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À la Une

À la UneSociété

Crash aérien à Kenge : Jean-Pierre Bemba exige des explications urgentes de l’AAC et de la RVA

by admin9775 28 septembre 2026

À la suite du grave accident aérien survenu ce vendredi 25 septembre 2026 à Kenge, dans la province du Kwango, le Vice-Premier ministre et ministre des Transports, Voies de communication et Désenclavement, Jean-Pierre Bemba, a demandé des explications urgentes aux responsables de l’Autorité de l’Aviation Civile (AAC) et de la Régie des Voies Aériennes (RVA).

Dans une correspondance datée du 25 septembre 2026, le ministre exige notamment la transmission d’un rapport circonstancié sur l’état et les conditions d’exploitation de l’appareil LET 410 de la compagnie TRACEP CONGO, impliqué dans l’accident survenu lors du vol Kikwit-Kinshasa.

La navigabilité de l’appareil au centre des interrogations

Jean-Pierre Bemba demande que toute la lumière soit faite sur la navigabilité de l’avion, notamment son historique technique ainsi que les éléments relatifs à son dernier contrôle de conformité.

Le rapport attendu devra également permettre d’établir si l’appareil remplissait toutes les conditions réglementaires et techniques requises pour effectuer le vol au moment de l’accident.

Établir les circonstances exactes du crash

Le ministre des Transports réclame par ailleurs des précisions sur les circonstances ayant conduit à cet accident grave. Il souhaite notamment connaître les faits et éléments techniques ayant précédé le drame au cours du vol reliant Kikwit à Kinshasa.

Cette démarche vise à disposer rapidement d’une première documentation officielle sur l’état de l’appareil, son suivi technique et les conditions dans lesquelles le vol a été effectué.

Les responsabilités en ligne de mire

En interpellant directement l’AAC et la RVA au lendemain du crash, la tutelle des Transports entend également clarifier les responsabilités techniques, réglementaires et opérationnelles susceptibles d’être engagées.

Les conclusions des rapports sollicités pourraient ainsi contribuer à déterminer les circonstances précises de l’accident et à identifier d’éventuelles défaillances dans la chaîne de contrôle et de sécurité aérienne.

Par Marius Bopenga
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28 septembre 2026
À la UneNouvelles nécrologiques

La musique chrétienne congolaise en deuil après la disparition de Papa Kabatshi Kanku

by admin9775 28 septembre 2026

La musique chrétienne congolaise est frappée par une nouvelle disparition. Selon les informations disponibles, l’artiste chanteur gospel Kabatshi Kanku, affectueusement appelé « Papa Kabatshi », est décédé après une longue maladie.

Figure connue des premières générations du gospel congolais, Papa Kabatshi était considéré comme l’un des pionniers et doyens de cette musique en République démocratique du Congo. Son nom figure parmi ceux qui ont contribué à l’essor de la musique chrétienne à Kinshasa, aux côtés notamment de Charles Mombaya, Paul Balenza, Alain Moloto et d’autres figures historiques du genre.

Une voix associée à plusieurs œuvres

Kabatshi Kanku a notamment collaboré avec le maestro Charles Mombaya, avec lequel il a enregistré plusieurs titres. Leur collaboration est notamment attestée sur « Nzoto Na Ngai », figurant sur l’album Asifiwe de Charles Mombaya, sorti en 2023.

Les deux artistes ont également été associés au titre « Ngonga Ebeti », crédité à Charles Mombaya avec Kanku Kabatshi.

À travers son parcours, Papa Kabatshi aura ainsi marqué plusieurs générations de mélomanes et de fidèles, contribuant à l’enracinement d’un gospel congolais qui s’est progressivement imposé dans le paysage musical national.

Une génération qui s’éteint progressivement

La disparition de Kabatshi Kanku intervient après celles de plusieurs autres grandes figures de la musique chrétienne congolaise, parmi lesquelles Willy Ngonda, Charles Mombaya, Blaise Sakila, Carlyto Lassa et Alain Moloto, selon les éléments communiqués.

En 2022, Mike Kalambay avait rendu visite à Papa Kabatshi et le présentait comme l’un des pionniers de la musique gospel en RDC, soulignant l’empreinte laissée par son talent sur plusieurs générations.

Avec sa disparition, le gospel congolais perd donc une figure de sa génération pionnière. Les détails concernant les circonstances précises de son décès ainsi que le programme des obsèques restent attendus.

Par Pascal Kabeya
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17 Vues
28 septembre 2026
À la UneAfrique

Afrique du Sud : plus de 130 morts de fusillades meurtrières en moins d’un an

by admin9775 28 septembre 2026

L’Afrique du Sud a été secouée au cours de l’année en cours par une série de fusillades meurtrières, notamment dans des débits de boissons et des townships, ayant fait plus de 130 morts, dans un pays régulièrement endeuillé par la violence.

Les deux fusillades survenues, dans la nuit de samedi à dimanche, dans des lieux de sortie nocturne au Cap et à Johannesburg, ont fait au total 27 morts, selon des bilans communiqués par la police.

