donc qu’il a affaire à un commandant du peuple. Vive la Colombie libre ! Officiers de Bolivar, rompez les rangs et marchez d’un pas victorieux ! »

Depuis le début du deuxième mandat de Donald Trump, les deux dirigeants s’affrontent régulièrement sur des questions comme les droits de douane ou la politique migratoire. La Colombie et les États-Unis sont des alliés militaires et économiques-clés, mais leurs relations sont aujourd’hui au plus bas.

« Les bombardements sur le territoire vénézuélien et la capture de son président dépassent les limites de l’acceptable »

Bien au-delà de Cuba, l’annonce par Washington de frappes aériennes sur Caracas et de la capture du président vénézuélien Nicolas Maduro a frappé bien des esprits en Amérique latine, du Mexique à l’Argentine et au Chili. Au-delà de la solidarité idéologique affichée par plusieurs gouvernements de gauche, cette opération réactive, dans la région, les craintes liées à l’interventionnisme des États-Unis, et avec elles de grands clivages.

« Les bombardements sur le territoire vénézuélien et la capture de son président dépassent les limites de l’acceptable », estime le président Lula, lui-même ancien résistant, au Brésil. Son homologue mexicaine Claudia Sheinbaum a rappelé la Charte de l’ONU : « Tous les membres de l’organisation s’abstiennent, dans leurs relations internationales, de recourir à la menace ou à l’emploi de la force contre l’intégrité territoriale ou l’indépendance politique de tout État, ou de toute autre manière incompatible avec les buts des Nations unies. »

Au Venezuela même, des hommes armés ont été photographiés dimanche 4 janvier dans les rues de la capitale en marge d’une manifestation de soutien au couple Maduro. Et le fils du président, le député Nicolas Maduro Guerra, lui-même visé par la justice américaine, a promis : « Vous nous verrez dans les rues, vous nous verrez aux côtés du peuple, vous nous verrez brandir les bannières de la dignité. Ils veulent nous voir faibles, mais ils ne nous verront pas faibles. »

Des partisans armés du président vénézuélien déchu Nicolas Maduro manifestent à moto à Caracas le 4 janvier 2026.
Des partisans armés du président vénézuélien déchu Nicolas Maduro manifestent à moto à Caracas le 4 janvier 2026. AFP – JUAN BARRETO

Dans une région du monde de longue date divisée, et où Donald Trump a lui-même de fervents soutiens, il est impossible de présager de la suite des évènements. Mais les images d’un Nicolas Maduro exhibé à New York par la DEA et le FBI ne sont pas de nature à calmer les esprits latino-américains les plus anti-impérialistes, ou à panser les plaies du passé.

Indépendamment des dires de Gustavo Petro, dans son propre pays, les guérillas actives à la frontière du Venezuela ont pris la parole, dimanche. L’ELN a dit se joindre à « tous les patriotes, démocrates et révolutionnaires » pour « affronter les plans impériaux contre le Venezuela et les peuples du Sud », et les dissidents des FARC – désormais dissoutes – ont pour leur part averti qu’ils donneraient « jusqu’à la dernière goutte de sang en luttant contre l’empire », « si nécessaire ».

Rien n’a changé, et j’ai peu d’espoirs que les choses s’améliorent, à moins qu’il y ait des élections. Il n’y a que comme ça qu’on arrivera à reprendre le contrôle du pays après 25 ans de tyrannie.

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À la UneMonde

La Cour suprême vénézuélienne nomme Delcy Rodriguez présidente par intérim

by admin9775 4 janvier 2026
written by admin9775

La chambre constitutionnelle ​de la Cour suprême ⁠du Venezuela a donné l’ordre samedi que la vice-présidente Delcy Rodriguez ​assume les fonctions de ‍présidente par intérim en l’absence ​de Nicolas Maduro, capturé par les ​États-Unis dans la nuit de vendredi.

Delcy Rodriguez assumera « les fonctions de présidente de la République bolivarienne du Venezuela ‍afin de garantir la continuité administrative ​et la défense globale de la nation », a indiqué la Cour ‌suprême. La Cour débattra de la question ‍afin de « déterminer le cadre juridique applicable pour garantir la continuité de l’État, l’administration du gouvernement et la défense de la souveraineté en ‍l’absence forcée du président de ‌la ​République », est-il précisé.

Le président vénézuélien Nicolas Maduro et son épouse ont été capturés dans la nuit de vendredi à samedi à l’issue d’une opération de l’armée américaine. Donald Trump a affirmé que les États-Unis « dirigeraient » le Venezuela jusqu’à ce qu’une transition politique « sûre » puisse avoir lieu. Voici ce que l’on sait.

Des avions de combat américains sur le tarmac de l'aéroport José Aponte de la Torre à Ceiba, sur l'île de Porto Rico le 3 janvier 2026.
Des avions de combat américains sur le tarmac de l’aéroport José Aponte de la Torre à Ceiba, sur l’île de Porto Rico, le 3 janvier 2026. © Miguel J. Rodriguez Carrillo, AFP

Les États-Unis ont mené dans la nuit de vendredi 2 à samedi 3 janvier une série d’attaques aériennes sur le Venezuela, et le président américain Donald Trump a annoncé que ses forces avaient capturé et exfiltré son homologue vénézuélien, Nicolas Maduro et la Première dame, Cilia Flores.

Quand ont été lancées les frappes ?

De premières puissantes explosions ont été entendues peu avant 2 h du matin (6 h GMT) à Caracas et dans les environs de la capitale, jusqu’à 3 h 15 (7 h 15 GMT), a constaté l’AFP.

Incendie à Fuerte Tiuna, le plus important complexe militaire du Venezuela, après des frappes américaines le 3 janvier 2026.
Incendie à Fuerte Tiuna, le plus important complexe militaire du Venezuela, après des frappes américaines le 3 janvier 2026. © STR / AFP

Des images sur les réseaux sociaux ont montré des missiles fendant le ciel puis s’abattant sur leur cible. Des hélicoptères ont également été vus dans le ciel de Caracas.

