Pendant des années, les Pertes et Manques à Gagner ont été une boîte noire. Un mécanisme conçu pour éviter les pénuries d’essence, devenu un robinet ouvert sur le budget de l’État sans compteur fiable. Chaque trimestre, des milliards sortaient. Personne ne savait exactement où ils allaient.
Mardi, le ministère de l’Économie a communiqué un chiffre inédit de 22 millions de dollars de « gain » pour l’État au titre du quatrième trimestre 2025. Autrement dit, après calculs et vérifications, la balance penche cette fois en faveur du Trésor public.
Comment expliquer ce retournement ?
D’abord, par une refonte du process. Les PMAG ne sont plus certifiés dans l’urgence et l’opacité. Une cellule technique associe désormais les directions administratives, les opérateurs pétroliers et les auditeurs indépendants. Chaque donnée – prix d’achat, fret, assurance, marges – est tracée, vérifiée, contestable.
Ensuite, par une évolution des relations État-opérateurs. La logique de confrontation cède progressivement la place à une approche plus contractuelle. En échange de la transparence sur leurs coûts, les importateurs obtiennent une visibilité sur leurs compensations. Moins d’aléas, moins de contentieux.
Reste un défi majeur : la zone Est, où l’approvisionnement pétrolier est perturbé par l’insécurité et les contraintes logistiques. Les PMAG y sont plus difficiles à calculer, plus sensibles politiquement. Si la méthode éprouvée à l’Ouest peut y être transposée, l’État disposerait alors d’un outil de régulation enfin fiable sur l’ensemble du territoire.
Par Marius Bopenga
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