Dans le district du West Rand (57 km à l’ouest de Johannesburg), 17 personnes ont été tuées et 15 autres blessées par balle dans une taverne, où huit hommes lourdement armés, munis de fusils AK-47 et de pistolets, ont ouvert le feu sur les clients avant de poursuivre leurs tirs à l’intérieur de la taverne.

Les assaillants auraient également fouillé plusieurs victimes et dérobé leurs téléphones portables, avant de prendre la fuite à bord de deux véhicules. Deux autres véhicules ont été incendiés sur les lieux.

Les services d’urgence ont constaté le décès de 13 hommes et quatre femmes, tandis que 15 autres personnes ont été hospitalisées pour des blessures par balle.

La porte-parole de la police du Gauteng, Brenda Muridili, a indiqué qu’aucune arrestation n’a encore été effectuée et que le mobile de la fusillade restait inconnu.

Dix autres personnes ont été tuées et 11 autres blessées par balles lors d’une fusillade similaire survenue dimanche matin dans un établissement de divertissement à Lwandle, dans la province du Cap-Occidental.

Des hommes armés se sont introduits dans l’établissement vers 01h46 et ont ouvert le feu sur les clients. Cinq personnes sont mortes sur place, tandis que cinq autres ont succombé à leurs blessures après leur transfert vers des établissements médicaux.

Les 11 autres victimes, grièvement blessées, sont actuellement hospitalisées.

« Le mobile est inconnu à ce stade. Aucune arrestation n’a été effectuée et l’enquête se poursuit », a indiqué la porte-parole de la police du Cap-Occidental, Novela Potelwa.

Mardi dernier, 21 personnes ont été tuées par balle à KwaMakhutha, au sud de Durban, après que des hommes armés ont ouvert le feu lors d’une fête organisée dans une maison.

Le mobile de l’attaque n’a pas encore été confirmé. Toutefois, la police sud-africaine a indiqué que certaines victimes étaient connues des services du renseignement criminel pour leur implication présumée dans des activités illégales.

Cette série d’attaques meurtrières remet en lumière la persistance de la criminalité endémique, souvent alimentée par les rivalités entre gangs, dans un pays inondé par les armes illégales.

En décembre, 12 personnes ont été tuées et 13 autres blessées lorsque des hommes armés ont fait irruption dans un débit de boissons clandestin installé dans le foyer de Saulsville, à Pretoria.

Deux semaines plus tard, neuf personnes ont été tuées et dix autres blessées dans une taverne à Bekkersdal. À l’époque, le Premier ministre par intérim du Gauteng, Jacob Mamabolo, avait dénoncé « l’escalade des fusillades de masse » enregistrées dans la province.

En janvier, neuf personnes ont péri dans un bar à Marikana, dans le quartier de Philippi East, au Cap. La police et le parquet ont par la suite établi un lien entre cette affaire et des faits présumés d’extorsion.

D’autres attaques ayant fait de nombreuses victimes ont été enregistrées dans une taverne à Bronkhorstspruit, dans une maison de Philippi East, dans un débit de boissons à Mayville, à Durban, ainsi que dans une habitation à Kwadwesi, à Gqeberha.

Les fusillades meurtrières ne se sont toutefois pas limitées aux débits de boissons et aux quartiers informels.

En juin, 13 personnes ont finalement été confirmées mortes après que des hommes armés ont ouvert le feu à plusieurs endroits du quartier informel de Jumpers, à Cleveland, à Johannesburg. Quatorze autres personnes ont été blessées.

La police du Cap-Occidental a également fait part de ses préoccupations face à la répétition des fusillades de masse au Cap, tandis que les autorités d’autres provinces ont mis en garde contre la circulation d’armes à feu illégales, le crime organisé et les violences liées aux gangs.

Ces incidents comprennent des fusillades répétées et des attaques en voiture dans les quartiers de Philippi East, Delft, Khayelitsha, Langa et d’autres zones des Cape Flats.

Ces différentes attaques ne présentent pas de mobile unique confirmé. Les enquêtes de police ont notamment porté sur des faits présumés d’extorsion, des conflits entre gangs, l’exploitation minière illégale, les violences liées au transport en commun et d’autres formes de criminalité organisée.

Les dernières statistiques officielles de la criminalité publiées par la police sud-africaine, fin août, montrent une légère baisse des crimes violents et des homicides, même si l’indice global de criminalité du pays demeure à un niveau historiquement préoccupant.

Le rapport portant sur le premier trimestre financier (avril à juin 2026) fait état de 5.427 meurtres, soit une baisse de 5,9% par rapport à l’année précédente, même si le pays enregistre toujours une moyenne alarmante de près de 60 meurtres par jour.

