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Société

Société

Projet hydroélectrique de Kakobola : des avancées techniques notables mais une attente qui s’éternise pour les populations

by admin9775 30 juin 2025
written by admin9775

Les travaux du barrage hydroélectrique de Kakobola, situé entre Kikwit et le territoire d’Idiofa, enregistrent des progrès significatifs sur le plan technique selon les dernières observations de terrain. Ce projet d’envergure, destiné à électrifier la région, franchit progressivement ses principales étapes opérationnelles.

À Kikwit, des opérations techniques en cours
Les équipes sur place travaillent actuellement à :

  • La reconnexion des abonnés triphasés en prévision du chargement de la ligne
  • Le remplacement des câbles endommagés lors des intempéries de la saison pluvieuse
  • L’installation de systèmes de protection contre les courts-circuits dans les sous-stations

Dans le territoire d’Idiofa, l’avancement des travaux est marqué
Les réalisations concrètes comprennent :

  • L’installation de 859 poteaux BT sur les 924 prévus (93% de complétude)
  • Le tirage de 12,5 km sur 16 km prévus pour les lignes MT (78% achevé)
  • La pose de 56 km sur 66 km pour les lignes BT (85% réalisé)
  • L’avancement des travaux de génie civil à la sous-station

Prochaines étapes opérationnelles
Les équipes projet préparent :

  • Le lancement imminent des connexions pour les abonnés triphasés et monophasés à Idiofa
  • La finalisation du tirage des lignes BT à Aten
  • L’installation de l’éclairage public dans les zones concernées
  • La connexion des premiers abonnés au niveau du km 622

Une attente qui devient pesante pour les populations locales
Malgré ces avancées techniques, la frustration monte parmi les habitants de Kikwit qui attendent toujours l’arrivée effective de l’électricité. Ce décalage entre les progrès du projet et les retombées concrètes pour la population commence à susciter des interrogations sur le calendrier réel de mise en service.

Le projet Kakobola, dont l’achèvement est très attendu, représente un enjeu majeur pour le développement économique et social de toute la région. Les autorités et les responsables du projet sont appelés à maintenir la dynamique des travaux tout en améliorant la communication avec les populations concernées.

Par Marc Etumba, correspondant à Kinshasa
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À la UneSociété

Constant Mutamba devant les juges le 9 juillet : un procès historique pour détournement de fonds publics

by admin9775 30 juin 2025
written by admin9775

La date du 9 juillet 2024 marquera un moment crucial pour la justice congolaise. Ce jour-là, la Cour de cassation ouvrira le procès de l’ancien ministre de la Justice Constant Mutamba, accusé de détournement de fonds destinés à la construction de la prison centrale de Kisangani. Ce dossier sensible, transmis par le procureur général après la clôture de l’instruction, représente un test majeur pour l’indépendance du système judiciaire congolais.

Selon des sources proches du dossier, l’ancien garde des Sceaux, qui avait démissionné de ses fonctions en février dernier pour se mettre à la disposition de la justice, préparerait activement sa défense à Kinshasa. « Il aborde cette épreuve avec sérénité et détermination », affirment ses collaborateurs, alors que les charges retenues contre lui pourraient entraîner une lourde condamnation.

Ce procès présente plusieurs particularités notables. D’abord par la personnalité de l’accusé, ancien ministre chargé de superviser l’appareil judiciaire. Ensuite par l’importance des montants en jeu et la nature stratégique du projet affecté. Enfin par le cadre exceptionnel de ce jugement, qui se déroulera devant la plus haute instance judiciaire du pays.

Les observateurs voient dans cette affaire un tournant potentiel pour la lutte contre la corruption en RDC. La société civile, qui suivra de près les débats, espère que ce procès établira un précédent en matière de reddition des comptes pour les hauts responsables de l’État. Les médias nationaux et internationaux ont déjà annoncé une couverture intensive de ce qui s’annonce comme un procès historique.

À trois semaines de l’ouverture des audiences, les préparatifs s’accélèrent. La défense constituerait une équipe d’avocats expérimentés, tandis que la Cour de cassation mobiliserait ses magistrats les plus chevronnés. Ce procès, au-delà de son aspect judiciaire, pourrait redéfinir durablement les rapports entre pouvoir politique et justice en République démocratique du Congo.

