Le monde de la musique chrétienne est en deuil. Ron Kenoly, chanteur, compositeur et pasteur dont les hymnes ont résonné dans des églises et des stades du monde entier, s’est éteint le 3 février à l’âge de 81 ans. Sa disparition a déclenché une vague d’hommages unanimes, saluant l’héritage d’un « vrai adorateur » et d’un pionnier qui a façonné le paysage du gospel et de la louange moderne.
Un héritage musical qui a traversé les frontières
Sur les réseaux sociaux, les témoignages de pasteurs, musiciens et simples fidèles ont fusé, qualifiant l’artiste de « légende », de « chef de culte » et de « serviteur fidèle ». Ces hommages reflètent l’impact profond d’un ministère musical qui a marqué plusieurs générations. Des chants comme « Ancient of Days », « Anointing Fall On Me » ou « Jesus Is Alive » sont devenus des classiques intemporels, repris dans des milliers de langues et de cultures.
Sa percée internationale majeure s’est produite au début des années 1990, culminant avec l’album « Welcome Home » (1996), sacré meilleur album de musique chrétienne par Billboard en 1997 – une reconnaissance rare qui a fait sortir sa musique des cercles strictement confessionnels.
Un parcours de soldat à ambassadeur de la louange
Né le 6 décembre 1944 à Coffeyville (Kansas), Ron Kenoly a très tôt nourri une passion pour la musique. C’est pendant son service dans l’US Air Force (1965-1968) qu’il a effectué ses premières tournées. Après une brève carrière dans la musique profane, il s’est entièrement consacré au gospel, sortant son premier album « You Ought to Listen to This » en 1983.
Son ancrage ministériel s’est affirmé en 1985 lorsqu’il est devenu responsable du culte au Jubilee Christian Center de San Jose (Californie). Deux ans plus tard, nommé « ambassadeur de la musique » de son église, il a commencé à conseiller des congrégations à travers les États-Unis sur le développement de leurs ministères de louange.
L’architecte d’un son global
Ron Kenoly ne fut pas seulement une voix puissante ; il fut un architecte sonore. Son style unique, fusionnant le gospel afro-américain racine, le R’n’B et les structures de la louange d’assemblée, a créé un pont entre les traditions noires américaines et l’émergence d’un culte chrétien globalisé et contemporain. Sa musique, souvent enregistrée en public avec de grands chœurs, avait une dimension expérientielle et communautaire qui invitait à la participation bien au-delà du simple spectacle.
En inscrivant la louange dans des arrangements accessibles et entraînants, il a largement contribué à la démocratisation d’une forme de culte émotionnel et expressif, influençant durablement des artistes majeurs comme Don Moen, Israel Houghton ou des collectifs comme Hillsong.
Une louange qui survit à son interprète

Ron Kenoly laisse dans le deuil son épouse Edith, ses trois enfants Samuel, Ronald Jr. et Tony. Les détails des obsèques n’ont pas encore été communiqués.
Plus qu’une discographie, son héritage est une posture d’adoration. Dans un monde chrétien parfois divisé, sa musique a su unifier. Alors que les échos de « Ancient of Days » continueront de s’élever dans d’innombrables sanctuaires, il demeure, par son œuvre, ce qu’il a toujours aspiré à être : un serviteur dont la vie a pointé des générations vers la célébration. La louange qu’il a enseignée au monde lui survit, preuve ultime de la réussite de son ministère.
Par Pascal Kabeya
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