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Tribunes

Tribunes

Tshisekedi face au défi d’étouffer l’héritage de Kabila (Tribune de Jo M. Sekimonyo)

by admin9775 28 juillet 2025
written by admin9775

Les Congolais scrutent avec ferveur la composition des Léopards, surtout l’équipe nationale de football. Chaque sélection est disséquée, chaque joueur évalué, les mérites débattus avec passion. Les discussions sont animées, les choix contestés, les attentes élevées, qui symbolisent l’honneur du pays.

Mais lorsqu’il s’agit de la formation d’un gouvernement, on applaudit par réflexe tribal, on célèbre la présence de sa province, et l’on accueille sans sourciller des visages inconnus, souvent sans compétence avérée. On ne cherche pas à savoir ce que ces futurs ministres ont pensé, écrit, réalisé ou proposé sur les portefeuilles qu’on leur attribue. Leur vision, leur parcours, leur capacité à gouverner ne suscitent ni débat ni exigence. On ne réclame même pas l’information manquante.

Les postes sont distribués comme des prix de consolation, puis l’on fait mine de découvrir, trop tard, que l’incompétence s’est invitée au sommet de l’État.
Au fond, on fait semblant de ne pas voir, on tolère l’à-peu-près, on flirte avec la médiocrité comme avec une vieille maîtresse — par fatigue, par cynisme, ou simplement parce qu’on s’y est attaché.
Et tous les régimes, tous ces syndicats criminels déguisés en partis politiques, qui finissent toujours par s’installer autour de la table, le savent parfaitement, s’en réjouissent, et s’en servent, parce que c’est confortable, immobile, et surtout terriblement pratique pour ne rien changer.

Changement ou replâtrage ?

L’annonce d’un remaniement ravive une question devenue presque rituelle :
« Verra-t-on enfin naître une véritable équipe de rupture, ou s’agit-il d’un simple coup de pinceau sur les fissures d’un système à bout de souffle ? ». À chaque annonce, l’espoir renaît, mais la mécanique reste : les jeux d’équilibre, les concessions tribales, les calculs politiques. Rien qui ne laisse entrevoir une volonté réelle de transformation.

L’indifférence qui a entouré la nomination du nouveau gouverneur de la Banque Centrale en est une illustration frappante. Ce poste stratégique, essentiel pour stabiliser une économie en crise chronique, a été pourvu sans le moindre débat public. Ni la presse, ni l’opinion publique, ni les partenaires internationaux n’ont levé le petit doigt dans un sens ou un autre.

Comme si piloter la politique monétaire d’un pays économiquement pâle n’avait plus d’importance, était une simple formalité administrative. Silence total. Pas de vision exposée, pas d’objectifs clairs. Une occasion manquée, de plus.

Des gouvernements sans empreinte

Il faut dire que les gouvernements se sont succédé sous le règne Tshisekedi sans laisser de trace tangible dans la vie des Congolais. Aucune réforme structurelle majeure, aucune amélioration significative du quotidien. Seulement des promesses, toujours des promesses. Des nuages lourds qui annoncent la pluie, mais dont rien ne tombe.

L’histoire ne retiendra ni les discours bien ficelés, ni les effets d’annonce. Elle retiendra les actes qui auront, un jour, fait basculer le réel.

Faire la même chose en espérant un résultat différent ? Certes, on ne peut accuser formellement le régime Tshisekedi d’avoir élevé l’absurde au rang de doctrine d’État. Mais à force de recycler les mêmes recettes usées, en espérant des miracles à chaque remaniement, on finit par se demander si l’immobilisme n’est pas devenu une stratégie. Remanier, récompenser et recommencer. Voilà la boucle.

Le symbole Suminwa

Le maintien de Judith Suminwa à la tête du gouvernement en est un exemple emblématique. Sans feuille de route publique, sans vision annoncée, sans signe de rupture nette avec le passé, cette décision envoie un signal clair que l’on ne change pas une équipe qui n’a encore rien prouvé.

Au lieu d’incarner un renouveau, ce choix conforte l’idée que Tshisekedi ne souhaite ni gouverner autrement, ni déranger l’ordre établi, mais simplement continuer à régner avec les mêmes repères, les mêmes équilibres et les mêmes silences gênants.
On ne parle pas de choc de gouvernance ici, mais de douce continuité dans l’inaction.

Récompense avant mérite

Derrière ces choix se cache une constante bien connue : la récompense avant le mérite. Dans cette loterie politique, les portefeuilles ne vont pas aux adroits ou brillants dans le domaine, ni aux plus compétents, mais à ceux qui ont su plaire, protéger, ou applaudir au bon moment.

Aucune exigence de compétence, aucun débat sur les idées, aucun critère public d’évaluation.La loyauté supplante la vision, les dettes politiques remplacent les programmes, et les nominations ressemblent à des faveurs échappées d’une soirée de remerciements.

Résultat ? L’immobilisme se pare des habits du changement, on repeint la façade pendant que les fondations pourrissent, et l’on feint la surprise quand le bâtiment ne tient pas.

Et si on osait rêver grand pour la RDC ?

Il faut bien s’autoriser à rêver un peu, surtout quand la réalité politique vous sert les mêmes plats réchauffés.
Imaginons un instant un gouvernement congolais qui ne soit pas une loterie ethno-politique, mais un véritable casting de compétences. Un cabinet qui ferait lever les sourcils à Kinshasa, mais aussi à Bruxelles, Washington et Addis-Abeba.

Ramener Freddy Matungulu de la Banque mondiale pour le poste de Premier ministre ou à défaut, celui de ministre des Finances.
Et pourquoi ne pas confier le ministère de l’Intérieur à François Beya, alias « Fantômas », s’il consent à revenir sur scène.

Injecter du sang neuf : Nicole Sulu, fondatrice du réseau Makutano, comme ministre de l’Entrepreneuriat. Richard Ali, pilier culturel, à la Culture et aux Arts. Denis Mukwege, prix Nobel, aux Affaires étrangères. Jean Bele, entrepreneur technologique, à l’Industrie. Mme Malangu Kabedi Mbuyi, à la Fonction publique. Et Trésor Lomana LuaLua, au ministère des Sports.

Pour calmer les frustrations, on pourrait caser Jean-Pierre Bemba aux Affaires sociales et Julien Paluku à la Jeunesse. Au moins là, les frustrations se règleront au micro, et non à la machette.

La gomme du destin

L’histoire poursuit sa marche, mais Tshisekedi, lui, commence sérieusement à manquer d’air et d’encre s’il espère inscrire son nom au-dessus de celui de Joseph Kabila dans la mémoire collective congolaise.

