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Nouvelles nécrologiques

À la UneNouvelles nécrologiques

Décès de Brigitte Bardot: un mythe au service d’une cause

by admin9775 28 décembre 2025

Décédée ce dimanche 28 décembre à l’âge de 91 ans, Brigitte Bardot était devenue, en un seul film, le sex-symbol planétaire des années 1950-1960. La star, qui n’en a toujours fait qu’à sa tête, s’était détournée brutalement du cinéma en 1973 pour se consacrer exclusivement à la défense de la cause animale.

Disparue à l’âge de 91 ans, Brigitte Bardot avait depuis longtemps tourné la page cinéma d’une carrière qui fut moins météorique et futile qu’on ne le pense au grand écran : 46 films quand même (en comptant les petits rôles) entre 1952 et 1973. Star planétaire capable de provoquer des émeutes au summum de sa gloire dans les années 1960, elle avait tourné le dos à la caméra en 1973 et s’était, depuis, consacrée à la défense des animaux, cause qu’elle a embrassée avec passion et ténacité jusqu’à son dernier souffle.

Issue de la grande bourgeoisie parisienne – père industriel, mère passionnée de mode –, Brigitte Bardot débute comme mannequin chez Elle dès l’âge de dix ans pour présenter la collection « junior », alors qu’elle suit parallèlement des cours de danse au Conservatoire de Paris. Repérée à la fois pour sa plastique parfaite et son caractère déjà bien trempé, elle est approchée par le metteur en scène Marc Allégret et son assistant, un certain Roger Vadim, qui tombe instantanément amoureux d’elle et vice-versa. La jeune fille a déjà fait quelques apparitions dans des petits rôles lorsqu’elle épouse Roger Vadim en décembre 1952, à 18 ans à peine. Lui en a 24.

Et soudain naquit « BB »

L'actrice française Brigitte Bardot pose lors du 8e Festival de Cannes, à Cannes, dans le sud de la France, en mai 1955.
L’actrice française Brigitte Bardot pose lors du 8e Festival de Cannes, à Cannes, dans le sud de la France, en mai 1955. © UPI / AFP

La carrière de la future superstar bascule trois ans et demi plus tard lorsque sort Et Dieu… créa la femme (1956). Vadim a eu toutes les peines de la Terre à monter ce qui est son premier film, mais Et… Dieu créa la femme fait l’effet d’une bombe dans un monde pas exactement préparé à l’érotisme dévastateur exhalé par celle qui va propulser ses initiales, BB, dans les étoiles. En quelques mois, la voilà devenue icône mondiale, une célébrité si forte qu’elle rejaillit également sur Saint-Tropez, le petit port varois où le film a été tourné et où la star acquiert, en 1958, La Madrague, propriété les pieds dans l’eau qui va devenir sa tanière.

Dès lors, les scénarios affluent mais, à 24 ans, l’actrice désormais la mieux payée de France ne se précipite pas et refuse systématiquement de céder aux multiples offres venues de l’étranger. Hormis une fois dans sa carrière – pour l’oubliable Shalako d’Edward Dmytryk, avec Sean Connery en 1968 –, elle ne sera d’ailleurs dirigée que par des metteurs en scène français ou francophones. Entre 1957 et 1963, elle tourne 11 films, dont les plus notables sont En Cas de malheur – un drame avec Jean Gabin –, Babette S’en va-t-en guerre – une comédie avec Francis Blanche – et La Vérité d’Henri Georges-Clouzot.

Ses répliques cultes au cinéma

Remariée à Jacques Charrier, rencontré sur le tournage de Babette, Bardot vit particulièrement mal le tournage de La Vérité qui survient juste après la naissance de Nicolas, un fils dont elle ne va jamais vouloir, ou savoir, s’occuper. À bout de nerfs, elle tente même de se suicider le jour de ses 26 ans. Mais elle a de la ressource et se ressaisit vite, tenant même tête à l’organisation secrète d’extrême droite française OAS qui veut la rançonner. Elle va dénoncer elle-même l’affaire à la police, devenant un symbole contre l’organisation prônant le maintien de l’Algérie en tant que colonie française.

On est en 1962 et c’est à cette époque qu’intervient sa prise de conscience de la condition animale. Émue par un reportage sur les abattoirs, elle élimine la viande de son alimentation et vient pour la première fois plaider la cause des animaux au micro de Pierre Desgraupes dans Cinq Colonnes à la Une, l’émission phare de l’ORTF.

L’année 1963 est marquée par Le Mépris, où son éclatante beauté illumine le chef-d’œuvre de Jean-Luc Godard, un film devenu culte mais qui ne reçut qu’un accueil mitigé à sa sortie. Il aurait pu marquer un tournant vers une carrière plus sélective, mais ni Brigitte Bardot, ni Jean-Luc Godard ne retrouveront la même grâce, ni la même force au grand écran qu’à travers cette tragédie moderne tournée dans l’azur de la Côte amalfitaine. Après le cinéaste suisse, BB flirte pourtant à nouveau avec la Nouvelle Vague pour Viva Maria ! de Louis Malle, aux côtés de Jeanne Moreau. Un film dont elle assure, à contrecœur, la promo aux États-Unis en 1965, mais qui assoit encore un peu plus son statut de sex-symbol outre-Atlantique.

