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Monde

À la UneMonde

États-Unis: avant de céder sa place, Biden accorde des grâces préventives aux cibles de Trump

by admin9775 21 janvier 2025
written by admin9775

Ce lundi, Donald Trump devient officiellement le 47ᵉ président des États-Unis. Et le 46ᵉ président, Joe Biden, a tout fait tout pour protéger les ennemis du milliardaire de son courroux : ce lundi, à midi heure locale, Joe Biden a accordé, lundi 20 janvier, une série de grâces préventives à des élus ou des fonctionnaires.

Quelques heures avant de céder le pouvoir à Donald Trump, Joe Biden a frustré lundi 20 janvier son successeur d’une possible revanche personnelle en graciant préventivement des élus ou des fonctionnaires pour les protéger de « poursuites judiciaires injustifiées et politiquement motivées. » Parmi eux : l’ancien chef d’état-major des armées, le général Mark Milley, et l’ex-architecte de la stratégie de la Maison Blanche contre le Covid-19, le docteur Anthony Fauci. L’ancienne parlementaire républicaine Liz Cheney en fait également partie, comme tous les élus et fonctionnaires ayant participé à la commission d’enquête sur l’assaut du Capitole par des partisans de Donald Trump le 6 janvier 2021. Les policiers ayant témoigné devant cette commission sont aussi concernés par ces grâces.

« Je crois en l’État de droit et je suis sûr que la solidité de notre système judiciaire finira par s’imposer face aux débats politiciens. Mais nous vivons dans des circonstances exceptionnelles et je ne peux pas, en bonne conscience, ne rien faire », explique dans un communiqué le président démocrate sortant, 82 ans, pour justifier une initiative exceptionnelle. « De manière inquiétante, des serviteurs de l’État ont fait l’objet de menaces et d’intimidations pour avoir rempli fidèlement leurs charges », a déclaré Joe Biden. « Certains ont même été menacés de poursuites judiciaires », a-t-il précisé.

Le président sortant a par ailleurs gracié cinq membres de sa famille quelques minutes avant de céder le pouvoir. « Ma famille a été visée par des attaques et des menaces incessantes, motivées par le seul désir de m’atteindre – la pire sorte de politique partisane. Malheureusement, je n’ai aucune raison de penser que ces attaques vont s’arrêter », a expliqué dans un communiqué Joe Biden.

En septembre, Donald Trump, qui a notamment choisi un très proche, Kash Patel, taxé de complotisme, pour diriger la police fédérale (FBI), avait ainsi promis qu’après sa victoire « ces gens qui ont triché seront poursuivis avec toute la rigueur de la justice, ce qui inclura de longues peines de prison. »

Remerciements des graciés

Le général Milley, chef d’état-major des armées lors du premier mandat de Donald Trump, avait averti pendant la campagne que le milliardaire républicain était un « fasciste jusqu’au bout des ongles » et la « personne la plus dangereuse pour ce pays. » L’intéressé avait de son côté laissé entendre que l’officier s’était rendu coupable de « trahison » et qu’en d’autres temps, il aurait été exécuté. « Ma famille et moi-même sommes profondément reconnaissants au président pour sa décision », a déclaré lundi 20 janvier le général Milley dans un communiqué. Il a confié ne pas vouloir, après 43 ans sous l’uniforme, passer le restant de ses jours à « se défendre contre ceux qui pourraient injustement chercher revanche » ni infliger cette angoisse à ses proches.

Quant au docteur Fauci, dont le franc-parler lors de la pandémie de coronavirus l’a souvent mis en porte-à-faux avec Donald Trump pendant son premier mandat, il est depuis devenu une des personnalités les plus honnies pour une partie de la droite et de mouvements complotistes qui réclament son inculpation. Anthony Fauci a fait l’objet d’un livre en 2021 écrit par Robert J. Kennedy Jr., qui a été choisi par Donald Trump pour diriger le ministère de la Santé, intitulé Le vrai Anthony Fauci : Bill Gates, les grandes sociétés pharmaceutiques et la guerre mondiale contre la démocratie et la santé publique.

Anthony Fauci, 84 ans, a remercié ce lundi dans une interview le président Biden mais a assuré n’avoir « commis aucun crime » susceptible de motiver « une enquête ou des poursuites pénales » contre lui.

Liz Cheney, elle, est devenue la porte-voix des anti-Trump au sein du camp républicain. Cette ancienne élue au Congrès, qui avait perdu en 2022 son siège au profit d’une trumpiste, a fait campagne aux côtés de la candidate démocrate Kamala Harris.

Il s’agit des ultimes mesures de clémence de la présidence sortante. Joe Biden a annoncé vendredi avoir commué le nombre record de près de 2500 peines de condamnés pour des délits non violents liés à la drogue. En décembre, il avait déjà prononcé 39 grâces et 1500 commutations et commué la peine de 37 des 40 condamnés à mort par la justice fédérale.

Ces actions intervenaient après sa décision très critiquée le 1er décembre d’accorder une très large grâce à son fils Hunter, une des cibles privilégiées de la droite dure américaine, qui avait été reconnu coupable dans deux affaires distinctes de détention illégale d’arme à feu et de fraude fiscale.

rfI via CONGO PUB Online

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À la UneMonde

États-Unis: des donations record pour l’investiture de Donald Trump

by admin9775 20 janvier 2025
written by admin9775

Le comité d’investiture du président-élu a reçu plus de 170 millions de dollars pour fêter la prestation de serment de Donald Trump : un record. Américains fortunés et grandes entreprises se sont empressés de signer de gros chèques, non seulement pour pouvoir participer aux festivités, mais dans l’espoir d’obtenir quelques faveurs de la part du président élu.

Un million de dollars. C’est la somme versée au comité d’investiture de Donald Trump par les géants de l’automobile (Ford, General Motors, Stellantis, Toyota) ou les leaders de la tech (Google, Microsoft) pour participer à l’investiture de Donald Trump. C’est le double de qu’ils avaient donné à Joe Biden pour son investiture. À ce prix, ils auront le privilège de s’entretenir brièvement avec le président américain et son vice-président, J.D. Vance.