Donald Trump a annoncé à 9 h 21 GMT sur Truth Social que les États-Unis avaient « mené avec succès une frappe de grande ampleur contre le Venezuela » et que Maduro et son épouse avaient été « capturés et exfiltrés ».

« Cette opération, baptisée Absolute Resolve (détermination absolue, NDLR) discrète, précise et menée pendant les heures d’obscurité maximale du 2 janvier, est le point culminant de mois de préparation et d’entraînement », a déclaré le général Caine, le chef d’état-major américain.

Elle a mobilisé plus de 150 avions, dont les frappes aériennes ont ouvert la voie aux hélicoptères utilisés lors du raid de capture du couple présidentiel.

Qu’ont visé ces attaques ?

Des civils quittent Fuerte Tiuna, le plus grand complexe militaire du Venezuela, après des frappes américaines, le 3 janvier 2026.
Des civils quittent Fuerte Tiuna, le plus grand complexe militaire du Venezuela, après des frappes américaines, le 3 janvier 2026. © Federico Parra, AFP

Des explosions suivies de panaches de fumée et d’incendies ont visé le Fuerte Tiuna, le complexe militaire le plus important du Venezuela, qui abrite le ministère de la Défense et l’Académie militaire. De très vaste étendue, il abrite non seulement des structures militaires, mais aussi des espaces urbains de logement de troupes où vivent des milliers de familles.

D’autres explosions ont retenti près du complexe aéronautique de La Carlota, aéroport militaire et de vols privés, dans l’est de Caracas.

Un bus détruit dans l'enceinte du complexe aéronautique de La Carlota, dans l'est de Caracas, le 3 janvier 2026.
Un bus détruit dans l’enceinte du complexe aéronautique de La Carlota, dans l’est de Caracas, le 3 janvier 2026. © Juan Barreto, AFP

Des explosions ont également été rapportées dans l’ouest du pays, à la Guaira (aéroport international et port de Caracas), à Maracay,capitale de l’État d’Aragua (100 km au sud-ouest de Caracas), et à Higuerote (100 km à l’est de Caracas) dans l’État de Miranda, sur la côte Caraïbe.

Quel bilan de victimes ?

Un homme passe devant une fresque à l'effigie du président vénézuélien Nicolas Maduro, le 3 janvier 2026.
Un homme passe devant une fresque à l’effigie du président vénézuélien Nicolas Maduro, le 3 janvier 2026. © Juan Barreto, AFP

Le ministre de la Défense, le général Vladimir Padrino Lopez, a accusé l’armée américaine d’avoir frappé « au moyen de missiles et de roquettes tirés depuis leurs hélicoptères de combat des zones résidentielles de population civile ». Aucun bilan humain n’a été communiqué à la mi-journée par les autorités vénézuéliennes.

© France 24

Donald Trump sur Fow News s’est lui félicité qu’aucun soldat américain n’avait perdu la vie dans l’opération. Il a déclaré au New York Post que « de nombreux Cubains » qui protégeaient Maduro « ont perdu la vie », première indication de pertes humaines dues aux frappes américaines au Venezuela.

Comment le président Maduro a été arrêté et exfiltré ?

Un membre de la garde nationale vénézuélienne en faction devant le complexe militaire de Fuerte Tiuna après les frappes américaines qui ont visé le pays, le 3 janvier 2026 à Caracas.
Un membre de la garde nationale vénézuélienne en faction devant le complexe militaire de Fuerte Tiuna après les frappes américaines qui ont visé le pays, le 3 janvier 2026 à Caracas. © Federico Parra, AFP

Personne ne savait exactement où résidait le président vénézuélien, auquel on prêtait de changer souvent de résidence ces derniers mois.

À lire aussiÉtats-Unis et Amérique latine, une histoire d’interventions armées à répétition

Donald Trump a raconté avoir suivi en direct l’opération de sa capture, « comme un show télévisé ». « Il se trouvait dans un endroit très fortement gardé… en fait, c’était comme une forteresse », a-t-il dit, expliquant que Nicolas Maduro aurait tenté de se réfugier dans un espace ultra-sécurisé mais a été arrêté avant. « Ils se sont rendus sans résister », a ensuite dit le général Caine.

Le président américain a publié une photo de Nicolas Maduro menotté, un masque sur les yeux, déclarant que le président vénézuélien se trouve à bord du navire de guerre USS Iwo Jima.

Visé par une acte d’accusation de « narcoterrorisme », le couple est arrivé sur le sol américain, près de New York, peu après 22 h 30 GMT.

Quel futur gouvernement ?

Donald Trump a dit que les États-Unis « dirigeraient » le Venezuela jusqu’à ce qu’une transition politique « sûre » puisse avoir lieu, sans cependant préciser pour l’heure comment. Il a dit n’avoir « pas peur d’envoyer des troupes sur le terrain si besoin ».

« L’heure de la liberté est arrivée », a aussitôt lancé la cheffe de l’opposition vénézuélienne, Maria Corina Machado, prix Nobel de la paix 2025. Elle a estimé que le candidat de l’opposition à la présidentielle de 2024, Edmundo Gonzalez Urrutia, doit « assumer immédiatement » la présidence « et être reconnu comme Commandant en chef de la Force armée ». « Le Venezuela sera libre », a-t-elle tonné. « Nous sommes prêts », a emboîté Edmundo Gonzalez Urrutia, en exil en Espagne.

Mais Donald Trump a douché leurs espoirs, estimant à propos de Maria Corina Machado « qu’il lui serait très difficile d’être à la tête du pays » car « c’est une femme très gentille, mais elle n’inspire pas le respect ». Il affirme que les États-Unis n’ont pas eu de contact avec l’opposante.

AFP

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À la UneMonde

Venezuela: de fortes explosions entendues à Caracas

by admin9775 3 janvier 2026
written by admin9775

De fortes explosions avec des bruits ressemblant à des survols d’avions ont été entendus vers 02H00 (06H00 GMT) samedi à Caracas, a constaté un journaliste de l’AFP.

