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Monde

À la UneMonde

Joe Biden demande à Israël un «plan» pour «garantir la sécurité» de la population à Rafah

by Sam's Londele 11 février 2024
written by Sam's Londele

La menace d’une offensive israélienne persiste dimanche 11 février contre Rafah, ville du sud de la bande de Gaza où le Hamas redoute « des dizaines de milliers de morts » parmi la population civile qui bénéficiera d’un « passage sécurisé » pour en partir, selon le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahu.

Ce qu’il faut retenir

■ Le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahu a déclaré avoir ordonné à l’armée d’élaborer un plan visant à évacuer les civils de Rafah, où il prévoit de lancer une « opération massive » et de vaincre les derniers bataillons du Hamas. Après Gaza City, puis Khan Younès, Israël vise désormais une opération au sol dans cette ville jouxtant l’Égypte, à l’extrême sud de la bande de Gaza, dans le cadre de son offensive militaire contre le mouvement islamiste palestinien Hamas.

■ Le Hamas a averti samedi qu’une offensive sur Rafah pourrait faire « des dizaines de milliers de morts et de blessés » dans cette ville, où sont réfugiés des centaines de milliers de Palestiniens que le Premier ministre israélien veut évacuer, suscitant l’inquiétude à l’étranger. Benyamin Netanyahu a cependant promis aux civils de Rafah une évacuation « sécurisée ».

■ L’armée et l’agence de la sécurité intérieure israéliennes ont par ailleurs affirmé samedi avoir découvert dans la ville de Gaza un tunnel du Hamas sous le quartier général de l’agence de l’ONU pour les réfugiés palestiniens (Unrwa). L’organisation, qu’Israël accuse d’être « totalement infiltrée » par le mouvement islamiste, a souligné que le bâtiment avait été évacué le 12 octobre.

■ Selon le dernier bilan du ministère de la Santé du Hamas, communiqué ce dimanche 11 février, 28 176 personnes ont été tuées à Gaza depuis le début de la guerre, le 7 octobre 2023. Il a fait état d’un total de 112 morts au cours des dernières 24 heures. Les victimes sont en majorité des femmes, des adolescents et des enfants. On dénombre également 67 784 blessés.


Inquiétude internationale face à une éventuelle opération terrestre Rafah

Paris qualifie d’« injustifiable » une offensive à Rafah et exhorte Israël à arrêter les combats pour éviter « une situation humanitaire catastrophique d’une nouvelle dimension ». À Londres, le chef de la diplomatie britannique David Cameron fait part de son « inquiétude profonde » et souligne que plus de la moitié de la population gazaouie a trouvé refuge dans cette zone. Son homologue allemande Annalena Baerbock annonce vouloir se rendre en Israël au milieu de la semaine prochaine. 

La cheffe du Fonds monétaire international Kristalina Georgieva s’attend à des conséquences désastreuses pour l’économie palestinienne. À Gaza, a t-elle dit, « l’activité a déjà chuté de 80% ». Dans le monde arabe, c’est l’avertissement de l’Égypte qui retient l’attention. Le Caire, craignant un afflux massif de refugiés, menace de suspendre les accords de paix de Camp David si Israël lance son offensive terrestre sur Rafah. À Téhéran, le président iranien Ebrahim Raïssi a appelé ce dimanche à exclure Israël de l’Onu, car ce qui arrive à Gaza, a-t-il dit, est « un crime contre l’humanité ». 

RFI via CONGO PUB Online

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Monde

Israël intensifie ses frappes sur Rafah, craintes d’une offensive terrestre

by Sam's Londele 10 février 2024
written by Sam's Londele

L’armée israélienne bombarde tôt samedi matin Rafah, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu ayant demandé à son armée un plan d' »évacuation » des centaines de milliers de civils dans la ville, avant une éventuelle offensive terrestre. Par ailleurs, des frappes israéliennes ont ciblé les environs de la capitale syriennes Damas, ont indiqué une ONG et l’agence de presse officielle syrienne. Suivez en direct la situation au Proche-Orient.

L’essentiel à retenir

  • Tôt samedi, des témoins ont fait état de frappes dans les environs de Rafah, dernier refuge des populations déplacées par le conflit en cours depuis le 7 octobre dernier, en multipliant les frappes aériennes.
  • Au moins 28 personnes ont été tuées dans ces frappes, selon un responsable de la santé publique et des journalistes d’AP qui ont vu les corps arriver dans les hôpitaux.
  • Après Gaza City, puis Khan Younès, Israël vise désormais une opération au sol dans cette ville jouxtant l’Égypte, à l’extrême sud de la bande de Gaza.
  • Des frappes israéliennes ont ciblé les environs de la capitale syrienne Damas, ont indiqué une ONG et l’agence de presse officielle syrienne qui a fait état de dégâts « matériels ».
  • Le ministère de la Santé du Hamas a annoncé, vendredi, un nouveau bilan de 27 947 morts dans la bande de Gaza.

Une offensive d’Israël sur Rafah pourrait faire des « dizaines de milliers de morts et de blessés » prévient le Hamas

Le mouvement palestinien Hamas a affirmé qu’une offensive israélienne sur Rafah, à la pointe sud de la bande de Gaza, pourrait faire « des dizaines de milliers de morts et de blessés ».

« Nous mettons en garde contre une catastrophe et un massacre qui pourraient aboutir à des dizaines de milliers de martyrs et de blessés », a dit le mouvement islamiste dans un communiqué, ajoutant tenir pour responsables de ces éventuelles conséquences « l’administration américaine, la communauté internationale et l’occupation israélienne ».

