Projet de manganèse à Luozi : plus de 300 MW nécessaires, le défi énergétique au cœur des débats

par admin9775

Les besoins énergétiques du projet de manganèse porté par Asia Minerals Limited à Luozi, dans la province du Kongo Central, sont estimés à plus de 300 mégawatts (MW). L’annonce a été faite le 26 novembre lors du Forum Makutano, mettant en lumière l’ampleur des défis énergétiques liés à l’industrialisation du secteur minier en République démocratique du Congo.

Selon Felly Samuna, directeur général de Kerith Resources, partenaire local du groupe nippo-malaisien, la demande énergétique se répartirait entre 120 MW pour l’extraction minière et près de 200 MW destinés à la transformation locale du minerai. Cette approche s’inscrit dans la stratégie gouvernementale visant à promouvoir la valorisation des ressources sur le territoire national.

Le lancement de l’exploitation minière est envisagé dans un délai minimal de trois ans, à l’issue de la phase d’exploration. Toutefois, Felly Samuna a soulevé une question centrale : la capacité du pays à fournir une telle puissance électrique dans des conditions fiables et compétitives.

Le potentiel hydroélectrique du Kongo Central en avant

En réponse, le ministre des Ressources hydrauliques et de l’Électricité, Aimé Molendo Sakombi, a indiqué que cette partie du Kongo Central dispose de sites hydroélectriques adaptés pour soutenir un projet d’une telle envergure. Il a notamment cité le site de Mpioka, situé sur la rivière Inkisi.

Pour sa part, Jean-Pierre Mukadi Kalombo, coordonnateur des projets au ministère de l’Énergie, a précisé que la capacité estimée du site de Mpioka avoisinerait les 6 000 MW. Une puissance qui pourrait non seulement alimenter Kinshasa, mais aussi répondre à la demande croissante du secteur minier. Des études de faisabilité sont attendues dès 2026 afin de préciser le potentiel technique et financier du projet.

Par ailleurs, Bob Mabiala Mvumbi, directeur général de l’Agence de développement et de promotion du projet Inga, a évoqué la possibilité pour l’investisseur de négocier un contrat d’achat d’électricité (CAE) dans le cadre du futur barrage Inga 3, dont la capacité est estimée entre 3 000 et 11 000 MW.

La question sensible des tarifs

Au-delà des capacités de production, la compétitivité des tarifs de l’électricité constitue un enjeu majeur pour la rentabilité du projet. Felly Samuna a ainsi rappelé que la fonderie malaise du groupe bénéficie d’un tarif préférentiel de 0,04 USD/kWh, s’interrogeant sur la possibilité d’obtenir des conditions similaires en RDC pour assurer la viabilité du traitement local du manganèse.

Le contexte tarifaire national demeure cependant tendu. La Société nationale d’électricité (SNEL) applique un tarif moyen de 0,17 USD/kWh, qu’elle considère déjà inférieur à ses coûts de production, plaidant pour une révision à la hausse. De leur côté, les opérateurs privés de mini-réseaux pratiquent des tarifs nettement plus élevés, oscillant entre 0,25 et 0,70 USD/kWh.

Entre ambitions industrielles, potentiel hydroélectrique et contraintes tarifaires, le projet de Luozi illustre les défis structurels auxquels la RDC doit faire face pour concilier transformation locale des ressources et compétitivité énergétique.

Le projet de manganèse à Luozi aligne les 5 axes de la diversification minière

En effet, signé au Forum économique RDC–Japon, ce partenariat stratégique entre la société congolaise Kerrith et le japonais AML marque le coup d’envoi d’un projet minier inédit à Luozi, dans le Kongo Central. À la clé : une diversification concrète du secteur minier national, bien au-delà des intentions politiques.

Parvenir à extraire plus que du cuivre ou du cobalt : c’est le pari que vient de réussir la RDC, avec l’officialisation, à Osaka, d’un accord minier novateur autour du manganèse. Un minerai jusque-là absent des radars congolais, et qui pourrait devenir l’un des leviers majeurs de l’économie du pays.

L’annonce, faite en marge du Forum économique RDC–Japon, place la localité de Luozi, nichée dans la paisible province du Kongo Central, au cœur d’un jeu d’acteurs internationaux stratégiques.

Plus qu’un projet, une vision

À moyen terme, 3 500 emplois directs devraient être créés, pour 17 000 bénéficiaires indirects. Deux millions de tonnes de manganèse sont attendues chaque année, pour un investissement initial de 200 millions de dollars. Et déjà, un accord de fourniture d’électricité avec la SNEL est en discussion, tout comme la réhabilitation des axes de transport fluvial et terrestre.

En clair, ce projet qui coche toutes les cinq cases de la vision stratégique des mines congolaises, prouve que la diversification n’est pas un slogan, mais une réalité qui se concrétise.

Par Pascal Kabeya
CONGO PUB Online

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