Une icône planétaire qui se donne à la chanson

Brigitte Bardot et Serge Gainsbourg sur le tournage du Show télévisé réalisé par François Reinchenbach.
Brigitte Bardot et Serge Gainsbourg sur le tournage du Show télévisé réalisé par François Reinchenbach. © AFP

En 1964, BB a fêté ses 30 ans, s’affichant en Une de Paris-Match, hebdomadaire avec lequel elle aura souvent collaboré et où elle est apparue 39 fois en couverture entre ses débuts et son 80e anniversaire. Bien plus qu’une star, elle représente alors un symbole qui va durer : celui d’une femme libre de ses désirs et de ses choix et aussi à l’avant-garde de la mode – tour à tour ingénue, pin-up, sex-symbol, amazone ou hippie avec sa moue boudeuse, ses yeux de biche et son abondante chevelure blonde.

Souvent imitée, jamais égalée, elle correspond à un absolu qui fait fantasmer les hommes et dont veulent s’inspirer les femmes. « John (Lennon, NDLR) et moi étions excités par Brigitte Bardot quand nous étions adolescents, résumait l’ex-Beatle Paul McCartney. Elle était stupéfiante et française. Pour nous, Brigitte, avec ses longs cheveux blonds, sa silhouette inouïe et ses petites lèvres boudeuses représentait la beauté féminine absolue. »

Délaissant petit à petit le cinéma – seuls L’Ours et la Poupée de Michel Deville (1970), Boulevard du Rhum et Les Pétroleuses (1971) marqueront les esprits –, BB pousse la chansonnette.

Dotée de talents limités dans ce domaine mais jamais en reste pour s’amuser, elle laisse opérer son charme et sa scansion si particulière de fausse ingénue. C’est évidemment sa collaboration avec Serge Gainsbourg qui reste à la postérité, collaboration artistique doublée d’une idylle aussi brève que fulgurante (elle est alors en rupture d’avec Gunther Sachs, son troisième mari), liaison abondamment commentée par un Gainsbourg qui ne s’en remettra jamais totalement. Cela nous a laissé, entre autres, « Harley-Davidson », « Comic Strip » et le tube mondial « Je T’aime… moi non plus ». Mais ces deux derniers titres sont avant tout popularisés avec la voix de Jane Birkin, mais bien chantés par BB dans leur version initiale, archivée avant leur sortie.

À l’approche de la quarantaine, Brigitte n’en peut plus d’être Bardot et elle offre une dernière fois son corps dénudé aux caméras de Vadim (Don Juan 73) puis de Nina Companeez en 1973 (L’Histoire très bonne et très joyeuse de Colinot Trousse-chemise), deux films sans envergure.

Clap de fin, on ne verra plus BB à l’écran. « J’arrête le cinéma, c’est fini, ce film est le dernier, j’en ai marre », confie-t-elle à France-Soir, un scoop qui fait le tour du monde en un éclair. Débarrassée du poids d’une célébrité devenue décidément trop lourde à porter, elle va désormais consacrer le reste de sa vie aux animaux avec, pour première fonction, celle de porte-parole de la SPA (Société protectrice des animaux) et, pour premier champ de bataille, la banquise et la défense des bébés-phoques.

La belle et les bêtes

Brigitte Bardot dans un refuge pour chiens à Nice, dans le sud de la France, tenant l'un des 143 chiots saisis par les douaniers dans un fourgon hongrois, le 28 décembre 2005.
Brigitte Bardot dans un refuge pour chiens à Nice, dans le sud de la France, tenant l’un des 143 chiots saisis par les douaniers dans un fourgon hongrois, le 28 décembre 2005. © AFP – VALERY HACHE

Ce premier combat va s’avérer un succès puisque, le 15 mars 1977, l’alors président Valéry Giscard d’Estaing interdit l’importation de peaux de phoques en France, interdiction qui sera adoptée par l’ensemble des pays de l’Union européenne en 1983. Dopée par ce premier succès, Bardot se démène ensuite pour faire interdire la consommation de viande de cheval, mais ce combat-là débouche sur un échec dans un pays qui est le deuxième plus gros consommateur de viande de cheval en Europe de l’Ouest. 

Elle rebondit en créant, grâce à la revente de biens personnels, la Fondation Brigitte Bardot, un organe de lobbying et de protection des animaux qui comptait 70 000 membres en 2013. « J’ai donné ma jeunesse et ma beauté aux hommes. Maintenant je donne ma sagesse et mon expérience et le meilleur de moi-même aux animaux », déclare-t-elle alors. Reconnue d’utilité publique par le Conseil d’État en 1992, la Fondation (13,9 millions d’euros de ressources en 2013, dont 73 % consacrés aux animaux) est l’une des plus grandes fiertés de sa présidente qui a légué ses propriétés de Bazoches (Yvelines) et de La Madrague pour lui donner une assise financière plus solide.