Par Marc Etumba, correspondant à Kinshasa
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À la UneSociété

Le gospel congolais dans la tourmente : l’affaire Franck Mulaja fait trembler les milieux religieux et politiques

by admin9775 30 juin 2025
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La scène gospel congolaise vit des heures troubles depuis que Franck Mulaja, chantre de renom et ancien cadre de l’UDPS, se trouve au cœur d’une affaire aux implications sécuritaires inédites. Cette situation inattendue jette une lumière crue sur les liens parfois sensibles entre sphère religieuse et enjeux politiques en RDC.

Une descente policière qui interroge

Plusieurs perquisitions auraient été menées ces derniers jours à la résidence du célèbre artiste située dans le quartier de Limete. Des hommes en uniforme, dont l’identité exacte reste à confirmer, auraient fouillé les lieux à la recherche d’éléments inconnus du public. Selon nos informations, un mandat d’amener aurait été émis contre le chantre par les services de renseignement.

Des accusations gravissimes

Les autorités soupçonneraient Franck Mulaja d’entretenir des relations compromettantes avec l’opposant Franck Diongo, actuellement accusé de collaboration avec la rébellion du M23/AFC. Ces allégations, si elles se confirmaient, donneraient une dimension politique et sécuritaire inédite à cette affaire artistique.

Une famille dans la tourmente

L’entourage immédiat du chantre semble directement touché :
• Son épouse et ses enfants seraient introuvables depuis plusieurs jours
• L’église dirigée par son frère, Henri Papa Mulaja, subirait des pressions
• Le cercle proche de l’artiste évoque un « montage politique »

Un silence qui alimente les spéculations

L’absence de réaction publique de Franck Mulaja depuis le début de cette affaire laisse le champ libre aux interprétations les plus diverses. Certaines sources proches de l’artiste parlent de discussions « sensibles » qui auraient pu être mal interprétées, tandis que d’autres y voient une instrumentalisation politique.

Un précédent pour le gospel congolais

Jamais auparavant la communauté gospel n’avait été confrontée à une crise d’une telle ampleur. Ce cas sans précédent soulève des questions sur :

  1. La porosité entre milieux religieux et politique
  2. Les limites de l’engagement public des artistes
  3. La protection des libertés fondamentales
  4. L’indépendance de la création artistique

Une affaire aux multiples ramifications

Alors que les autorités n’ont pas encore officiellement communiqué sur ce dossier, plusieurs observateurs s’interrogent sur les réelles motivations derrière cette affaire. Certains y voient un règlement de comptes politique, d’autres une authentique enquête sécuritaire.

L’attente des fidèles et du public

Les nombreux admirateurs de Franck Mulaja, aussi bien dans les milieux religieux que politiques, attendent avec impatience des éclaircissements sur cette situation qui ébranle les certitudes et remet en question les frontières traditionnelles entre art, foi et engagement citoyen en RDC.

Par Marc Etumba, correspondant à Kinshasa
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À la UneSociété

Accord de paix RDC-Rwanda: des Congolais partagés entre espoir et scepticisme

by admin9775 28 juin 2025
written by admin9775

Un accord de paix a été signé ce 27 juin à Washington entre les ministres des Affaires étrangères de la RDC et du Rwanda pour tenter de restaurer la paix dans l’est du Congo, qui est secoué par des conflits depuis plusieurs décennies. Dans les rues de Kinshasa, à Goma ou à Bukavu, les avis sont partagés.

À La Gombé, dans le centre de Kinshasa, quasiment tout le monde a entendu parler de cet accord de paix signé à Washington, rapporte notre envoyée spéciale à Kinshasa, Alexandra Brangeon. Dans la rue, les avis sont partagés.

« Cette fois-ci, sera peut-être la bonne », réagit Josué Aton. Pour cet agent administratif, l’implication américaine, et surtout celle de l’administration Trump, suscite un peu d’espoir. « Dans la mesure où les mêmes personnes laissaient faire le Rwanda, les Américains prennent maintenant les devants et on voit qu’ils sont décidés de vouloir changer les choses. Ce sont eux qui donnaient l’aval au Rwanda. Ils achetaient les mines au Rwanda. Quand ils font preuve de vouloir changer les choses, on pourrait croire que cette fois-ci, ça peut marcher », juge Josué Aton.