Les multinationales craignent par-dessus tous les droits de douane que veut imposer Donald Trump au Mexique ou à la Chine, des pays où de nombreuses entreprises américaines ont des usines et des activités. Les grands patrons réussiront-ils à convaincre un président dont on dit qu’il a une vision « transactionnelle » de la politique ? L’un des plus généreux donateurs, Tim Cook, à la tête d’Apple, avait réussi lors du premier mandat Trump à obtenir des exemptions de taxes pour les produits de la marque à la pomme.

Déjà très influents, les patrons d’Amazon, Meta, Open AI ou Uber ont contribué, à titre personnel, avec des sommes à sept chiffres. De quoi leur ouvrir les portes du dîner aux chandelles et des bals fastueux. D’autres, qui ont préféré rester anonymes, ont payé des sommes tout aussi mirobolantes, alors même qu’ils ne pourront pas participer aux festivités, car l’évènement affiche complet depuis plusieurs semaines.

250 millions de dollars récoltés depuis le jour de l’élection

Les alliés de Donald Trump ont collecté plus de 250 millions de dollars depuis le jour de l’élection pour ses projets politiques, y compris le comité d’investiture et certains groupes extérieurs alliés (contre 107 millions de dollars en 2017). Les dons aux comités d’investiture ne sont pas limités, seuls les ressortissants étrangers n’ont pas le droit de faire des dons.

La commission d’investiture de Donald Trump est chargée de couvrir les frais de tous les évènements, à l’exception de la prestation de serment au Capitole, qui est à la charge des contribuables. La ville de Washington DC aura dépensé 1,5 million de dollars rien que pour la structure qui était censée accueillir la prestation de serment et les invités de marque devant les marches du Capitole. Une structure qui finalement ne servira pas puisque tout aura lieu à l’intérieur, dans la Rotonde, avec un public limité à 600 personnes.

Chaque année, 220 000 tickets sont distribués aux membres du Congrès, qui sont ensuite chargés de les offrir gratuitement à leurs électeurs intéressés à venir aux abords du Capitole ou le long du parcours du défilé inaugural. À cause du froid, la prestation de serment a été déplacée à l’intérieur du Capitole, et avec -12 degrés attendus dehors, le stade Capital One Arena a été mis à disposition du public muni d’un billet qui souhaite assister à la cérémonie au chaud. Donald Trump s’y rendra pour saluer ses soutiens, après avoir prêté serment.

L’argent qui n’aura pas été dépensé par le comité d’Investiture est censé être transféré à un autre comité, pour l’éventuelle « bibliothèque présidentielle » de Donald Trump. Un projet encore très nébuleux.

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La Cour suprême américaine autorise l’entrée en vigueur de la loi interdisant TikTok

by admin9775 19 janvier 2025
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La loi adoptée en avril 2024 qui prévoyait l’interdiction de TikTok aux États-Unis va donc s’appliquer. Celle-ci fixait la date du 19 janvier pour que la plateforme de partage de vidéos change de propriétaire. Donald Trump avait demandé à la Cour suprême de retarder son entrée en vigueur pour lui donner la possibilité d’agir une fois de retour à la Maison Blanche. La Cour a rejeté cette option. Le ministère de la Justice a fait part de sa satisfaction et le gouvernement Biden a déclaré laisser à Donald Trump le choix d’appliquer, ou non, la loi.

« Il ne fait pas de doute que, pour plus de 170 millions d’Américains, TikTok offre un important mode d’expression, d’interaction et d’appartenance à une communauté. Mais le Congrès a établi que sa cession était nécessaire pour répondre à ses inquiétudes bien fondées en matière de sécurité nationale », ont estimé les neuf juges de la Cour suprême américaine.

À l’unanimité, ils ont donc conclu que la loi contestée ne violait pas le Premier amendement de la Constitution américaine garantissant la liberté d’expression. Le Congrès américain avait adopté à une large majorité d’élus démocrates et d’élus républicains en avril 2024 cette loi censée prévenir les risques d’espionnage et de manipulation par les autorités chinoises des utilisateurs de TikTok.

Promulguée par Joe Biden, la loi prévoyait la date du 19 janvier pour que la maison mère du réseau social cède l’application à un autre propriétaire. L’entreprise tablait sur la sympathie du nouveau président élu Donald Trump, qui prendra ses fonctions le 20 janvier. Celui-ci avait adressé une lettre aux juges de la Cour suprême, assurant que s’il ne prenait pas position sur le fond du dossier, il souhaitait éviter la fermeture de TikTok, qui revendique 170 millions d’utilisateurs aux États-Unis. La Cour suprême n’a pas été dans ce sens.

Une des solutions envisagées en cas de maintien de la loi était que ByteDance revende ses parts à des investisseurs non-chinois, hypothèse constamment repoussée par l’entreprise.

Le gouvernement Biden laisse le dossier à Donald Trump, qui dit avoir « besoin de temps »

Le ministère américain de la Justice a salué la décision de la Cour suprême autorisant l’entrée en vigueur de la loi menaçant d’interdiction imminente le très populaire réseau social TikTok, mais a précisé que son application s’étalerait dans le temps.

« Cette législation vise à couper les liens entre TikTok et le gouvernement de Pékin d’une manière conforme à la Constitution. La phase suivante de cet objectif – appliquer la loi et en garantir le respect après son entrée en vigueur le 19 janvier – est un processus qui s’étalera dans le temps », a expliqué le ministère dans un communiqué.

Le gouvernement de Joe Biden a dit laisser à l’équipe de Donald Trump le soin de décider de l’application ou non de la loi prévoyant l’interdiction du réseau social TikTok. Le futur président Donald Trump a réclamé du temps pour prendre une décision.

Donald Trump a souligné que la décision de la Cour devait être « respectée », mais dit avoir « besoin de temps » pour statuer sur le sort du réseau social, promettant une décision « dans un avenir assez proche ». 

Le dossier est éminemment politique et même diplomatique. Il a été évoqué ce vendredi, au même titre que le commerce, le trafic de drogue, lors d’un coup de téléphone entre le président élu Donald Trump et le président chinois Xi Jinping. Un très bon coup de téléphone pour les deux pays, dit Donald Trump sur son réseau social personnel. 

Le patron de TikTok a, quant à lui, remercié Donald Trump pour son « engagement à trouver une solution » empêchant son interdiction aux États-Unis. « Je tiens à remercier le président Trump pour son engagement à travailler avec nous afin de trouver une solution qui permette à TikTok de rester disponible aux États-Unis », a déclaré Shou Chew, le patron de l’application, dans une vidéo sur la plateforme vendredi. Le dirigeant de Tiktok fait également partie des invités d’honneur de la cérémonie d’investiture.