Un simple remaniement ministériel n’y changera rien. Ce qu’il faut, c’est une rupture nette, audacieuse, avec l’image tenace d’une médiocrité institutionnalisée.
Sans cela, il restera un nom de plus sur la liste des présidents qui ont frôlé la grandeur sans jamais l’atteindre.

Mais soyons honnêtes : il reste bien peu de choses que Tshisekedi puisse encore accomplir dans le court laps de temps qu’il lui reste. Deux ans à peine.
Trop court pour construire ce qu’il n’a pas su enclencher en plus d’un mandat.

Une dernière carte : la digitalisation

Il lui reste peut-être une carte : la digitalisation du secteur public.
Un chantier fondateur, mené à bien en moins de deux ans, à coût modeste, misant sur le savoir-faire local.

Créer un ministère délégué à la Présidence, exclusivement dédié à cette mission, et confié à une figure affranchie du clientélisme.

Une réforme capable de moderniser l’État, rationaliser la gouvernance, et ouvrir les portes d’un autre Congo : numérique, transparent, plus efficace.

Ce ne serait peut-être pas suffisant pour effacer le reste, mais ce serait une œuvre vraie, profondément transformatrice. Une empreinte. Une gomme contre l’oubli.

Jo M. Sekimonyo
Économiste politique, théoricien, militant des droits humains et écrivain

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À la UneTribunes

L’accord RDC-Rwanda du 27 juin 2025 : Entre espoir de paix et défis persistants

by admin9775 10 juillet 2025
written by admin9775

L’accord de paix signé le 27 juin 2025 à Washington entre la RDC et le Rwanda soulève à l’intérieur du pays des sentiments controversées au niveau tant de la classe politique que de la population elle-même, les deux catégories se posant légitimement la question de savoir si la fin de la guerre est à l’horizon ou s’il s’agit d’un nouveau camouflet qui serait cette fois la base de la balkanisation ou de l’éclatement pur et simple de notre pays. 

En effet, eu égard aux massacres et aux différents désastres perpétrés à l’Est de la République Démocratique du Congo à la suite de l’agression rwandaise, un bon nombre de congolais dans leurs diversités sont sceptiques de croire à la bonne foi du Rwanda d’une part et d’autre part au retour effectif de la paix du fait de l’accord intervenu à Washington le 27 juin 2025. 

Il nous revient de rappeler que suivant la convention de Genève 1969 en son article 2, un accord est « un engagement écrit entre sujets de droit international, principalement les États et parfois les organisations internationales, par lequel ils s’engagent volontairement à respecter certaines obligations juridiques ». C’est le cas en ce qui concerne l’accord sous examen entre la RD Congo et le Rwanda. Aussi du point de vue doctrinal, Si un accord de paix interne est signé sous l’égide de la communauté international, il peut être doté d’une valeur quasi-internationale, même s’il s’agit d’un accord (convention, protocole etc …) entre un Etat et un groupe armé. 

Par ailleurs, nous devrions noter également qu’au niveau international, un accord n’est jamais parfait, parce que d’un côté il est rare qu’il puisse résoudre tous les aspects du problème qui divise les parties et d’autres part, il peut faire jaillir des faiblesses assez significatives par rapport à son application sur terrain. 

– En ce qui concerne la situation de quelques accords portant sur la paix en Afrique, nous pouvons nous référer à titre illustratifs aux six cas précis dont l’application a été soit appréciable soit non satisfaisante. 

Les trois premiers exemples peuvent être considérés parmi les modèles d’accord à effets positifs dans le domaine de la paix et de la sécurité en Afrique. 

L’accord de Dakar signé entre le Tchad et le Soudan en 2008, et dont l’objet était de mettre fin au soutien mutuel à des groupes rebelles, avait abouti à un cessez le feu et une reprise des relations diplomatiques, ainsi qu’à une réduction notable des incidents frontaliers. Le conflit indirect avait été donc désamorcé et la coopération sécuritaire avait été restaurée. 

L’Accords de Maputo de 1992 entre le gouvernement du Mozambique et le RENAMO, groupe rebelle soutenu à l’origine par la Rhodésie (Zimbabwe) et l’Afrique du Sud avait abouti à la fin de la guerre civile au mozambique. 

L’Accords de Juba entre l’Ouganda et le Soudan de 2006 avait pour objectif de mettre un terme au soutien présumé du Soudan au groupe rebelle ougandais LRA. Il a permis la cessation du soutien du Soudan aux LRA et une diminution drastique des activités des rebelles LRA ayant perdu leur base arrière au Soudan. 

Ces trois différents accords signés par les belligérants sous l’égide de la communauté internationale avait mis fin, comme nous venons de le souligner à ces différentes crises. Et leurs effets positifs sont demeurés incontestables jusqu’à ce jour. 

Par contre les trois accords ci-dessous font partie de ceux qui n’ont pas abouti à des résultats satisfaisants. 

L’Accord de paix d’Alger entre l’Erythrée et l’Ethiopie de 2000 qui devait mettre fin à des guerre des frontières entre 1998 et 2000, prévoyait une démarcation claire de la frontière. Mais l’Éthiopie avait refusé d’appliquer certaines décisions de la commission de délimitation, notamment sur la ville de Badmé, ce qui avait gelé la paix pendant près de deux décennies. Ce n’est qu’en 2018 que les deux États ont officiellement normalisé leurs relations (Accord d’Asmara). L’accord de 2000 a été donc inefficace pendant près de 18 ans. 

Quant à l’accord de Syrte de 2007 entre la RCA et le Soudan, il était censé résoudre le conflit frontalier et mettre fin au soutien présumé du Soudan aux groupes rebelles centrafricains. Mais la signature de cet accord avec la médiation libyenne n’avait pas empêché les affrontements et les flux d’armes dans la région. Les violations multiples ont conduit à une dégradation du processus de paix. 

Et enfin, l’accord d’Arusha de 1993 entre le gouvernement hutu rwandais et le Front Patriotique Rwandais (FPR) dont le but était d’intégrer les forces du FPR dans l’armée et au gouvernement n’avait pas été appliqué suite au crash qui a couté la vie au Président rwandais Juvénal Habyarimana et son homologue burundais Cyprien NTARYAMIRA. Dès lors le processus de paix au Rwanda avait volé en éclat. 

Ces différents exemples nous indiquent ayant évolué dans un sens ou dans l’autre font clairement ressortir la délicatesse des accords qui sont négociés et signés au niveau international. Le mérite est de le savoir en vue de prendre des précautions nécessaires pour protéger les intérêts de son propre pays. 