Un avis qui n’est pas partagé par Emmanuelle. « À quoi bon signer encore et encore des accords qui ne sont pas respectés », proteste cette jeune cadre du secteur bancaire. « Ce n’est pas la première fois que plusieurs tentatives ont été faites, mais seulement, elles ne sont pas vraiment respectées », rappelle Emmanuelle. « Il y a toujours de bain de sang, il y a toujours une partie – je parlerai du Rwanda – qui ne respecte pas sa part du marché. Et ça me pose une question : est-ce que, cette fois-ci, ça apportera du nouveau ou si c’est juste du papier de plus à signer pour qu’après, ce [ne soit pas] respecté ? », se demande-t-elle, dubitative.

La question des réparations et de l’indemnisation des victimes de la guerre dans l’est du pays préoccupe. Cette question ne semble pas figurer dans cet accord de paix. Sans justice, il n’y a pas de paix, soulignent ces habitants de la capitale.

« Ce que nous demandons, c’est la paix chez nous »

À Goma, ville tombée aux mains du M23, avec le soutien du Rwanda, en janvier dernier, ces quelques habitants interrogés sont partagés entre espoir et scepticisme.

« Nous avons appris la nouvelle. Nous, ce que nous demandons, c’est la paix chez nous. La paix est cruciale pour l’économie, le quotidien, dans tous les domaines d’un pays », explique un habitant. « Nous préférons voir les résultats, des résultats concrets. Nous avons besoin de la paix, nous et les Rwandais aussi. Qu’ils se mettent d’accord pour que nous puissions retrouver du calme ici chez nous à Goma. Il n’y pas une année qui passe sans qu’il y ait la guerre. Chaque année, des affrontements, des gens tués », martèle un autre.

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À Bukavu, chef-lieu du Sud-Kivu, dès l’aube aujourd’hui, des habitants ont fait le plein de crédit mobile et de leur abonnement satellite pour suivre sur leur téléphone et à la télévision la signature de l’accord de paix entre les ministres des Affaires étrangères congolais et rwandais. Les réseaux sociaux se sont aussi agités, chacun y allant de son analyse pour mesurer le bien fondé ou non de cet accord. Mais quoi qu’il arrive, cet habitant ne réclame que la paix : « Si les autorités signent et si nous avons la paix, vraiment, que Dieu les bénisse. Nous, ce qui nous intéresse, c’est la paix », soutient-il.

« On sent une certaine précipitation »

Les sceptiques de Bukavu se font aussi entendre, surtout ceux qui pensent que Donald Trump ne pourra pas résoudre cette crise interminable, où sévissent plus de 200 groupes armés : « Le projet d’accord également n’a pas été signalé ni eu l’aval du Parlement et ça, c’est encore un souci. On sent une certaine précipitation. On espère la paix, mais on se dit que la paix ne viendra pas de Washington ni de Doha », explique un autre habitant de Bukavu. « La paix viendra entre Congolais. Il faudrait qu’il y ait un dialogue entre Congolais avec la facilitation de nos chefs spirituels, entre le SCC, l’Église catholique et les autres confessions religieuses et tous les acteurs politiques autour de la même table. Je sais que ça sera une solution pour une paix définitive à l’est de la RDC. »

À des milliers de kilomètres de là, la diaspora congolaise rencontrée par RFI à Paris fait également part de son scepticisme. Tous attendent de voir si Kigali respectera sa signature. 

RFI

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À la UneSociété

Tshisekedi consulte les confessions religieuses sur le dialogue national

by admin9775 27 juin 2025
written by admin9775

Après les échanges avec les responsables catholiques et protestants, le président Félix-Antoine Tshisekedi a reçu ce jeudi à la Cité de l’Union Africaine les représentants de la plateforme des confessions religieuses pour discuter du processus de dialogue entre Congolais.

L’archevêque Évariste Ejiba Yamapia, porte-parole de cette structure, a souligné la pluralité des initiatives en cours : « Outre la CENCO et l’ECC, notre plateforme interconfessionnelle propose également son cadre ‘Initiative pour la paix et la réconciliation en RDC’ au service de la nation ».