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Israël et le Hamas concluent un accord sur une trêve dans la guerre à Gaza et la libération d’otages

by admin9775 16 janvier 2025
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Israël et le Hamas ont accepté un accord pour un cessez-le-feu à Gaza et la libération d’otages, a confirmé le Qatar, l’un des principaux médiateurs dans les négociations. Le président élu américain Donald Trump a confirmé « un accord sur les otages au Moyen-Orient ». Selon le Premier ministre qatarien, la trêve entrera en vigueur dimanche 19 janvier, avec la libération de 33 otages israéliens, contre la libération de près d’un millier de Palestiniens détenus en Israël.

Le cessez-le-feu à Gaza était attendu, il se concrétise mercredi 15 janvier, a indiqué une source, sous couvert d’anonymat, à l’AFP, affirmant qu’il a « été atteint à la suite de la rencontre du Premier ministre qatarien (Mohammed ben Abdelrahmane Al-Thani) avec les négociateurs du Hamas et, séparément, avec les négociateurs israéliens, dans son bureau ».

Le Premier ministre qatarien lui-même a confirmé les informations peu après. Selon Mohammed ben Abdelrahmane Al-Thani, « l’accord entrera en vigueur le dimanche 19 janvier », avec une première phase qui « durera 42 jours », a-t-il affirmé lors d’une conférence de presse à Doha le Premier ministre du Qatar, un des pays médiateurs, avec l’Égypte et les États-Unis.

Donald Trump a également confirmé l’accord de trêve entre Israël et le Hamas. « Nous avons un accord sur les otages au Moyen-Orient. Ils seront libérés bientôt », a annoncé le président élu américain sur son réseau Truth Social. « Cet accord épique n’a pu voir le jour que grâce à notre victoire historique en novembre », a estimé le républicain, qui doit prendre ses fonctions le 20 janvier.

D’abord silencieux, l’actuel locataire de la Maison Blanche Joe Biden s’est finalement dit « ravi » de la future libération des otages à Gaza. Le président américain, qui quittera le pouvoir lundi 20 janvier, a affirmé que cet accord était à mettre au crédit d’une « tenace et minutieuse » campagne diplomatique américaine.

Dès l’annonce de l’accord, des milliers de Palestiniens ont exulté et exprimé leur joie mercredi soir, dans une bande de Gaza plongée dans le noir et coupée du monde, sans électricité et sans eau, rapporte notre correspondant à Jérusalem, Sami Boukhelifa. Plusieurs rassemblements similaires spontanés ont eu lieu à Deir el-Balah, ainsi que devant l’hôpital des Martyrs d’Al-Aqsa et dans d’autres localités, selon des journalistes de l’AFP. Cela en dansant ou brandissant des drapeaux palestiniens.

Les Palestiniens célèbrent l'annonce d'un accord de cessez-le-feu entre le Hamas et Israël à Deir al-Balah, au centre de la bande de Gaza, mercredi 15 janvier 2025.
Les Palestiniens célèbrent l’annonce d’un accord de cessez-le-feu entre le Hamas et Israël à Deir al-Balah, au centre de la bande de Gaza, mercredi 15 janvier 2025. © Abdel Kareem Hana / AP

Malgré l’annonce de l’accord, le bureau du Premier ministre israélien Benyamin Netanyahu a annoncé que des questions restaient « à régler » dans l’accord, mais qu’il espérait conclure « cette nuit ». « Plusieurs questions restent encore à régler dans l’accord et nous espérons que les détails seront finalisés cette nuit », a indiqué ce bureau dans un communiqué.

Le grand allié de Donald Trump a annoncé avoir remercié le président élu, ainsi que le président sortant Joe Biden. « Le Premier ministre Benyamin Netanyahu s’est entretenu avec le président élu américain Donald Trump et l’a remercié pour son aide à faire progresser la libération des otages », indique le communiqué, précisant que M. Netanyahu avait aussi parlé au téléphone avec le président sortant Joe Biden pour « le remercier aussi de son aide dans l’accord sur les otages ».

Côté israélien, l’accord ne fait pas l’unanimité. L’extrême droite israélienne a d’ores et déjà rejeté l’accord et dénonce une « capitulation ». Le ministre d’extrême-droite Bezalel Smotrich a dénoncé mercredi un accord « dangereux » pour Israël. « L’accord qui sera présenté au gouvernement est un accord mauvais et dangereux pour la sécurité de l’État d’Israël », a déclaré le ministre des Finances dans un communiqué. Il a précisé que les ministres de son parti voteront contre l’accord qui doit être validé jeudi par le gouvernement israélien.

Pour que l’accord soit formellement approuvé par Israël, le cabinet de sécurité et le gouvernement doivent le valider. Des votes sont prévus jeudi 16 janvier, a fait savoir un représentant israélien. En dépit de cette opposition de certains membres ultra-nationalistes du gouvernement, il est attendu que l’accord soit accepté par la coalition dirigée par Benyamin Netanyahu.

Du côté des familles des otages, l’inquiétude prime : à l’heure actuelle, l’accord n’est connu que dans ses grandes lignes et les noms des 33 premiers otages libérables n’ont pas encore été dévoilés.

De son côté, le Hamas a déclaré que l’accord était « le produit de la ténacité légendaire de notre peuple palestinien et de notre vaillante résistance dans la bande de Gaza depuis plus de 15 mois ». Le principal négociateur du groupe armé, Khalil al-Hayya, a toutefois déclaré que son mouvement « ne (pardonnerait) pas » les « souffrances » vécues par les Palestiniens durant la guerre : « Nous n’oublierons pas et nous ne pardonnerons pas », a dit ce responsable du mouvement, basé au Qatar.

Israël dit ne pas quitter « Gaza tant que tous les otages ne seront pas rentrés, les vivants et les morts »

Le cessez-le-feu initial sera mis en place à partir de dimanche 19 janvier, avec une première phase qui s’accompagnera d’un retrait progressif des troupes israéliennes du centre de la bande de Gaza ainsi que du retour des habitants palestiniens du nord de l’enclave chassés par les combats, a annoncé le Premier ministre qatarien. Dans cette phase, « Hamas libérera 33 captifs israéliens », a-t-il précisé. Cela « en échange de plusieurs prisonniers détenus dans les prisons israéliennes » : un chiffre qui pourrait dépasser le millier, selon deux sources proches des négociations.