A présent, qu’en est-il en ce qui concerne la réussite l’accord entre la RD Congo et le Rwanda. Faut-il être pessimiste et verser vers le découragement ou devons-nous considérer que la paix est effectivement à la portée du Peuple congolais et de ses dirigeants. 

Suivant le contenu de l’accord signé par les deux parties, nous pouvons relever de part et d’autre, les points saillants ci-après. Du côté rwandais, leur demande principale porte sur la neutralisation des forces démocratiques pour la libération du Rwanda (FDLR) qui seraient encore actif sur le territoire congolais. A ce sujet, le Rwanda clame tout haut que l’application de l’accord de paix dépend de cette condition et certains observateurs congolais s’accroche également à ce niveau pour prétendre que le Congo serait roulé dans la farine parce qu’il s’agirait à travers cette conditionnalité, d’un prétexte justifiant la poursuite de l’occupation rwandaise d’une partie de notre pays. D’autres part, du côté congolais, les acquis essentiels couvrent le désengagement des forces rwandaises sur le sol congolais, l’affirmation de la souveraineté de la RDC, ainsi que le respect de l’intégrité du territoire national. De même, en commun, les deux parties conviennent de la prohibition de tout soutien à des groupes armés. 

A cet égard, nous devrions reconnaitre que la signature de cet accord est véritablement un succès et un pas en avant vers le retour de la paix en RDC, tel que souhaité par l’ensemble de notre peuple. Ainsi donc, les critiques positives ne sont pas mauvaises dans une aire de démocratie. Mais la reconnaissance de la bravoure et du patriotisme de certains d’entre nous devrait être de mis en exergue. Aussi l’occasion est indiquée pour féliciter la ministre congolaise des affaires étrangères Thérèse KAYIKWAMBA WAGNER, ainsi que le Président de la République, Son Excellence Felix Antoine Tshisekedi pour sa forte détermination à ramener la paix et à convaincre la communauté internationale sur le plan diplomatique. 

– En ce qui concerne la réussite proprement-dit des accords. 

Nous devrions avoir en mémoire et pour convaincre les esprits dubitatifs que le droit international est un droit imparfait contrairement au droit interne. Et les accords signés au niveau international, ne devrait pas être considéré comme une sinécure. 

Par sa nature, tout accord qui doit s’imposer à tous devrait bénéficier des mesures d’accompagnement au niveau juridique, politique, et même institutionnels. Dans le cas l’accord Congolo – rwandais signé à Washington le 27 juin 2025, il faut d’abord tenir compte des mécanismes qui existent et qui consolident le respect de l’accord par les deux parties. 

En premier lieu, il s’agit de la résolution 2773 du conseil de sécurité (21 février 2025) qui impose des obligations aux parties. En effet, cette résolution demande en particulier « à la Force de défense rwandaise de cesser de soutenir le M23 et de se retirer immédiatement du territoire de la République démocratique du Congo, sans conditions préalables ». Il donc est faux de croire que l’accord aurait bradé la valeur de cette résolution compte tenu de la hiérarchie des instruments juridiques sur le plan international. 

Il ne faut surtout pas oublier que du point de vue de la charte des nations unies, particulièrement à ses articles 39 à 42, la responsabilité de la paix, et surtout lorsqu’il y a rupture de celle-ci, incombe au conseil de sécurité des nations unies. Ainsi donc, les congolais devraient enlever toute inquiétude par rapport à l’application de l’accord. 

Le second mécanisme favorisant la consolidation de l’accord dans le cas d’espèce, constitue le parrainage des Etats unies d’Amérique. En effet, même s’ils ne sont pas signataire de l’accord, les USA apporte bel et bien leur caution morale et politique pour la réussite de toutes les négociations entre la RDC et le Rwanda. Nous devrions rappeler à l’opinion que dans l’histoire, les Etats unis d’Amérique étaient la première puissance au monde à reconnaitre l’Etat indépendant du Congo (EIC) le 22 avril 1884, à obliger le Roi Leopold 2 à céder l’EIC à la Belgique en 1908, et lorsqu’il fallait à appuyer l’indépendance du Congo vis-à-vis de la Belgique en 1959/1960, les Etats-Unis ont joué un rôle important. 

Au-delà de ces mécanismes internationaux, l’accord entre le Congo et le Rwanda, comme du reste n’importe quel autre accord, doit être accompagné et consolidé par des dispositions internes à notre pays. Il s’agit premièrement pour les dirigeants de notre pays, de réorganiser l’armée congolaise, de former ses hommes, de les équiper et de les motiver. Il faut surtout souligner à l’attention de nous tous que le monde moderne depuis un certain nombre d’année, tout en se référant aux dispositions juridiques formulées par les Etats à travers particulièrement le pacte de la Société des Nations (SDN) et par la suite la charte des nations unies, fonctionne sur base du principe des rapports des forces. Il faudrait pour cela examiner ce qui passe entre la Russie et l’Ukraine, Entre Israel et la Palestine, et tout dernièrement, la courte crise entre l’Iran et Israel. En outre, il y a lieu de penser à reformer notre administration publique, en y dénichant de manière approprié tous les suspects qui y sont infiltrés et de faire de cet outil le socle de la bonne gouvernance en RDC. 

Nous devons reconnaitre, que le Président de la République Félix Antoine Tshisekedi a depuis qu’il a accédé au pouvoir en 2019, jeté les vrais jalons pour la reconstruction de la République démocratique du Congo en vue de la défense de la patrie et l’amélioration de la qualité de vie de tous les congolais. C’est pourquoi, il mérite l’encouragement de tous au lieu des critiques souvent sans fondement. 

Main dans la main, tous les congolais derrière le commandant en Chef, nous allons sécuriser notre beau pays et le conduire vers son émergence.

Par 

TUNDA NGIEFU Yves, Spécialiste en Finance d’Entreprise et en Droit Public Economique, Université Cheikh Anta Diop de Dakar.

TUNDA YA KASENDE Célestin, PhD Professeur et chercheur en Droit international et en Géopolitique.

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Tribunes

Constant Mutamba : une chute politique à la lumière des lois du pouvoir de Robert Greene [Tribune]

by admin9775 22 juin 2025
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La récente démission de Constant Mutamba, ministre de la Justice en République Démocratique du Congo, a surpris plus d’un. Perçu comme une figure jeune et dynamique, porteur d’un discours de réforme fort, sa chute rapide pose question. Et si les causes de cette chute étaient moins visibles qu’un simple dossier judiciaire ? Et si les vraies explications se trouvaient dans les dynamiques invisibles du pouvoir ?

