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L’opposant congolais Martin Fayulu: «On ne peut pas signer un accord sans que les Congolais se mettent ensemble»

by admin9775 10 mai 2025
written by admin9775

En RDC, l’opposant Martin Fayulu ne réclame plus le départ du pouvoir de Félix Tshisekedi et se dit même d’accord pour faire équipe avec lui à certaines conditions. À la présidentielle de 2018, il avait crié au hold-up électoral après la victoire officielle de Félix Tshisekedi. Mais aujourd’hui, il change de stratégie. Le 1er mai dernier, avec les autres opposants Joseph Kabila, Moïse Katumbi et Delly Sesanga, Martin Fayulu a signé une déclaration commune en faveur d’un dialogue national pour résoudre la guerre dans l’est du pays. De passage à Paris, le président du parti de l’Engagement pour la citoyenneté et le développement (Ecidé) et de la plate-forme Lamuka répond à Christophe Boisbouvier.

RFI : Les ministres des Affaires étrangères du Congo et du Rwanda doivent finaliser d’ici à deux semaines un projet d’accord de paix. Puis, les présidents Félix Tshisekedi et Paul Kagame doivent se retrouver le mois prochain dans le bureau de Donald Trump à la Maison Blanche pour signer la paix. Est-ce que votre déclaration commune, ce n’est pas une façon de dire « ne nous oubliez pas, nous aussi, on existe ? »

Martin Fayulu : Non, notre déclaration, c’est de dire qu’avant de signer cet accord, il faut que les Congolais se parlent et trouvent des solutions à la crise qui sévit au Congo. Tout accord, toute discussion tendant à aider le Congo à avoir la paix et la sécurité, nous sommes d’accord. Mais nous disons qu’on ne peut pas signer un accord sans que les Congolais se mettent ensemble dans ce que nous appelons la cohésion nationale.

Mais si jamais les pourparlers avancent à Washington, si jamais il y a cet accord de paix le mois prochain à la Maison Blanche, qu’est-ce que vous allez faire ?

Nous pensons que c’est quelque chose qui ne marchera pas. Tant que la plaie n’est pas soignée de fond en comble, on ne pourra pas avoir la paix. Et c’est pour cela que nous disons que nous ne sommes pas contre Washington. Nous ne sommes pas contre Doha, nous ne sommes pas contre l’Union africaine. Mais les solutions aux problèmes du Congo doivent d’abord venir du Congo.

Alors, ce qui frappe dans votre déclaration commune du 1ᵉʳ mai, c’est de vous voir signer, Martin Fayulu, un document avec votre pire ennemi, Joseph Kabila, que vous accusez de vous avoir volé la victoire en 2018. Pourquoi cette volte-face ?

Je l’ai accusé d’avoir fabriqué les résultats et d’avoir proclamé Tshisekedi parce qu’ils ont signé ce qu’on a appelé un compromis à l’africaine. Mais ce n’est pas mon ennemi. Moi, je n’ai pas d’ennemi. Et moi, j’ai signé avec Kabila comme demain je pourrais signer avec Tshisekedi pour sauver le Congo.

Donc, ce que vous appelez le grand hold-up électoral de 2018, vous oubliez tout, vous pardonnez, c’est terminé ?

Mais vous savez, on ne peut pas oublier. Ça existe. Mais maintenant, qu’est-ce que vous voulez que je continue à ressasser ça à longueur de journée, d’année en année ? Non, je dis que c’est une expérience. C’est pour cela que j’ai proposé cette réunion de vérité, réconciliation et cohésion nationale. On ne peut pas oublier ce qui s’est passé. Mais sur la base de ce qui s’est passé, nous pouvons construire l’avenir en toute sérénité.

Dans votre déclaration commune, vous parlez de la guerre à l’est de votre pays, sans jamais citer le Rwanda. Pourquoi refusez-vous de nommer un pays que toute la communauté internationale désigne comme le principal soutien militaire des rebelles du M23 ?

Oui, on ne le cite pas simplement parce que ce n’est pas l’objectif poursuivi. Cette déclaration avait pour objectif de dire aux amis de Washington et de Doha : « ce que vous faites, c’est bien, mais s’il vous plaît, faites attention, il y a des préalables ».

Mais vous ne citez pas le Rwanda parce que Joseph Kabila a mis son veto ?

Non, non, on n’a pas pensé à ça. On n’a pas pensé à citer un pays et nous savons ce que le Rwanda veut dans notre pays. On sait que le Rwanda veut les richesses du Congo et exploiter les ressources. Ça, on le dit et on le répétera.

Depuis quelques semaines, le président Tshisekedi appelle l’opposition à rentrer dans un gouvernement d’union nationale. À quelles conditions pourriez-vous accepter un tel gouvernement ?

On ne peut pas répondre à cette préoccupation de Félix Tshisekedi, parce que nous pensons que d’abord, il faut que les Congolais se mettent autour d’une table, autour des évêques catholiques et des pasteurs protestants, pour d’abord aller dans le fond sur les causes profondes de notre crise. Donc, on ne met pas la charrue avant les bœufs.

Et si demain, il y a un dialogue national, et s’il aboutit… Est-ce que vous seriez prêts à faire équipe avec le président Tshisekedi ?

Je suis Congolais, il est Congolais. J’accepterai les résolutions qui sortiront de ce dialogue parce que j’y contribuerai.

Alors comme vous, les évêques de la CENCO et les pasteurs de l’ECC appellent à ce dialogue national, mais ils disent aussi vouloir respecter le mandat du président Tshisekedi jusqu’à la fin de celui-ci, c’est-à-dire jusqu’en 2028. Est-ce que vous êtes d’accord avec eux ou pas ?