Hespress 

32 Vues
28 septembre 2026
À la UneMonde

Éthiopie: l’armée fédérale intensifie sa contre-offensive dans le nord, la télévision publique frappée par un drone

by admin9775 28 septembre 2026

Près d’une semaine après la reprise du conflit dans le nord de l’Éthiopie, l’armée mène une contre-offensive sur plusieurs fronts. Au Tigré, sous contrôle des rebelles, un drone a frappé dimanche 27 septembre la télévision publique de la région, à Mekelle. Des affrontements entre les troupes fédérales et les forces tigréennes (TDF) ont aussi été signalés au sud du Tigré, dans la zone d’Alamata, à environ 400 kilomètres au nord d’Addis-Abeba. La conquête de cette ville pourrait changer la suite du conflit.

Vue d’ensemble du bâtiment endommagé abritant Tigray TV, le diffuseur public de la région éthiopienne du Tigré, à la suite d’une attaque par drone, à Mekelle, le 27 septembre 2026.
Vue d’ensemble du bâtiment endommagé abritant Tigray TV, le diffuseur public de la région éthiopienne du Tigré, à la suite d’une attaque par drone, à Mekelle, le 27 septembre 2026. © AFP

Dimanche matin à 9h, un drone a frappé l’immeuble de Tigrai TV à Mekelle, capitale du Tigré, région du nord de l’Éthiopie. Aucun blessé n’est pour l’instant recensé, a fait savoir un journaliste de la chaîne à l’AFP. Tigrai TV est considérée comme l’organe officiel du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF).

C’est sur son antenne, le 20 septembre, qu’avait été annoncée la formation de la nouvelle coalition de groupes armés contre le gouvernement fédéral. Le lendemain, Tigrai TV a été suspendue par l’Autorité des médias.

Alamata, ville stratégique dans le sud du Tigré

Depuis deux jours, les affrontements sont particulièrement intenses entre l’armée et les forces tigréennes dans le sud du Tigré. D’après des sources militaires, l’armée contrôle désormais les localités de Kobo et Waja, situées à quelques kilomètres d’Alamata, sur un axe stratégique menant au Tigré.

La prise de cette ville de 80 000 habitants pourrait d’ailleurs constituer une avancée stratégique pour l’armée, avance un chercheur souhaitant rester anonyme. « Ni les TDF, ni les troupes fédérales ne peuvent se permettre d’abandonner Alamata », plus grande ville après la frontière avec l’Amhara, explique-t-il. « On peut donc s’attendre à une intensification des combats dans la zone ces prochains jours. »

Selon une source basée sur place, la peur domine chez les habitants, qui n’osent plus sortir de chez eux par crainte des frappes de drones de l’armée fédérale. Le 22 septembre déjà, une quinzaine de frappes de drones ont été menées sur la ville, d’après Acled, réseau spécialisé dans la couverture des conflits. Elles visaient notamment des écoles et un hôpital. Le nombre de victimes reste inconnu.

Asmara réfute toujours les accusations de soutien logistique

Vendredi, le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, Volker Türk, a condamné les frappes aériennes menées le 22 septembre par l’armée fédérale sur cinq écoles du Tigré.

De son côté, la nouvelle alliance d’opposition mène toujours l’offensive sur plusieurs autres fronts dans le nord du pays. Dimanche, les rebelles des TDF se sont emparés de la localité d’Erebti, en Afar, à une soixantaine de kilomètres à l’est du Tigré par la route.

Pour le chef de l’armée éthiopienne, Birhanu Jula, les groupes armés impliqués dans le conflit n’agissent pas seuls : le maréchal accuse l’Érythrée de leur apporter un soutien logistique, notamment en faisant passer des munitions au Tigré. Des accusations qu’Asmara a toujours réfutées.

RFI

26 Vues
28 septembre 2026
À la UneSociété

Un proche de Corneille Nangaa détenu à Kinshasa après son arrestation en Ituri

by admin9775 28 septembre 2026

Un proche de Corneille Nangaa, coordonnateur politique de l’AFC/M23, est détenu à Kinshasa après avoir été interpellé fin juillet à la frontière entre l’Ouganda et la République démocratique du Congo, dans la région d’Aru, en Ituri.

Selon plusieurs sources, il s’agit de Corneille Yobeluo Bakaato, présenté comme le neveu de Corneille Nangaa. Sa famille affirme qu’il résidait à Dubaï depuis 2020 et qu’il était rentré en RDC dans le cadre d’une visite familiale.

D’après les informations communiquées par ses proches, le jeune homme aurait d’abord été détenu à Bunia par l’Agence nationale de renseignements avant d’être transféré à Kinshasa. Sa famille affirme qu’il est actuellement détenu à la DEMIAP depuis le 25 septembre.

Les proches de Corneille Yobeluo Bakaato contestent tout lien entre celui-ci et l’AFC/M23 et dénoncent une détention qu’ils estiment liée à son appartenance familiale. Ils demandent aux autorités de clarifier officiellement les motifs de son arrestation et de son maintien en détention.

La famille réclame également sa libération et sollicite l’intervention des organisations de défense des droits humains afin que les conditions de sa détention et son statut juridique soient examinés.

À ce stade, les autorités congolaises n’ont pas, dans les sources consultées, communiqué publiquement les motifs précis justifiant sa détention.

