« Le dossier RAM (Registre des appareils mobiles) n’est pas géré à mon niveau. Il n’est pas géré au niveau du Trésor. Il faut poser la question au ministère des PT-NTIC (Poste, télécommunications et Nouvelles technologies de l’information et de la communication), à l’ARPTC (Autorité de régulation de la poste des télécommunications du Congo) », révèle, invité du l’ÉDITION SPÉCIALE sur TOP CONGO le ministre des Finances, Nicolas Kazadi.
« Si vous voulez les compléments, je viendrai après que j’ai eu les éléments techniques auprès de mes services », rassure-t-il.
Face à l’émoi que cela suscite, il affirme que « ça peut (arriver que pareil montant ne soit pas géré par le Trésor public). Le système est ainsi fait. Il y a beaucoup d’histoires où les fonds sont créés, mobilisent les ressources et font les actions ».
Mais, Nicolas Kazadi reconnaît tout de même que « c’est vrai que ce n’est pas ce qui est globalement conseillé. Nous devons, dans le cadre du programme avec le FMI, rétablir le compte unique du Trésor. Nous y travaillons. Nous sommes en train de mettre de l’ordre ».
Quid du projet Tshilejelu ?
Pour le projet « Tshilejelu, il faut poser la question au FPI (Fonds de promotion de l’industrie). Je ne suis pas en mesure de répondre parce que ça ne passe pas par moi, ça ne passe par la procédure budgétaire ».
Par contre, « ce que je sais est que pour le Kasaï notamment pour les routes, je suis ministre de Finances, j’ai pris un engagement avec la Banque africaine de développement (BAD) qui veut faire la route Mbuji-Mayi-Kananga jusqu’à la frontière angolaise », déclare Nicolas Kazadi.
« Ils ont réuni des ressources dont dispose le pays. Ils ont ajouté d’autres ressources régionales. Et malgré ça, il y a encore un gap. Pour compléter ce gap, il y a le FPI qui s’est engagé en disant qu’il peut mobiliser l’argent et aller plus vite. Mais, cela n’a pas été très vite. C’est plus de 2 ans qu’ils ont signé des contrats. L’idée était que s’ils peuvent commencer, qu’ils commencent quelque chose le temps qu’on finalise le grand financement avec la BAD. Mais, ils n’ont pas commencé ».
Raison pour laquelle « mon collègue des Infrastructures et moi avons proposé que tout cela soit fait de manière coordonnée et que la place réservée à la BAD soit la place centrale. Nous continuons d’avancer avec la BAD. L’ensemble du financement, BAD plus FPI, va permettre d’avancer et presque de boucler. Pour la partie BAD, il n’y a pas eu de décaissements ».
La réalité est qu' »il y a un travail de 30 kilomètres de voiries qui est fait à Mbuji-Mayi. Et cela est fait en préfinancement. Il avance. J’ai posé la question à Safrimex, qui devrait commencer en préfinancement et le remboursement échelonné devrait commencer au mois de février. Cela n’a pas encore commencé. Et cela ne va démarrer qu’après évaluation. Safrimex m’a dit que volontairement, nous avons décidé de ne pas donner priorité à l’asphalte. Nous faisons le travail de fond, de terre et des caniveaux. J’attends les rapports finaux ».
Difficile de détourner l’argent du PDL-145T
« Pour le programme de développement des 145 territoires (PDL-145T), je fais partie de la coordination. Mais, le rôle au quotidien, c’est le ministère du Plan. Selon le rapport qui m’a été fait par le DG du BCECO (Bureau central de coordination), tout donnait l’air de très bien évoluer. Peut-être en termes de vitesse d’exécution, il y a des retards ».
Alors que certains craignent le détournement des deniers publics au vu de la lenteur avec laquelle se font les travaux, Nicolas Kazadi rassure que « le verrou que nous avons mis à travers les 3 agences d’exécution, c’est tellement difficile de détourner l’argent. 500 millions ont été payés, on va payer 200 millions dont une bonne partie ira pour les routes. L’argent est disponible ».
En ce qui concerne, « les jeux de la Francophonie, nous sommes totalement engagés. Nous faisons des paiements régulièrement. Tout avance plutôt bien. Une mission de la Francophonie arrive la semaine prochaine et va faire le point ».
CENI, 80% du budget attendu déjà payé
La Commission électorale nationale indépendante (CENI) « attendait 640 millions, nous avons payé 485 millions fin décembre. Nous sommes peut-être à 80% du budget attendu pour 2022. Mais, même ce que nous avons payé, qui s’approche de 500 millions, n’a pas été totalement décaissé. Ça veut dire qu’il y a une capacité d’absorption qui a ses limites. Donc, nous sommes pas véritablement en retard. La preuve est que les opérations d’enrôlement ont démarré comme prévu ».
Des justifications attendue avant de payer le salaire Covid
« J’ai reçu un rapport de l’Inspection générale des finances (IGF) qui est clair et qui me recommande de ne pas payer. L’équipe Covid a déjà mobilisé des sommes énormes, avec les 45 dollars par test. Et ces sommes n’ont pas été justifiées, selon l’entendement de l’IGF. Pour des raisons évidentes, je n’ai pas payé. Donc, ce n’est pas ma décision. Elle est basée sur une analyse faite par l’IGF« , révèle encore le ministre des Finances.
« C’est une situation qui a été examinée en Conseil des ministres. Le Conseil des ministres a recommandé que l’on fasse cette évaluation. L’IGF a fait cette évaluation et je m’en tiens à cela ».
Concrètement, « il faut que l’équipe Covid aille se justifier auprès de l’Inspection générale des finances, en apportant tous ses arguments. Mais, c’est tellement facile de faire passer le ministère des Finances comme n’ayant aucun souci des gens. Ce type de chantage, je le vis tous les jours. Le chantage est permanent »
TOP CONGO via CONGO PUB Online






