Un protocole d’accord stratégique pour les minerais critiques : Glencore et un consortium américain visent les géants miniers du cuivre et du cobalt en RDC

par admin9775

Un projet d’investissement majeur, aux implications géostratégiques, se dessine dans le secteur minier congolais. Le géant suisse Glencore et le consortium américain Orion Critical Minerals (Orion CMC), soutenu par le gouvernement des États-Unis, ont signé mardi 3 février un protocole d’accord (MoU) non contraignant. Il porte sur une éventuelle acquisition par Orion de 40% des parts détenues par Glencore dans deux joyaux de l’industrie : la Mutanda Mining (Mumi) et la Kamoto Copper Company (KCC).

Si la transaction se concrétise, elle valoriserait les deux entités à près de 9 milliards de dollars, selon des estimations citées par les médias congolais. Cet accord potentiel illustre l’intensification de la course aux minerais critiques, principalement le cobalt et le cuivre, dont la RDC est le premier producteur mondial pour le premier et un acteur majeur pour le second.

Les termes de l’accord envisagé : un partenariat à l’américaine

Le MoU, s’il débouche sur des accords fermes, structurerait un partenariat inédit :

  • Gouvernance : Orion CMC obtiendrait le droit de nommer des administrateurs non exécutifs dans les conseils de Mumi et KCC, lui offrant une voix dans la stratégie.
  • Commercialisation : Le consortium assurerait la commercialisation de sa part de production auprès d’acheteurs identifiés, alignant les flux de minerais sur les objectifs de sécurité d’approvisionnement des États-Unis.
  • Opérations : Glencore conserverait la gestion opérationnelle et l’exploitation des mines, garantissant la continuité technique.

Une manœuvre aux forts relents géopolitiques

Cette initiative dépasse largement le cadre d’un simple investissement commercial. Elle s’inscrit au cœur de la stratégie américaine visant à diversifier et sécuriser ses chaînes d’approvisionnement en minerais essentiels à la transition énergétique et à l’industrie de défense, tout en contrecarrant l’influence d’autres puissances, notamment la Chine, très présente dans le secteur congolais.

Les déclarations des officiels américains sont sans équivoque. Le secrétaire d’État adjoint Christopher Landau y voit une concrétisation du partenariat stratégique USA-RDC. Ben Black, directeur général de la U.S. International Development Finance Corporation (DFC), institution publique de financement du développement, affirme que cela « sécuriserait l’approvisionnement » tout en favorisant « la stabilité régionale ».

Une validation pour la RDC et des perspectives d’expansion

Pour Glencore, cet intérêt américain majeur sert de label de confiance. Son directeur général, Gary Nagle, y lit une reconnaissance des « efforts entrepris par les autorités congolaises pour attirer des capitaux étrangers ».

Le protocole d’accord évoque également une volonté commune d’examiner de nouvelles opportunités d’expansion en RDC et dans la ceinture cuprifère africaine, en collaboration avec le gouvernement congolais et la Gécamines, l’entreprise publique partenaire dans ces projets.

Un pas en avant, mais le chemin reste long

Ce MoU constitue une avancée diplomatique et commerciale significative, mais son aboutissement est loin d’être garanti. Plusieurs étapes critiques s’annoncent :

  1. Due diligence : Des audits approfondis des actifs et des opérations devront être menés.
  2. Négociations finales : La conversion du MoU non contraignant en accords d’achat d’actions juridiquement contraignants sera complexe.
  3. Approbations réglementaires : L’accord devra recevoir le feu vert des autorités congolaises (probablement au plus haut niveau) et des régulateurs de la concurrence concernés.
  4. Équation avec la Gécamines : Le rôle et l’accord du partenaire étatique congolais, la Gécamines, seront déterminants dans la réussite de l’opération.

Un test pour la stratégie américaine et l’attractivité de la RDC

Ce projet potentiel de près de 9 milliards de dollars est un test grandeur nature. Pour Washington, il s’agit de prouver sa capacité à concrétiser sa stratégie de « friend-shoring » (relocalisation chez des alliés) dans un secteur ultra-concurrentiel. Pour Kinshasa, c’est l’occasion d’attirer un investissement structurant, de diversifier ses partenaires stratégiques et de renforcer sa position dans la chaîne de valeur mondiale des minerais critiques. La suite des événements dévoilera si cette annonce est un véritable tournant ou une simple intention dans le jeu complexe de la géopolitique des ressources.

Par Marius Bopenga
CONGO PUB Online

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