Selon Joe Biden, la deuxième phase de l’accord concernera « une fin définitive de la guerre », ainsi que la libération des derniers otages, y compris les soldats, ainsi que le retour des corps des otages morts.

Deux sentiments se dégageaient de la conférence de presse donnée ce soir à Doha, rapporte notre correspondant régional, Joseph Clément. D’un côté, il y a le soulagement qu’un accord puisse être scellé, enfin. Et puis de l’autre, il y a une très grande prudence : cela ne sera qu’à partir de dimanche que l’on ne saura si oui ou non le cessez-le-feu entrera bel et bien en vigueur.

Comme une preuve que la prudence devait être de mise, Israël a mené des frappes après l’annonce de l’accord, tuant au moins 20 personnes dans la bande de Gaza mercredi soir, a annoncé la Défense civile de l’enclave. Dix-huit personnes ont été tuées dans trois frappes distinctes sur la ville de Gaza, a indiqué à l’AFP Mahmoud Bassal, porte-parole de cet organisme chargé des opérations de secours. Deux autres personnes ont été tuées dans un raid aérien sur Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza, a-t-il ajouté.

Un responsable israélien a d’ailleurs prévenu qu’Israël ne quitterait « pas Gaza tant que tous les otages ne seront pas rentrés, les vivants et les morts ». Il reste encore une centaine de captifs israéliens à Gaza, mais on ignore combien sont encore vivants. Les noms de ces 33 premiers libérables ne sont pas encore connus. Au total, 251 Israéliens avaient été enlevés par le Hamas le 7 octobre.

Pression maximale à quelques jours de l’investiture de Donald Trump

Le cessez-le-feu pourrait par ailleurs mettre fin au cauchemar qui a duré 467 jours pour les 2,4 millions d’habitants de l’enclave palestinienne, dont la plupart ont fui leur foyer pour tenter d’échapper aux combats et aux bombardements. Les 15 mois de guerre ont fait au moins 46 707 morts, en majorité des civils, selon les données du ministère de la Santé du gouvernement du Hamas, jugées fiables par les Nations unies. L’offensive d’Israël dans la bande de Gaza a débuté après l’attaque perpétrée par le Hamas le 7 octobre 2023 et qui a fait 1 210 morts.

Selon des médias d’État égyptiens, une coordination était en cours pour « ouvrir le passage palestinien de Rafah afin de permettre l’entrée de l’aide internationale ». L’Égypte « se prépare à acheminer la plus grande quantité possible d’aide vers la bande de Gaza », a indiqué leur source de sécurité égyptienne.

En un peu plus de 15 mois de guerre, une seule trêve d’une semaine avait été observée fin novembre 2023, et les négociations menées depuis se sont heurtées à l’intransigeance des deux camps. Cet accord a été âprement négocié par les médiateurs internationaux, Qatar, États-Unis et Égypte, et conclu à quelques jours du retour de Donald Trump à la Maison Blanche.

Le milliardaire républicain a mis en place une politique de pression maximale sur les différentes parties. Donald Trump a récemment promis l’enfer à la région si les otages n’étaient pas libérés avant son retour. Il a également dépêché au Qatar et en Israël son émissaire pour le Proche-Orient : Steve Witkoff a alors mis les choses au clair avec Benyamin Netanyahou et martelé de finir avec les tergiversations. Cela, car Donald Trump voulait un accord et ce n’est pas négociable. C’est désormais obtenu.

À mesure que les négociations progressaient, Israël a multiplié les frappes meurtrières sur la bande de Gaza, affirmant viser des combattants du Hamas. Mercredi, 27 personnes ont encore été tuées, selon les secours, notamment à Deir el-Balah, dans le centre du territoire, et à Gaza-ville, dans le nord, où une frappe a touché une école abritant des déplacés.

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À la UneMonde

Incendies de Los Angeles: le renforcement du vent fait craindre de nouveaux départs de feu

by admin9775 14 janvier 2025
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Près d’une semaine après que ses collines se sont embrasées, Los Angeles s’inquiète de voir le vent se renforcer. De nouveaux départs de feu sont attendus dans l’inquiétude.

« Non seulement ces conditions extrêmes et dangereuses compliquent beaucoup la lutte contre les incendies en cours, mais elles rendront de nouveaux départs de feux beaucoup plus probables », alertent les services météo américains. « Des conditions météo extrêmement propices aux feux » se développent dans la région, où des rafales soufflent déjà jusqu’à 120 km/h dans certaines zones, et elles dureront au moins jusqu’à mercredi, avertissent-ils.

« Nous allons continuer à utiliser tous les moyens dont nous disposons pour combattre les incendies », s’est engagé à la mi-journée le président Joe Biden. Ces vents chauds et secs annoncés devraient avoir « une force proche de celle d’un ouragan », a comparé la maire de Los Angeles, Karen Bass.

Le bilan s’alourdit

Assiégée par les flammes depuis mardi dernier, la deuxième ville la plus peuplée des États-Unis compte ses morts jour après jour : le bilan s’est alourdi dimanche à 24 personnes décédées, selon les autorités locales. Dans les quartiers ravagés, des secouristes assistés de chiens continuent d’inspecter les décombres à la recherche de corps.

« Nous sommes toujours dans la région d’Altadena et nous en sommes au troisième jour de recherche. C’est une tâche très difficile, et malheureusement, chaque jour, nous tombons sur les restes de membres de la communauté », a expliqué le shérif du comté de Los Angeles, Robert Luna. 

Les efforts déployés par des milliers de pompiers, y compris venus du Mexique voisin, ont néanmoins permis de circonscrire en partie les deux principaux incendies au cours des derniers jours. Et les pompiers à pied d’œuvre ont reçu des renforts humains et matériels, dont des dizaines de camions citernes, et sont prêts à faire face à la situation, ont assuré plusieurs de leurs responsables.

