Le parti Ensemble pour la République traverse une nouvelle zone de turbulences internes. La formation politique dirigée par Moïse Katumbi a décidé de suspendre son porte-parole, Hervé Diakese Kyungu, et d’exclure définitivement Grâce Omari Matandiko, sur décision de son Directoire exécutif national.
Ces décisions figurent dans un compte rendu établi à Kinshasa le 20 août 2026 et signé par le secrétaire général du parti, Dieudonné Bolengetenge Balea.
Hervé Diakese suspendu de toutes activités

Réuni sous la direction du président national du parti, le Directoire exécutif national s’est penché sur les déclarations tenues par Hervé Diakese lors d’une émission animée par le journaliste Pero Luwara, ainsi que sur la polémique qui a suivi leur diffusion.
Après examen, l’instance dirigeante a qualifié les propos du porte-parole d’« inappropriés » et de « discourtois » à l’égard du président national.
Le Directoire leur reproche également leur caractère « insultant » envers un membre de l’instance dirigeante ainsi qu’à l’égard d’autres cadres du parti.
Pour les dirigeants d’Ensemble pour la République, ces déclarations seraient incompatibles avec les responsabilités exercées par Hervé Diakese et seraient susceptibles d’aggraver les problèmes d’indiscipline au sein de la formation politique.
En conséquence, Hervé Diakese est suspendu de ses fonctions de porte-parole, mais également de « tout engagement et toute activité » au nom du parti.
Le Comité des sages saisi
La sanction prononcée contre Hervé Diakese n’est toutefois pas présentée comme définitive.
Le porte-parole suspendu a été mis à la disposition du Comité des sages d’Ensemble pour la République, qui devra l’entendre sur les faits qui lui sont reprochés.
Sa suspension restera en vigueur jusqu’à l’aboutissement de cette procédure interne.
Cette décision intervient alors que les déclarations publiques des responsables d’Ensemble font depuis plusieurs jours l’objet d’une attention particulière, dans un contexte de tensions internes au sein de l’opposition congolaise.
Grâce Omari définitivement exclu
Le Directoire exécutif national a également pris une décision plus sévère à l’encontre de Grâce Omari Matandiko.
L’instance dirigeante lui reproche plusieurs publications visant notamment Olivier Kamitatu et Hervé Diakese.
Ces publications ont été qualifiées d’insultantes par la direction du parti, qui leur reproche également de traduire « l’excès de zèle, la courtisanerie et le faux militantisme ».
Contrairement à Hervé Diakese, Grâce Omari fait l’objet d’une exclusion définitive d’Ensemble pour la République.
Il ne pourra désormais plus exercer d’activité ni mener d’initiative au nom du parti.
La « tolérance zéro » annoncée
À travers ces décisions, la direction d’Ensemble pour la République affirme vouloir renforcer la discipline interne et rappeler les règles auxquelles sont soumis ses responsables et militants.
Le parti annonce ainsi l’application du principe de « tolérance zéro » face à tout comportement considéré comme contraire à ses idéaux, à ses valeurs et à sa discipline interne.
Cette fermeté intervient dans un contexte où Ensemble pour la République, l’une des principales formations de l’opposition congolaise, fait face à des tensions internes et à des divergences de plus en plus visibles.
Une nouvelle crise au sein de l’opposition
La suspension d’Hervé Diakese et l’exclusion de Grâce Omari mettent une nouvelle fois en lumière les difficultés auxquelles est confrontée la formation de Moïse Katumbi.
Alors que l’opposition cherche à maintenir une position cohérente face au pouvoir de Félix Tshisekedi, les divergences internes risquent de fragiliser davantage son discours et sa capacité à parler d’une seule voix.
Pour la direction d’Ensemble pour la République, la priorité semble désormais être de restaurer la discipline et de contenir les prises de parole individuelles susceptibles de provoquer de nouvelles divisions.
Avec la suspension de son porte-parole et l’exclusion définitive d’un autre cadre, Ensemble pour la République ouvre ainsi une nouvelle séquence interne, dont l’issue pourrait avoir des conséquences sur la cohésion du parti et, plus largement, sur les équilibres au sein de l’opposition congolaise.
Par Pascal Kabeya
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