Cette même année 1992, BB épouse Bernard d’Ormale, un industriel proche du leader du Front national, Jean-Marie Le Pen. Bien qu’elle se défende d’être d’extrême droite (elle a cependant reconnu avoir plusieurs fois voté Front national, l’ancêtre de l’actuel Rassemblement national), Brigitte Bardot va défrayer la chronique à de nombreuses reprises pour des déclarations à l’emporte-pièce sur les homosexuels, les hommes politiques, les musulmans ou les enseignants. Elle est d’ailleurs plusieurs fois condamnée pour « incitation à la haine raciale » après des sorties malvenues sur l’islam et l’Aïd el-Kebir.

Toujours battante malgré une santé déclinante, ces dernières années elle s’était particulièrement attaquée au commerce de la fourrure, au sort des chiens et des chats en Asie, à la chasse aux phoques au Canada et aussi au braconnage en mer, offrant en 2014 l’asile à son vieil ami Paul Watson, le cofondateur de Greenpeace, qui a baptisé son trimaran le MV Brigitte Bardot.

Au cours des dernières années, la star des années 1960 avait eu plusieurs ennuis de santé, lui valant de nombreuses hospitalisations. En novembre, Var–Matin avait affirmé que la star de 91 ans était hospitalisée à Toulon, un mois après un séjour lié à une intervention chirurgicale, en octobre. En mai dernier, dans une interview à BFMTV, elle avait assuré vivre « comme une fermière » entourée de ses moutons, ses cochons, ses chiens, ses chats, son âne et sa ponette et ne posséder « ni portable, ni ordinateur ».

Disparue à l’âge de 91 ans ce dimanche à Saint-Tropez, celle qui fut la première actrice à prêter ses traits à la Marianne républicaine aura finalement donné raison à l’adage selon lequel « la plus belle femme du monde ne peut donner que ce qu’elle a ».

RFI

421 Vues
28 décembre 2025
À la UneNouvelles nécrologiques

Une jeune militaire américaine d’origine congolaise tuée dans une fusillade sur une base navale

by admin9775 21 décembre 2025

Une tragédie a frappé la diaspora congolaise aux États-Unis. Noely Makenda, une jeune militaire américaine de 21 ans d’origine congolaise, a été tuée par balle vendredi 19 décembre dans une fusillade survenue dans un logement de la base navale de Naval Air Station Jacksonville, à Orange Park en Floride.

Une dispute qui tourne au drame

Selon le shérif du comté de Clay, l’incident est survenu à la suite d’une violente dispute dans l’appartement que Noely Makenda partageait avec d’autres militaires. L’altercation aurait dégénéré en échange de coups de feu, avec plus de trente tirs recensés sur les lieux. Noely Makenda et une autre jeune femme de 20 ans, Jordyn Forrestier, également membre de l’U.S. Navy, ont succombé à leurs blessures.

Un suspect interpellé et inculpé

Les autorités ont rapidement interpellé un marin américain de 22 ans, présenté comme un proche de la victime. Il a été inculpé pour meurtre au second degré et placé en détention. Une enquête approfondie est en cours pour établir les circonstances exactes et les motivations de cet acte.

Une famille congolaise dévastée et confrontée à des obstacles

Noely Makenda était la fille de Fanny Makwika, une figure connue de la diaspora chrétienne congolaise. La famille, profondément bouleversée, fait face à une double épreuve. La mère de la victime, actuellement à l’étranger, rencontre de graves difficultés administratives et consulaires pour se rendre aux États-Unis afin de suivre l’enquête et prendre en charge les démarches funéraires.

Ce drame a suscité une vive émotion au sein de la communauté congolaise des États-Unis et en RDC, rappelant les drames qui touchent les familles de la diaspora souvent confrontées à l’éloignement lors de telles épreuves. Les prochaines étapes seront judiciaires, pour établir la vérité, et humaines, pour soutenir une famille meurtrie par une perte aussi soudaine qu’absurde.

Par Marius Bopenga
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21 décembre 2025
À la UneNouvelles nécrologiques

Football : Décès de Chiko Ushindi, ancien joueur du TP Mazembe et de plusieurs grands clubs

by admin9775 14 décembre 2025

Le football congolais est en deuil. L’attaquant Chiko Ushindi, dit « Ushindi wa Kubanza », est décédé ce samedi à Lubumbashi des suites d’une courte maladie, a-t-on appris de sources proches de son club, la JS Groupe Bazano. Il avait 32 ans.

Issu de la prestigieuse Katumbi Football Academy, Chiko Ushindi avait entamé sa carrière professionnelle au TP Mazembe, le géant du football congolais. Son talent l’avait ensuite conduit à porter les couleurs de plusieurs clubs renommés, témoignant d’un parcours respecté à travers le continent.