« Des dizaines de milliards de dollars » pour reconstruire

Tout retour des évacués a néanmoins été stoppé jusqu’à jeudi à cause du vent qui regagne en puissance, ont averti les pompiers, appelant à la patience les dizaines de milliers d’habitants faisant la queue, parfois pendant des heures, dans l’espoir de récupérer des médicaments ou des vêtements chez eux, ou tout simplement de voir si leur maison a été détruite ou non.

Le président américain Joe Biden a affirmé lundi que « des dizaines de milliards de dollars » seront nécessaires pour la reconstruction à Los Angeles après les graves dégâts causés par les très violents incendies qui l’assiègent depuis près d’une semaine.

C’est notre métier de donner de la force, et de l’espoir et de l’envie. Le sport, c’est beaucoup de choses. Il peut offrir de l’évasion, de la distraction et ce soir, espérons qu’il peut offrir de l’espoir.

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États-Unis : cinq feux restent toujours actifs à Los Angeles malgré la chute du vent

by admin9775 11 janvier 2025
written by admin9775

Le dernier bilan des incendies qui ravagent Los Angeles depuis plusieurs jours est de onze morts. Ces feux meurtriers continuent de semer la destruction.

Il y a encore cinq feux actifs, en Californie aux États-Unis, dont deux principaux. Le feu de Pacific Palisades, qui a rayé de la carte ce quartier entier très chic au bord de l’océan Pacifique. Plus de 5 000 bâtiments ont été détruits et les dégâts sont considérables. Surtout, il est très loin d’être maîtrisé et un immense panache de fumée est visible au-dessus des collines. Les avions larguent de l’eau ou des produits chimiques pour ralentir les flammes. On les voit passer – pas très haut – au-dessus de l’immense réseau autoroutier de la ville.

À Santa Monica, Claude Budin-Juteau se souvient très distinctement du départ du feu de Palisades. « Quelqu’un a dit « tiens, il y a une volute de fumée qui vient, qui vient juste de se produire en ce moment sur les collines, là-bas ». Donc, on a appelé tout de suite les pompiers. Et effectivement, c’était le début du feu qui s’est élargi très rapidement ».

Le feu menaçant Hollywood éteint

Sur la table de la terrasse, il y a de la cendre, et on distingue encore très nettement le panache de fumée au-dessus des collines de Los Angeles. Ce n’est donc pas encore terminé, mais Claude Budin-Juteau ne cache pas qu’il y a des moments difficiles. « J’avoue que pendant ces deux derniers jours, on a très peu dormi puisque les avertissements tombaient à toute heure du jour et de la nuit et créent beaucoup d’anxiété », explique-t-il. Le motif d’espoir, c’est que le vent est tombé ce vendredi, mais l’incendie qui a ravagé Pacific Palisades est encore loin d’être maîtrisé.

L’autre feu le plus important est le feu, dit de « Eaton », au nord-est de la ville. Il a ravagé le quartier d’Altadena et menace toujours Pasadena. Plus de 7 000 bâtiments ont été endommagés. La bonne nouvelle, c’est que le feu qui menaçait directement le quartier de Hollywood est éteint. La baisse des vents facilite le travail des pompiers, mais ils éprouvent cependant toujours des difficultés.

Polémiques

Les moyens dont ils disposent continuent par ailleurs d’alimenter les polémiques. Le gouverneur de Californie Gavin Newsom, accusé par le président élu Donald Trump d’être responsable de la situation, demande une enquête sur la gestion des ressources en eau. La cheffe des pompiers de Los Angeles dit que la ville et ses responsables ont fait défaut à ses équipes, car un réservoir avait été vidé pour des travaux sans qu’elle en soit avertie. La maire démocrate de Los Angeles, Karen Bass, qui était en voyage au Ghana au début de la crise, fait face à des questions difficiles sur sa gestion de la crise et son degré de préparation.

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Affaire Stormy Daniels: Donald Trump dispensé de peine après sa condamnation

by admin9775 11 janvier 2025
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Un juge new-yorkais a prononcé vendredi matin une dispense de peine pour Donald Trump dans l’affaire des paiements cachés à une star de films X, entérinant une condamnation pénale historique pour un président élu des États-Unis.

Donald Trump a comparu par vidéo lors de cette audience à la cour pénale de Manhattan. Avec cette sentence symbolique, il va entrer le 20 janvier, à 78 ans, à la Maison Blanche avec l’étiquette d’un repris de justice.

Le président élu des États-Unis Donald Trump a qualifié de « honte pour le système » sa condamnation pénale dans l’affaire des paiements cachés à une star de films X, lors de l’audience consacrée à sa sentence dans cette affaire au tribunal de New York. « C’est une honte pour le système », a dénoncé celui qui entrera à la Maison Blanche dans dix jours avec cette étiquette de premier président américain condamné dans une affaire pénale. Il a comparu par vidéo à l’audience, où le juge a garanti qu’il ne serait condamné à aucune peine privative de liberté.

Après l’avoir remercié, le juge Juan Merchan a rappelé les « circonstances uniques et exceptionnelles » de la situation. Il a ensuite prononcé une dispense de peine, « la seule sentence » possible à ses yeux, et a souhaité à Donald Trump : « bonne chance pour votre second mandat ».

Jusqu’au dernier jour et jusque devant, la Cour suprême à Washington, les avocats du 45e et bientôt 47e président américain ont multiplié les recours en brandissant son immunité présidentielle passée et à venir, afin d’empêcher le juge de sanctionner leur client. Mais jeudi 9 janvier, la plus haute juridiction des États-Unis a rejeté par cinq voix contre quatre une ultime requête.

Ça ne dit pas qu’il n’est pas coupable, mais ça veut dire qu’il est dispensé de peine parce que la peine ne peut pas être appliquée – dans ce cas précis parce qu’il est un président élu – et que cela compliquerait sa charge de président s’il avait des contraintes et c’est d’ailleurs l’une des raisons qui fait que la Cour suprême soit d’accord pour que la sentence soit quand même dite…

Jérôme Viala-Gaudefroy, docteur en civilisation américaine

Fardeau symbolique

Avec le prononcé de cette peine, la plus faible possible, plus de sept mois après avoir été déclaré coupable par un jury de 12 citoyens unanimes devant une cour pénale de Manhattan, Donald Trump va entrer le 20 janvier, à 78 ans, à la Maison Blanche avec l’étiquette d’un repris de justice.