Écoutez, de fait, il est là ! Est-ce qu’il faudrait aller poser la condition qu’il doit partir avant de commencer la réunion ? Je ne pense pas. Je pense qu’il faut avoir des élections saines, crédibles en 2028. Il peut continuer à gérer le pouvoir.

RFI

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À la UneMonde

Ukraine : Macron à Kiev avec Merz, Starmer et Tusk pour appeler Moscou à un cessez-le-feu

by admin9775 10 mai 2025
written by admin9775

Le président français est arrivé samedi dans la capitale ukrainienne avec le chancelier allemand Friedrich Merz et les Premiers ministres britannique Keir Starmer et polonais Donald Tusk pour réaffirmer leur solidarité avec le président ukrainien, Volodymyr Zelensky.

Le président français est arrivé samedi dans la capitale ukrainienne avec le chancelier allemand Friedrich Merz et les Premiers ministres britannique Keir Starmer et polonais Donald Tusk pour réaffirmer leur solidarité avec le président ukrainien, Volodymyr Zelensky.

Le président français Emmanuel Macron se prépare à monter à bord d'un train en direction de l'Ukraine à Przemysl en Pologne, le 9 mai 2025

01:53

Emmanuel Macron, Friedrich Merz, Keir Starmer et Donald Tusk sont arrivés à Kiev samedi 10 mai pour afficher leur soutien à l’Ukraine et réclamer, de concert avec les États-Unis, un « cessez-le-feu complet et inconditionnel de 30 jours » à Moscou, au lendemain d’une démonstration de force diplomatique russe.

Cette visite des dirigeants français, allemand, britannique et polonais répond, symboliquement, aux commémorations en grande pompe des 80 ans de la victoire sur l’Allemagne nazie tenues vendredi sur la place Rouge autour du président russe Vladimir Poutine et d’une vingtaine de dirigeants étrangers, dont le président chinois Xi Jinping.

« Nous continuerons d’accroître notre soutien à l’Ukraine. Nous intensifierons notre pression sur la machine de guerre russe jusqu’à ce que la Russie accepte un cessez-le-feu durable », préviennent-ils dans une déclaration commune.

« Coalition des volontaires »

À Kiev, le quatuor européen doit tenir, au côté du président ukrainien Volodymyr Zelensky, une réunion virtuelle avec les autres dirigeants de la « coalition des volontaires », ces pays occidentaux, essentiellement européens, prêts à apporter des « garanties de sécurité » à l’Ukraine.

Ils informeront ainsi les autres pays des « progrès réalisés en vue d’une future coalition rassemblant des forces aériennes, terrestres et maritimes pour aider à régénérer les forces armées ukrainiennes après un éventuel accord de paix et pour renforcer la confiance en la paix future », selon leur déclaration.

Le président français et le Premier ministre britannique assurent le pilotage de cette coalition aux contours encore flous qui s’est déjà réunie à Paris et Londres.

Emmanuel Macron entouré de Keir Starmer (gauche) et Friedrich Merz (droite) lors d'une réunion trilatérale à bord d'un train pour l'Ukraine, le 9 mai 2025
Emmanuel Macron entouré de Keir Starmer (gauche) et Friedrich Merz (droite) lors d’une réunion trilatérale à bord d’un train pour l’Ukraine, le 9 mai 2025 © Ludovic MARIN / POOL/AFP

Emmanuel Macron, Keir Starmer et Friedrich Merz ont embarqué dans le même train en Pologne près de la frontière avec l’Ukraine et se sont retrouvés en tenue décontractée dans un wagon pour un échange à trois, ont constaté vendredi soir des journalistes de l’AFP.

Les Européens se rendent à Kiev forts de l’appel du président américain Donald Trump, qui a pressé jeudi la Russie d’accepter un « cessez-le-feu inconditionnel de 30 jours ». Il a menacé de nouvelles sanctions occidentales en cas d’échec.

Emmanuel Macron a affirmé vendredi souhaiter aboutir « dans les prochaines heures et les prochains jours » à un plan commun américano-européen de cessez-le-feu, assorti de nouvelles « sanctions économiques massives » en cas d’échec.

« Nous réaffirmons notre soutien aux appels lancés par le président Trump en faveur d’un accord de paix et nous demandons à la Russie de cesser (d’y) faire obstacle », ont martelé les quatre dirigeants européens.

« Aux côtés des États-Unis, nous appelons la Russie à accepter un cessez-le-feu complet et inconditionnel de 30 jours afin de permettre la tenue de pourparlers en vue d’une paix juste et durable », ajoutent ces dirigeants qui doivent aussi rendre « hommage aux défenseurs de l’Ukraine tués et blessés lors de cette guerre menée par la Russie, sur la place Maïdan, où flottent des drapeaux en souvenir de ces victimes ».

Armes occidentales

Photo diffusée par l'agence d'État russe Sputnik du président russe Vladimir Poutine saluant les commandants militaires après le défilé militaire du Jour de la Victoire sur la Place Rouge, à Moscou, le 9 mai 2025
Photo diffusée par l’agence d’État russe Sputnik du président russe Vladimir Poutine saluant les commandants militaires après le défilé militaire du Jour de la Victoire sur la Place Rouge, à Moscou, le 9 mai 2025 © Gavriil Grigorov / POOL/AFP

Vendredi à Moscou, Vladimir Poutine a célébré le « courage » des soldats russes engagés dans le conflit depuis l’invasion du pays voisin qu’il a ordonné en février 2022. La guerre en Ukraine a fait des dizaines de milliers de morts et la Russie occupe actuellement 20 % du territoire ukrainien.