Sur les réseaux sociaux, des images de grands incendies avec des dégagements de fumée sont visibles sans qu’il soit possible de localiser précisément le lieu de ces explosions qui semblent avoir eu lieu dans le sud et l’est de la capitale vénézuelienne. Des bruits d’explosion continuaient à être entendus vers 02h15 (06h15 GMT).

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Ces déflagrations surviennent alors que le président américain, Donald Trump, qui a fait déployer une flottille de guerre dans les Caraïbes, a évoqué la possibilité de frappes terrestres contre le Venezuela et affirmé que les jours du président vénézuélien, Nicolas Maduro, étaient « comptés ».

Il a déclaré lundi que les États-Unis avaient détruit une zone de mise à quai utilisée par des bateaux accusés de participer au narcotrafic au Venezuela, ce qui serait la première attaque terrestre américaine sur le sol vénézuélien.

Le président Maduro s’était lui montré confiant lors d’une interview diffusée jeudi affirmant : « le système de défense nationale a garanti et garantit l’intégrité territoriale, la paix du pays et l’usage et la jouissance de tous nos territoires ».

Donald Trump accuse le président Maduro d’être à la tête d’un vaste réseau de narcotrafic que l’intéressé dément, reprochant aux Etats-Unis de vouloir le renverser pour s’emparer des réserves de pétrole du pays, les plus grandes de la planète.

RFI

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À la UneMonde

États-Unis: Donald Trump rappelle trente diplomates de carrière notamment en Afrique

by admin9775 25 décembre 2025
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Donald Trump continue de façonner la diplomatie américaine. Depuis son retour à la Maison Blanche, le président a placé ses alliés à des postes stratégiques pour mieux défendre sa vision à l’étranger. Une trentaine de diplomates viennent ainsi d’être sommés de rentrer à Washington, et cette fois le continent africain est fortement touché. Des manœuvres qui inquiètent certains responsables.

Pour l’administration Trump, la procédure est « tout ce qu’il y a de plus normale, un nouveau président qui nomme ses propres ambassadeurs et représentants à l’étranger des États-Unis ». Ces 11 derniers mois, le républicain a déjà rappelé de nombreux diplomates pour les remplacer par ses alliés, rapporte notre correspondante à New York, Loubna Anaki.

Mais cette semaine, cette réorganisation s’est accélérée avec près de 30 diplomates de carrière rappelés par la Maison Blanche. Les chefs de postes, des diplomates de carrière pour la plupart, se sont vu notifier leur ordre de départ d’ici fin janvier. Parmi eux, les représentants diplomatiques américains en Algérie, Côte d’Ivoire, Cameroun ou encore Sénégal. Au total, 14 pays africains sont concernés. Ces diplomates seront probablement remplacés par des personnes que Donald Trump estime plus alignées avec sa politique de l’Amérique d’abord.

Des décisions qui inquiètent le principal syndicat du corps diplomatique qui affirme qu’un remaniement de cette ampleur est sans précédent. L’organisation estime que le fait de remplacer des diplomates de carrière par des gens moins expérimentés risque d’affaiblir la position des États-Unis dans des zones stratégiques.

Depuis son retour au pouvoir, le président Donald Trump et son secrétaire d’État Marco Rubio ont engagé une profonde réforme de la diplomatie américaine axée autour des priorités des États-Unis, de la lutte contre l’immigration illégale ou les programmes faisant la promotion des politiques de diversité à l’aide étrangère.

Marco Rubio a supervisé le renvoi de centaines de personnels au sein du département d’État, réorganisé autour des priorités de l’administration Trump, et supprimé l’Agence américaine pour le développement (USAID). En parallèle, le président américain, qui nomme les ambassadeurs, a placé des fidèles à travers le monde.

Par Marius Bopenga
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À la UneMonde

Présidentielle au Honduras: le conservateur Nasry Asfura, soutenu par Donald Trump, déclaré vainqueur

by admin9775 25 décembre 2025
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Après de longs jours de dépouillement et de vérification des bulletins dans un contexte de tensions, de suspicions de fraudes et d’intervention de Donald Trump, on connaît désormais le vainqueur de l’élection présidentielle au Honduras. Nasry Asfura, candidat « favori » du président américain et conservateur de droite, remporte ce scrutin qui s’est déroulé le 30 novembre dernier.

Le Honduras connait enfin le gagnant de l’élection présidentielle qui s’est tenue le 30 novembre dernier. La commission électorale nationale a annoncé le résultat ce mercredi 24 décembre : le conservateur ​Nasry Asfura l’emporte avec 40,3 % de suffrages contre 39,5 % pour son rival le centriste Salvador Nasralla. Des semaines d’attentes, des résultats serrés et un décompte chaotique puisque 15 % des feuilles de pointages ont dû être examinées à la main. 

Après quatre années de mandat de la présidente de gauche Xiomara Castro, cette victoire accentue l’avancée des gouvernements de droite en Amérique latine après les basculements du Chili, de la Bolivie, du Pérou et de l’Argentine. Les deux premières économies de la région, le Brésil et le Mexique, sont toutefois gouvernées par la gauche.

Des accusations de détournement de fonds

Le vainqueur, Nasry Asfura, est âgé de 67 ans. Fils de migrants palestiniens, il est issu du Parti national, le parti qui a pris le pouvoir après le coup d’État de 2009.

Parmi ses faits d’armes, Nasry Asfura compte deux mandats controversés de maire de la capitale du pays durant lesquels il est accusé d’avoir détourné plus de 7 millions d’euros en faveur de son entreprise de construction. Son nom est d’ailleurs apparu dans les « Panama Papers ». 

Soutenu durant toute sa campagne par Donald Trump, sa victoire a été immédiatement saluée par Marco Rubio, le chef de la diplomatie américaine qui reconnaît une victoire « claire » et « incontestable », appelant toutes les parties « à respecter les résultats ».