L’ouvrage de Robert Greene intitulé : « Les 48 lois du pouvoir », nous offre un éclairage stratégique sur ce qui s’est réellement joué.

Loi 1 – Ne surpassez jamais le Maître

Constant Mutamba s’est imposé comme un réformateur, prêt à nettoyer le système judiciaire. Mais vouloir transformer un système sans ménager ceux qui l’incarnent est risqué. En politique, briller trop fort peut aveugler ceux au-dessus de vous, et les pousser à réagir avec brutalité.

À propos, Greene nous enseigne que le pouvoir est sensible à l’orgueil des autres. Et cet orgueil peut coûter très cher à ceux qui l’égratignent.

Loi 3 – Cachez vos intentions

La posture radicale et transparente de Mutamba l’a peut-être desservie. En exposant ses plans, ses attaques contre les détournements, ses dénonciations internes, il a donné à ses opposants le temps et la matière pour organiser sa chute. En politique, la discrétion est souvent plus efficace que le courage médiatique.

Loi 16 – Utilisez l’absence pour renforcer le respect

Très présent sur les réseaux sociaux, dans les médias et sur le terrain, Mutamba s’est rendu trop visible, trop accessible. Or, la rareté fait la valeur. Trop d’exposition crée la banalisation, puis le rejet.

Dans un univers où les ambitions se heurtent aux égo, l’exposition est une faiblesse stratégique.

Loi 33 – Exploitez les faiblesses des autres, mais cachez les vôtres

Ses adversaires ont utilisé contre lui le dossier du projet de prison à Kisangani, où 19 millions de dollars sont en jeu. Vrai scandale ou attaque politique ? Peu importe. En politique, ce qui compte, ce n’est pas la vérité, c’est la perception. Et il semble que cette faille – même supposée – ait suffi pour l’éjecter.

Loi 40 – Méprisez le gratuit

Dans toute signature de contrat, toute faveur, tout accord, il y a un prix caché. Mutamba, en acceptant ou en pilotant certains projets, a peut-être cru que certains risques étaient sans conséquence.

Pourtant, Greene le rappelle : ce qui est gratuit est souvent une dette déguisée. Le piège du pouvoir, c’est de penser que l’on contrôle tout.

Loi 48 – Soyez fluide comme l’eau

Rester figé dans un rôle de « justicier » sans adapter sa stratégie au contexte, c’est offrir à ses ennemis une cible immobile. Mutamba a manqué de fluidité politique. Là où il fallait parfois se taire, négocier ou patienter, il a préféré le frontal. Et le pouvoir frontal finit par se heurter… à un mur.

Conclusion

La chute de Constant Mutamba n’est pas qu’un fait d’actualité. C’est une leçon de stratégie. Elle nous rappelle que dans la sphère politique congolaise – comme ailleurs – il ne suffit pas d’avoir raison pour durer. Il faut aussi savoir se mouvoir dans les jeux d’ombres, de perceptions et d’intérêts.

Comme le dirait Robert Greene :

“Ce n’est pas la justice qui gouverne le monde, c’est le rapport de force.”, dit-on !

Signé : Mukumadi Samba Yannick (Analyste Congolais Indépendant et lecteur passionné des dynamiques du pouvoir )

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22 juin 2025 0 comments
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Tribunes

La RDC à la croisée des chemins : entre respect des institutions et tentation autoritaire

by admin9775 16 mai 2025
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Par Claudel Lubaya

La République démocratique du Congo traverse une période critique où les fondements de son État de droit sont mis à rude épreuve. Les récentes initiatives du pouvoir en place, visant notamment la levée de l’immunité du sénateur à vie Joseph Kabila et la dissolution de partis politiques d’opposition, soulèvent des inquiétudes légitimes quant au respect des principes constitutionnels.

Une violation sans précédent des garanties institutionnelles

Le projet de lever l’immunité de Joseph Kabila constitue une rupture dangereuse avec les traditions républicaines. L’article 104 de la Constitution et les dispositions spécifiques sur le statut des anciens présidents créent un régime protecteur clair : la décision relève de la compétence exclusive du Congrès, non du Sénat. En court-circuitant cette procédure, le pouvoir actuel franchit une ligne que même les régimes précédents, souvent critiqués pour leur autoritarisme, n’avaient osé traverser.

Cette initiative intervient dans un contexte où le gouvernement, fragilisé par des révélations embarrassantes sur sa gestion, semble chercher à détourner l’attention par des mesures spectaculaires contre l’opposition. La manœuvre politique est transparente, mais ses conséquences institutionnelles pourraient être durables.

La dissolution des partis politiques : l’arbitraire comme méthode

La décision de dissoudre le PPRD et le MLP repose sur une interprétation abusive des textes. Les articles 6 et 8 de la Constitution, ainsi que la loi sur le statut de l’opposition politique, établissent pourtant des garanties contre de telles dérives. Le gouvernement commet une erreur juridique majeure en confondant les actes individuels de certains membres avec la responsabilité des partis en tant que personnes morales.

En agissant ainsi, le pouvoir ne se contente pas de réprimer des formations politiques : il s’attaque au pluralisme démocratique lui-même. La criminalisation de la contestation politique ouvre la voie à une dangereuse escalade autoritaire, où toute critique pourrait bientôt être assimilée à une menace pour l’État.

Un pouvoir qui tourne le dos à ses propres engagements

Ironie de l’histoire, ces mesures répressives contredisent directement les principes issus du dialogue national, qui avait pourtant permis des avancées significatives vers la libéralisation de la vie politique. Le gouvernement actuel piétine ainsi l’héritage consensuel qui avait émergé des larges consultations politiques.

Plus grave encore, cette dérive intervient alors que toutes les tentatives de révision constitutionnelle ont échoué. Faute de pouvoir modifier les règles du jeu démocratique, le pouvoir semble choisir de simplement les ignorer, gouvernant par décrets et décisions unilatérales plutôt que par le dialogue et le respect des institutions.

Un appel à la raison

Face à cette dangereuse escalade, je lance un appel solennel :

  • Au président Tshisekedi : renoncez à ces mesures qui déconsidèrent votre fonction et mettent en péril la stabilité du pays.
  • Aux sénateurs : résistez à la pression et respectez votre serment de défendre la Constitution.
  • À la communauté internationale : soyez vigilants face à cette dérive autoritaire qui menace les acquis démocratiques congolais.