Sur la chaîne américaine ABC, le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a estimé qu’un cessez-le-feu devrait être précédé d’un arrêt des livraisons d’armes occidentales, faute de quoi cela donnerait « un avantage à l’Ukraine » à un moment où « les troupes russes avancent de manière assurée » sur le front. Il a jugé que l’Ukraine n’était « pas prête à des négociations immédiates » en vue d’une solution diplomatique.

Moscou a rejeté pour l’instant les appels au cessez-le-feu, se contenant de décréter unilatéralement une trêve de trois jours ; qui doit s’achever samedi, à l’occasion des célébrations de la victoire sur l’Allemagne nazie. L’Ukraine a évoqué des centaines des violations.

Depuis le retour de Donald Trump à la Maison Blanche en janvier, et son début de rapprochement spectaculaire avec le maître du Kremlin, les Ukrainiens et les Européens redoutent un accord qui se nouerait sans leur consentement. Mais ils espèrent avoir réussi à accorder leurs violons avec le président américain, notamment depuis un tête-à-tête Trump-Zelenksy à Rome à l’occasion des funérailles du pape François le 26 avril.

Pour Emmanuel Macron, il s’agit de la deuxième visite en Ukraine depuis le début de la guerre après celle de juin 2022 – à l’époque avec les dirigeants allemand et italien. Il a plusieurs fois dit vouloir y retourner, tout en plaidant qu’un déplacement devrait être « utile ».

« Il y a toute une série de symboles », explique son entourage à l’AFP pour justifier le choix de ce 10 mai.

« Que les dirigeants de la France, de l’Allemagne, du Royaume-Uni et de la Pologne viennent en bloc quatre jours après l’élection du chancelier allemand, ça montre l’unité, la force, la réactivité de l’Europe », estime un proche du président français. « Et puis c’est en miroir avec les célébrations de Poutine. »

Avec AFP

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À la UneMonde

9-Mai: une cérémonie moscovite aux accents très diplomatiques

by admin9775 9 mai 2025
written by admin9775

Ces commémorations des 80 ans de la guerre mondiale ont été placées, comme les éditions précédentes, sous le signe de la filiation directe avec la guerre russe en Ukraine. Mais Vladimir Poutine a aussi pris soin de ménager chacun de ses alliés et partenaires importants du moment, et notamment la Chine, les États-Unis et la Corée du Nord.

Sur la place Rouge aux côtés de Vladimir Poutine étaient présents ses alliés du moment, de l’Asie à l’Afrique en passant par l’Amérique latine, mais le Kremlin n’a quasiment pas pu élargir. Pour célébrer les 80 ans de la victoire contre l’Allemagne nazie, aucun représentant – ou presque – des alliés de l’époque à l’ouest, à l’exception notable, parmi les membres de l’Union européenne du Premier ministre slovaque, n’étaient présents.

Depuis le début de la guerre, jamais le petit écran russe ne s’est montré aussi déterminé à vouloir démontrer que la Russie n’est pas isolée. Une présentatrice de la télévision d’État a ainsi comparé les tribunes et le défilé au sommet des Brics à Kazan. Et tant pis, si, en réalité, le cercle était vraiment bien moins large – le Premier ministre indien Narendra Modi était par exemple absent -. Pour le pouvoir, il fallait montrer à l’opinion public le plus de dirigeants possibles,« malgré l’ignorance de l’ouest », a ainsi insisté un commentateur, « le centre de la diplomatie est au Kremlin ».

11 500 soldats ont défilé sur la place Rouge, selon les chiffres donnés par l’agence étatique Tass. Parmi eux, des soldats de 13 pays ont aussi pris part à la parade comme la Chine, le Vietnam, la Birmanie et l’Égypte. Aucun Nord-Coréen n’a battu le pavé moscovite sous les yeux d’un Xi Jinping qui n’a jamais été aussi proche de son homologue russe, mais qu’on sait aussi soucieux de voir Pyongyang récolter de nombreuses contreparties au renforcement de ses liens militaires avec Moscou. Leur présence, discrète, était dans les tribunes. Mais Vladimir Poutine est venu les saluer à la fin du défilé.

Comme en 2023 et 2024, des soldats russes combattants en Ukraine étaient aussi présents dans le défilé et abondamment honorés dans les commentaires des médias légitimistes. Ils étaient 1 500, selon les chiffres officiels. Manière pour le chef de l’État russe de souligner encore et toujours son narratif assimilant la Seconde Guerre mondiale et la guerre en Ukraine.  Autre manifestation de la guerre menée par les soldats de Vladimir Poutine, les armes qui ont été montrées sur la Place Rouge : les drones iraniens Geran et les russes Lancet qui déferlent sur l’Ukraine depuis presque deux ans.

L’ouest, allié de 45 et ennemis d’aujourd’hui, n’a en revanche pas été ciblé dans la traditionnelle courte allocution du chef de l’État russe. Vladimir Poutine a même déclaré : « Nous nous souviendrons toujours que l’ouverture du deuxième front en Europe après les batailles décisives sur le territoire de l’Union soviétique a rapproché la victoire. Nous apprécions hautement la contribution à notre lutte commune des soldats des armées alliées, des participants à la résistance. » Le président n’a pas dit à quels pays il faisait référence. Mais on pouvait lire, dans ces propos, une volonté qu’on lui connaît bien depuis que Donald Trump a pris les rênes de la Maison Blanche : celle de ménager les États-Unis, le seul interlocuteur qui compte à ses yeux. Un geste particulièrement soupesé, dans cette période incertaine où les pourparlers entre Washington et Moscou sur l’arrêt des combats en Ukraine ne donnent pas de résultat visible.