Après ses débuts aux « Corbeaux », il a successivement évolué au CS Don Bosco de Lubumbashi, aux Young Africans en Tanzanie, puis à l’AS V.Club de Kinshasa, avant de rejoindre la JS Groupe Bazano, où il évoluait encore.

Reconnu pour son engagement combattif et son talent offensif, il laisse le souvenir d’un joueur apprécié par ses coéquipiers et les supporters.

Hommage de Moïse Katumbi

La nouvelle a provoqué une vague d’émotion dans le milieu footballistique. Moïse Katumbi, président du TP Mazembe et mentor de la Katumbi Football Academy, a immédiatement rendu hommage à l’un de ses « fils » : « Nous perdons un talent immense, un fils du club. Nos pensées et nos prières accompagnent sa famille et ses proches en ces moments douloureux », a-t-il écrit dans un message de condoléances.

La cause exacte de sa mort n’a pas été immédiatement précisée. La disparition brutale de Chiko Ushindi prive le football congolais d’un de ses anciens talents, formé localement et ayant rayonné dans plusieurs championnats d’Afrique centrale et de l’Est.

Par Pascal Kabeya
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14 décembre 2025
À la UneNouvelles nécrologiques

Kinshasa : Deuil à Bumbu après le décès tragique du chef d’entreprise Tamak Bulala Mpanu

by admin9775 12 décembre 2025

La commune de Bumbu, dans l’ouest de Kinshasa, est sous le choc après la disparition brutale de Tamak Bulala Mpanu, un chef d’entreprise et figure communautaire très respectée. Il est décédé mercredi des suites d’une électrocution accidentelle survenue à son domicile, selon plusieurs témoignages concordants.

Les circonstances du drame indiquent que l’accident s’est produit alors que M. Bulala tentait d’éteindre son groupe électrogène. Victime d’une décharge électrique, il a été transporté en urgence à l’Hôpital Général de Bumbu, où les efforts des équipes médicales sont restés vains.

La nouvelle de son décès a provoqué une vague d’émotion et de consternation dans les quartiers de Bumbu et de Selembao, où l’homme d’affaires était connu pour son implication sociale et son ancrage local. « C’est une perte immense pour notre communauté. Il était toujours présent pour aider et soutenir les initiatives du quartier », témoigne un habitant sous le coup de l’émotion.

La dépouille du défunt repose actuellement à la morgue de l’hôpital, en attendant les suites à donner aux obsèques. Les messages de soutien et de condoléances affluent de la part des proches, des connaissances et des nombreux membres de la communauté qui le tenaient en haute estime.

Ce tragique accident domestique rappelle une nouvelle fois les risques liés à l’utilisation des groupes électrogènes et aux installations électriques dans les quartiers populaires de Kinshasa, souvent confrontés à des problèmes d’accès à l’électricité et à des normes de sécurité précaires.

Par Marc Etumba, correspondant à Kinshasa
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12 décembre 2025
À la UneNouvelles nécrologiques

Frank Gehry, architecte américano-canadien de renommée mondiale, est mort

by admin9775 5 décembre 2025

L’architecte américano-canadien Frank Gehry, l’un des rares de sa profession à s’être hissé au rang de superstar à travers la planète, est mort vendredi 5 décembre 2025 à l’âge de 96 ans, a fait savoir à l’AFP son bureau. À l’origine de bâtiments emblématiques tels que le musée Guggenheim de Bilbao en Espagne ou le Walt Disney Concert Hall de Los Angeles, Frank Gehry est décédé « ce matin dans sa maison de Santa Monica à l’issue d’une courte maladie respiratoire », a écrit son bureau.

Frank Owen Goldberg, de son vrai nom, naît à Toronto, au Canada, le 28 février 1929 dans une famille d’origine juive, qui déménage aux États-Unis à la fin des années 1940.

Bien avant qu’il n’ait son propre personnage dans un épisode de la série « Les Simpson », il se lance à Los Angeles dans des études d’architecture à l’Université de Californie du Sud.

Il obtient son diplôme en 1954 et change vers la même époque son nom en « Gehry » pour se protéger de l’antisémitisme. Par la suite, il s’enrôle dans l’armée américaine, tout en étudiant l’urbanisme à la prestigieuse université d’Harvard.

Modélisation par ordinateur

Sa carrière commence notamment dans les bureaux de l’architecte Victor Gruen, l’inventeur des galeries commerciales à Los Angeles. Puis elle se poursuit par un séjour à Paris pour travailler chez André Remondet. De retour en Californie, il ouvre au début des années 1960 son propre cabinet.

Les années 1970 et 1980 marquent pour lui le début d’une longue série de réalisations architecturales audacieuses et innovantes. Très proche de l’avant-garde californienne, il invente de nouveaux principes d’écriture architecturale et explore les techniques de modélisation par ordinateur qui vont occuper une grande place dans son travail.

L’œuvre la plus célèbre de cette époque est sans doute sa propre maison à Santa Monica (Californie) construite en 1978. Conçue comme une enveloppe autour d’un bungalow hollandais des années 1920, laissé visible, elle alterne cubes de verre inclinés et parois en tôle ondulée.