« Nous sommes impatients de travailler avec son administration pour faire progresser notre coopération bilatérale et régionale en matière de sécurité, mettre fin à l’immigration illégale vers les États-Unis et renforcer les liens économiques entre nos deux pays », a-t-il ajouté.

RFI

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Émirats arabes unis: un proche allié de la France mis en cause pour ses interventions à l’étranger

by admin9775 22 décembre 2025
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Le président français Emmanuel Macron se rend en fin de semaine aux Émirats arabes unis, où la France dispose d’une base militaire permanente. La traditionnelle visite aux forces armées de la période des fêtes de fin d’année sera doublée d’une rencontre avec les autorités de cette monarchie du Golfe, partenaire stratégique de la France dans de nombreux domaines. Une proximité qui à ce jour ne semble pas troublée par l’implication des Émirats arabes unis dans plusieurs crises. Yémen, Soudan, Libye : dans ces pays déchirés par des conflits internes, les Émirats arabes unis ont choisi de peser en fournissant d’abondants moyens militaires.

La plainte a été rejetée en avril 2025 par la Cour internationale de justice, mais c’est bien de « complicité de génocide » que le Soudan a accusé les Émirats arabes unis (EAU), soutiens des paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR), en lutte contre l’armée régulière du Soudan. Dans ce conflit qui a fait des dizaines de milliers de morts, de nombreuses enquêtes documentent le flux de moyens militaires (armes, mercenaires, carburant) émiriens au bénéfice des FSR de Mohammed Hamdan Daglo, alias Hemedti. Le mois dernier, Amnesty International a accusé les paramilitaires soudanais de « crimes de guerre » lors de la prise de la ville d’El-Facher et dénoncé le « soutien » des Émirats arabes unis.

En Libye également, les Émirats arabes unis ont choisi un camp : celui du général Khalifa Haftar, opposé au gouvernement reconnu par la communauté internationale. C’est notamment à partir du territoire libyen que s’organise le flux d’armes fournies par les Émirats arabes unis à destination des FSR du Soudan.

Le soutien militaire des Émirats arabes unis, on le constate aussi au Yémen, en appui aux sécessionnistes du sud du pays. Ces derniers se sont récemment emparés de territoires, jusque-là contrôlés par le gouvernement officiel. Cette poussée sécessionniste aggrave la fragmentation d’un pays déjà divisé, puisqu’une autre rébellion, celle des Houthis, règne depuis des années sur de vastes territoires du Yémen, y compris Sanaa la capitale. 

« L’analyse des Émirats est qu’il faut soutenir des « hommes forts », souvent issus des rangs militaires, contre ce qui est perçu comme une menace islamiste », analyse Jean-Loup Samaan, chercheur associé à l’Institut Montaigne et spécialiste des pays du Golfe. Menace considérée comme « existentielle » par les Émirats arabes unis et leur dirigeant Mohammed ben Zayed, surnommé « MBZ ». Au Yémen, ce sont d’ailleurs des forces qualifiées d’« islamistes » que les forces sudistes soutenues par les Émirats arabes unis ont récemment fait reculer.

Cette vision idéologique anti-islamiste n’est pas la seule explication de l’interventionnisme émirien. Ainsi, les ressources naturelles du Soudan aiguisent les appétits de tous les États étrangers qui tentent de peser dans le conflit qui ravage ce pays. « Les questions économiques sont secondaires mais comptent aussi », estime Thierry Vircoulon, chercheur associé à l’Ifri, qui mentionne les ressources en or du Soudan. Le chercheur rappelle aussi que l’accès à la mer Rouge est un objectif stratégique des Émirats arabes unis.

Mohammed ben Zayed dit « MBZ »

Les Émirats arabes unis sont une fédération de sept émirats, parmi lesquels Dubai et Abou Dhabi. C’est ce dernier qui porte la politique d’ingérence armée – non reconnue officiellement – des Émirats. Mohammed ben Zayed (MBZ) est à la fois l’émir d’Abou Dhabi et le président de la fédération. C’est à ce dirigeant, militaire de formation, que l’on attribue les choix stratégiques de son pays.

Le monarque a détesté les « Printemps arabes » de 2011, interprétés comme favorables aux islamistes, en particulier à la mouvance des Frères musulmans. Un dirigeant qui, depuis, ne cesse de soutenir un mouvement contre-révolutionnaire qui vise à faire reculer toute idée d’islam politique dans son environnement. Cette politique interventionniste des Émirats arabes unis reposant sur la force a valu au pays le surnom de « Sparte du Moyen-Orient » en référence à la cité grecque, puissance militaire de l’Antiquité.

Visite d’Emmanuel Macron

Mais l’interventionnisme massif des Émirats arabes unis dans des pays déchirés entre factions rivales ne fait aucunement obstacle aux excellentes relations entre ce pays et les Occidentaux. En ce mois de décembre 2025, Emmanuel Macron est ainsi attendu aux EAU pour y rendre visite aux forces armées déployées dans ce pays. Pas moins de 900 hommes y sont stationnés sur une base aérienne (Al Dhafra), dans le port d’Abou Dhabi, et dans un camp terrestre hébergeant le 5e Régiment de cuirassiers.

Le président français profitera de son déplacement auprès de ces troupes pour rencontrer les dirigeants des Émirats arabes unis (mais l’Élysée ne mentionne pas explicitement un entretien avec Mohammed ben Zayed). Emmanuel Macron se rend ainsi chez un partenaire stratégique de la France mais également chez un de ses gros clients, puisque les Émirats arabes unis ont été le premier acheteur d’armements français ces dix dernières années.

« Les Émirats sont un fournisseur d’énergie, mais pas seulement, note le chercheur Jean-Loup Samaan. C’est aussi un partenaire militaire. Et il y a une coopération éducative avec la Sorbonne-Abou Dhabi et une coopération culturelle avec le Louvre. » 

Une nouvelle coopération dans le domaine de l’intelligence artificielle promet d’être « très structurante », selon Jean-Loup Samaan, car « les Émirats sont l’un des principaux investisseurs au niveau mondial ». Pour le chercheur, « cela explique le silence ou la volonté de ne pas froisser les Émirats arabes unis » qui bénéficient effectivement de la plus grande bienveillance de leurs alliés occidentaux.

