À l’occasion de la célébration du 65ᵉ anniversaire de l’indépendance de la République démocratique du Congo, le président Félix Tshisekedi procédera, le 27 juin prochain, à la décoration des professeurs Jean-Jacques Muyembe-Tamfum et Stanislas Sulu Maseba Mwang, deux éminentes figures de la médecine congolaise.
Le premier est mondialement reconnu pour son rôle déterminant dans la découverte du virus Ebola et dans la lutte contre les grandes épidémies, tandis que le second s’est illustré par son engagement en faveur de la lutte contre le cancer et le développement d’infrastructures médicales de pointe en RDC. Cette distinction rend hommage à deux parcours exceptionnels qui ont durablement marqué le système de santé congolais et contribué au rayonnement scientifique du pays.
Le président de la République démocratique du Congo, Félix Tshisekedi, procédera le 27 juin prochain à la décoration du professeur Jean-Jacques Muyembe-Tamfum en reconnaissance de son immense contribution à la découverte du virus Ebola, à la recherche scientifique et à la lutte contre les grandes épidémies qui ont marqué le continent africain.
Cette distinction vient consacrer plus d’un demi-siècle d’engagement au service de la santé publique, faisant du virologue congolais l’une des figures scientifiques africaines les plus respectées au monde.
Un acteur majeur de la découverte du virus Ebola

Né en 1942 dans l’actuelle province du Kwilu, Jean-Jacques Muyembe-Tamfum est médecin, virologue et directeur général de l’Institut national de recherche biomédicale (INRB). Diplômé en médecine de l’ancienne Université Lovanium en 1969, il obtient ensuite un doctorat en virologie à l’Université catholique de Louvain, en Belgique.
Son nom reste indissociable de la découverte du virus Ebola lors de la première épidémie survenue en 1976 à Yambuku, dans la province de l’Équateur. Membre de l’équipe médicale envoyée sur place pour enquêter sur cette mystérieuse maladie hémorragique, il participe aux premiers travaux scientifiques qui permettront d’identifier le virus, aujourd’hui considéré comme l’un des plus dangereux au monde.
Depuis cette première flambée, le professeur Muyembe consacrera l’essentiel de sa carrière à la compréhension du virus Ebola, à l’amélioration des méthodes de prise en charge des patients et au développement de nouvelles stratégies de prévention.
Un scientifique reconnu à l’échelle internationale

Surnommé par la revue scientifique The Lancet le « chasseur d’Ebola », Jean-Jacques Muyembe a dirigé ou participé à la plupart des grandes ripostes contre les différentes épidémies d’Ebola qui ont frappé la RDC depuis près de cinquante ans.
À la tête de l’INRB depuis 1998, il a contribué au renforcement des capacités scientifiques du pays en développant plusieurs laboratoires de haute sécurité biologique et en faisant de l’institut une référence régionale dans la recherche sur les maladies infectieuses.
Ses recherches ont également permis le développement de l’anticorps monoclonal mAb114, devenu l’un des traitements les plus efficaces contre Ebola grâce à une collaboration entre chercheurs congolais et américains.
Lors de la grande épidémie d’Ebola dans l’Est de la RDC entre 2018 et 2020, il a dirigé la coordination scientifique de la riposte et supervisé l’utilisation des premiers vaccins expérimentaux ayant permis de contenir la propagation de la maladie.
Une contribution décisive face au Covid-19

En mars 2020, au début de la pandémie de Covid-19, le président Félix Tshisekedi le nomme coordonnateur national de la riposte contre le coronavirus.
Son expertise scientifique contribue alors à orienter les décisions sanitaires du gouvernement dans un contexte mondial marqué par une forte incertitude.
Un parcours jalonné de distinctions
Les travaux du professeur Muyembe lui ont valu de nombreuses récompenses internationales.
En 2015, il reçoit notamment le prestigieux Prix Christophe Mérieux pour ses recherches sur les maladies infectieuses, ainsi que le Prix Afrique de la Royal Society, qui récompense ses contributions majeures à la compréhension des fièvres hémorragiques virales, notamment Ebola.
Son œuvre scientifique continue d’inspirer plusieurs générations de chercheurs africains engagés dans la lutte contre les maladies émergentes.
Le Pr Stanislas Sulu Maseba également distingué

Au cours de la même cérémonie, le président de la République décorera également le professeur Stanislas Sulu Maseba Mwang, gynécologue-obstétricien et président de la Ligue nationale contre le cancer en RDC.
Médecin reconnu pour son engagement en faveur de l’amélioration de l’offre de soins, le professeur Sulu est le fondateur du Centre Hospitalier Nganda, devenu au fil des années l’un des principaux établissements privés de référence du pays.
Animé par une volonté constante d’innovation, il a notamment permis l’installation du premier scanner dans un centre médical privé en RDC et a créé, avec son épouse, le Centre de Radiothérapie Muk et Maseb, inauguré en mars 2021.

À ce jour, cette structure demeure le premier et l’unique centre de radiothérapie du pays, offrant aux patients atteints de cancer un accès local à des traitements auparavant disponibles uniquement à l’étranger.
Un hommage à l’excellence congolaise
À travers cette double distinction, le chef de l’État entend saluer deux parcours exceptionnels qui ont profondément marqué le système de santé congolais. L’un a contribué à faire progresser la recherche mondiale sur les maladies infectieuses, tandis que l’autre a joué un rôle majeur dans le développement des infrastructures médicales et dans la lutte contre le cancer en République démocratique du Congo.
Ces décorations constituent également une reconnaissance du rôle essentiel joué par la communauté scientifique congolaise dans la protection de la santé publique et le rayonnement international de la RDC.
Par Marius Bopenga
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