La République démocratique du Congo franchit une nouvelle étape dans la mise en œuvre de son partenariat stratégique avec les États-Unis dans le secteur des minerais critiques. Le gouvernement a décidé de mettre en place un groupe de travail RDC-USA chargé d’accélérer l’exécution des engagements convenus entre Kinshasa et Washington.
La décision a été adoptée lors de la réunion du Conseil des ministres du 11 septembre 2026. Cette nouvelle structure doit notamment contribuer à transformer les engagements du partenariat en projets et en retombées concrètes pour l’économie congolaise.
Passer des engagements aux résultats

Présentant cette initiative au Conseil des ministres, le ministre de l’Économie, Daniel Mukoko Samba, a souligné la nécessité de traduire les engagements pris avec les États-Unis en « résultats économiques et sécuritaires concrets » pour la population.
Le groupe de travail aura ainsi vocation à assurer le suivi de la mise en œuvre du partenariat et à faciliter la coordination entre les différentes parties prenantes. Les autorités n’ont toutefois pas encore détaillé sa composition ni arrêté la liste des projets prioritaires qui seront placés sous sa supervision.
Sa mise en opération, initialement envisagée depuis plusieurs mois, avait été retardée par des procédures administratives. Le gouvernement entend désormais donner un nouvel élan à ce mécanisme de coordination.
Le cuivre et le cobalt au cœur de la stratégie

Cette démarche s’inscrit dans la volonté de la RDC de mieux valoriser son potentiel minier et de diversifier ses partenaires dans un secteur stratégique pour son économie.
Le cuivre et le cobalt occupent une place centrale dans cette stratégie. La RDC dispose d’une position majeure sur le marché mondial du cobalt et figure parmi les principaux producteurs de cuivre.
Le partenariat avec Washington a déjà donné lieu à plusieurs initiatives dans le secteur minier et commercial, notamment autour des investissements et de la commercialisation du cuivre congolais sur les marchés occidentaux.
Pour Kinshasa, l’objectif dépasse toutefois la seule extraction. Il s’agit également d’attirer davantage de capitaux, de sécuriser les débouchés, de développer les infrastructures et de renforcer la contribution du secteur minier au développement économique national.
Une volonté de diversifier les partenariats
La création de ce groupe de travail intervient alors que les grandes puissances cherchent à sécuriser leur accès aux minerais indispensables aux industries technologiques et énergétiques.
Pour la RDC, cette dynamique représente une opportunité de renforcer ses relations économiques avec les États-Unis et d’autres partenaires occidentaux, tout en réduisant progressivement sa dépendance à l’égard d’un nombre limité de partenaires historiques.
Le gouvernement veut ainsi faire des minerais stratégiques un levier non seulement de croissance économique, mais également de sécurité, d’investissements et de développement des infrastructures.
Cette nouvelle structure devra désormais contribuer à donner une traduction opérationnelle aux engagements pris entre Kinshasa et Washington, avec pour enjeu principal de faire en sorte que les ressources minières congolaises produisent davantage de valeur pour l’économie nationale.
Par Pascal Kabeya
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