Le moment est grave. La RDC ne mérite pas de sombrer dans l’arbitraire. Il est encore temps de choisir la voie du droit et du dialogue, plutôt que celle de la répression et de la division. L’avenir de notre nation en dépend.

Claudel Lubaya
Expert en droit constitutionnel

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Tribunes

Tribune : Le bras de fer judiciaire autour de Matata Ponyo met à l’épreuve l’équilibre des pouvoirs en RDC

by admin9775 25 avril 2025
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Le maintien des audiences dans l’affaire du parc agro-industriel de Bukanga-Lonzo oppose aujourd’hui deux légitimités constitutionnelles : celle de la justice et celle du parlement. Alors que la Cour constitutionnelle persiste à examiner le dossier impliquant l’ancien Premier ministre Augustin Matata Ponyo et ses coaccusés, ce dernier invoque son immunité parlementaire avec le soutien apparent de l’Assemblée nationale.

Un conflit institutionnel prévisible

La position de Matata Ponyo repose sur une lecture stricte de la Constitution congolaise. L’article 102 est pourtant clair : « Aucun député ne peut être poursuivi sans l’autorisation de l’Assemblée nationale ». Cette disposition, héritée de nombreuses démocraties, vise à protéger les élus contre des poursuites arbitraires, mais ne devrait pas servir de bouclier contre la justice.

Le risque d’une justice à deux vitesses

L’affaire Bukanga-Lonzo, impliquant 285 millions de dollars américains, concerne des fonds publics considérables. Le principe d’égalité devant la loi devrait prévaloir, quelle que soit la qualité des prévenus. Le ministère public semble déterminé à faire valoir ce principe, affirmant que « la Cour n’est liée par aucune démarche visant à se soustraire à la procédure ».

Les enjeux sous-jacents

Cette crise révèle plusieurs fractures :

  1. La tension permanente entre pouvoir judiciaire et législatif
  2. La difficile lutte contre l’impunité des élites
  3. Les limites du système immunitaire parlementaire

Une solution constitutionnelle possible

Plutôt qu’un affrontement stérile, cette situation devrait conduire à :

  1. Une saisine rapide de l’Assemblée nationale pour statuer sur la levée d’immunité
  2. Un débat parlementaire transparent sur ce cas précis
  3. Éventuellement, une clarification par la Cour constitutionnelle elle-même

Ce dossier dépasse la personne de Matata Ponyo. Il pose la question fondamentale de l’indépendance réciproque des pouvoirs et de leur respect mutuel. La solution ne réside ni dans la fuite en avant judiciaire, ni dans le refuge automatique derrière les immunités, mais dans un dialogue institutionnel respectueux de l’État de droit.

Le peuple congolais, ultime souverain, a le droit de savoir comment ont été utilisés les 285 millions de dollars de Bukanga-Lonzo. C’est à ce prix que se construira une véritable démocratie congolaise.

Par Marc Etumba, correspondant à Kinshasa
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À la UneTribunes

Tribune : Le Prophète Mukungubila salue les sanctions contre Joseph Kabila et appelle à une refondation nationale

by admin9775 22 avril 2025
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Dans une déclaration vibrante datée du 20 avril 2025, le Prophète Joseph Mukungubila a exprimé sa satisfaction face aux mesures prises par le gouvernement congolais contre Joseph Kabila, accusé de complicité avec les forces hostiles à l’Est du pays. Ce message fort s’inscrit dans la continuité des mises en garde répétées du leader spirituel sur les dangers menaçant la nation congolaise.

« Le moment est venu de dire toute la vérité », commence Mukungubila, visiblement soulagé par les récentes décisions gouvernementales. « La sanction infligée à Hippolyte Kanambe (Joseph Kabila) marque un tournant décisif pour notre pays », affirme-t-il, avant d’ajouter : « N’avais-je pas raison de dénoncer depuis des décennies cet imposteur et ses manigances ? »

Le Prophète rappelle avec amertume les souffrances endurées par le peuple congolais à cause de ce qu’il qualifie de « grande supercherie ». « Nous avons été bernés par des étrangers avides de nos richesses », déplore-t-il, tout en refusant de stigmatiser une quelconque communauté congolaise. « Ce n’est pas le Katanga ou les Lubas qu’il faut blâmer, mais bien tous ceux qui ont fermé les yeux sur cette imposture. »

Mukungubila en profite pour lancer un appel solennel à la refondation des institutions nationales : « Il est temps de nettoyer notre maison commune. Plus jamais nous ne devrons laisser des criminels infiltrer nos instances dirigeantes. » Le leader spirituel propose même une réforme complète du système politique pour éviter de reproduire les erreurs du passé.

Sur un ton prophétique, il met en garde : « Le M23 n’est que la face visible d’un mal plus profond. Quand nous laissons l’ennemi s’installer dans nos propres institutions, comment s’étonner ensuite des massacres à l’Est ? »

La déclaration se termine par un vibrant appel à l’unité nationale et une mise en garde contre toute tentative de division : « Aujourd’hui, la vérité éclate au grand jour. Que chacun assume ses responsabilités pour reconstruire un Congo véritablement indépendant et souverain. »

Ce message intervient alors que la situation sécuritaire dans l’Est du pays reste préoccupante et que les tensions politiques s’accentuent à l’approche de nouvelles échéances électorales. Le Prophète Mukungubila, qui se présente comme « les yeux et les oreilles de Dieu sur le Congo », promet de revenir prochainement avec des révélations plus détaillées sur ce qu’il considère comme « la plus grande trahison de l’histoire contemporaine congolaise ».

Par Marc Etumba, correspondant à Kinshasa
CONGO PUB Online

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Tribunes

Hausse des soldes FARDC et PNC : Jérémie Bikungu salue l’initiative et exige des réformes militaires profondes

by admin9775 30 mars 2025
written by admin9775

L’annonce de l’augmentation des soldes des éléments FARDC -Forces armées de la République démocratique du Congo- et PNC -Police nationale congolaise- suscite diverses réactions au sein de la classe politique.

Parmi les réactions figure celle de l’acteur politique Jérémie Bikungu, qui estime que cette mesure, bien que nécessaire, doit être accompagnée de réformes structurelles, pour renforcer l’efficacité des opérations militaires et améliorer la gestion des troupes sur le terrain.

Pour lui, l’augmentation des soldes des militaires et policiers est, d’abord, une avancée qui répond à une revendication de longue date. « Pour une fois, depuis le début de cette guerre, une promesse sur laquelle beaucoup de Congolais avaient des doutes a été tenue, et nous saluons cela« , a déclaré Jérémie Bikungu.