Mais le fardeau sera surtout symbolique, pour celui qui a échappé à toute conséquence judiciaire dans les trois autres affaires où il avait été inculpé, dont la plus grave devant la justice fédérale pour ses tentatives illégales d’inverser les résultats de l’élection présidentielle de 2020.

Dans ce dossier, le procureur spécial Jack Smith a abandonné les poursuites après l’élection de Donald Trump le 5 novembre, alors que le procès n’avait pas commencé.

Donald Trump a été reconnu coupable en mai dernier par un jury populaire de Manhattan de 34 chefs d’accusation pour le versement d’un pot-de-vin de 130 000 dollars destiné à acheter le silence de la star du porno Stormy Daniels pendant la campagne électorale de 2016, après un rapport intime présumé en 2006.

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Joseph Aoun élu président du Liban: de grandes ambitions pour un pays en lambeaux

by admin9775 10 janvier 2025
written by admin9775

Élu président de la République ce jeudi 9 janvier après une vacance de plus de deux ans, le chef de l’armée, le général Joseph Aoun, hérite d’un pays en lambeaux. Face aux immenses défis, il affiche de grandes ambitions.

 Après une séance parlementaire mouvementée, le général Joseph Aoun, âgé de 60 ans, a été élu président de la République dans un Liban exsangue, qui peine à se relever de la guerre dévastatrice avec Israël, à surmonter la crise économique qui le frappe depuis 2019 et à panser les plaies de l’explosion cataclysmique du port de Beyrouth, en août 2020.

Cette succession de malheur a mis à genoux le pays qui accueille deux millions de réfugiés et de déplacés syriens, et dont une partie du territoire est désormais occupée par l’armée israélienne, depuis octobre dernier.

Les défis qui attendent cet officier de terrain, décoré 13 fois et blessés au combat à deux reprises, sont immenses.

Les plus urgents concernent la consolidation de la fragile trêve conclue le 27 novembre, violée près d’un millier de fois par Israël, et le retrait total des troupes israéliennes du sud du Liban.

Joseph Aoun hérite d’une économie en ruines, d’un secteur bancaire en faillite et d’un système politique miné par la corruption, le népotisme et le clientélisme.

Il dirige un pays autrefois prospère, mais aujourd’hui appauvri et mis au banc des nations par les pays occidentaux à cause de son incapacité à engager des réformes politiques, financières et économiques.

Une tâche immense

Dans le discours d’investiture qu’il a prononcé au Parlement après son élection, Joseph Aoun semble conscient de l’immensité de la tâche qui l’attend et affiche de grandes ambitions.

« Il faut changer de vision politique en ce qui trait à la protection de nos frontières, nos politiques économiques, notre conception de l’État et du développement et nos politiques environnementales », a-t-il martelé sous les salves d’applaudissements des députés.

Sur le plan interne, le nouveau président veut lancer de « vastes réformes » et promet de travailler « avec tous pour protéger le droit des Libanais ». « Aucune communauté ne sera privilégiée par rapport à une autre et aucun Libanais ne sera privilégié par rapport à un autre. Je protègerai l’environnement et les libertés et j’investirai dans l’éducation, surtout publique (…), a-t-il dit. Nous n’avons pas de temps à perdre. Notre devoir est d’être des femmes et hommes d’État qui pensent à l’avenir de nos jeunes générations, à l’intérêt public et non aux intérêts privés. Je ne vous décevrai pas ». 

Évoquant la situation économique, Joseph Aoun a assuré qu’il sera « intraitable sur (la restitution par les banques de) l’argent des déposants », bloqués et dévalorisés après la crise qui a éclaté en 2019. « Sous mon mandat, les banques seront soumises à la loi », a-t-il lancé.

« Le monopole des armes »

Le nouveau chef d’État a indirectement soulevé la question épineuse et clivante des armes du Hezbollah. « Les autorités auront le monopole des armes, a-t-il dit. Il faut que l’État investisse dans son armée pour être capable de protéger ses frontières, lutter contre la contrebande et le terrorisme et empêcher les agressions israéliennes ».

Il est nécessaire, selon lui, « de discuter (avec le Hezbollah) d’une stratégie de défense sur les plans diplomatique, économique et militaire pour que l’État libanais puisse lutter contre l’occupation israélienne ».

En termes de politique étrangère, Joseph Aoun préconise une ouverture sur « l’Orient et l’Occident et sur la communauté internationale ». Une ouverture « basée sur le respect mutuel, la souveraineté du Liban et sa liberté de décision ».

Il souhaite établir les meilleures relations avec les pays arabes, adoptera une « neutralité positive » vis-à-vis des questions régionales et s’engage à « n’exporter dans ces pays que le meilleur du Liban ».

Ces positions répondent aux souhaits de l’Arabie saoudite et des États du Golfe qui reprochaient au Hezbollah ses « ingérences » (au Yémen, en Irak…) pour « servir les intérêts iraniens ».

Le nouveau président libanais voit une « chance historique de discuter avec la Syrie pour régler tous les problèmes, notamment le respect de la souveraineté des deux pays et le dossier des réfugiés de manière rationnelle ». 

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Rattrapé par les réalités politiques

En dépit de ses bonnes intentions et de ses grandes ambitions, Joseph Aoun risque d’être vite rattrapé par les réalités politiques libanaises.

Il a d’ailleurs eu un avant-goût de ce qui l’attend lors de son élection.

La séance parlementaire a été marquée par de vives altercations et un débat houleux. Au centre de la controverse, le principe même de la candidature de Joseph Aoun, jugé inéligible par certains députés.

En effet, l’article 49 de la Constitution est clair : un fonctionnaire de première catégorie en exercice ne peut être élu président. Il doit en outre attendre deux ans après la fin de son mandat pour prétendre à une fonction politique.

Une majorité de députés a plaidé pour passer outre le texte constitutionnel en raison des circonstances exceptionnelles que traverse le Liban, surtout qu’il existe un précédent avec l’élection en 2008 de Michel Sleiman, alors chef de l’armée.

Une importante minorité de parlementaires a cependant insisté sur la nécessité de procéder à un amendement constitutionnel pour valider la candidature de Joseph Aoun.

Résultat de cette ambiance tendue, au premier tour, Joseph Aoun n’a obtenu que 71 voix (sur 128 députés), un score en deçà des deux tiers requis pour être élu.