Par Pascal Kabeya
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66 Vues
28 septembre 2026
À la UnePolitique

MONUSCO : la Mission de l’ONU dément tout retrait de Goma et

by admin9775 28 septembre 2026

La MONUSCO dément les informations faisant état d’un retrait de ses positions à Goma et Sake, dans le Nord-Kivu.

Dans une mise au point publiée ce dimanche 27 septembre 2026, la Mission des Nations unies affirme maintenir sa présence dans les deux zones et poursuivre ses activités conformément à son mandat.

« Contrairement à certaines informations qui circulent, la Mission continue d’assurer sa présence à Goma et à Sake », précise la MONUSCO.

La Mission indique continuer à suivre l’évolution de la situation sécuritaire et à soutenir les efforts liés au cessez-le-feu, notamment à travers le mécanisme de suivi et de vérification.

Cette clarification intervient dans un contexte sécuritaire toujours volatile dans plusieurs territoires du Nord-Kivu. Le 24 septembre à Beni, le chef de la MONUSCO, James Swan, avait réaffirmé l’engagement de la Mission en faveur de la protection des civils.

La MONUSCO appelle enfin la population à la prudence face aux informations diffusées sur les réseaux sociaux et recommande de privilégier ses canaux officiels et les sources fiables.

À ce stade, la Mission maintient donc sa présence à Goma et Sake, tout en poursuivant ses activités de protection des civils et d’appui aux efforts de stabilisation en RDC.

Par Basengezi Ntomo, correspondant à Goma
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28 septembre 2026
À la UneAfrique

Sénégal : un pays pauvre qui se paie des privilèges de pays riche 

by admin9775 28 septembre 2026

On ne distribue pas une richesse qu’on ne produit pas

Projet de Loi de Finances Rectificative 2026 (PLFR) : Déposé à l’Assemblée nationale le 18 septembre 2026, le PLFR 2026 révise la croissance de 5 % à 2,7 %, ampute les recettes de 451,4 milliards FCFA et coupe l’investissement de 555 milliards la variable d’ajustement. Pendant ce temps, les subventions énergétiques bondissent de 250 à 790,3 milliards FCFA et la masse salariale atteint 1 532,8 milliards FCFA.

Il existe une vérité économique simple que les discours politiques et les revendications syndicales refusent obstinément d’intégrer : on ne peut pas distribuer une richesse qu’on ne produit pas. Cette vérité, formulée avec la brutalité que la situation exige, est pourtant au cœur de la crise que traverse le Sénégal. Un pays noté Caa2 par Moody’s, dont les IDE se sont effondrés à 37 millions de dollars en 2025, dont la dette dépasse 26 000 milliards de FCFA et dont les paiements d’intérêts absorbent 23,7 % des recettes ce pays ne peut pas simultanément augmenter ses agents publics, maintenir ses subventions énergétiques et prétendre au redressement économique.

Le Sénégal vit depuis des années au-dessus de ses moyens. Non pas parce que ses citoyens sont trop exigeants, leurs besoins sont légitimes. Mais parce que ses dépenses de fonctionnement ont été construites sur des hypothèses de croissance et de recettes que la réalité n’a jamais confirmées, dans un contexte de gouvernance budgétaire qui a laissé prospérer des structures et des rémunérations déconnectées de toute logique de performance et de toute comparaison internationale sérieuse.

La réalité que les chiffres imposent: un État qui consomme plus qu’il ne produit

Les chiffres du redressement budgétaire sénégalais ne laissent pas de place à l’ambiguïté. Le déficit public de 13,4 % du PIB en 2024,  plus de quatre fois le plafond UEMOA, ne s’est pas creusé par accident. Il est le produit d’une structure de dépenses publiques dont la masse salariale de la fonction publique est devenue, au fil des années, le premier poste incompressible. Paradoxe absolu : la masse salariale de la fonction publique sénégalaise est aujourd’hui supérieure à celle du secteur privé formel dans un pays où le secteur privé devrait être le moteur de la croissance et de l’emploi.

Ce déséquilibre structurel signifie que l’État sénégalais consacre une part croissante de ressources rares à se rémunérer lui-même au détriment des investissements dans les infrastructures, l’éducation de qualité, la santé et les services publics que les citoyens attendent réellement. Chaque franc de masse salariale supplémentaire non financé par la croissance des recettes est un franc emprunté au taux de marché régional de 8-9 % qui sera remboursé par les générations futures avec les intérêts.

Ce que gagne un DG parapublic sénégalais vs un directeur d’administration en France

Pour comprendre l’ampleur du décrochage entre les rémunérations du secteur public sénégalais et la richesse réelle du pays, un benchmark s’impose non pas avec des pays comparables en développement, mais avec la France, dont le modèle administratif a largement inspiré la fonction publique sénégalaise.

Un Directeur général d’entité parapublique sénégalaise CDC, PETROSEN, SENELEC, AIBD perçoit entre 5 et 12 millions FCFA par mois, hors avantages en nature. Avec le véhicule de fonction, le logement de fonction, les frais de représentation, les per diem et les indemnités diverses, la rémunération totale peut atteindre 15 à 20 millions FCFA mensuels toutes charges comprises.