RFI

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À la Une

Éviction de Jules Alingete de l’IGF : Un coup dur pour la lutte contre la corruption en RDC

by admin9775 9 mai 2025
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L’Observatoire de la Dépense Publique (ODEP) a révélé, dans un communiqué publié le 9 mai 2025, les dessous de l’éviction de Jules Alingete de son poste d’Inspecteur Général des Finances. Cette décision, officialisée par une ordonnance présidentielle, marque la fin d’un mandat marqué par une lutte acharnée contre la corruption, mais aussi par des tensions politiques liées à la gestion opaque des fonds publics.

Un départ sous le poids des antivaleurs

Selon l’ODEP, le limogeage d’Alingete serait la conséquence directe d’un système gangréné par la médiocrité, le tribalisme, la gabegie et la corruption. Les derniers scandales en date, notamment ceux liés aux projets de forages et de lampadaires, auraient mis en lumière des détournements massifs, avec des fonds partagés avant même le début des travaux. Nicolas Kazadi, ancien ministre des Finances, est directement pointé du doigt pour son rôle dans ces malversations.

L’ODEP affirme que Kazadi, bien que déchargé de ses fonctions, aurait exercé un chantage sur le président Félix Tshisekedi en menaçant de révéler des dossiers compromettants. Face à cette pression, le chef de l’État aurait préféré sacrifier Alingete, dont les enquêtes risquaient d’ébranler davantage la stabilité du régime.

Un bilan contrasté à la tête de l’IGF

Nommé en juillet 2020, Jules Alingete a profondément transformé l’Inspection Générale des Finances, en faisant un rempart contre les abus et les détournements. Sous sa direction, l’IGF a dévoilé plusieurs scandales financiers, contribuant à une prise de conscience nationale sur l’urgence de moraliser la gestion publique.

Son approche rigoureuse et son engagement pour l’intérêt général lui ont valu des louanges, mais aussi des inimitiés au sein des cercles du pouvoir. Comme le souligne l’ODEP, son éviction symbolise la victoire temporaire des réseaux corrompus sur les principes d’intégrité et de transparence.

Quelles conséquences pour la gouvernance congolaise ?

Le départ d’Alingete pose une question cruciale : la RDC peut-elle continuer à progresser dans la lutte contre la corruption sans des figures intègres à la tête des institutions de contrôle ? Son éviction risque d’envoyer un signal décourageant aux acteurs anti-corruption et d’affaiblir les mécanismes de redevabilité.

L’ODEP appelle à une mobilisation collective pour préserver les acquis de son mandat. Parmi ses recommandations :

  1. Au président Tshisekedi : Garantir l’indépendance de l’IGF et engager des poursuites contre Nicolas Kazadi.
  2. À la communauté internationale : Suspendre les aides financières tant que des réformes structurelles ne sont pas mises en œuvre.
  3. Aux partenaires techniques : Exiger des audits indépendants sur la gestion des fonds publics depuis 2019.

Un combat qui doit continuer

L’héritage de Jules Alingete ne doit pas être réduit à une simple fonction, mais plutôt considéré comme un modèle de résistance face à la prédation étatique. Comme le rappelle l’ODEP, citant Nelson Mandela, le devoir d’un patriote ne s’arrête jamais – il se réinvente.

La RDC se trouve à un tournant : soit elle sombre davantage dans l’impunité, soit elle saisit cette crise comme une opportunité pour renforcer ses institutions. Le choix appartient désormais aux Congolais et à leurs partenaires de refuser la résignation et d’exiger une gouvernance vertueuse.

Par Marc Etumba, correspondant à Kinshasa
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À la Une

La RDC et l’Éthiopie renouvellent leur partenariat historique par un accord stratégique multidimensionnel

by admin9775 9 mai 2025
written by admin9775

Dans un contexte marqué par les défis sécuritaires à l’Est de la RDC et les enjeux de développement continental, la République Démocratique du Congo et l’Éthiopie ont officialisé ce mardi 6 mai 2025 à Addis-Abeba un nouvel accord de coopération bilatérale. Cette signature intervient alors que les deux pays, berceaux historiques du panafricanisme, cherchent à revitaliser leurs relations après une période de relative stagnation.

La cérémonie de signature, présidée par la Ministre d’État congolaise Thérèse Kayikwamba Wagner et son homologue éthiopien Gedion Timothewos Hessebon, marque un tournant dans les relations entre Kinshasa et Addis-Abeba. Cet accord complet couvre les domaines économique, technique, scientifique et culturel, créant un cadre institutionnel pour une coopération renforcée.

Cette avancée diplomatique s’inscrit dans la dynamique de la politique étrangère congolaise qui, depuis le début de l’année, multiplie les initiatives pour consolider ses partenariats africains. Elle fait suite à plusieurs missions régionales de la Ministre Wagner, notamment en Afrique du Sud, en Tanzanie et au Burundi, où avaient été abordées les questions de sécurité régionale et de gestion des réfugiés.

La visite officielle de la délégation congolaise, débutée le 5 mai, a permis des échanges approfondis avec les autorités éthiopiennes et une rencontre avec le nouveau Président de la Commission de l’Union Africaine. Ces discussions ont mis en lumière les complémentarités entre les deux économies, particulièrement dans les secteurs minier, agricole et des infrastructures.

Sur le plan historique, cet accord actualise un partenariat vieux de six décennies, remontant aux premières années des indépendances africaines. Il intervient à un moment où les deux pays jouent un rôle croissant dans les équilibres régionaux, l’Éthiopie comme puissance économique de la Corne de l’Afrique et la RDC comme pivot central du continent.

Les observateurs voient dans cet accord le potentiel de créer des synergies importantes, notamment dans le cadre de la Zone de Libre-Échange Continentale Africaine (ZLECAf). Il pourrait également faciliter les échanges universitaires et le transfert de technologies, dans un contexte où les deux nations cherchent à diversifier leurs économies.