L’architecte revendique l’utilisation de matériaux bruts et peu conventionnels, comme les mailles métalliques et le contreplaqué, dans une sorte de patchwork architectural. Frank Gehry et sa femme Berta ont habité la résidence, devenue un classique de l’architecture contemporaine, pendant près de quarante ans, avant d’en construire une nouvelle en 2019.

Une maquette de la résidence de Frank Gehry, construite à Santa Monica, en Californie, présentée au Centre Pompidou à Paris, le lundi 6 octobre 2014.
Une maquette de la résidence de Frank Gehry, construite à Santa Monica, en Californie, présentée au Centre Pompidou à Paris, le lundi 6 octobre 2014. © Remy de la Mauviniere/AP

Guggenheim, « le plus important édifice de notre temps »

En 1989, il reçoit la plus haute distinction architecturale, le prix Pritzker. Trois ans avant la fin du siècle, le révolutionnaire musée Guggenheim Bilbao est inauguré en Espagne, lui apportant une consécration mondiale.

L’œuvre à la forme ondulée telle un poisson, signature de l’architecte, est faite de roche calcaire, de verre et de courbes en titane qui reflètent la lumière et l’avant-gardisme de Gehry. Pour son confrère américain Philip Johnson, il s’agit du « plus important édifice de notre temps ».  

Assemblage de formes hétéroclites construit en calcaire, verre et titane au bord de la rivière Nervion, il a nécessité pour sa conception un logiciel de l’industrie aérospatiale et des alpinistes pour installer les quelque 33 000 feuilles de titane ultra-léger de la façade.

Cette photo prise le 19 avril 2023 montre une vue générale du musée Guggenheim Bilbao de l’architecte canado-américain Frank Gehry, à côté de l’œuvre de l’artiste français Daniel Buren « Arku Gorriak » (Arcs rouges) sur le pont La Salve sur la rivière Nervion dans la ville basque espagnole de Bilbao.
Cette photo prise le 19 avril 2023 montre une vue générale du musée Guggenheim Bilbao de l’architecte canado-américain Frank Gehry, à côté de l’œuvre de l’artiste français Daniel Buren « Arku Gorriak » (Arcs rouges) sur le pont La Salve sur la rivière Nervion dans la ville basque espagnole de Bilbao. © Ander Gillenea/AFP

Ce monument insufflera un vent de renouveau dans la ville espagnole en crise, attirant les touristes du monde entier. Si bien que l’expression « effet Bilbao » désigne maintenant les œuvres architecturales qui contribuent à la revitalisation urbaine.

S’enchaînent ensuite des projets toujours plus spectaculaires et audacieux pour Gehry : le Walt Disney Concert Hall à Los Angeles (2003), le gratte-ciel 8 Spruce Street à New York (2011), la Fondation Louis Vuitton à Paris (2014). En 2018, il termine la construction des nouveaux quartiers généraux de Facebook dans la Silicon Valley.

Des œuvres complexes

Les conceptions de Frank Gehry sont d’une complexité sans précédent, rendues possibles par une utilisation massive du calcul informatique.

Longtemps, les formes arrondies, incurvées, les ellipses et les cercles ont été taxés d’hérésie en architecture, accusés de briser l’harmonie, d’augmenter les coûts de construction, de poser des problèmes sans fin aux ingénieurs.

Frank Gehry utilise la flexibilité de la simulation numérique, jusqu’à remettre en cause les repères classiques d’un édifice comme la façade ou la couverture.

Il atteint sans doute les limites de sa démarche avec la clinique Lou Ruvo (2010) de Cleveland, aux États-Unis, où façades et fenêtres semblent s’effondrer en de multiples circonvolutions.

Un projet qui ne manque pas d’humour – très présent dans son œuvre – pour une clinique spécialisée dans les maladies neurovégétatives.

Le Cleveland Clinic Lou Ruvo Center for Brain Health, conçu par l’architecte de renommée mondiale Frank Gehry à North Las Vegas le 12 octobre 2010
Le Cleveland Clinic Lou Ruvo Center for Brain Health, conçu par l’architecte de renommée mondiale Frank Gehry à North Las Vegas le 12 octobre 2010 © Mark Ralston/AFP
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5 décembre 2025
À la UneNouvelles nécrologiques

Décès du danseur emblématique Zimbabwe, ancien pilier de Viva La Musica

by admin9775 2 décembre 2025

Le monde de la musique congolaise est en deuil. Le danseur Tshiniama, connu sous le surnom de Zimbabwe, s’est éteint ce lundi matin à Kinshasa, après plusieurs années de maladie.

Il avait été baptisé ainsi par le défunt roi de la rumba, Papa Wemba, dont il était un membre éminent de l’orchestre Viva La Musica. Zimbabwe s’était imposé comme l’un des danseurs acrobatiques les plus talentueux et innovants de sa génération, marquant les esprits par son style unique et sa présence scénique électrique.