Le bloc des 27 députés chiites, répartis entre le Hezbollah et son allié le Mouvement Amal du président du Parlement Nabih Berri, ont déposé dans l’urne des bulletins blancs.

C’est le changement de position des députés chiites lors du deuxième tour qui a permis de sortir de l’impasse.

Entre les deux séances, le chef du bloc parlementaire du Hezbollah, Mohammad Raad, et Ali Hassan Khalil, un député proche de Nabih Berri, ont rencontré Joseph Aoun pendant près d’une heure.

Ce n’est qu’après cet entretien que la voie de la présidence a été ouverte devant Joseph Aoun.

Le déroulement des faits ne signifie pas qu’il doive son élection exclusivement aux chiites.

Joseph Aoun était perçu au Liban comme le candidat favori des États-Unis, des pays occidentaux et de l’Arabie saoudite.

Le Hezbollah et ses alliés n’avaient pas vraiment la possibilité de bloquer son élection sans être en porte-à-faux avec une grande partie des forces politiques du pays et de la population.

Des sources informées affirment que lors de l’ultime rencontre, les représentants des forces chiites ont essayé d’obtenir de Joseph Aoun des précisions sur ses intentions et demandé des garanties sur le fait qu’il placera en tête de ses priorités le retrait israélien du sud du Liban et la reconstruction des zones dévastées par la guerre.

Les mois qui viennent nous diront s’ils ont obtenu satisfaction.

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Etats-Unis : une incendie menace l’ouest de Los Angeles, entre Santa Monica et Malibu

by admin9775 8 janvier 2025
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La Cité des anges fait face à des incendies majeurs, mercredi 8 janvier, avec des départs de feu constatés à Pacific Palisades, Eaton et Hurst. Environ 30 000 personnes ont reçu un ordre d’évacuation et aucun blessé n’est, pour l’instant, à déplorer.

D’importants brasiers se sont déclarés dans l’agglomération de Los Angeles, mardi 7 janvier, et continuent de se propager mercredi. Un premier incendie a touché le quartier de Pacific Palisades, peuplé de villas à plusieurs millions de dollars et situé dans les montagnes au nord-ouest de la ville.

D’autres feux sont en cours à Altadena, au nord-est de Los Angeles, et à Sylmar, au nord-ouest de la ville. Le sinistre a déjà ravagé près de 1 200 hectares. Les autorités recensent « de nombreuses structures détruites », a expliqué le gouverneur de Californie, Gavin Newsom, lors d’un point presse, mardi soir.

Environ 30 000 personnes sont sous le coup d’un ordre d’évacuation, plus de 13 000 structures sont menacées et de nombreuses écoles ont été fermées, selon les autorités. Aucun blessé n’est à déplorer, pour l’instant. « Je n’ai jamais pensé que le vent pouvait avoir un tel effet », a confié Gary à la chaîne locale KTLA. Cet habitant de Pacific Palisades a raconté avoir vu des « braises traînées sur 100 mètres » dans les airs, contribuant à la propagation du feu.

A Pacific Palisades, de nombreuses personnes ont évacué leur habitation en panique, avec simplement quelques affaires et leurs animaux de compagnie. Beaucoup se sont retrouvées bloquées dans les embouteillages, comme Kelsey Trainor. « Il n’y avait nulle part où aller et les gens abandonnaient leurs voitures », a-t-elle raconté. « Tout le monde klaxonnait, il y avait des flammes partout autour de nous, à gauche, à droite. (…) C’était terrifiant. »

Un énorme nuage de fumée

L’acteur Steve Guttenberg, qui vit dans ce quartier, a exhorté les personnes qui abandonnent leur voiture à laisser les clés dessus de façon à pouvoir les déplacer pour que puissent circuler les camions de pompiers. « Ce n’est pas un parking », a déclaré, à KTLA, le comédien qui essayait lui-même de garer des véhicules. Les pompiers ont finalement dû dégager la chaussée à l’aide d’un bulldozer pour intervenir au plus vite.

Une odeur de brûlé dans l’air. Des palmiers en feu. Des voitures abandonnées dégagées au bulldozer. Et un vent terrible attisant des flammes qui dévorent des collines asséchées. Un violent incident s’est déclaré à Pacific Palisades, mardi 7 janvier 2025, menaçant l’ouest de Los Angeles, entre Santa Monica et Malibu. Le Palisades fire avait déjà détruit plus de 500 hectares mardi soir, poussant les autorités à ordonner l’évacuation de 30 000 personnes.

Les services météorologiques avaient averti que les conditions étaient particulièrement dangereuses cette semaine, avec huit mois de sécheresse en Californie du sud et des vents de Santa Ana, venus du désert, qui soufflent depuis 48 heures avec des rafales atteignant 130 km/h.

Des habitants pris au piège dans des embouteillages

Le Palisades fire s’est déclaré vers 10h30 comme un feu de broussaille à l’origine encore non déterminée. Poussées par les vents, les flammes ont rapidement menacé des habitations de cette zone huppée de Los Angeles, notamment la maison de l’acteur James Wood, contraint d’évacuer. Un nombre indéterminer d’habitations ont été détruites.

Habiter dans les collines a un prix : ces zones à risque ne sont souvent accessibles que par des routes uniques qui serpentent dans les canyons californiens. Et en cas de catastrophe, elles se transforment en goulots d’étranglement, piégeant les habitants tentant d’évacuer au volant dans des embouteillages dignes d’un film catastrophe.

Des dizaines de personnes ont quitté leur véhicule pour fuir à pied, menacés par des nouveaux départs de feu, au hasard des braises portées par le vent, parfois pour rejoindre l’océan en contrebas. Les autorités ont eu recours à des bulldozers pour dégager des voitures abandonnées et permettre aux camions de pompiers de passer.

Dans la soirée, les flammes ont atteint l’océan et menaçaient la Getty Villa. Plusieurs palmiers bordant la PCH, la célèbre autoroute qui longe le Pacifique, étaient en flammes. Par miracle, aucune victime n’était pour l’instant recensée.

Plus de 250 pompiers sont actuellement mobilisés, a précisé Kristin Crowley, une responsable des pompiers de Los Angeles. « La combinaison de vents forts et la topographie » escarpée du quartier « rendent la tâche extrêmement complexe », a-t-elle insisté. Il sera difficile pour les moyens aériens d’intervenir dans la nuit.