Restent des constats qui posent question, comme la présence de matériel militaire français équipant des blindés émiriens engagés dans la guerre au Soudan, un fait documenté par Amnesty International. « Le Soudan, c’est la plus grande guerre et la plus grande crise humanitaire actuellement en Afrique et les empreintes des Émiriens sont partout sur le champ de bataille », pointe le chercheur Thierry Vircoulon (Ifri) selon lequel « il y a matière à s’interroger sur les obligations de la France en matière de garanties de non-réexport » des équipements militaires made in France.

Divergences entre monarchies du Golfe

Comme l’Arabie saoudite ou le Qatar, les Émirats arabes unis ont su s’imposer comme alliés stratégiques incontournables pour les Occidentaux. Mais chacune de ces richissimes monarchies pétrolières joue sa partition. Ainsi les Émirats arabes unis (comme Bahreïn, autre monarchie arabe du Golfe) ont normalisé leurs relations avec Israël dans le cadre des accords d’Abraham, ce qui n’est pas le cas de l’Arabie saoudite ni du Qatar.

L’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis et le Qatar sont membres du Conseil de coopération du Golfe (avec le Koweït, Oman et Bahreïn) mais leurs différences éclatent parfois au grand jour. C’est le cas actuellement au Yémen, où le soutien des Émirats arabes unis aux séparatistes du Sud défie le gouvernement internationalement reconnu. Ce dernier est, lui, avant tout soutenu par l’Arabie saoudite.

On a même vu ces monarchies du Golfe s’opposer brutalement dans la période récente. Ainsi, en 2017, les Émirats arabes unis ont pris la tête d’un mouvement visant à isoler le Qatar, jugé trop favorable aux mouvements islamistes de la région.

RFI

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À la UneMonde

Trump suspend le programme de loterie de la « Green Card » pour les immigrants

by admin9775 19 décembre 2025
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Le président américain Donald Trump a suspendu, la nuit dernière, le programme de loterie de la « Green Card » qui a permis au suspect des fusillades à l’Université Brown et au Massachusetts Institute of Technology d’entrer aux États-Unis.

La ministre de la Sécurité intérieure, Kristi Noem, a déclaré dans un post sur le réseau social X qu’en vertu des instructions de Trump, elle ordonne aux services de citoyenneté et d’immigration américains de suspendre temporairement le programme. Le programme de visa de diversité offre jusqu’à 50 000 « Green Cards » chaque année par le biais d’une loterie pour des personnes provenant de pays sous-représentés aux États-Unis, dont beaucoup en Afrique.

Noem a poursuivi dans son post sur X :

“Cet individu odieux n’aurait jamais dû être autorisé à entrer dans notre pays”, a-t-elle déclaré à propos du suspect, le ressortissant portugais Claudio Neves Valente.

Neves Valente, 48 ans, est soupçonné des fusillades à l’Université Brown qui ont tué deux étudiants et en ont blessé neuf autres, ainsi que du meurtre d’un professeur du MIT. Il a été retrouvé mort jeudi soir des suites d’une blessure par balle auto-infligée, ont indiqué les autorités.

Neves Valente a obtenu le statut de résident permanent légal en 2017, a déclaré la procureure américaine du Massachusetts, Leah B. Foley a dit.

Le programme de visa de diversité permet de mettre à disposition chaque année par loterie jusqu’à 50 000 cartes vertes à des personnes originaires de pays peu représentés aux États-Unis, dont beaucoup en Afrique. La loterie a été créée par le Congrès et cette décision suscitera presque certainement des contestations judiciaires.Histoires liées.

Une immigrante ayant des liens familiaux avec la porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt, est arrêtée par l'ICE

Près de 20 millions de personnes ont postulé à la loterie des visas 2025, et plus de 131 000 ont été sélectionnées en incluant les conjoints avec les gagnants. Après avoir gagné, ils doivent se soumettre à un contrôle pour être admis aux États-Unis. Les citoyens portugais n’ont remporté que 38 places.

Les gagnants de la loterie sont invités à demander une carte verte. Ils sont interrogés dans les consulats et soumis aux mêmes exigences et contrôles que les autres candidats à la carte verte.

Trump s’oppose depuis longtemps à la loterie des visas de diversité. L’annonce de Noem est le dernier exemple en date de l’utilisation de la tragédie pour faire avancer les objectifs de la politique d’immigration. Après qu’un Afghan a été identifié comme le tireur d’une attaque mortelle contre des membres de la Garde nationale en novembre, l’administration Trump a imposé des règles radicales contre l’immigration en provenance d’Afghanistan et d’autres comtés.

Tout en poursuivant des expulsions massives, Trump a cherché à limiter ou à éliminer les voies d’immigration légale. Il ne s’est pas laissé décourager si ces droits étaient inscrits dans la loi, comme la loterie des visas de diversité ou la Constitution, comme dans le cas du droit à la citoyenneté pour toute personne née sur le sol américain. La Cour suprême a récemment accepté d’entendre sa contestation de la citoyenneté fondée sur le droit de naissance.

AP

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À la UneMonde

Les propos de Donald Trump sur le meurtre de Rob Reiner indignent jusque dans son propre camp

by admin9775 17 décembre 2025
written by admin9775

Le fils du réalisateur américain de renom Rob Reiner a été arrêté pour les meurtres de son père et de sa mère dans leur maison de Los Angeles, Donald Trump semant, lundi 15 décembre, la consternation jusque dans son camp en imputant le drame à l’anti-trumpisme « enragé » du cinéaste.

L’auteur de la comédie romantique à succès Quand Harry rencontre Sally et de The Princess Bride, une parodie de contes de fées à l’humour décalé, a été retrouvé mort dimanche aux côtés de son épouse Michele Singer dans leur maison de Brentwood, un quartier huppé de la métropole californienne. Les médias américains ont rapporté que Rob Reiner, 78 ans, et son épouse avaient été poignardés ou égorgés.