La mise en œuvre de cet accord sera suivie de près, avec l’établissement prochain de mécanismes de suivi conjoints. Pour la RDC en particulier, ce partenariat stratégique représente une nouvelle ouverture vers l’Est africain, complétant ainsi son réseau d’alliances régionales.

Par Marc Etumba, correspondant à Kinshasa
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À la UneSport

La RDC se qualifie pour les quarts de finale du CAN U20 malgré sa défaite face au Sénégal

by admin9775 9 mai 2025
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La République démocratique du Congo (RDC) s’est qualifiée pour les quarts de finale de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) des moins de 20 ans, édition 2025, en tant que l’un des deux meilleurs troisièmes de groupe, malgré sa défaite 0-2 contre le Sénégal, jeudi à Suez, en Égypte.

Tenants du titre, les Lionceaux du Sénégal ont confirmé leur statut en maîtrisant la rencontre face aux jeunes Léopards. Cheik Tidiane Thiam a ouvert le score dès la 11ème minute, avant qu’Ibrahim Dieng ne scelle la victoire sur penalty à la 87ème minute. Malgré cette défaite, la RDC a pu se maintenir dans la compétition grâce à ses quatre points accumulés en phase de groupes.

Le Ghana s’impose, la Centrafrique éliminée
Dans l’autre match du groupe C, le Ghana a battu la République centrafricaine (1-0) grâce à un but de Joseph Opoku à la 84ème minute. Cette victoire permet aux Ghanéens de terminer en tête du groupe avec sept points, devant le Sénégal (4 pts), la RDC (4 pts) et la Centrafrique (1 pt).

La Tunisie éliminée, la RDC profite du scénario
La qualification congolaise a été facilitée par la défaite de la Tunisie face au Maroc (1-3) la veille, ce qui a permis aux Léopards de devancer les Tunisiens au classement des meilleurs troisièmes.

Prochain défi : affronter le leader du groupe A


En quarts de finale, la RDC pourrait tomber face au premier du groupe A, composé de l’Égypte, du Nigeria, du Mozambique et du Soudan. Les jeunes Congolais devront relever leur niveau s’ils veulent continuer leur parcours dans cette compétition.

Malgré une performance mitigée en phase de groupes, l’équipe de la RDC conserve ses chances de briller dans cette CAN U20. Les supporters congolais espèrent un sursaut pour les prochains matches.

Par Marc Etumba, correspondant à Kinshasa
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À la UneEconomie

La situation macroéconomique reste stable malgré les pressions internes (Communiqué)

by admin9775 9 mai 2025
written by admin9775

La situation macroéconomique de la République démocratique du Congo est restée stable malgré les pressions internes et externes, a indiqué mercredi au cours de la réunion de conjoncture économique, le vice-Premier ministre en charge de l’Economie nationale, rapporte un communiqué parvenu jeudi à l’ACP.

« Le cadre macroéconomique demeure stable, malgré les pressions internes et externes. Qu’il s’agisse du niveau des prises intérieures, qu’il s’agisse du marché de change, qui est resté stable depuis plusieurs mois », a déclaré, Daniel Mukoko, Vice-Premier ministre en charge de l’Economie nationale, cité dans le communiqué.

Selon la source, cette stabilité des indicateurs du cadre macro-économique s’observe tant au niveau des prix intérieurs que du marché de change. 

Ce document indique que le gouvernement s’est dit déterminé à trouver des solutions afin que ces bons résultats enregistrés sur le plan économique se reflètent dans le quotidien de la population. 

Le gouvernement annonce le lancement d’un pacte de résilience pour le développement urbain

Le Gouvernement a annoncé le lancement d’un pacte de résilience pour le développement urbain, la sécurité alimentaire et la production locale.

«  Nous avons convenu, sous la présidence de Mme  la Première Ministre, Judith Suminwa, de mettre en place un pacte de résilience pour que, le plus rapidement possible, nous ayons un paquet d’investissements qui permet d’agir sur la situation spécifique de la ville de Kinshasa en termes de la lutte contre les embouteillages, de l’assainissement et de la facilitation de la mobilité dans la ville, mais également en termes de la sécurité alimentaire pour l’ensemble du territoire national, sur des produits agricoles prioritaires, qui ont été déjà définis dans le Plan National Stratégique de Développement (PNSD) : c’est le maïs, le riz, la volaille », a fait savoir le ministre de l’économie nationale cité par le communiqué.

Selon ce document, le Vice-premier ministre en charge de l’Economie a expliqué qu’il va s’agir de faire un pacte de résilience qui va permettre d’allier cette question de la production agricole et pêche et élevage avec le désenclavement des zones rurales, et le tout sous le couvert du programme phare du Gouvernement, qui reste le PDL-145T, programme conforme à la vision du Président Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo pour le bien- être du peuple et le développement du pays. 

« Nous allons donc produire la semaine prochaine ce pacte de résilience qui va permettre donc d’allier la bonne santé avec l’amélioration progressive des conditions de vie de nos concitoyens », rapporte le communiqué.

Depuis le début de cette année marquée par les effets négatifs de la crise dans l’Est du pays, le Gouvernement Suminwa multiple les efforts pour maintenir les principaux indicateurs macroéconomiques stables au pays, et le résultat obtenu témoigne de la justesse de la politique menée jusque-là. Le pacte de résilience dont les détails seront dévoilés la semaine prochaine, est une réponse de la Première ministre et son équipe aux préoccupations soulevées par la population pour l’amélioration de leurs conditions de vies. 

Cette réunion de conjoncture présidée par la Première ministre Judith Suminwa a connu la participation du Vice-premier ministre en charge de l’Economie nationale et des autres membres du gouvernement, à savoir les ministres du Budget, du Portefeuille, du  Commerce extérieur, du Travail ainsi que de Mme la gouverneure de la Banque centrale du Congo (BCC).