Un vol acrobatique s’est achevé. Zimbabwe, celui que Papa Wemba lui-même avait surnommé et lancé sur le devant de la scène était bien plus qu’un performeur : il était un architecte du mouvement.

Sur scène, son corps était un langage. Une fusion d’énergie pure, de grâce athlétique et de théâtralité qui captivait les foules et définissait l’excellence dans les clips et concerts des années glorieuses. Il était ce « docteur de la danse » dont la maîtrise inspira une génération entière.

Considéré comme un « docteur de la danse », son influence sur la scène artistique congolaise fut profonde. Sa fin de vie, malheureusement, reflète le sort de nombreux artistes du pays, marquée par l’oubli et la précarité.

Par Pascal Kabeya
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2 décembre 2025
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Dramatique naufrage sur le lac Maï-Ndombe : le diocèse d’Inongo en deuil après la disparition du diacre Ferdinand Ikela

by admin9775 1 décembre 2025

Une vague de stupeur et de tristesse submerge la communauté catholique du diocèse d’Inongo. L’Abbé Diacre Ferdinand Ikela Sangi, tout nouvellement ordonné, a tragiquement perdu la vie dans un naufrage survenu jeudi sur le lac Maï-Ndombe. Il n’avait revêtu l’aube diaconale que depuis quatre jours.

Une vocation brutalement interrompue

La tragédie frappe avec une ironie cruelle : Ferdinand Ikela Sangi avait été ordonné diacre le dimanche 23 novembre. Il entamait à peine son ministère, plein de la ferveur et des espérances d’une vocation naissante, lorsqu’il a été emporté par les eaux du lac. Sa disparition foudroyante anéantit la promesse d’un engagement pastoral que beaucoup voyaient déjà comme riche et dévoué.

L’Évêque exprime la douleur de toute une communauté

Dans un message vibrant d’émotion, Son Excellence Mgr Donatien Bafuidinsoni Maloko-Mana, Évêque du diocèse d’Inongo, a fait part de sa « profonde douleur ». Il a adressé ses condoléances les plus attristées à la famille éprouvée du défunt, ainsi qu’à l’ensemble des fidèles et du clergé du diocèse, unis dans le même chagrin.

L’Évêque a tenu à saluer la mémoire du jeune diacre, rappelant « la foi sincère, le dévouement et la générosité » qui animaient celui qui se destinait à servir Dieu et son peuple. Il a recommandé l’âme de son serviteur à la miséricorde divine, confiant dans la prière pour son repos éternel.

Ce drame plonge dans le deuil non seulement une famille et un séminaire, mais toute une Église locale qui perd, en la personne de l’Abbé Diacre Ferdinand Ikela, un de ses plus jeunes et prometteurs serviteurs.

Par Marius Bopenga
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1 décembre 2025
À la UneNouvelles nécrologiques

Mort de Jimmy Cliff: la longue histoire d’amour de la star du reggae avec l’Afrique

by admin9775 24 novembre 2025

Monument de la musique jamaïcaine depuis plus d’un demi-siècle, le chanteur Jimmy Cliff est mort le 24 novembre à l’âge de 81 ans. S’il a fait danser la planète et traversé les générations avec « Reggae Night » ou « Hakuna Matata », il a joué en Afrique un rôle à la fois pionnier et dans la durée pour y faire connaitre le genre musical qu’il avait embrassé, soulignant sa dimension socio-politique. Tout au long de sa carrière, cet artiste voyageur a développé des relations aussi solides que profondes avec le continent

Tout avait bien commencé : la première fois qu’il a posé le pied en Afrique fin 1974, Jimmy Cliff a reçu un accueil auquel il ne s’attendait pas. Dès l’aéroport, racontait-il, une foule s’était déplacée pour saluer son arrivée au Nigeria. D’un point de vue historique, l’auteur de « Many Rivers to Cross » est le premier reggaeman à se produire sur le continent si cher au mouvement rasta. Plusieurs concerts ont lieu à travers le pays. À Lagos, au stade Surulere, la star nationale Fela y assiste.

Le roi de l’afrobeat invite le Jamaïcain à passer la soirée dans son quartier général, la République de Kalakuta. Mais le séjour nigérian prend tout à coup une autre tournure. « Une haute cour de Lagos a ordonné l’arrestation de Jimmy Cliff, un artiste jamaïcain renommé », lit-on dans le quotidien ghanéen Daily Graphic du 12 décembre. En cause, une histoire de rivalités entre promoteurs locaux et de contrat non respecté. Libéré après trois nuits en détention, le chanteur a relaté cet épisode mis en musique dans la foulée en studio sur la chanson « The News ». S’il en a conservé un souvenir doux-amer, jamais cela n’a affecté la représentation de ce continent qu’il présentait comme la terre de ses ancêtres. 

