La République démocratique du Congo a obtenu un second mandat consécutif au sein du Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l’Union africaine, a annoncé mercredi le ministère congolais des Affaires étrangères. L’élection s’est tenue à Addis-Abeba, siège de l’organisation panafricaine, dans le cadre du renouvellement partiel de l’instance décisionnelle.
Un plébiscite continental
Sur les 48 États membres en droit de vote, 44 ont accordé leur suffrage à la candidature congolaise. Ce score, proche de l’unanimité, traduit un niveau de confiance élevé des partenaires africains envers la diplomatie de Kinshasa et son expertise dans les questions sécuritaires.
Cette réélection intervient alors que le mandat actuel de la RDC au CPS, entamé le 1er avril 2024, arrive à échéance. Elle assure à Kinshasa une continuité stratégique au sein de cet organe, véritable colonne vertébrale de l’architecture de paix et de sécurité africaine.
Un organe clé dans la gouvernance sécuritaire du continent
Le Conseil de paix et de sécurité constitue l’organe décisionnel permanent de l’Union africaine pour la prévention, la gestion et le règlement des conflits. Instance de délibération et d’action, il est habilité à autoriser le déploiement de missions de soutien à la paix et à imposer des sanctions en cas de changements anticonstitutionnels de gouvernement.
La RDC a déjà assumé la présidence tournante du CPS à deux reprises depuis son entrée en fonction : en novembre 2024 et en janvier 2026. Ces périodes ont permis à Kinshasa d’orienter les débats et de peser sur les décisions relatives aux foyers de tension sur le continent, notamment dans la région des Grands Lacs.
Analyse : Une reconnaissance stratégique en période de crise
Cette réélection intervient dans un contexte particulièrement délicat pour la RDC, confrontée à une guerre d’agression présumée dans sa partie Est et à l’activité persistante de groupes armés, dont l’AFC/M23 soutenu par Kigali selon plusieurs rapports onusiens.
Ce scrutin apparaît ainsi comme une validation multilatérale du rôle que Kinshasa entend jouer dans la résolution des crises, non seulement sur son territoire mais à l’échelle continentale. Il confère à la diplomatie congolaise une légitimité renforcée pour porter ses dossiers sensibles – notamment la dénonciation du pillage de ses ressources et l’appel à des sanctions ciblées dans les enceintes panafricaines.
Le timing est également significatif. Cette réélection survient alors que l’Union africaine, par la voix de son président en exercice et du commissaire à la Paix et à la Sécurité, multiplie les initiatives de médiation dans la crise entre la RDC et le Rwanda. Siéger au CPS offre à Kinshasa une tribune permanente pour influencer le narratif et maintenir la pression diplomatique.
Cette réélection confirme que, malgré les critiques internes sur la gestion sécuritaire et politique du pays, la diplomatie institutionnelle congolaise conserve une crédibilité solide auprès de ses pairs africains. Elle offre au président Félix Tshisekedi et à son gouvernement un capital diplomatique précieux à un moment où le pays cherche à internationaliser davantage la résolution de la crise à l’Est et à diversifier ses partenariats stratégiques hors du cadre strictement occidental.
Par Marius Bopenga
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