Le prélat a indiqué avoir reçu du chef de l’État la validation pour poursuivre sa médiation en coordination avec la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) et l’Église du Christ au Congo (ECC). « Notre objectif est d’harmoniser ces différentes approches sous l’égide de la présidence », a-t-il précisé.

La délégation religieuse a par ailleurs salué les avancées diplomatiques du gouvernement. Idrys Katenga, président de la Commission d’intégrité et de médiation électorale (CIME), a relevé : « La politique étrangère active nous permet désormais de cerner clairement les origines des agressions contre notre pays, même si certains Congolais s’y associent ».

Cette rencontre d’une heure a rassemblé les responsables des principales obédiences du pays : Église du réveil, communauté islamique, kimbanguisme, Armée du salut, orthodoxie, mouvements Bangunza et Liloba, ainsi que l’Église anglicane.

Cette consultation s’inscrit dans le cadre des préparatifs du dialogue national annoncé par les autorités, alors que la RDC poursuit ses efforts de stabilisation interne et régionale.

Par Marc Etumba, correspondant à Kinshasa
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À la UneSociété

Jean-Jacques Wondo brise le silence devant le Parlement européen : un récit glaçant des prisons congolaises

by admin9775 26 juin 2025
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Devant les députés européens à Bruxelles, Jean-Jacques Wondo, ancien prisonnier politique en République démocratique du Congo, a brisé le silence sur les conditions de détention inhumaines qu’il a endurées. Son témoignage poignant a révélé les graves dysfonctionnements du système carcéral et judiciaire congolais sous le régime du président Félix Tshisekedi.

Détenu dans ce qu’il qualifie de « geôles militaires totalitaires », il dit avoir été privé de soins, d’accès à l’extérieur et même de sa dignité. Citant le sociologue américain Erving Goffman, il a comparé cette expérience à un mécanisme conçu pour « broyer l’individu ».

Décrivant sa condamnation comme « un acharnement diabolique », Jean-Jacques Wondo a dénoncé un procès dépourvu de toute crédibilité. Il a souligné l’absence de preuves tangibles et les irrégularités flagrantes ayant marqué la procédure. Une critique que le Parlement européen avait lui-même formulée dans sa résolution du 23 janvier.

Lors d’une conférence de presse, Wondo a partagé des détails bouleversants sur son expérience en détention. Il a raconté avoir entendu un gardien de la DEMIAP dire en voyant un détenu décédé : « Ce sont des opposants en moins pour le président Tshisekedi ». Avec émotion, il a décrit avoir assisté, impuissant, à l’agonie du colonel Musuku Suku, officier de la Garde républicaine disparu en détention en 2024.

Le colonel Musuku Suku, arrêté fin 2023, avait été placé à la DEMIAP où tout contact avec sa famille avait été interrompu. Des rumeurs sur sa mort avaient circulé en juin 2024, suggérant que son corps aurait été jeté dans le fleuve Congo. Le témoignage de Wondo vient aujourd’hui confirmer ces craintes, offrant une terrible réponse aux proches du défunt.

Wondo, lui-même arrêté dans l’affaire du putsch manqué de Christian Malanga, a dressé un tableau accablant du système carcéral congolais. Il a dénoncé les conditions insalubres, les maladies qui sévissent, le manque de nourriture et de soins médicaux. Il a également pointé du doigt la politisation de la justice militaire, souvent utilisée comme outil de répression contre les opposants, ainsi que la banalisation inquiétante de la peine de mort.

En réponse à ces violations, Wondo a annoncé la création d’une Fondation pour la défense des personnes incarcérées à l’étranger, marquant ainsi sa détermination à poursuivre son combat pour les droits humains.

Ces révélations ont provoqué des réactions contrastées. Le député Mbala Lumbala a accusé Wondo d’ingratitude, rappelant que sa libération résultait d’une grâce présidentielle accordée par Tshisekedi. D’autres voix se sont élevées pour soutenir Wondo, dénonçant les dérives du régime actuel et prévenant que personne n’échapperait à la justice après 2028.