Cependant, il insiste sur le fait que cette amélioration salariale ne peut, à elle seule, résoudre les problèmes profonds qui minent l’efficacité des Forces Armées. Par conséquent, il plaide pour des réformes plus audacieuses, afin d’assurer une gestion rigoureuse des troupes et de garantir des résultats concrets sur le terrain.

En outre, Jérémie Bikungu appelle à un nettoyage au sein de l’appareil militaire, pour éliminer les éléments jugés déloyaux. « Il faut restructurer la chaîne de commandement et extirper tous les traîtres qui sont connus et bien identifiés, depuis l’État-major général jusqu’aux commandants des troupes. » Selon lui, certains officiers, plutôt que de défendre la nation, servent des intérêts personnels ou extérieurs, compromettant ainsi les efforts de l’Armée congolaise.

L’acteur politique insiste également sur la nécessité de remplacer certaines unités stationnées à l’Est depuis plusieurs années. « Les unités déployées depuis plus de cinq, voire dix ans, doivent être relevées. Beaucoup de leurs commandants sont devenus des affairistes, détournant les soldes des militaires et affaiblissant ainsi la capacité opérationnelle des troupes. »

Par ailleurs, Jérémie Bikungu exhorte aussi à un meilleur suivi des ressources allouées aux Forces de défense, notamment, en ce qui concerne la logistique et l’alimentation. « Il faut mettre en place des mécanismes solides, pour suivre toutes les unités sur le terrain et assurer leur prise en charge logistique et alimentaire« , a-t-il recommandé.

En définitive, l’acteur politique se montre également préoccupé par la récurrence des replis dits « stratégiques » des FARDC face aux avancées de l’ennemi. Il appelle à un contrôle strict de ces mouvements et à des sanctions sévères contre les officiers responsables.

« Il est crucial d’étudier les vraies causes de chaque repli dit stratégique; car, ce phénomène se répète depuis Bunagana. Il faut identifier les responsables et leur appliquer des sanctions sévères« , suggère-t-il.

Si l’augmentation des soldes des militaires et policiers est une avancée, Jérémie Bikungu insiste sur la nécessité d’aller plus loin, en menant une réforme globale de l’appareil militaire. Il encourage les experts en sécurité et défense à enrichir ses propositions, pour garantir une Armée plus efficace et mieux encadrée.

Par Prehoub Urprus 

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À la UneTribunes

Négociations avec le M23 : Léon Engulu III dénonce un « piège mortel » tendu à la RDC

by admin9775 16 mars 2025
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L’annonce surprise faite le 11 mars 2025 par la présidence angolaise concernant la tenue de négociations directes entre le gouvernement de la République démocratique du Congo (RDC) et le groupe rebelle M23 a suscité de vives réactions au sein de l’opinion congolaise. Léon Engulu III, ancien coordonnateur intérimaire du Mécanisme National de Suivi de l’Accord-cadre d’Addis-Abeba, a révélé les dessous de ce qu’il qualifie de « piège mortel » tendu à la RDC, malgré la bonne foi du président angolais João Lourenço.

Un contexte historique troublant

Léon Engulu III rappelle que le 20 novembre 2012, la ville de Goma était tombée aux mains du M23, suite à la défaite d’une armée congolaise infiltrée et affaiblie par des années de mauvaise gestion. À l’époque, le Conseil de sécurité des Nations unies avait adopté la résolution 2076, exigeant le retrait immédiat du M23 de Goma. Cette résolution, soutenue par une intervention diplomatique directe du président américain Barack Obama auprès de Paul Kagame, avait conduit au retrait des troupes rwandaises et au cantonnement du M23 pendant une décennie.

Cependant, la situation actuelle diffère radicalement. Malgré l’adoption de la résolution 2773 du 21 février 2025, qui exige le retrait des troupes rwandaises du territoire congolais, l’armée rwandaise et ses supplétifs du M23 maintiennent leur occupation de Goma, Bukavu et d’autres localités stratégiques.

Kagame sous pression internationale

Paul Kagame, le président rwandais, est actuellement sous le feu des critiques et des sanctions internationales. Les États-Unis, l’Union européenne, l’Allemagne, le Canada, la Belgique et d’autres pays ont suspendu leur aide financière et militaire au Rwanda, qui dépend à 40 % de l’aide internationale pour son budget. La perte des revenus provenant du pillage des ressources minières congolaises, notamment le coltan de la mine de Rubaya, représenterait un coup dur pour l’économie rwandaise et pourrait précipiter la chute du régime de Kagame.

Face à cette situation, Kagame a conçu, avec l’aide de ses alliés est-africains (Ouganda, Kenya, Tanzanie), un plan de la dernière chance. Ce plan consiste à convaincre le président angolais João Lourenço d’organiser des négociations directes entre le gouvernement congolais et le M23 à Luanda, sous prétexte de faciliter un processus de paix.

Le piège mortel de Luanda

Selon Léon Engulu III, ces négociations constituent un piège mortel pour la RDC. En acceptant de s’asseoir à la table des négociations avec le M23, le gouvernement congolais légitimerait de facto ce groupe rebelle en tant qu’acteur politique congolais, effaçant ainsi la responsabilité du Rwanda dans le conflit. Kagame pourrait alors se dédouaner de toutes les accusations portées contre lui, affirmant que le M23 est un mouvement purement congolais.

En outre, cette manœuvre permettrait à Kagame de se retirer du processus de Luanda, qui visait à régler les différends entre la RDC et le Rwanda, et de le remplacer par un dialogue direct entre Kinshasa et le M23. Cela affaiblirait considérablement la position diplomatique de la RDC et risquerait de prolonger l’occupation rwandaise et l’exploitation illégale des ressources congolaises.

Les conséquences désastreuses pour la RDC

Si la RDC tombe dans ce piège, les conséquences pourraient être catastrophiques. L’occupation de Goma, Bukavu et des zones minières par le Rwanda et ses supplétifs pourrait se prolonger indéfiniment, marquant ainsi la première étape d’une balkanisation de la RDC. Cette stratégie, soutenue par des acteurs internationaux comme l’ancien envoyé spécial des États-Unis pour la région des Grands Lacs, Peter Pham, vise à fragmenter la RDC pour mieux exploiter ses richesses.

Un appel à la vigilance

Léon Engulu III appelle les autorités congolaises à mener une diplomatie préventive et avisée pour éviter ce piège. Il souligne l’importance de ne pas légitimer le M23 et de maintenir la pression internationale sur le Rwanda. « Si la RDC commet l’erreur de négocier directement avec le M23, elle signera son propre arrêt de mort », avertit-il.