Premier 45 tours en 1962 

Né le 30 juillet 1944 dans la colonie britannique de Jamaïque au sein d’une famille modeste qui comptait déjà sept enfants, élevé dans un village rural par son père et sa grand-mère, James Chambers – à l’état civil – est envoyé à Kingston, la capitale, alors qu’il n’a qu’une dizaine d’années. Le jeune garçon, qui ne se contentait pas seulement de chanter à l’église, mais dès qu’il en avait l’occasion, découvre d’autres styles musicaux à la radio.

Sur son île tout juste indépendante, l’époque est au ska (qui engendrera le rocksteady puis le reggae), à l’image de son premier 45 tours en 1962 produit par un vendeur de glaces sino-jamaïcain qu’il a convaincu de se lancer dans l’industrie musicale et auquel il recommande un autre chanteur en herbe croisé dans les rues afin qu’il l’enregistre : Bob Marley !

Alors qu’il avait cherché à percer en Europe avec un registre soul dès le milieu des années 60, Jimmy Cliff obtient son premier succès international au Brésil en 1968 tandis que sa chanson « Vietnam » séduit le public opposé à la guerre menée par États-Unis. Il se fait aussi connaitre sur les écrans en jouant le personnage principal du film devenu culte The Harder They Come (1972), dont il a signé une partie de la bande originale. 

Tombé sous le charme de l’Afrique malgré les déboires de son séjour initial, il y devient rapidement le principal ambassadeur du reggae. Peu de temps après avoir embauché la choriste sud-Africaine Aura Lewis (que l’on entendra une décennie plus tard avec Maxime Le Forestier sur « Ambalaba »), il effectue en 1977 une tournée qui passe par le Sénégal, la Gambie, la Sierra Leone… Une partie des musiciens est recrutée sur place : parmi eux, le Malien Cheick Tidiane Seck, qui se souvient que Jimmy Cliff se faisait alors appeler Naïm Bachir. La conversion du chanteur à l’islam fait a posteriori figure d’étape sur un chemin spirituel complexe qui l’a amené à se pencher, sinon à embrasser différentes religions, prenant ses distances avec le mouvement Rastafari dont ses compatriotes reggaemen sont en général de fervents apôtres. 

Une quête identitaire 

Sa popularité repose sur une forme d’équilibre artistique : d’un côté, un timbre et des qualités vocales remarquables comme sur sa reprise de « No Woman No Cry » de Bob Marley très appréciée en Afrique ; de l’autre, une attitude et une aptitude à évoquer des sujets socio-politiques ou célébrer le continent. L’esprit du reggae. Quitte à se heurter à la censure, à l’exemple de « Remake The World » dont les paroles (« Quelques-uns possèdent tout, quand trop de gens n’ont rien ») déplaisent au régime ségrégationniste de Pretoria. « La chanson a été interdite de diffusion sur la SABC [South African Broadcasting Corporation]) », écrit le Sunday Times de Johannesburg en septembre 1977. 

Pourtant, Jimmy Cliff est autorisé à se produire en Afrique du Sud en 1980. Habillé en treillis militaire – allusion à l’Armée populaire de libération de la Namibie en conflit contre la tutelle sud-africaine ? –, il chante dans le township de Soweto devant près de 20 000 personnes. Et envoie un message clair sur son album suivant intitulé Give The People What They Want avec le morceau « Majority Rule » (la majorité gouverne).

Au cours de sa carrière, d’autres concerts marquants, très souvent devant des foules considérables, ont été organisés au Ghana, au Zaïre, en Zambie, à Madagascar, au Maroc, en Tunisie, en Algérie ou encore en Côte d’Ivoire lors du festival Abireggae en 2015. Dans sa quête identitaire, le Jamaïcain, propriétaire d’un terrain au Liberia, a également parcouru le continent du nord au sud et d’est en ouest à titre personnel. 

Tous ces voyages ont eu un impact sur le plan artistique. Non seulement en termes d’inspiration (de Meeting in Afrika à l’album de 2022 Refugees sur la pochette duquel il campe un pharaon), mais aussi à travers ses relations avec des instrumentistes et chanteurs d’Afrique. Parmi eux, le percussionniste ghanéen Rebop Kwaku Baah présent à ses côtés lors de plusieurs tournées, le Camerounais Lapiro de M’Banga qui l’invite à partager le micro sur « No Make Erreur » en 1986. Un an plus tard, profitant de son séjour à Kinshasa où il était programmé au Palais du peuple, Jimmy Cliff enregistre sur les deux rives du Congo avec l’OK Jazz de Franco, l’Afrisa International de Tabu Ley Rochereau et Grand Zaiko Wawa, émanation de Zaiko Langa Langa emmenée par Manuaku Waku. « Shout For Freedom », le mini-album qui en résulte, illustre une indéniable attirance pour les musiques du continent.  

À la tête d’une vaste discographie qui totalise une quarantaine d’albums, la star jamaïcaine, récompensée par quatre Grammy Awards et entrée au prestigieux Rock & Roll Hall of Fame en 2010 a inspiré de nombreux artistes, comme le Sud-Africain Lucky Dube, devenu à son tour un reggaeman de référence.