Wondo a profité de cette tribune pour lancer un appel pressant en faveur de réformes urgentes : l’abolition de la peine de mort, la fin des procès militaires pour les civils, et une profonde restructuration du système pénitentiaire congolais. Son témoignage, aussi douloureux soit-il, porte l’espoir d’une prise de conscience internationale pouvant mettre fin à ces violations systématiques des droits humains.

Alors que la RDC traverse une période politique particulièrement tendue, le récit de Jean-Jacques Wondo rappelle avec force le lourd tribut payé par les dissidents. Entre reconnaissance et accusations, son histoire soulève une question fondamentale : jusqu’où peut aller l’impunité dans un État qui se dit démocratique

La peine capitale prononcée à son encontre de Jean-Jacques Wondo en janvier 2025 avait provoqué une onde de choc en Belgique. Le gouvernement belge, dénonçant une condamnation sans base factuelle, avait rappelé son ambassadeur à Kinshasa et exigé des explications. Depuis, les relations diplomatiques entre les deux pays restent tendues.

L’analyste a attiré l’attention sur des centaines de Congolais enfermés dans des conditions similaires. “Ce que j’ai vécu est le quotidien de milliers d’autres citoyens en RDC”, a-t-il alerté, appelant à une surveillance accrue du respect des droits fondamentaux dans le pays.

Par Basengezi Ntomo, correspondant à Goma
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Les Banyamulenge brisent le silence : « Le Rwanda nous instrumentalise, nous ne sommes pas ses otages »

by admin9775 25 juin 2025
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Dans une déclaration rare et ferme, la communauté banyamulenge, souvent perçue comme un pion dans le conflit qui déchire l’Est de la République démocratique du Congo (RDC), a dénoncé avec force les manipulations du Rwanda. Par la voix de l’Honorable Ennoc Sebineza, son représentant, elle accuse Kigali d’exploiter les tensions ethniques pour justifier son ingérence militaire et politique en territoire congolais.

« Le Rwanda détruit notre vivre-ensemble »

« Le Rwanda prétend nous défendre, mais c’est un mensonge. Il ne fait que diviser pour mieux régner, sapant les fondements de la cohésion entre les communautés congolaises », a affirmé Sebineza, visiblement ému. Ce discours marque une rupture avec le silence habituel d’une minorité longtemps instrumentalisée dans les conflits régionaux.

Depuis des années, le Rwanda justifie ses interventions en RDC en invoquant la protection des Tutsi congolais, dont les Banyamulenge. Mais selon des rapports onusiens et des ONG locales, cette rhétorique masque une stratégie plus large : affaiblir la souveraineté congolaise tout en consolidant son emprise sur les richesses minières du Kivu.

Une communauté prise en étau

Les Banyamulenge paient un lourd tribut à cette instrumentalisation. Associés à tort aux groupes armés soutenus par Kigali, comme le M23, ils subissent des représailles de la part d’autres communautés, exacerbant les fractures ethniques. « Ceux qui nous agressent savent que nous avons été manipulés. Le Rwanda a construit son influence sur cette division, mais ce sont nos familles qui souffrent », déplore Sebineza.

Sur le terrain, la situation est explosive. Malgré les dénégations de Kigali, le M23 – dont les liens avec le Rwanda sont documentés – multiplie les attaques contre l’armée congolaise et les civils, alimentant un cycle de violences et de déplacements massifs.

Un appel à l’unité congolaise

Face à cette escalade, les Banyamulenge lancent un message clair : ils refusent d’être les otages d’un conflit qu’ils ne soutiennent pas. « Nous ne voulons pas de cette guerre. Nous sommes Congolais et voulons vivre en paix avec nos voisins », insiste Sebineza.

Cette prise de parole intervient dans un contexte régional tendu, alors que les diplomates s’activent pour relancer des négociations de paix. Elle met en lumière la complexité d’un conflit où les civils, quelles que soient leurs origines, restent les premières victimes des calculs géopolitiques.