ACP

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À la Une

Le Rwanda, nouvelle terre d’exil envisagée par les États-Unis pour leurs migrants expulsés

by admin9775 9 mai 2025
written by admin9775

Les États-Unis discutent avec le Rwanda d’un accord pour y relocaliser certains migrants expulsés. Kigali, déjà contactée pour des projets similaires par Londres et Copenhague, s’affirme comme un partenaire stratégique dans l’externalisation des politiques migratoires occidentales. Des accords qui soulèvent des inquiétudes quant au respect du droit d’asile et du principe de non-refoulement.

Le Rwanda, nouvelle terre d’exil pour les migrants expulsés des États-Unis ? C’est ce que prévoit un accord en cours de négociation entre Washington et Kigali, dont le ministre des Affaires étrangères rwandais, Olivier Nduhungirehe a confirmé l’existence, lundi 5 mai, précisant que les pourparlers étaient pour l’heure à un stade préliminaire. « Je ne m’étendrai pas sur les détails de ce qui est en train d’être discuté ».

Depuis le retour de Donald Trump à la Maison Blanche, Washington veut accélérer les expulsions et négocie des arrangements pour envoyer des migrants vers des pays-tiers. En avril dernier, l’accord conclu avec le Salvador avait été vivement critiqué, un migrant salvadorien vivant dans l’État du Maryland et marié à une Américaine ayant été arrêté et expulsé par erreur vers le Salvador aux côtés de plus de 200 membres présumés du gang vénézuélien Tren de Aragua.

De son côté, le Rwanda n’en est pas non plus à son coup d’essai. Sous la présidence de Paul Kagame, de pareils accords d’accueil de migrants ont été en pourparlers avec le Royaume-Uni ou encore le Danemark. Une tendance à externaliser le traitement des demandes d’asile vers des pays tiers, dont certains acteurs humanitaires soulignent les risques juridiques et les atteintes possibles aux droits fondamentaux.

Des précédents controversés

« Nous ne sommes impliqués ni dans l’achat ni dans la vente de personnes, ni avec le Royaume-Uni ni avec qui que ce soit. C’est simplement un problème qui doit être résolu et le Rwanda est prêt à apporter son aide », déclarait le président rwandais Paul Kagame en 2022 à la télévision d’État, défendant des projets visant à envoyer des migrants au Rwanda.

Interrogé sur l’accord avec les États-Unis selon lequel le Rwanda pourrait accueillir des migrants auquel l’asile américain a été refusé mais qui ne pourraient pas être renvoyés dans leur pays d’origine par crainte de persécution, le ministre rwandais des Affaires étrangères rappelait lundi qu' »un tel accord n’est pas nouveau pour le Rwanda ». Le pays a en effet suscité l’attention internationale et une certaine indignation l’an dernier en acceptant d’accueillir les demandeurs d’asile britannique déboutés.

Élaboré à partir d’avril 2022 par le gouvernement de Boris Johnson (et poursuivi par ses successeurs), après un naufrage très meurtrier dans la Manche, le plan avait finalement échoué, censuré par le Premier ministre britannique Keir Starmer à l’arrivée au pouvoir du nouveau gouvernement travailliste.

Plus anciennement encore, le Rwanda avait également étudié la possibilité d’un accord migratoire avec le Danemark. En 2021, le pays européen avait adopté une loi visant à traiter les demandes d’asile hors d’Europe. Un programme de transfert des demandeurs d’asile arrivant au Danemark vers le Rwanda est alors envisagé, avec la possibilité de s’installer au Rwanda.

« Le système mondial actuel d’asile et de migration est dysfonctionnel et une nouvelle approche est nécessaire », affirmaient dans une déclaration conjointe les ministres rwandais et danois des Affaires étrangères. Accusé de se décharger de ses responsabilité en matière de protection des réfugiés, le Danemark suspend le projet au profit d’une réflexion avec d’autres pays de l’Union européenne autour d’une solution régionale.

Violation du non-refoulement

A drop house raid yielded several suspected illegal immigrants on April 29, 2010, in Phoenix. Northwestern University political science professor Jacqueline Stevens says some of the nearly 400,000 people deported during the past fiscal year weren’t illegal immigrants.

Plus largement, ces accords reflèteraient selon Carlos Mureithi, correspondant du Guardian en Afrique de l’Est, une stratégie plus large du Rwanda pour s’aligner sur les politiques anti-migration occidentales et attirer un soutien financier.

Les médias locaux au Rwanda ont suggéré que les États-Unis financeraient probablement un programme visant à intégrer les migrants dans la société par le biais d’allocations et d’initiatives d’aide à l’emploi.

Outre la question migratoire, Kigali et Washington sont en contact sur le dossier de la résolution du conflit dans l’est de la RD Congo. Fin avril, Rwanda et RD Congo ont signé une déclaration de principe en présence du secrétaire d’État américain, Marco Rubio.

Mais ces deux dossiers sont bien distincts, assure le ministre rwandais des Affaires étrangères, qui ajoute que les discussions sur l’envoi de migrants par Washington ne pèseront pas sur un éventuel soutien américain. « C’est une question purement bilatérale qui n’a rien à voir avec le conflit à l’est de la RD Congo. »

Outre-Atlantique, le département d’État américain se refuse à commenter l’accord en discussion avec son allié africain, mais déclare que l’engagement avec les gouvernements étrangers est un élément important de la politique du gouvernement visant à dissuader l’immigration illégale.

Récemment, des organisations de défense des droits humains, telle que Human Rights Watch (HRW), ont critiqué ces politiques, soulignant qu’elles compromettraient le droit des individus à demander l’asile et pouvait conduire à des violations du principe de « non-refoulement », qui interdit le renvoi de personnes vers des pays où elles risquent des persécutions.