Les premiers éléments de l’enquête « révèlent que Nick Reiner, 32 ans, le fils de Robert et Michele Reiner, est responsable de leur décès », a déclaré la police de Los Angeles dans un communiqué. Il a été arrêté peu après 21h00 dimanche soir et a été placé en détention provisoire pour meurtres, a-t-elle ajouté. Il pourrait être formellement inculpé mardi par le parquet local. Nick Reiner s’est disputé avec ses parents lors d’une fête samedi soir, rapporte le Los Angeles Times, précisant qu’il a longtemps souffert d’addictions. 

Anti-trumpisme « enragé »

Avant l’annonce de l’arrestation du fils des victimes, Donald Trump s’est déchaîné sur son réseau Truth Social contre Rob Reiner, assurant que son décès était le résultat de son anti-trumpisme « enragé ». Sa mort « serait due à la colère qu’il a suscitée chez d’autres » avec sa « névrose anti-Trump », a écrit le président américain, poursuivant, à la troisième personne : « Il était connu pour rendre les gens FOUS par son obsession enragée contre le président Donald J. Trump. »

Critiqué pour ces propos par des élus de son propre camp, Donald Trump a cependant réitéré ses accusations devant les caméras quelques heures plus tard à la Maison Blanche. « C’était une personne dérangée, de l’avis de Trump », a-t-il dit, toujours à la troisième personne. « Je n’étais pas fan de Rob Reiner du tout, en aucune manière. »

« Un abruti fini »

Son message a indigné de nombreuses personnalités politiques. « L’absence d’empathie et d’élégance envers la famille Reiner dans leur moment de deuil profond et de chagrin est pathétique et révélatrice », a déclaré sur X David Axelrod, ancien conseiller du président démocrate Barack Obama, aujourd’hui analyste politique sur la chaîne CNN. « Il ne connaît pas la honte. Un abruti fini », a cinglé le chef de la minorité démocrate au Sénat, Chuck Schumer.

L’élu républicain Thomas Massie, qui s’oppose fréquemment à Donald Trump, a aussi fustigé la réaction du président. « Qu’importe ce que vous pensiez de Rob Reiner, ce sont des déclarations inappropriées et irrespectueuses à propos d’un homme qui vient juste d’être brutalement assassiné », a-t-il déclaré sur X.

L’élue de la droite radicale Marjorie Taylor Greene, une trumpiste de la première heure mais qui s’est éloignée du président ces derniers mois, a également évoqué la peine des proches du réalisateur et de son épouse. « C’est une tragédie familiale, pas une question de politique ou d’ennemis politiques », a-t-elle déclaré dans un message sur X accompagné d’une image du post de Donald Trump. Don Bacon, un élu républicain qui ne se présentera pas à sa réélection en 2026, a déclaré à CNN s’attendre « à entendre quelque chose comme ça de la part d’un mec bourré dans un bar, pas du président des États-Unis ».

RFI

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À la UneMonde

Australie: au moins 16 morts dans une fusillade visant la communauté juive à Sydney, dont un assaillant

by admin9775 15 décembre 2025
written by admin9775

La police australienne a annoncé la mort d’au moins 16 personnes lors d’une attaque « terroriste » sur la célèbre plage de Bondi à Sydney, dimanche 14 décembre. L’un des deux assaillants a été tué par la police, alors que le deuxième est en état critique. La fusillade visait la communauté juive, qui organisait un événement sur la plage fêtant « le premier jour de Hanoukka », selon les autorités locales. Elle a été qualifiée de « choquante et bouleversante » par le Premier ministre Anthony Albanese. Un Français compte parmi les victimes de cette attaque.

Selon un témoin sur place, « deux tireurs vêtus de noir et armés de fusils semi-automatiques » ont ouvert le feu sur cette plage, la plus célèbre d‘Australie, prise d’assaut durant le week-end par des foules de touristes, nageurs et surfeurs.

Le bilan est lourd : au moins 16 personnes ont alors été tuées, a déclaré la police, dont l’un des deux tireurs. Le deuxième assaillant a été interpellé et serait dans un état critique, a annoncé la police à la BBC. L’attaque a en outre fait au moins 40 blessés, dont deux policiers. Un Français, Dan Elkayam, compterait parmi les victimes, a indiqué dans la soirée Jean-Noël Barrot, le ministre des Affaires étrangères français. 

« Les scènes à Bondi sont choquantes et bouleversantes », a écrit le Premier ministre australien dans un communiqué publié sur les réseaux sociaux. « Mes pensées vont à toutes les personnes affectées », a-t-il ajouté. Anthony Albanese a annoncé que« les drapeaux seront en berne dans tout le pays aujourd’hui en hommage aux victimes et aux blessés. »

Extrait d'une vidéo tournée à Bondi Beach, ce 14 décembre, par Timothy Brant-Coles, un touriste présent sur les lieux. On y voir deux hommes en noir tirant depuis un pont dominant les lieux.
Extrait d’une vidéo tournée à Bondi Beach, ce 14 décembre, par Timothy Brant-Coles, un touriste présent sur les lieux. On y voir deux hommes en noir tirant depuis un pont dominant les lieux. AFP – HANDOUT

Une attaque « visant la communauté juive au premier jour de Hanoukka »

Les autorités affirment qu’il n’y a plus de menace active, mais ont exhorté la population à éviter la zone, selon la chaîne australienne ABC. La police avait initialement annoncé un « incident en cours » sur la plage et ordonné au public d’éviter le secteur et de « se mettre à l’abri ».

L’attaque meurtrière par balles perpétrée dimanche par deux individus sur la célèbre plage de Bondi à Sydney « visait la communauté juive de Sydney le premier jour de Hanoukka », a déclaré le Premier ministre de l’État australien de Nouvelle-Galles-du-Sud, Chris Minns. Un événement était organisé à ce moment-là sur la plage pour célébrer cette fête juive, a ajouté le chef du gouvernement lors d’une conférence de presse. Une affiche pour l’événement, intitulé « Chanuka by the Sea 2025 », indique qu’il devait se dérouler près de l’aire de jeux pour enfants de la plage à partir de 17h AEDT (6h TU) dimanche, organisé par le centre juif Chabad de Bondi.