Ses tubes ont été repris des dizaines de fois, dont certains dès les années 70 par des groupes africains tels que les Capverdiens Tulipa Negra et Voz Di Cabo Verde ou la Sud-Africaine Margaret Singana. Avec « Hakuna Matata », succès planétaire composé par Elton John et interprété en 1994 pour la bande originale du film d’animation Le Roi Lion, sa voix est devenue indissociable de l’Afrique. 

RFI

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24 novembre 2025
À la UneNouvelles nécrologiques

Décès de Blaise Esabe, batteur du groupe BCBG de JB Mpiana

by admin9775 3 novembre 2025

Lubumbashi, 2 novembre 2025 – Le monde de la musique congolaise est à nouveau en deuil. Blaise Esabe, batteur du groupe BCBG de JB Mpiana, est décédé ce dimanche à l’aéroport international de Luano à Lubumbashi, où la formation s’était rendue pour une production artistique. Cette disparition survient moins d’un an après celle de Séguin Mignon (Blaise Bongongo), autre membre éminent du groupe.

Un drame soudain

Selon des sources proches de l’affaire, le musicien a été victime d’un malaise soudain alors qu’il se préparait à embarquer sur un vol d’Air Congo. Immédiatement transporté d’urgence à l’hôpital Félix Tshilombo CNSS, tous les efforts déployés par le personnel médical pour le réanimer sont malheureusement restés vains.

Une perte immense pour le BCBG

Avec la disparition de Blaise Esabe, JB Mpiana et le groupe BCBG perdent un batteur au talent reconnu, dont le sens du rythme et la présence scénique constituaient des atouts majeurs pour la formation musicale. Son départ crée un vide immense au sein du groupe, déjà éprouvé par la perte récente de Séguin Mignon.

Deuxième deuil en moins d’un an

Cette nouvelle tragédie plonge une fois de plus la famille BCBG et l’ensemble de la scène musicale congolaise dans la consternation. Le décès de Blaise Esabe rappelle la vulnérabilité des artistes et la précarité qui peut parfois caractériser leur existence, malgré la joie qu’ils apportent à travers leur art.

La carrière de Blaise Esabe restera marquée par sa contribution au succès du BCGB et à l’évolution de la musique congolaise moderne, dont il aura été l’un des artisans rhythmiques les plus appréciés de sa génération.

Par Pascal Numbi, correspondant à Lubumbashi
CONGO PUB Online

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3 novembre 2025
À la UneNouvelles nécrologiques

Décès de Monseigneur Faustin Ngabo, ancien évêque de Goma et figure de paix au Nord-Kivu

by admin9775 27 octobre 2025

Goma, 27 octobre 2025 – La communauté catholique de Goma est en deuil. Monseigneur Faustin Ngabo, évêque émérite du diocèse de Goma, s’est éteint ce dimanche à l’âge de 90 ans à l’hôpital Charité Maternelle, des suites d’une courte maladie. La nouvelle a été confirmée par la chancellerie du diocèse, plongeant fidèles et autorités religieuses dans une profonde tristesse.

Un ministère épiscopal de trente-six ans

Né en 1935 à Lokwa, Mgr Ngabo a marqué de son empreinte la vie religieuse du Nord-Kivu. Ordonné prêtre puis nommé évêque de Goma en 1974, il a dirigé le diocèse pendant trente-six ans, jusqu’à sa retraite en 2010. Durant ces décennies de service, il s’est imposé comme un artisan de paix infatigable dans une région régulièrement secouée par les conflits armés et les divisions ethniques.

Un engagement pour la paix et la réconciliation

Sa voix, « empreinte de sagesse et de compassion », selon les témoignages, résonnait comme un appel constant à l’unité et à la cohésion sociale. Son engagement pour la paix lui avait même valu d’échapper à une attaque armée dans la nuit du 27 au 28 octobre 2007 alors qu’il se trouvait à Himbi en compagnie d’un membre de sa famille.

Bâtisseur et promoteur du développement

Sous son épiscopat, le diocèse de Goma a connu un important développement pastoral et social. Mgr Ngabo est à l’origine de la création de nombreuses paroisses, écoles, hôpitaux et centres de santé, ainsi que d’structures caritatives comme la Caritas diocésaine et le Bureau de développement (BPD).

Héritage spirituel et social

Considéré comme un « bâtisseur et un père spirituel », Mgr Ngabo aura consacré sa vie à l’amélioration des conditions de vie des chrétiens et à la promotion de l’éducation et de la solidarité. Dans un communiqué nécrologique, l’abbé chancelier Christian Kisonia a exprimé le souhait que Dieu « l’accueille dans son royaume et lui accorde la grâce de le contempler dans sa grande magnificence ».

La disparition de Monseigneur Faustin Ngabo marque la fin d’une ère pour l’Église catholique du Nord-Kivu, mais son héritage de paix, de réconciliation et de développement social continuera d’inspirer les générations futures.

Par Basengezi Ntomo, correspondant à Goma
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27 octobre 2025
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