Le procès du général d’armée Christian Tshiwewe Songesha et de ses coaccusés s’est poursuivi ce jeudi 13 août 2026 devant la Haute Cour militaire à Kinshasa, dans une nouvelle configuration de la composition du tribunal.
Un changement est notamment intervenu parmi les juges assesseurs. Le lieutenant-général David Padiri Bulenda, coordonnateur national de la Réserve armée de la Défense, a intégré la composition de la Haute Cour militaire en remplacement du commissaire général de la Police nationale congolaise, Benjamin Alongaboni.

Conformément à l’article 27 du Code judiciaire militaire, le nouvel assesseur a prêté serment avant de prendre part à l’audience. Le premier président de la Haute Cour militaire, le lieutenant-général Joseph Mutombo Katalay, a rappelé que cette formalité est obligatoire pour tout assesseur non magistrat lors de sa première audience.
La défense conteste la régularité de la procédure
Au cours de cette audience, les avocats de Christian Tshiwewe et de plusieurs coaccusés ont poursuivi leurs moyens de défense en contestant notamment la régularité de la procédure ayant conduit au procès.
La défense demande en particulier l’annulation des procès-verbaux établis par le Conseil national de cyberdéfense, estimant que les agents de cette structure ne disposaient pas de la qualité requise pour poser certains actes de procédure.
Les prévenus contestent également la compétence du Conseil national de cyberdéfense et dénoncent plusieurs irrégularités qu’ils estiment avoir entaché la procédure.
Ces arguments constituent, à ce stade, des moyens soulevés par la défense. La Haute Cour militaire devra encore se prononcer sur ces exceptions avant d’aborder, le cas échéant, l’examen du fond du dossier.
Le ministère public demande deux semaines

Face au volume des mémoires présentés par la défense, l’Auditeur général près la Haute Cour militaire, le lieutenant-général Lucien-René Likulia Bakumi, a sollicité un délai de deux semaines afin de les examiner et de préparer sa réponse.
Le magistrat militaire a annoncé une réplique qu’il entend présenter avec fermeté, répondant également à certaines critiques formulées par les avocats de la défense.
« Je voudrais disposer du temps nécessaire afin d’examiner efficacement les différents mémoires, d’en apprécier la portée et d’y réserver une réplique appropriée, percutante et foudroyante », a-t-il déclaré.
Trois mémoires présentés à l’audience
Trois mémoires uniques ont notamment été exposés devant la Haute Cour militaire au cours de cette audience.
Le premier a été présenté au nom du général de brigade John Ngoy wa Kabila, suivi de celui du général de brigade John Sangwa Muhemedi. Le troisième mémoire concernait le colonel Guy Mukombozi Zahinda.
Les différentes défenses ont notamment insisté sur la question de la compétence des services intervenus dans les actes de procédure ainsi que sur la régularité des procès-verbaux produits au dossier.
Prochaine audience fixée au 27 août
À l’issue des débats, le premier président de la Haute Cour militaire a renvoyé l’affaire au 27 août 2026.
Cette prochaine audience sera consacrée à la réplique du ministère public sur les arguments développés par les différentes défenses, ainsi qu’à l’intervention de la partie civile, représentée par la République démocratique du Congo.
Le procès entre ainsi dans une phase essentiellement consacrée à l’examen des exceptions et contestations de procédure avant toute éventuelle discussion sur le fond des accusations.
Dix prévenus poursuivis

Au total, dix personnes sont poursuivies dans cette affaire, parmi lesquelles plusieurs hauts responsables militaires.
Il s’agit notamment du général d’armée Christian Tshiwewe Songesha, du général d’armée John Numbi Banza Ntambo, en fuite, du général-major Maurice Nyembo Kufi, du général de brigade Chinyabuuma Kamukinde, du général de brigade John Ngoy wa Kabila, du général de brigade John Sangwa Muhemedi, du colonel Guy Mukombozi Zahinda, du colonel Pathy Sangwa Lumbu, du colonel Christophe Tshinabo Kenge, également en fuite, ainsi que de Pascal Nyembo Muyumba, ancien directeur général du CEEC, lui aussi en fuite.
Les prévenus sont poursuivis pour plusieurs chefs d’accusation, notamment complot, propagation de faux bruits, apologie du terrorisme, trahison, désertion à l’étranger, violation des consignes, détention illégale d’armes et de munitions de guerre, ainsi qu’incitation des militaires à commettre des actes contraires au devoir et à la discipline.
Pour l’heure, aucune décision n’a encore été rendue sur les exceptions soulevées par la défense. La prochaine audience du 27 août devrait donc permettre au ministère public de répondre à ces arguments et à la Haute Cour militaire de poursuivre l’examen de la procédure.
Par Pascal Kabeya
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