Il s’agit d’un « acte terroriste », a ajouté le chef de la police de l’État Mal Lanyon. Selon ce dernier, la police a également indiqué avoir « trouvé un engin explosif artisanal dans une voiture liée à l’assaillant décédé », a-t-il déclaré à la presse.

Une attaque contre les juifs australiens est une attaque contre chaque Australien.

Le Premier ministre autralien Anthony Albanese réagit à l’attaque de Bondi BeachMurielle Paradon

Anthony Albanese a également rendu hommage aux « héros » qui sont intervenus pour tenter de mettre fin à l’attaque, qu’il a qualifiée d’un acte qui « dépasse l’entendement ». « Nous avons vu aujourd’hui des Australiens courir vers le danger pour aider les autres. Ces Australiens sont des héros et leur bravoure a sauvé des vies », a déclaré le Premier ministre australien lors d’une conférence de presse, alors que des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux montrent des personnes présentes tentant de maîtriser les assaillants à mains nues.

Benyamin Netanyahu lie l’attaque à la reconnaissance de l’État palestinien par Canberra

Le président israélien Isaac Herzog a condamné une « attaque cruelle contre des Juifs », demandant à l’Australie de lutter davantage contre l’antisémitisme. « En ce moment même, nos frères et sœurs de Sydney, en Australie, ont été attaqués par d’ignobles terroristes dans une attaque très cruelle contre des Juifs qui s’étaient rendus à Bondi Beach pour allumer la première bougie de Hanoukka », a-t-il déclaré dans un discours prononcé lors d’un événement à Jérusalem.

Le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahu, a accusé le gouvernement australien d’avoir « jeté de l’huile sur le feu de l’antisémitisme » avant la fusillade. « Il y a trois mois, j’ai écrit au Premier ministre australien pour lui dire que votre politique jetait de l’huile sur le feu de l’antisémitisme », a-t-il déclaré lors d’un discours télévisé prononcé à l’occasion d’un événement dans le sud d’Israël, en référence à une lettre envoyée à Anthony Albanese en août après l’annonce par Canberra de sa décision de reconnaître un État palestinien.

Selon une source sécuritaire israélienne citée par le quotidien israélien Haaretz, il s’agit d’une attaque prévisible : au cours des dernières semaines, des informations ont été reçues concernant des intentions d’attaquer la communauté juive australienne, rapporte notre correspondant à Jérusalem, Michel Paul.

Le chef de la diplomatie israélienne Gideon Saar se déclare « consterné » par cette fusillade meurtrière. « Ce sont les conséquences de la vague d’antisémitisme qui a déferlé dans les rues d’Australie ces deux dernières années », affirme le ministre qui appelle le gouvernement australien à « se ressaisir ». Plusieurs autres ministres israéliens ont directement proposé de venir en aide à la communauté juive australienne, tandis que des sources au sein du ministère de l’Immigration ont renouvelé leurs attentes sur une vague de migration de Juifs vers Israël, face à la dégradation du climat de sécurité dans plusieurs pays occidentaux. Le chef de l’Association juive d’Australie est allé dans ce sens, évoquant une « tragédie (…) tout à fait prévisible ».

Une série d’attaques antisémites a semé la peur parmi les communautés juives d’Australie depuis l’attaque du Hamas contre Israël le 7 octobre 2023 et la guerre qui s’en est suivie à Gaza. Le gouvernement australien a accusé l’Iran d’être à l’origine de deux de ces attaques et a expulsé l’ambassadeur de Téhéran il y a près de quatre mois. Aucune victime n’avait été signalée lors de ces deux attaques.

Cette capture d'écran d'une vidéo UGC prise le 14 décembre 2025 et fournie par Mike Ortiz montre la foule présente à la plage de Bondi, ainsi que des baigneurs fuyant après que des hommes armés ont ouvert le feu, à Sydney, le 14 décembre 2025.
Cette capture d’écran d’une vidéo UGC prise le 14 décembre 2025 et fournie par Mike Ortiz montre la foule présente à la plage de Bondi, ainsi que des baigneurs fuyant après que des hommes armés ont ouvert le feu, à Sydney, le 14 décembre 2025. © Mike Ortiz / UGC / AFP

Réactions internationales

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Le Conseil national des imams australiens a condamné cette « attaque traumatisante ». « C’est le moment pour tous les Australiens, y compris la communauté musulmane australienne, de se serrer les coudes dans l’unité, la compassion et la solidarité », a ajouté cette organisation.

La France « continuera de lutter sans faiblesse contre la haine antisémite », a assuré le président français Emmanuel Macron, peu après l’annonce de cette attaque. « L’Europe est aux côtés de l’Australie et des communautés juives partout. Nous sommes unis contre la violence, l’antisémitisme et la haine », a écrit la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen. Le Premier ministre britannique Keir Starmer a qualifié l’attaque de « répugnante », ajoutant que le Royaume-Uni « sera toujours aux côtés de l’Australie et de la communauté juive ». Quant au chancelier allemand Merz, il se dit « sans voix » après la tuerie de Sydney.

Le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres s’est également dit « horrifié », et a condamné « fermement l’odieuse attaque meurtrière » contre « des familles juives réunies à Sydney pour célébrer Hanoukka ».

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a exprimé sur X la « solidarité » de son pays « face à la brutale attaque terroriste (…) qui visait la communauté juive au début de Hanoukka ». Les États-Unis ont, quant à eux, condamné « fermement » cette attaque. « L’antisémitisme n’a pas sa place dans ce monde. Nos prières sont avec les victimes de cette horrible attaque, la communauté juive, et le peuple d’Australie », a écrit le secrétaire d’État américain, Marco Rubio, sur X. L’Iran a aussi condamné cet acte qualifié de « terroriste ».