Par Basengezi Ntomo, correspondant à Goma
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À la UneSociété

Gestion des fonds miniers : l’ODEP dénonce un scandale financier et une trahison envers les communautés locales

by admin9775 24 juin 2025
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L’Observatoire de la Dépense Publique (ODEP) a rendu public ce lundi une analyse accablante du rapport d’audit de la Cour des comptes sur la gestion des fonds destinés aux communautés locales dans le secteur minier. Les conclusions révèlent des manquements massifs, des fraudes et une mauvaise gouvernance qui privent les populations de ressources vitales.

Un manque à gagner de 150 millions USD

Entre 2018 et 2023, seulement 213 millions USD sur les 310 millions attendus ont été effectivement versés par les entreprises minières au titre de la dotation de 0,3 % de leur chiffre d’affaires, prévue par le Code minier. Ce déficit de près de 100 millions USD s’explique en partie par des déclarations frauduleuses : certaines sociétés ont sciemment sous-évalué leurs revenus pour réduire leurs contributions, engendrant un préjudice supplémentaire de 50 millions USD.

Plus grave encore, l’ODEP a constaté des écarts de 16 milliards USD entre les chiffres déclarés aux services fiscaux et ceux transmis aux structures locales (DOTs), soulignant une opacité systémique.

Détournements et gestion chaotique des DOTs

Sur 70 entreprises minières recensées, seules 46 DOTs (structures de gestion locale des fonds) ont été mises en place, et leur fonctionnement est marqué par des irrégularités :

  • Dépenses injustifiées et non documentées ;
  • Marchés publics attribués sans appel d’offres ;
  • Détournements purs et simples, comme les 47 500 USD disparus à la DOT de Shituru Mining Corporation.

La répartition légale des fonds – 90 % pour les projets communautaires, 6 % pour les DOTs et 4 % pour la supervision – est rarement appliquée, privant les populations d’écoles, de centres de santé et d’infrastructures de base.

L’ODEP exige des réformes immédiates

Pour Florimond Muteba Tshitenge, président de l’ODEP, ce mécanisme censé réparer les inégalités s’est transformé en « trahison » envers les communautés locales. L’organisation réclame :

  1. Une plateforme numérique pour tracer les versements et l’utilisation des fonds ;
  2. Des sanctions contre les entreprises défaillantes ;
  3. La formation des comités locaux pour une gestion transparente ;
  4. Un cadre légal renforcé, incluant la société civile dans le processus.

Enfin, l’ODEP plaide pour des audits citoyens indépendants afin de rétablir la confiance dans un système miné par la corruption. « Les richesses minières doivent bénéficier aux populations, et non à une poignée d’acteurs malhonnêtes », conclut le rapport.

Une affaire à suivre, alors que la pression monte pour une véritable redevabilité dans la gestion des ressources naturelles de la RDC.

Par Marc Etumba, correspondant à Kinshasa
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À la UneSociété

Le Gouvernement congolais répond aux propositions du CNSA sur les prisonniers politiques et le dialogue

by admin9775 23 juin 2025
written by admin9775

Le gouvernement de la République Démocratique du Congo, par la voix du ministre intérimaire de la Justice Samuel Mbemba, a opposé une fin de non-recevoir partielle aux recommandations du Conseil National de Suivi de l’Accord (CNSA) concernant la libération des prisonniers politiques en amont du dialogue avec le Rwanda.

Lors d’une déclaration solennelle faite ce lundi à Kinshasa, le Garde des Sceaux a réaffirmé l’attachement des autorités congolaises aux principes intangibles de la justice transitionnelle. « Il existe des standards internationaux en matière de dialogue dans les pays en conflit. Ces standards prévoient notamment que la vérité doit être établie à travers des procès aboutis et que les victimes doivent être identifiées avant toute réparation », a martelé le ministre Mbemba.

Cette position gouvernementale intervient alors que le CNSA, réuni en session ordinaire les 17 et 19 juin derniers sous la présidence de Joseph Olenghankoy Mukundji, avait plaidé pour des mesures d’apaisement incluant la libération des détenus politiques et la levée des restrictions judiciaires. Le Conseil justifait ces recommandations par la nécessité de créer un climat de confiance propice au dialogue, dans un contexte où l’Est du pays subit depuis trois ans l’occupation des combattants du M23 soutenus par l’armée rwandaise.