Des décisions judiciaires ont par ailleurs limité la capacité de l’administration Trump à expulser rapidement des migrants détenus à Guantanamo Bay vers des pays tiers sans procédure régulière, soulignant l’importance de garantir les droits fondamentaux des migrants.

Selon le Rwanda, bien qu’il soit l’un des pays les plus densément peuplés d’Afrique, il dispose de la capacité nécessaire pour contribuer à atténuer ce que de nombreux pays d’Europe – et les États-Unis – considèrent comme un problème croissant de migrants indésirables.

Pays tiers, pays « sûrs » ?

En 2022, Ismael Buchanan, maître de conférences en sciences politiques à l’Université du Rwanda, défendait auprès de l’agence de presse turque Anadolu la décision de Kigali d’accueillir des migrants provenant d’autres pays, estimant cette décision de « pas surprenante, compte tenu de son historique d’accueil de personnes fuyant les conflits du monde entier ».

Cependant, des organisations de défense des droits humains expriment des inquiétudes quant à la capacité du Rwanda à garantir la sécurité et les droits des migrants.

Dans le cadre du projet avorté entre le Royaume-Uni et le Rwanda, des experts avaient déjà exprimé leurs préoccupations quant à l’éthique de tels accords.

« L’accord entre le Royaume-Uni et le Rwanda pourrait être remis en cause en vertu du principe international de non-refoulement qui interdit l’envoi de réfugiés dans un pays où ils seraient ‘exposés à la torture, à des traitements ou peines cruels, inhumains ou dégradants ou à d’autres préjudices irréparables' », analysait à l’époque auprès de The Africa Report, la docteure Niovi Vavoula, experte en migration à la Queen Mary School of Law de Londres.

Avant d’être définitivement abandonné, le projet avait été bloqué par de multiples recours en justice, dont un avis de la Cour suprême britannique qui, en 2023, avait prononcé l’illégalité du projet, estimant que le Rwanda n’était pas un pays « sûr » pour les demandeurs d’asile.

Évoquant notamment des cas de refus d’accès au système d’asile rwandais et d’expulsions de force vers d’autres pays, ou de menaces de refoulement vers le pays d’origine, la Cour suprême britannique avait, dans son arrêt [articles 86 et 87], attiré l’attention sur ce que HRW qualifiait alors de « piètre bilan en matière de droits de l’homme ».

Lundi, le New York Times révélait que l’administration Trump envisageait désormais la Libye comme destination pour des migrants expulsés des États-Unis. Une option de nouveau vivement critiquée par HRW et Amnesty International, qui ont documenté des violations graves des droits humains dans les centres de détention pour migrants en Libye, incluant des cas de torture, de violences sexuelles et de détentions arbitraires.

FRANCE 24

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À la UneReligion

Léon XIV, nouveau pape élu: Robert Francis Prevost, un homme de synthèse modéré et premier pape américain

by admin9775 8 mai 2025
written by admin9775

Le cardinal américain Robert Francis Prevost a été élu pape ce 8 mai 2025. Il devient le 267e pape de l’Église catholique et est le premier pape originaire des États-Unis à accéder à ce rang.

L’Américain Robert Francis Prevost, 69 ans, devenu jeudi le premier pape originaire des États-Unis de l’Histoire, est un homme d’écoute et de synthèse, classé parmi les modérés, et connaissant autant le terrain que les rouages du Vatican. Un évêque « ne doit pas être un petit prince assis en son royaume, il doit être proche du peuple qu’il sert et marcher avec lui, souffrir avec lui », déclarait-il en 2024 au site internet Vatican News.

Créé cardinal en 2023 par François qui a porté son ascension au Vatican, il était avant son élection membre de sept dicastères (l’équivalent de ministères au Vatican). Robert Francis Prevost occupait notamment la tête du puissant dicastère des évêques, ce qui en faisait le conseiller du précédent pape sur les nominations des prélats.

François appréciait particulièrement cet homme souvent qualifié de discret et réservé, et qui s’est immergé des années durant dans les « périphéries », ces territoires éloignés ou délaissés jusqu’ici par l’Église. D’ascendance française, italienne et espagnole, le natif de Chicago a passé deux décennies au total au Pérou, où il a mené une œuvre missionnaire et est devenu archevêque-évêque émérite de Chiclayo, dans le nord du pays.

Mais il a aussi la réputation, au sein de la Curie, le gouvernement du Vatican, d’être un modéré capable de concilier des points de vue divergents. Les vaticanistes en avaient fait leur favori parmi les cardinaux américains en amont de l’élection, sur la base de son expérience du terrain, sa vision globale et sa capacité à naviguer au sein de la bureaucratie vaticane.

Le moins Américain des Américains

Le quotidien italien La Repubblica l’avait décrit comme « le moins Américain des Américains » en raison de son ton modéré. Sa connaissance profonde du droit canon l’a aussi rendu rassurant aux yeux des cardinaux conservateurs aspirant à une attention plus grande portée à la théologie.

Après la mort de François, il avait affirmé qu’il y avait « encore beaucoup à faire » au sein de l’Église. « Nous ne pouvons pas nous arrêter, nous ne pouvons pas revenir en arrière. Nous devons voir ce que l’Esprit Saint veut pour l’Église d’aujourd’hui et de demain, parce que le monde d’aujourd’hui, dans lequel vit l’Église, n’est pas le même que le monde d’il y a dix ou vingt ans », avait-il affirmé en avril. « Le message est toujours le même (…) mais le moyen d’atteindre les gens d’aujourd’hui, les jeunes, les pauvres, les politiques, est différent », avait-il estimé.