En France, un directeur d’administration centrale de catégorie A+ perçoit entre 5 000 et 8 000 euros bruts mensuels soit 3,3 à 5,2 millions FCFA. Un préfet de région, l’un des postes les plus élevés de la haute fonction publique française, perçoit environ 7 500 euros bruts, soit 4,9 millions FCFA. Les avantages en nature y sont strictement encadrés et valorisés dans la fiche de paie.

Le ratio est révélateur : un Directeur général de société parapublique sénégalaise peut percevoir deux à quatre fois la rémunération d’un préfet de région français dans un pays dont le PIB par habitant est trente fois inférieur à celui de la France. En parité de pouvoir d’achat ajustée au PIB réel, pour être équivalent au niveau de vie relatif d’un préfet français, un DG parapublic sénégalais devrait percevoir environ 150 000 à 250 000 FCFA par mois. L’écart entre ce chiffre et la réalité est l’indicateur le plus précis de la déconnexion entre les rémunérations publiques sénégalaises et la richesse réelle du pays.

Ce benchmark est un diagnostic institutionnel. La déconnexion entre les rémunérations de l’encadrement public sénégalais et la richesse réelle du pays n’est pas soutenable. Elle l’est d’autant moins que ces rémunérations sont financées par l’emprunt ce qui signifie que le Sénégal emprunte à 8-9 % sur le marché régional pour payer des salaires qui dépassent ceux de fonctionnaires de rang équivalent dans des pays dont le PIB est trente fois supérieur.

Les autres symptômes du même mal retraites, bourses et voitures de luxe

Au-delà de la masse salariale et des subventions énergétiques, trois autres exemples illustrent avec une précision documentée la même déconnexion entre les dépenses publiques sénégalaises et la réalité des capacités financières du pays.

Le premier concerne les retraites des professeurs d’université. Au Sénégal, un professeur d’université part à la retraite avec environ 80 % de son dernier salaire,  un taux parmi les plus élevés au monde pour un régime non contributif exceptionnel. Cet avantage n’est pas le produit de cotisations supplémentaires ou d’un régime de capitalisation spécifique. C’est le produit de revendications syndicales qui ont obtenu, au fil des décennies, des avantages que l’État n’a jamais refusés parce qu’ils étaient politiquement coûteux à refuser. En France, le taux de remplacement d’un fonctionnaire de catégorie A à la retraite est d’environ 55 à 60 % du dernier traitement indiciaire dans un pays dont le PIB per capita est 30 fois supérieur. La question n’est pas de savoir si les professeurs d’université méritent une bonne retraite. La question est de savoir si un pays pauvre peut se payer un régime de retraite que des pays riches n’ont pas les moyens d’offrir à leurs propres fonctionnaires.

Le deuxième exemple est celui des bourses étudiantes universalisées. Le Sénégal consacre environ 120 milliards de FCFA par an aux bourses et allocations étudiantes, une enveloppe qui a été étendue progressivement à l’ensemble des étudiants inscrits dans les universités publiques, indépendamment des conditions sociales et des résultats académiques. Le chiffre qui interpelle est celui de la comparaison : la Côte d’Ivoire, avec une population estudiantine plus importante que celle du Sénégal, consacre moins de 40 milliards FCFA aux bourses et les attribue sur critères de mérite et de condition sociale documentée. 

Le troisième exemple est peut-être le plus symbolique parce qu’il concerne les hommes et femmes censés être les gardiens du temple budgétaire : les députés de l’Assemblée nationale. Leur premier réflexe après leur élection a été de se doter de véhicules à 50 millions FCFA l’unité dans un pays dont le PIB par habitant est d’environ 1 600 dollars, où 35 % de la population vit sous le seuil de pauvreté et où l’État vient de couper 555 milliards d’investissement dans son budget rectificatif. Le budget de l’Assemblée nationale pour 2025 était de 22,4 milliards FCFA, en hausse de 11 % sur un an. Les représentants du peuple qui votent les restrictions budgétaires commencent par s’exempter eux-mêmes de ces restrictions. Ce signal est dévastateur pas seulement moralement, mais économiquement : il dit aux syndicats, aux fonctionnaires et aux citoyens que l’ajustement est pour les autres.

Les subventions énergétiques une fuite en avant documentée

Le débat sur les subventions à l’énergie illustre parfaitement la même contradiction. Entre décembre 2025 et août 2026, le Sénégal a consacré 245 milliards de FCFA au soutien des prix des carburants et de l’électricité une dépense qui aurait atteint 1 069 milliards sans l’ajustement tarifaire partiel opéré entre-temps. Ces subventions sont politiquement populaires. Elles sont économiquement désastreuses.

Économiquement désastreuses parce qu’elles subventionnent massivement les ménages les plus aisés qui consomment davantage d’énergie et de carburant au détriment des populations les plus pauvres qui auraient davantage besoin de transferts ciblés. Économiquement désastreuses parce qu’elles découragent l’efficacité énergétique et les investissements dans les énergies renouvelables. Et économiquement désastreuses parce qu’elles sont financées par la dette aggravant le déficit, dégradant la notation souveraine, renchérissant l’accès au capital pour les entreprises sénégalaises.