Le ministre de la Justice a cependant reconnu l’urgence de la situation, tout en insistant sur la nécessité de ne pas sacrifier la justice sur l’autel de la réconciliation. « Nous comprenons les préoccupations du CNSA, mais nous devons trouver un équilibre entre les impératifs de paix et les droits inaliénables des victimes », a-t-il déclaré, laissant entrevoir la possibilité d’examens au cas par cas plutôt qu’une amnistie générale.

Cette prise de position ouvre un débat crucial sur l’articulation entre justice et processus de paix, alors que la communauté internationale suit avec attention l’évolution de la crise dans la région des Grands Lacs. Les prochains jours devraient voir se multiplier les consultations entre les différentes parties prenantes pour tenter de trouver une voie médiane acceptable par tous.

Alors que le président Tshisekedi poursuit ses efforts diplomatiques avec le Rwanda dans le cadre des pourparlers de Doha et Washington, cette question épineuse des prisonniers politiques pourrait constituer un point de friction déterminant dans la recherche d’une solution durable à la crise sécuritaire qui mine l’Est du pays depuis des années.

La balle est désormais dans le camp des autorités congolaises, qui devront trancher entre les exigences de justice et les nécessités politiques du moment, dans un contexte où chaque décision est scrutée à la fois par la population congolaise et par la communauté internationale.

Par Marc Etumba, correspondant à Kinshasa
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À la UneSociété

Général Kainerugaba : Une déclaration controversée contre les Wazalendo après sa visite à Kinshasa

by admin9775 23 juin 2025
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Le général ougandais Muhoozi Kainerugaba, fils du président Yoweri Museveni, a suscité la polémique en qualifiant les Wazalendo, milices alliées aux FARDC dans la lutte contre le M23, de « force négative ». Cette déclaration intervient moins de 24 heures après une rencontre officielle avec le président congolais Félix Tshisekedi, où il avait pourtant salué la coopération entre l’Ouganda et la RDC.

Une visite courtoise suivie d’une déclaration inattendue

Lors de sa visite à Kinshasa le 24 mai 2024, Kainerugaba avait exprimé sa gratitude envers les autorités congolaises pour leur accueil chaleureux. Il avait également confirmé la prolongation de l’opération Shujaa, une collaboration militaire entre l’armée ougandaise (UPDF) et les FARDC pour combattre les rebelles des ADF dans les provinces de l’Ituri et du Nord-Kivu. Dans un message publié sur les réseaux sociaux, il avait remercié le président Tshisekedi et le lieutenant-général Jules Banza Mwilambwe, chef d’état-major des FARDC, tout en célébrant le renforcement des liens entre les deux pays.

Un revirement surprenant

Pourtant, dès le lendemain, le général ougandais a adopté un ton radicalement différent en s’en prenant aux Wazalendo, ces groupes d’autodéfense soutenus par le gouvernement congolais dans la guerre contre le M23. Dans une déclaration sans équivoque, il a affirmé : « Le Wazalendo est sans aucun doute une force négative ! Je pense que les forces conjointes de l’UPDF et des FARDC les attaqueront partout où nous les trouverons. À moins qu’ils ne soient assez intelligents pour se rendre. »

Cette prise de position a immédiatement soulevé des interrogations, car les Wazalendo sont considérés comme des partenaires des FARDC dans la lutte contre le M23, un groupe rebelle accusé d’être soutenu par le Rwanda.

Quelles implications pour la coopération RDC-Ouganda ?

Cette déclaration met en lumière les tensions sous-jacentes dans la région. Alors que l’Ouganda collabore avec la RDC contre les ADF, ses relations avec le Rwanda, allié présumé du M23, restent ambiguës. Certains analystes y voient un double jeu de Kampala, qui chercherait à affaiblir les milices congolaises tout en maintenant des intérêts économiques dans l’Est de la RDC.

Pour l’instant, le gouvernement congolais n’a pas réagi officiellement. Cependant, si l’UPDF devait passer à l’action contre les Wazalendo, cela pourrait entraîner une crise diplomatique entre les deux pays.

Une chose est sûre : cette déclaration relance le débat sur la complexité des alliances dans la région et les défis de la stabilisation de l’Est de la RDC.

Par Marc Etumba, correspondant à Kinshasa
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