« On s’attend à ce que ce soit le plus fort épisode de vent dans cette région depuis 2011 », a averti Daniel Swain, spécialiste des événements extrêmes à l’Université de Californie à Los Angeles (UCLA). Mais le risque d’incendie est, selon lui, « beaucoup plus élevé » qu’à l’époque. Car, après deux années très pluvieuses qui ont revigoré la végétation, le sud de la Californie subit « un début d’hiver parmi les plus secs jamais enregistrés ». En d’autres termes, tout ce qui a abondamment repoussé agit désormais comme un combustible.

Les scientifiques rappellent régulièrement que le changement climatique augmente la fréquence des événements météorologiques extrêmes. « Novembre, décembre, janvier… Il n’y a plus de saison des incendies. Elle a lieu toute l’année », a rappelé M. Newsom.

Mardi soir, 28 300 foyers étaient, par ailleurs, privés d’électricité en raison des vents violents, selon la mairie de Los Angeles. Au total, un demi-million d’usagers risquent d’être privés de courant de manière préventive.

La tempête a perturbé la visite du président, Joe Biden, venu en Californie mardi pour annoncer la création de deux monuments nationaux, de vastes zones protégées dans le sud de l’Etat. Présent à Los Angeles, le démocrate octogénaire a immédiatement approuvé des aides fédérales pour la deuxième ville des Etats-Unis.

« C’est quelque chose (…) que nous devons apprécier à sa juste valeur, à ce moment de l’histoire américaine », a salué M. Newsom. Donald Trump, qui doit succéder à M. Biden le 20 janvier à la Maison Blanche, a menacé en septembre 2024 de couper l’aide fédérale habituellement reçue par la Californie pour lutter contre les feux de forêt.

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Présidentielle américaine: au Congrès, Kamala Harris acte sa propre défaite face à Donald Trump

by admin9775 7 janvier 2025
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Le Congrès américain a certifié, ce lundi 6 janvier, la victoire de Donald Trump à la présidentielle de novembre. C’est son adversaire démocrate, Kamala Harris, qui a proclamé son succès, en sa qualité de présidente du Sénat.

Le protocole s’est voulu quelque peu ironique. Il y a quelques semaines, Kamala Harris et Donald Trump se livraient une bataille féroce dans la course à la Maison Blanche. Ce 6 janvier, la première, sèchement battue en novembre dernier, a certifié la victoire du second. Une mission qui lui incombait, en tant que présidente du Sénat des États-Unis.

La voix égale, le visage calme et même souriant par moments, Kamala Harris a confirmé la victoire nette de Donald Trump devant les parlementaires américains réunis en Congrès. Nulle fausse note pour cette opération de procédure, ordinairement purement formelle, mais qui a pris un tout autre relief depuis l’assaut du Capitole : il y a quatre ans jour pour jour, les partisans de l’ancien et désormais futur président républicain avaient alors cherché à empêcher cette même certification, pour barrer la route à Joe Biden.

Une certification aux antipodes des violences du 6 janvier 2021

La vice-présidente démocrate, défaite le 5 novembre, a fait à haute voix le décompte des grands électeurs. La majorité était fixée à 270 pour l’emporter dans ce scrutin au suffrage universel indirect. Kamala Harris, debout à la tribune, a acté sa propre défaite : « Donald J. Trump, de l’État de Floride, a reçu 312 voix. » Les élus républicains se sont levés pour applaudir. La démocrate s’est interrompue un court instant, puis  a repris : « Kamala D. Harris, de l’État de Californie, a reçu 226 voix. » Cette fois, les élus de son camp l’ont acclamée.

Kamala Harris a passé une journée bien plus calme que celle de son prédécesseur en 2021. Mike Pence, vice-président lors du premier mandat de Donald Trump, avait certifié la victoire de Joe Biden, en dépit des appels du milliardaire républicain à ne pas le faire, arguant que l’élection lui avait été « volée ». Dans la foulée, et sous l’impulsion de Trump lui-même, des partisans républicains avaient pris d’assaut le Congrès, criant « Pendez Mike Pence » et ravageant les lieux ; quatre personnes furent tuées dans ces troubles, et quatre policiers se sont suicidés dans les jours et semaines après l’attaque.

L’instant n’a pas été troublé cette année. Sous les yeux de J.D. Vance, futur vice-président américain tout sourire, Kamala Harris a entériné la victoire de Donald Trump. Sur la plateforme sociale X, Mike Pence a dit trouver « particulièrement admirable que la vice-présidente Harris préside la certification d’une élection présidentielle qu’elle a perdue » et a salué le « retour de l’ordre et du civisme ».

« Aujourd’hui, la démocratie américaine a tenu »

« La force de la démocratie américaine repose sur notre volonté de nous battre » pour elle, a commenté Kamala Harris devant la presse après la certification. « Sans cela, elle est très fragile, et elle ne résistera pas aux moments de crise. Et aujourd’hui, la démocratie américaine a tenu », a ajouté la vice-présidente sortante.

Si les événements du 6 janvier 2021 avaient choqué les États-Unis et le monde, les traces dans l’esprit des Américains s’évanouissent petit à petit. Une majorité d’électeurs n’en ont pas tenu rigueur à Donald Trump au moment de voter, le 5 novembre. Joe Biden, président pour quelques jours encore, a toutefois appelé dimanche à ne pas « oublier » ou « réécrire » ce qui a constitué une « véritable menace pour la démocratie ».

Donald Trump, qui sera investi pour son second mandat le 20 janvier, a toutefois prévenu dès décembre : dès le « premier jour » de son retour à la Maison Blanche, il examinera des grâces potentielles envers ses partisans qui avaient pris d’assaut le Capitole, dont plus d’un millier ont été condamnés par la justice. Une telle décision choquerait dans le camp démocrate, mais aussi chez certains policiers présents et blessés il y a quatre ans. Aquilino Gonell, policier retraité et farouche opposant à Donald Trump durant la campagne, a ainsi déclaré dans une tribune au New York Times : « Je me demande parfois pourquoi j’ai risqué ma vie pour défendre des élus d’une foule motivée par M. Trump, tout cela pour le voir revenir au pouvoir plus fort que jamais. »

RFI via CONGO PUB Online

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