Les syndicats et le déni de réalité une responsabilité partagée

Il serait commode et injuste de faire des syndicats les seuls responsables de cette situation. Ils défendent les intérêts de leurs membres, ce qui est leur rôle. Mais défendre des intérêts catégoriels dans un pays en quasi-faillite financière, sans tenir compte de la réalité macroéconomique globale, c’est confondre la solidarité corporatiste et la responsabilité citoyenne.

Lorsque les syndicats de la fonction publique réclament des augmentations salariales dans un pays dont la masse salariale publique dépasse déjà celle du secteur privé formel, dont le déficit public était à 13,4 % du PIB et dont la note souveraine est à Caa2, ils ne défendent pas leurs membres à long terme. Ils défendent leur pouvoir d’achat aujourd’hui au prix de la solvabilité de l’État demain. Ce calcul est à courte vue parce qu’un État insolvable ne peut plus payer aucun salaire, public ou privé.

La responsabilité est partagée : avec les gouvernements successifs qui ont validé des structures salariales insoutenables pour acheter la paix sociale, avec les administrateurs publics qui ont laissé prospérer des avantages en nature non encadrés, et avec une opinion publique qui, faute d’information claire sur la réalité des finances publiques, continue de croire que les caisses de l’État sont un puits sans fond.

Ce que le redressement exige réellement la vérité que personne ne dit

Un redressement budgétaire crédible et durable exige de dire la vérité pas dans les documents techniques du FMI, mais dans l’espace public sénégalais, en langue simple, avec les chiffres concrets. Cette vérité comporte plusieurs volets que les responsables politiques évitent généralement de formuler ensemble.

La première décision nécessaire est un audit public et complet des rémunérations dans le secteur parapublic avec publication des grilles salariales, des avantages en nature valorisés et des indemnités diverses. La transparence est la première condition de tout rééquilibrage crédible : on ne peut pas réformer ce qu’on n’a pas le courage de nommer.

La deuxième décision concerne le plafonnement des rémunérations parapubliques, indexé sur le PIB per capita selon le modèle des institutions financières internationales. Un DG parapublic sénégalais ne peut pas percevoir 30 fois le PIB par habitant quand un préfet français en perçoit 3 fois. Ce ratio doit devenir un principe d’organisation des rémunérations publiques non pas pour appauvrir les dirigeants, mais pour ancrer les rémunérations publiques dans la réalité économique du pays qu’elles servent.

La troisième décision est le ciblage radical des subventions énergétiques : remplacer les subventions aux prix qui bénéficient prioritairement aux ménages aisés qui consomment davantage par des transferts directs et ciblés aux ménages les plus vulnérables. Ce rééquilibrage réduirait le coût budgétaire tout en améliorant l’efficacité sociale de la dépense. Le PLFR 2026 qui porte les subventions énergétiques à 790,3 milliards FCFA démontre l’urgence de cette réforme.

La quatrième décision est un gel des recrutements dans la fonction publique couplé à une revue systématique des effectifs non pas pour affaiblir les services publics, mais pour s’assurer que chaque poste correspond à un besoin réel et documenté, et que la masse salariale de 1 532 milliards FCFA est compatible avec les capacités réelles de financement de l’État.

La cinquième décision, enfin, est celle qui conditionne toutes les autres : un dialogue social fondé sur la réalité des chiffres. On ne peut pas demander aux syndicats d’adapter leurs revendications à une réalité qu’on ne leur montre pas. Publier chaque année un rapport accessible sur l’état des finances publiques, le coût réel de la masse salariale, et les marges de manœuvre budgétaires réelles est une condition de vérité sans laquelle aucun pacte social durable n’est possible.

La souveraineté économique commence par l’honnêteté budgétaire

Le Sénégal a besoin d’un pacte de vérité. Un pacte entre l’État, les syndicats, le secteur privé et les citoyens, fondé sur une réalité simple : la richesse se crée avant de se distribuer. Un État qui distribue ce qu’il n’a pas produit emprunte contre l’avenir de ses enfants. Un syndicat qui réclame des augmentations dans un État insolvable hypothèque les emplois de ses membres. Une opinion publique qui refuse l’ajustement budgétaire refuse le redressement.

La vraie souveraineté économique celle que les discours proclament mais que les actes ne construisent pas encore commence par ce courage : dire aux Sénégalais que le pays vit au-dessus de ses moyens, que le redressement exige des sacrifices partagés et équitables, et que ceux qui ont le plus bénéficié des largesses passées doivent contribuer le plus au redressement présent.

Les fonctionnaires les plus modestes ne sont pas le problème. L’encadrement supérieur parapublic surpayé dans un pays pauvre, les subventions qui profitent aux plus aisés, les avantages en nature non encadrés, les structures créées pour récompenser la loyauté politique plutôt que pour servir les citoyens voilà le problème. Et voilà la branche sur laquelle le Sénégal scie.

