Après la prise d’Uvira, les États-Unis haussent le ton contre Kigali

par admin9775

Dans un entretien accordé à France 24, le conseiller spécial des États-Unis pour l’Afrique, Massad Boulos, a qualifié de « violation grave » la prise de la ville d’Uvira, dans l’est de la République démocratique du Congo, par le M23, qu’il affirme soutenu par le Rwanda.

Selon lui, cette offensive constitue une entorse majeure à l’Accord de Washington signé en 2025. « Nous espérons pouvoir faire confiance au président Paul Kagame », a-t-il déclaré, tout en reconnaissant que la confiance de Washington est désormais ébranlée.

Une escalade jugée inacceptable

Massad Boulos a indiqué que les États-Unis tiennent « le M23 et le Rwanda » pour responsables de cette escalade, même si les rebelles se sont partiellement retirés d’Uvira après une intervention diplomatique américaine, tout en conservant des positions aux alentours de la ville.

Il a rappelé que l’accord avait été conclu en présence de l’ancien président Donald Trump, engageant politiquement les trois chefs d’État concernés. Pour Washington, la violation d’un texte signé sous l’égide du président américain dépasse le simple incident diplomatique et constitue une rupture de confiance stratégique.

« Les États-Unis ne prendront pas cela à la légère », a averti le conseiller spécial, évoquant la possibilité de nouvelles sanctions. Il a rappelé que Washington avait déjà pris des mesures coercitives contre des individus et entités impliqués dans des circuits commerciaux illicites, ainsi que contre le général James Kabarebe. D’autres sanctions, y compris de niveau plus élevé, pourraient intervenir « dans un futur proche ».

Malgré les critiques américaines, Paul Kagame a affirmé ne pas se soucier d’éventuelles sanctions. « On a entendu ses déclarations… on verra », a réagi Massad Boulos, soulignant que Washington dispose d’outils supplémentaires pour faire pression.

Les États-Unis se sont dits « extrêmement déçus » par les violences, tout en rappelant que l’Accord de Washington ne constituait qu’un point de départ et que la paix dans la région reste « un processus » exigeant du temps et des engagements concrets sur le terrain.

Le Sahara occidental également au menu diplomatique

Au cours de l’entretien, Massad Boulos a également abordé la question du Sahara occidental, dossier traité par la diplomatie américaine en Afrique.

Les États-Unis ont récemment réuni à Madrid des représentants du Maroc, de la Mauritanie, de l’Algérie et du Front Polisario pour des discussions sur ce territoire disputé depuis un demi-siècle.

Le conseiller de Donald Trump a confirmé que Washington reconnaît le Sahara occidental comme territoire marocain, affirmant que « la position des États-Unis est très claire ». Il a néanmoins salué le rôle d’Alger, estimant que « l’Algérie apporte une aide précieuse », tout en soulignant qu’une solution durable devra être acceptée par l’ensemble des parties concernées.

L’évolution de la situation à Uvira, comme celle du dossier saharien, restera sous étroite surveillance de Washington dans les semaines à venir.

Par Marc Kabido, correspondant à Uvira
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