Le roi Charles III, chef d’État de l’Australie, s’est dit dimanche « horrifié » par la fusillade meurtrière à Sydney. L’Union a  « condamné fermement l’odieux attentat terroriste perpétré contre une communauté juive à Sydney ». Le ministère palestinien des Affaires étrangères a lui aussi condamné cette attaque, assurant rejeter « toutes formes de violence, de terrorisme et d’extrémisme, qui sont contraires aux valeurs humanitaires et aux principes moraux. »

La communauté juive en Australie

Un peu plus de 100 000 Juifs vivent actuellement en Australie. Ils représentent moins d’1% de la population, mais ils sont bien intégrés dans le pays, selon les représentants de la communauté, implantés principalement à Melbourne et Sydney. 

Les premiers Juifs sont arrivés à la fin du XVIIIe siècle, lors de la colonisation européenne de l’Australie, avec la « Première flotte » en provenance de Grande-Bretagne et l’établissement d’une colonie pénitentiaire dans ce qui est aujourd’hui Sydney. Cette communauté grandit au fil des années, puis au XXe siècle, intègre de nombreux Juifs fuyant les pogroms en Russie et en Pologne puis la montée du nazisme en Allemagne, à la veille de la Seconde Guerre mondiale. Une autre vague de migration, en provenance de l’ex-Union soviétique, a lieu dans les années 1980-1990. 

Il y a un an, la communauté juive alertait sur une recrudescence des actes et des menaces antisémites en Australie, dans le contexte de guerre à Gaza. Ses représentants parlaient alors de faits sans précédent, jusqu’à l’attaque de ce dimanche à Sydney.

RFI

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À la UneMonde

États-Unis: la Fed réduit ses taux d’intérêt malgré l’opposition de plusieurs responsables

by admin9775 11 décembre 2025
written by admin9775

La Banque centrale des États-Unis (Fed) a abaissé mercredi 10 décembre ses taux d’intérêt pour la troisième fois d’affilée, une décision largement attendue par les marchés financiers, mais marquée par l’opposition d’un nombre croissant de responsables. Une hausse des salaires est nécessaire pour soutenir le pouvoir d’achat des Américains, pointe le président de la Fed Jerome Powell.

Les taux directeurs américains sont réduits d’un quart de point de pourcentage, pour s’établir dans une fourchette comprise entre 3,50 % et 3,75 %, a annoncé l’institution dans un communiqué. Elle précise que trois des douze votants étaient contre : deux ne voulaient pas de baisse du tout et un voulait une détente plus forte, d’un demi-point.

Le président de la Fed de Kansas City, Jeffrey Schmid, s’était déjà opposé à une détente lors de la précédente réunion, fin octobre. Il a été rejoint mercredi par le président de la Fed de Chicago, Austan Goolsbee. Les deux hommes ont dit publiquement qu’ils s’inquiétaient pour l’heure davantage du niveau de l’inflation que de la santé du marché du travail américain. Quant au responsable en faveur d’une baisse plus forte, il s’agit sans surprise du gouverneur Stephen Miran, récemment nommé par le président Donald Trump. Cette diminution des taux était largement attendue par les investisseurs.

Une hausse des salaires, supérieure au rythme de l’inflation, va être nécessaire pour soutenir le pouvoir d’achat des Américains, alors que la question du coût de la vie est leur première préoccupation, a pointé le président de la Réserve fédérale, Jerome Powell. « La meilleure chose à faire est de ramener l’inflation à 2%, ce que nous tentons de faire, mais également d’avoir une économie solide où les salaires réels augmentent », a déclaré M. Powell en conférence de presse.

« La discussion était serrée »

La décision d’abaisser les taux de la Réserve fédérale n’était pas évidente, compte tenu de la situation économique des États-Unis, a estimé mercredi Jerome Powell. « La discussion était serrée, mais nous devons prendre une décision. On espère toujours que les données vont nous permettre d’avoir une vision claire, mais, dans la situation actuelle », la Fed est confrontée à une inflation et un chômage plus élevé, ce qui représente un conflit entre les deux mandats de l’institution, a souligné Jerome Powell lors d’une conférence de presse.

Les taux directeurs de la Réserve fédérale se situent désormais à un niveau proche du « taux neutre », celui dont l’influence sur l’économie, soit pour la soutenir, soit pour plus la ralentir, est nulle, a jugé Jerome Powell.

Le doute est permis pour la suite. Par rapport à sa précédente réunion, l’institution a ajouté dans son communiqué quelques mots qui n’échapperont pas aux marchés : « l’ampleur et le calendrier » de possibles ajustements supplémentaires dépendront de l’évolution de la situation, est-il écrit.

Une autre baisse des taux prévue en 2026

Les responsables de la Fed continuent de prévoir une autre baisse des taux d’intérêt en 2026, selon la médiane de leurs prévisions actualisées mercredi. D’après ces prévisions, les États-Unis pourraient connaître une croissance du produit intérieur brut (PIB) de 2,3 % sur un an fin 2026 (contre 1,8 % estimé précédemment). L’inflation pourrait être alors aussi meilleure que ce que les responsables avaient auparavant imaginé (2,4 % contre 2,6 % précédemment). Quant au chômage, il resterait au niveau actuel (4,4 %).

La Fed est toutefois confrontée à une difficulté. La longue paralysie budgétaire cet automne aux États-Unis a suspendu la publication de données économiques phares. Certaines sont même définitivement perdues, ne pouvant être compilées rétroactivement. Le dernier taux de chômage connu remonte au mois de septembre. Idem pour l’inflation (à 2,8 %). Des chiffres plus récents concernant l’emploi et le niveau des prix ne seront disponibles que la semaine prochaine.

Donald Trump a estimé que la banque centrale américaine aurait pu « doubler, au minimum » sa baisse de taux. S’en prenant à nouveau au patron de la Fed Jerome Powell, le président américain a déclaré pendant une réunion à la Maison Blanche : « Il a choisi, je dirais, un chiffre plutôt petit qui pourrait avoir été doublé, au minimum. »

RFI

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