Financial Afrik

41 Vues
28 septembre 2026
À la UneSociété

Crash de Kenge : que reste-t-il de l’ancien aérodrome de la ville ?

by admin9775 27 septembre 2026

Le crash aérien survenu vendredi 25 septembre à Kenge, dans la province du Kwango, fait émerger une autre question, celle du devenir de l’ancien aérodrome de la ville.

Dans une tribune publiée après l’accident, l’ancien ministre des Travaux publics Jean Kimbembe Mazunga affirme avoir lancé en 2002 l’aménagement d’une piste d’environ 900 mètres à Kenge. Selon son témoignage, cette infrastructure aurait progressivement disparu sous l’effet du morcellement et de l’occupation du terrain par des constructions.

Une piste aménagée en 2002

Jean Kimbembe Mazunga explique qu’il s’était rendu à Kenge en 2002 pour lancer les travaux d’aménagement de cette piste, alors longue d’environ 900 mètres et réalisée en terre.

Il reconnaît toutefois que l’infrastructure était encore rudimentaire. Des travaux supplémentaires devaient permettre de renforcer sa qualité et sa résistance. Quelques mois plus tard, de fortes pluies avaient d’ailleurs endommagé une partie des remblais.

L’ancien ministre affirme avoir récemment appris que l’emprise de l’ancien aérodrome aurait été morcelée et transformée en lotissements, avec des habitations construites sur une partie de l’ancienne piste. Ces affirmations demandent toutefois à être confrontées aux documents cadastraux et administratifs.

Un répertoire aéronautique de la MONUSCO datant de 2015 répertoriait encore à Kenge une piste de 900 mètres, ce qui confirme l’existence historique d’une infrastructure aéronautique à cet endroit.

Une piste qui aurait pu servir de secours ?

C’est sur ce point que le débat rejoint le crash du 25 septembre.

Selon Jean Kimbembe Mazunga, des informations préliminaires faisaient état de difficultés rencontrées par l’équipage et d’une recherche éventuelle d’une piste de secours. Il pose dès lors une question, sans établir de lien de causalité : si l’ancienne piste de Kenge avait été maintenue et rendue opérationnelle, aurait-elle pu constituer une solution d’urgence ?

À ce stade, rien ne permet cependant d’affirmer que la disparition de cette infrastructure a joué un rôle dans l’accident. Les causes du crash doivent être établies par l’enquête officielle.

Qui a autorisé le morcellement ?

Si la disparition de l’emprise de l’ancien aérodrome est confirmée, une autre série de questions se pose : qui a autorisé son morcellement ? Qui a attribué ou vendu les parcelles ? Quels services ont validé ces opérations et à quelle période ?

Ces réponses devraient pouvoir être établies à partir des archives foncières, des plans cadastraux, des actes d’attribution et des décisions administratives concernant le site.

Au-delà du crash, l’affaire pose ainsi la question plus large de la protection des réserves foncières destinées aux infrastructures publiques. Une emprise aujourd’hui peu utilisée peut, demain, devenir essentielle pour la sécurité, le désenclavement ou le développement d’une ville.

À Kenge, l’enjeu est désormais de déterminer précisément ce qu’est devenu l’ancien aérodrome et, surtout, de comprendre dans quelles conditions son emprise a pu disparaître.

Par Marius Bopenga
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27 septembre 2026
À la UneAfrique

Rwanda : l’entrée de Bank of Kigali dans le CIPS intervient dans un contexte régional sensible

by admin9775 26 septembre 2026

La Bank of Kigali, principale banque du Rwanda, vient de rejoindre directement le China Cross-Border Interbank Payment System (CIPS), le réseau chinois de paiements internationaux en yuan. Une évolution qui renforce les connexions financières entre Kigali et Pékin et intervient dans un contexte régional marqué par les tensions dans l’est de la RDC.

Selon la banque, cette adhésion doit permettre de rendre les paiements entre le Rwanda et la Chine plus directs et de réduire le recours à certaines banques intermédiaires. Bank of Kigali devient ainsi la première banque rwandaise et la première banque basée en Afrique de l’Est et centrale à rejoindre directement le réseau CIPS.

Une présence chinoise qui se renforce

L’enjeu est important pour Kigali. La Chine constitue un partenaire commercial majeur du Rwanda, notamment pour ses importations. L’accès direct au CIPS facilite donc les transactions en yuan et contribue à diversifier les infrastructures financières utilisées par le pays.

Il ne s’agit cependant pas d’un abandon du système financier dominé par le dollar. Bank of Kigali continuera notamment à utiliser les réseaux internationaux existants, dont SWIFT.

Cette évolution traduit plutôt la montée en puissance du yuan dans les échanges internationaux et le rapprochement financier croissant entre le Rwanda et la Chine.

Un contexte régional sensible

Cette évolution intervient alors que le Rwanda est au cœur des accusations internationales concernant son rôle dans la crise sécuritaire de l’est de la RDC.