En conclusion, l’ancien coordonnateur du Mécanisme National de Suivi de l’Accord-cadre d’Addis-Abeba insiste sur la nécessité de protéger la souveraineté et l’intégrité territoriale de la RDC, tout en évitant les manœuvres diplomatiques qui pourraient compromettre l’avenir du pays.

Auteur : MN
Source : CONGO PUB Online

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À la UneTribunes

RDC en crise : pourquoi Joseph Kabila devait prendre la parole

by admin9775 5 mars 2025
written by admin9775

Le silence d’un homme d’État n’est pas un renoncement. Il est des moments où l’histoire s’accélère, où la marche d’un pays vacille, où la voix de ceux qui ont gouverné doit se faire entendre, non par ambition, mais par responsabilité. Joseph Kabila a toujours su, lorsqu’il le fallait, garder le silence. Il l’a fait pendant six ans, refusant d’interférer dans la gestion de ses successeurs, observant avec la retenue qu’exige la continuité républicaine. Il l’a fait aussi pendant ses dix-huit ans à la tête du pays, préférant l’action aux déclarations, la patience à l’agitation. Mais l’histoire ne se contemple pas en spectateur. Il arrive un moment où parler devient une nécessité, non pour soi, mais pour le pays. Il fallait donc répondre, rappeler, rétablir. Non pas par désir de justification, mais parce qu’un silence éternel face à la déconstruction de l’État ne pouvait être un choix. 

Ne pas oublier d’où nous venons. 

Il est facile aujourd’hui d’oublier d’où nous venons. Qui se souvient encore qu’en 2001, lorsque Joseph Kabila prend la tête du pays, la République est morcelée en quatre zones sous contrôle de groupes armés et d’intérêts étrangers ? Qui se rappelle qu’il a fallu négocier avec les ennemis d’hier, reconstruire un État qui n’existait plus, rassembler une nation brisée ? Tout cela n’est pas une opinion, mais un fait. Et les faits sont têtus. Pendant son mandat, il a fait du dialogue un principe structurant. Non pas un dialogue de compromission, mais un dialogue nécessaire à l’unité nationale. Ce fut l’esprit des Concertations nationales, des accords politiques qui ont permis à tous, opposants comme gouvernants, d’avoir une place dans la gestion du pays. Il aurait pu diriger autrement, imposer une ligne intransigeante. Il a choisi la concertation plutôt que la confrontation.

La stabilité économique, un socle oublié

Il a également fait de la réforme économique une priorité. Sous son impulsion, la RDC a atteint le point d’achèvement de l’initiative PPTE, libérant le pays d’un fardeau financier écrasant. Il a stabilisé l’inflation, maintenu une économie à flot malgré les crises et résisté aux pressions extérieures qui voulaient dicter leur loi à la RDC. Ces acquis ont permis au pays d’amorcer une dynamique de croissance et de renforcer ses ressources internes. Aujourd’hui, que reste-t-il de cette stabilité durement acquise ? Le pays s’est-il renforcé ou a-t-il sombré dans l’improvisation ?

Deux M23, deux réalités différentes

On tente aujourd’hui d’effacer la ligne de démarcation entre deux M23. Pourtant, cette distinction est essentielle pour comprendre la situation actuelle. Le premier M23 : la rébellion vaincue par Joseph Kabila. Le premier M23, issu du CNDP de Laurent Nkunda et Bosco Ntaganda, est né en 2012 d’une mutinerie soutenue par le Rwanda. Face à cette menace, Joseph Kabila a adopté une stratégie claire : ni complaisance, ni compromission. Il a restructuré l’armée, mobilisé l’appui de la communauté internationale et, avec la brigade d’intervention de la MONUSCO, écrasé militairement le mouvement en 2013. Militairement, il a été vaincu. Diplomatiquement, il a été isolé. À l’époque, le Rwanda n’était pas en position d’imposer ses exigences. Kabila, avec fermeté, avait rétabli l’autorité de l’État sur tout le territoire congolais, rendant toute résurgence du M23 impossible. Le deuxième M23 : un retour orchestré à Kinshasa.

Mais alors, comment expliquer son retour ? Parce qu’en 2020, le M23 a été réhabilité à Kinshasa. Ce deuxième M23 n’est pas un simple prolongement du premier. Malgré la présence des anciens dirigeants de mouvement. Il est le produit direct des négociations menées par le pouvoir en place avec les restes du M23 défait en 2013. Pendant quatorze mois, entre octobre 2020 et décembre 2021, des éléments du M23 ont été accueillis à Kinshasa, logés, protégés et impliqués dans des discussions avec le gouvernement. Le vice-Premier ministre de l’époque, Gilbert Kankonde, avait même sollicité 1,3 million de dollars pour financer ces négociations. Que s’est-il passé ensuite ? Ces mêmes éléments, après avoir été légitimés, sont retournés au front en 2022. Et aujourd’hui, le pays paie les conséquences de cette gestion désastreuse. Le M23 d’aujourd’hui n’est pas celui que Joseph Kabila avait combattu, c’est celui que Kinshasa a ressuscité.

L’héritage d’un bâtisseur face aux fossoyeurs de la République

L’histoire jugera. Mais elle ne jugera pas ceux qui rappellent les faits, elle jugera ceux qui, ayant hérité d’un pays stable et structuré, ont laissé les fondations s’effriter. On peut discuter de tout, sauf des évidences. Joseph Kabila n’a jamais cherché à diviser, il a toujours gouverné dans l’idée que chaque Congolais, quelle que soit son appartenance, devait avoir une place dans la République. Il aurait pu choisir l’affrontement, il a préféré construire des ponts. Il aurait pu refuser l’alternance, il a respecté la Constitution. Il aurait pu renier ses principes, il est resté fidèle à sa ligne. Le temps viendra où l’histoire rétablira les faits. Il restera celui qui a pris un pays en ruine et l’a laissé debout. Celui qui, à 47 ans, avait sous sa responsabilité la maîtrise de toutes les forces de sécurité et de défense. Celui qui, au milieu du tumulte des grandes crises, a fait en sorte que la République ne s’effondre pas. Parler aujourd’hui est un devoir, pas une posture. Parler aujourd’hui n’est pas une stratégie, c’est un devoir. Et ce devoir impose de rappeler que l’État ne se construit pas sur des discours, mais sur la constance et la fermeté des actes. Si cette parole dérange, c’est peut-être parce qu’elle force à regarder la réalité en face. L’histoire retiendra les bâtisseurs et les fossoyeurs. Joseph Kabila a construit. À ceux qui dirigent aujourd’hui de prouver qu’ils en sont capables. 