Le cardinal Robert Francis Prevost, préfet du dicastère pour les évêques, pose pour une photo à la fin du consistoire où le pape François a élevé 21 nouveaux cardinaux sur la place Saint-Pierre au Vatican, le 30 septembre 2023.
Le cardinal Robert Francis Prevost, préfet du dicastère pour les évêques, pose pour une photo à la fin du consistoire où le pape François a élevé 21 nouveaux cardinaux sur la place Saint-Pierre au Vatican, le 30 septembre 2023. AP – Riccardo De Luca

Né le 14 septembre 1955, Monseigneur Prevost étudie au petit séminaire de l’ordre de Saint-Augustin, dans lequel il entre en 1977. Licencié en théologie, il détient aussi un diplôme en mathématiques. Ordonné prêtre en 1982, il est deux ans plus tard envoyé comme missionnaire au Pérou, un pays où il restera de nombreuses années. Il revient à Chicago en 1999 comme supérieur provincial des Augustins du Midwest, puis prieur général en 2001.

En 2014, le pape François le nomme administrateur apostolique du diocèse de Chiclayo, dans le nord du Pérou. Monseigneur Prevost est nommé en 2023 préfet du puissant dicastère des évêques, l’une des fonctions les plus importantes du gouvernement du Vatican. À ce poste stratégique, il avait succédé au cardinal canadien Marc Ouellet, accusé d’agression sexuelle, et qui avait démissionné pour raison d’âge.

Monseigneur Prevost est également président de la Commission pontificale pour l’Amérique latine.

Le choix du nom Léon XIV, un choix « programmatique »

En choisissant le nom de Léon XIV, le cardinal Robert Francis Prevost prend la succession de son prédécesseur François, mais aussi du précédent Léon, Léon XIII, qui a été pape de 1878 à 1902. Pour Geneviève Delrue, ancienne journaliste à RFI, spécialiste des religions, le nom d’un pape est « programmatique ». « Quand [le pape François] a choisi le nom de François François, [en référence à] François d’Assise, cela va être le pape des pauvres, des déshérités de la terre, etc., et de l’environnement d’où on se souviendra, bien sûr, Laudato Si, sa fameuse encyclique sur l’environnement qui restera la grande encyclique de son pontificat », explique-t-elle.

« Léon XIV prend la succession en quelque sorte de Léon XIII. C’est le pape qui va faire l’encyclique, qui va publier l’encyclique Rerum Novarum, Des Choses nouvelles, en 1891, à un moment donné où le monde change, où il y a le monde ouvrier qui souffre. Donc, c’est une encyclique qui va poser la doctrine sociale de l’Église et Saint Pierre. Cette doctrine sociale, c’est-à-dire que l’Église intervient sur les questions de justice, sur les questions économiques. L’Église se préoccupe du monde de l’économie et à mon avis, ce choix donc de Léon XIV est un choix programmatique », estime Geneviève Delrue.

RFI

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À la UnePolitique

Vital Kamerhe demande une rencontre avec le président de la Cour constitutionnelle

by admin9775 8 mai 2025
written by admin9775

Les tensions entre les pouvoirs législatif et judiciaire s’intensifient dans l’affaire impliquant Augustin Matata Ponyo, député national et ancien Premier ministre. Lors de la séance plénière de l’Assemblée nationale ce mercredi 7 mai, le député Alfred Dibandi a interrogé le président Vital Kamerhe sur la nécessité de protéger les immunités parlementaires, critiquant une justice qui contournerait les prérogatives du Parlement.

En réponse, Vital Kamerhe a réaffirmé son engagement à défendre l’institution parlementaire et a annoncé son intention de rencontrer personnellement Dieudonné Kamuleta, président de la Cour constitutionnelle. Kamerhe a déclaré devant les députés : « Le Président de la Cour constitutionnelle devait me rencontrer, mais il ne l’a pas fait. Je vais donc me rendre vers lui. Il peut, au-delà de sa lettre, me fournir d’autres explications pour que je comprenne comment la Cour peut ignorer les immunités de l’honorable Matata. »

Pour justifier sa position, le président de l’Assemblée nationale a invoqué des précédents, notamment le cas du sénateur Salomon Kalonda, dont la procédure judiciaire avait été suspendue après la validation de son mandat. Il a également mentionné l’exemple de l’ancien président américain Donald Trump, soulignant que les immunités parlementaires et présidentielles sont des principes essentiels dans une démocratie.

Cependant, certains députés, comme Daniel Aselo (UDPS), ont émis des réserves, mettant en garde contre une possible ingérence dans un dossier judiciaire en cours. La majorité de l’Assemblée a toutefois soutenu Kamerhe, estimant qu’il agissait dans le cadre de sa mission de défense des droits du Parlement.

Cette affaire révèle un bras de fer institutionnel entre la justice, qui souhaite poursuivre Matata Ponyo pour des détournements présumés de fonds publics, et le Parlement, qui défend le respect des immunités constitutionnelles. La rencontre entre Kamerhe et Kamuleta pourrait être décisive dans l’issue de ce conflit, à la croisée du droit et de la politique.

La question de l’éthique politique en débat

Alors que les institutions se confrontent sur des questions procédurales, de nombreux citoyens s’interrogent sur le fond du problème : des dirigeants accusés de malversations peuvent-ils se protéger derrière leur statut ? L’affaire Matata Ponyo relance le débat sur l’équilibre entre immunités nécessaires et responsabilité des élus, dans un contexte où la lutte contre la corruption reste une attente majeure de la population.

La suite des événements montrera si les institutions congolaises parviennent à concilier le respect des règles démocratiques et l’exigence de justice, ou si cette affaire renforcera le sentiment d’impunité qui ébranle la confiance des citoyens envers leurs dirigeants.

Par Marc Etumba, correspondant à Kinshasa
CONGO PUB Online

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