Les Nations unies ont documenté le soutien militaire, logistique et politique de Kigali à l’AFC/M23, ainsi que le contrôle de certaines routes commerciales liées aux minerais de l’est congolais. Un rapport du Groupe d’experts de l’ONU a notamment décrit le contrôle par l’AFC/M23 de routes d’acheminement des minerais de Rubaya vers le Rwanda.

Human Rights Watch a également documenté en 2026 le soutien de forces rwandaises au M23 et des abus commis dans les territoires contrôlés par le mouvement.

Sanctions américaines : une question à ne pas confondre

Washington a par ailleurs renforcé sa politique de sanctions à l’égard de certains acteurs impliqués dans le conflit congolais. Le 30 avril 2026, le Trésor américain a notamment sanctionné l’ancien président congolais Joseph Kabila, l’accusant de soutenir financièrement l’AFC et le M23. Kabila conteste ces accusations.

Mais l’existence du CIPS ne signifie pas automatiquement qu’un acteur sanctionné par les États-Unis peut échapper aux sanctions en utilisant le yuan ou le système bancaire rwandais. Il faudrait démontrer l’existence de transactions précises, de contreparties sanctionnées et d’un mécanisme destiné à contourner les restrictions américaines.

Le véritable enjeu pour la RDC

Pour Kinshasa, la question dépasse donc la seule adhésion d’une banque rwandaise au système chinois. Elle concerne également la traçabilité des flux financiers et commerciaux associés aux minerais provenant des zones contrôlées par l’AFC/M23.

L’ONU a déjà documenté des mécanismes d’acheminement de minerais depuis les zones sous contrôle rebelle vers le Rwanda, tandis que les autorités rwandaises contestent les accusations concernant leur rôle dans le conflit.

L’entrée de Bank of Kigali dans le CIPS constitue ainsi surtout un nouveau maillon dans l’intégration financière du Rwanda avec la Chine. Dans un contexte où les minerais de l’est de la RDC sont au cœur des enjeux économiques et géopolitiques régionaux, cette évolution mérite néanmoins une attention particulière sur la traçabilité des flux financiers et commerciaux.

Pour Kinshasa, l’enjeu sera désormais de s’assurer que l’exploitation et la commercialisation des ressources congolaises puissent être suivies de manière transparente, quel que soit le circuit financier utilisé.

Par Pascal Kabeya
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26 septembre 2026
À la UneEconomie

Manono : KoBold Metals mise sur l’IA pour explorer le lithium congolais

by admin9775 26 septembre 2026

La société américaine KoBold Metals accélère ses activités d’exploration minière à Manono, dans la province du Tanganyika, où elle recherche notamment du lithium, un minerai stratégique pour la transition énergétique.

Présente en RDC depuis 2025, l’entreprise s’appuie sur l’intelligence artificielle pour analyser les données géologiques et orienter ses équipes vers les zones présentant le plus fort potentiel. Ses géologues utilisent notamment des GPS de haute précision et des tablettes connectées à des outils d’IA capables de générer des cartes interactives.

KoBold dispose actuellement de 14 permis d’exploration couvrant plus de 3 000 km² et prévoit d’investir plus de 50 millions de dollars en RDC d’ici début 2027.

L’IA au service de l’exploration

Depuis avril, les équipes de KoBold prélèvent environ 2 000 échantillons de sol par semaine. Les analyses recherchent des signatures géochimiques pouvant révéler la présence de pegmatites, des roches susceptibles de contenir du lithium.

Ces informations sont croisées avec des cartes géologiques historiques, d’anciens résultats de forage et des images satellitaires. L’IA permet ensuite de produire des modèles prédictifs afin de mieux cibler les futurs forages.

Pour Benjamin Katabuka, directeur général de KoBold en RDC, les premiers résultats sont « très encourageants », même si aucune estimation des ressources n’a encore été rendue publique.

Un nouvel acteur américain à Manono

L’implantation de KoBold intervient dans le contexte du rapprochement entre Kinshasa et Washington autour des minerais critiques. La société cherche à se positionner dans une région déjà convoitée par de grands groupes miniers, notamment le chinois Zijin, présent sur un important projet voisin.

KoBold espère ainsi transformer ses découvertes en exploitation commerciale dans les prochaines années.

À Manono, les attentes sont fortes

Pour les populations locales, l’arrivée de ce nouvel investisseur nourrit surtout l’espoir de voir apparaître des emplois, des infrastructures et des retombées économiques concrètes.

Le territoire reste confronté à d’importants déficits en infrastructures. L’administrateur du territoire, Cyprien Kitanga, souligne notamment le manque d’eau potable et l’absence d’électrification de plusieurs zones.

L’histoire minière de Manono, marquée notamment par l’exploitation de l’étain depuis l’époque coloniale, laisse toutefois un héritage contrasté. Les populations souhaitent désormais que l’exploitation des nouvelles ressources profite davantage au développement local.

À Manono, KoBold joue donc une double partie : confirmer le potentiel en lithium de ses permis et démontrer que l’arrivée d’un nouvel acteur minier peut produire des bénéfices visibles pour les communautés locales.

Par Pascal Kabeya
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