Félix Kabange Numbi, ancien Ministre de la Santé et de l’Aménagement du territoire en RDC

LSI AFRICA via CONGO PUB Online

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À la UneTribunes

La crise en RDC : Analyse et perspectives pour une résolution durable (Olivier Kamitatu)

by admin9775 27 février 2025
written by admin9775

La République Démocratique du Congo (RDC) traverse une crise multidimensionnelle marquée par des conflits armés récurrents, une gouvernance défaillante et une corruption systémique. Les récents propos de Kamitatu, figure politique et observateur averti de la scène congolaise, offrent une analyse critique de la situation actuelle. Ce document contextualise ses déclarations et propose une réflexion approfondie sur les enjeux politiques, économiques et sécuritaires en RDC, tout en esquissant des pistes pour une résolution durable de la crise.


1. Contexte général de la crise en RDC :

La RDC, pays riche en ressources naturelles, est paradoxalement l’un des plus pauvres au monde. Depuis des décennies, le pays est en proie à des conflits armés, principalement dans l’Est, où des groupes rebelles locaux et étrangers se disputent le contrôle des minerais. La présence de troupes étrangères, notamment rwandaises, et de milices comme le FDLR (Forces Démocratiques de Libération du Rwanda), complique davantage la situation. Ces conflits ont des répercussions humanitaires désastreuses, avec des millions de déplacés et des violations massives des droits de l’homme.

Kamitatu souligne que cette instabilité est exacerbée par une gouvernance prédatrice et une corruption endémique. Le gouvernement de Félix Tshisekedi, bien qu’élu démocratiquement, est accusé de détourner les ressources du pays au profit d’une élite restreinte, laissant la majorité de la population dans une pauvreté extrême.


2. Les propos de Kamitatu : Une analyse critique :

a) La présence des troupes étrangères et des groupes armés :
Kamitatu condamne fermement la présence des troupes rwandaises en RDC, qu’il qualifie d’illégitime et de contreproductive. Il dénonce également la collaboration des FARDC (Forces Armées de la RDC) avec le FDLR, un groupe accusé de génocide au Rwanda, ainsi que le recrutement de mercenaires par le gouvernement congolais. Pour lui, la guerre ne peut être une solution et ne fait qu’alimenter un cycle de violence et de souffrance.

b) La gestion des fonds internationaux :
Kamitatu critique vivement la gestion opaque des fonds alloués par le FMI et la Banque mondiale à la RDC. Il révèle que 4 milliards de dollars ont disparu entre 2020 et 2024, sans aucun impact visible sur le développement du pays. En comparaison, il salue la transparence et les résultats tangibles des fonds alloués au Rwanda, soulignant ainsi le contraste entre les deux pays en termes de gouvernance.

c) La corruption et le détournement des ressources :
Le détournement des ressources naturelles, notamment le cuivre, est un autre point clé de son analyse. Kamitatu accuse le régime congolais de détourner les profits de la vente des minerais, tout en menant un train de vie extravagant. Il cite notamment le budget annuel de 522 millions de dollars alloué aux besoins personnels du président, un chiffre scandaleux dans un pays où la majorité de la population vit avec moins de 2 dollars par jour.

d) L’appel à un dialogue inclusif :
Pour Kamitatu, la solution à la crise congolaise passe par un dialogue politique inclusif impliquant toutes les parties prenantes du pays. Il salue les initiatives de la CENCO (Conférence Épiscopale Nationale du Congo) et de la CJPSEC (Commission Justice et Paix de la Société Civile) en ce sens. Ce dialogue doit permettre de trouver des solutions endogènes aux problèmes du pays et de restaurer un État fort et légitime.


3. Contextualisation des propos de Kamitatu :

a) Une critique de la gouvernance de Félix Tshisekedi :
Les propos de Kamitatu s’inscrivent dans un contexte où le gouvernement de Félix Tshisekedi est de plus en plus critiqué pour son incapacité à résoudre les problèmes structurels du pays. Malgré des promesses de réformes, la corruption et la mauvaise gestion persistent, alimentant le mécontentement populaire.

b) Les enjeux régionaux :
La présence des troupes rwandaises et des groupes armés comme le FDLR reflète les tensions historiques entre la RDC et ses voisins, notamment le Rwanda. Ces tensions sont exacerbées par la compétition pour le contrôle des ressources naturelles et les rivalités politiques régionales.

c) Le rôle de la communauté internationale :
Kamitatu appelle à une plus grande responsabilité de la communauté internationale, notamment des institutions financières comme le FMI et la Banque mondiale. Il critique leur manque de vigilance dans la gestion des fonds alloués à la RDC et appelle à un soutien plus ciblé en faveur de la transparence et du développement.


4. Perspectives pour une résolution durable :

a) Renforcer la gouvernance et lutter contre la corruption :
La lutte contre la corruption doit être une priorité absolue. Cela passe par des réformes institutionnelles, une meilleure transparence dans la gestion des ressources et une responsabilisation des dirigeants.

b) Promouvoir un dialogue inclusif :
Le dialogue politique inclusif, soutenu par des acteurs locaux et internationaux, est essentiel pour rétablir la confiance entre les différentes parties prenantes et trouver des solutions durables aux problèmes du pays.

c) Démilitariser la région et renforcer la sécurité :
Le retrait des troupes étrangères et le désarmement des groupes armés sont des étapes clés pour rétablir la paix dans l’Est du pays. Cela doit s’accompagner d’un renforcement des capacités des FARDC et d’une réforme du secteur de la sécurité.

d) Impliquer la communauté internationale :
La communauté internationale doit jouer un rôle actif en soutenant les initiatives de paix et de développement en RDC. Cela inclut un contrôle plus strict de l’utilisation des fonds internationaux et un soutien aux réformes structurelles.


Conclusion :

Les propos de Kamitatu offrent une analyse lucide et critique des défis auxquels la RDC est confrontée. Ils mettent en lumière la nécessité d’une gouvernance transparente, d’un dialogue inclusif et d’une implication responsable de la communauté internationale. La résolution de la crise congolaise exige une approche holistique et coordonnée, impliquant tous les acteurs nationaux et internationaux. Seule une telle approche pourra permettre à la RDC de sortir du cycle de violence et de pauvreté et de se construire un avenir meilleur.

MN

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