RFI via CONGO PUB Online

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À la UneMonde

États-Unis: la Maison Blanche contre-attaque après un rapport pointant la mémoire défaillante de Biden

by Sam's Londele 10 février 2024
written by Sam's Londele

La Maison Blanche tente de contre-attaquer au lendemain de la publication du rapport du procureur spécial chargé de l’enquête sur les documents classifiés de Joe Biden. Un rapport dont l’administration tente de remettre en cause l’esprit, sans en discuter les résultats.

Ce vendredi 9 février, les porte-paroles se sont succédé pour expliquer que le procureur spécial Robert Hur n’avait pas trouvé de raison de poursuivre Joe Biden dans cette affaire et que c’est tout ce qu’il faudrait retenir. Sauf que ce qui suscite une avalanche de commentaires, c’est que dans son rapport, le procureur spécial présente le président comme un vieil homme affable et sympathique, mais à la mémoire défaillante.

Pour la Maison Blanche, le procureur spécial est sorti de son rôle et des pratiques du département de la Justice et ses commentaires sont gratuits, inexacts et inappropriés, voire politiquement motivés, selon la vice-présidente Kamala Harris, car Robert Hur est devenu procureur en étant nommé par Donald Trump.

Le sénateur démocrate de Pennsylvanie John Fetterman, dont l’État sera décisif pour l’élection de novembre, a dénoncé une opération menée par un procureur « nommé par Trump » afin de « salir » Joe Biden. Tous les proches du démocrate ne se sont pas risqués sur ce terrain politiquement glissant, alors que l’ancien président républicain, inculpé quatre fois au pénal, n’a de cesse de crier à l’instrumentalisation de la justice contre lui.

L’âge de Biden, un sujet pour ses électeurs

Quant à la mémoire du président, la porte-parole de la présidence, tout en admettant qu’elle n’est pas médecin, explique qu’elle constate au quotidien qu’elle fonctionne très bien. Elle ajoute que Joe Biden a toujours eu la langue qui a tendance à fourcher et à mélanger les noms et les pays, comme c’est arrivé au moins trois fois ces derniers jours, et que cela ne l’empêche pas de faire son travail avec efficacité.

Karine Jean-Pierre a choisi le registre personnel : « Je connais ce président depuis 2009. Il n’a pas été seulement mon chef, mais aussi mon mentor. Et personne dans ce bâtiment ne vous dirait ce que nous avons vu (dans le rapport du procureur spécial) à propos de sa mémoire ».

Quant à son âge, 81 ans, le président a conscience que c’est un sujet pour les électeurs. La preuve, il en plaisante régulièrement, tente son entourage. 

RFI via CONGO PUB Online

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À la UneMonde

Une dizaine de bombardements sur le sud de la bande de Gaza, plus de 100 Palestiniens tués en 24 heures

by Sam's Londele 9 février 2024
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L’armée israélienne bombarde ce vendredi 9 février Rafah, ville du sud de Gaza, où s’entassent plus d’un million de Palestiniens déplacés par la guerre. En l’espace de vingt-quatre heures, de nombreux bombardements ont été commis dans la région, faisant une centaine de morts et de nombreux blessés.

Ce qu’il faut retenir :

■ De nouvelles frappes américaines contre les Houthis au Yémen. Les États-Unis ont annoncé avoir mené des frappes jeudi visant quatre drones de surface et sept missiles de croisière « prêts à être lancés contre des navires en mer Rouge » par les rebelles houthis du Yémen.

■ Les forces israéliennes ont intensifié les bombardements dans des quartiers de Rafah, jugés excessifs par les États-Unis qui craignent un « désastre » humanitaire.

■ Le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahu a déclaré avoir ordonné à l’armée d’élaborer un plan visant à évacuer les civils de Rafah, où il prévoit de lancer une « opération massive » et de vaincre les derniers bataillons du Hamas.

■ Selon le dernier bilan du ministère de la Santé du Hamas, communiqué ce vendredi 9 février, 27 947 personnes ont été tuées à Gaza depuis le début de la guerre, le 7 octobre 2023. Il a fait état d’un total de 107 morts au cours des dernières 24 heures. Les victimes sont en majorité des femmes, des adolescents et des enfants. On dénombre également 67 317 blessés.

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ActualitésMonde

Benjamin Netanyahu balaie les espoirs de trêve, vers une « guerre perpétuelle » à Gaza ?

by Sam's Londele 9 février 2024
written by Sam's Londele

La perspective d’une trêve entre Israël et le Hamas s’éloigne. Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a balayé mercredi d’un revers de la main les minces espoirs apparus ces derniers jours alors que les efforts diplomatiques semblaient tendre vers une désescalade. Décryptage.

Dans un discours à la télévision, Benjamin Netanyahu a déclaré, mercredi 7 février, avoir ordonné à l’armée de « préparer » une offensive terrestre sur Rafah, la ville la plus au sud de la bande de Gaza, où s’entassent 1,7 million de Palestiniens, dont de nombreux déplacés ayant fui le nord de l’enclave.

Alors que le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken se trouvait en Israël pour discuter d’un accord de trêve entre Israël et le Hamas – sa concrétisation était même espérée dans les prochains jours dans les milieux diplomatiques –, le chef du gouvernement israélien a opté pour la poursuite de la guerre. 

Faisant fi de la pression américaine pour accepter une trêve et des suppliques des familles des 136 otages toujours retenus à Gaza qui le pressent d’arrêter les combats, il a assuré que « la victoire sur le Hamas » était « une affaire de mois ». Benjamin Netanyahu dit refuser de se plier aux demandes du mouvement islamiste palestinien qui ne ferait que « mener à un autre massacre », après celui du 7 octobre, perpétré sur le sol israélien. 

Le Premier ministre fait-il simplement monter les enchères pour imposer ses conditions dans les négociations, ou bien craint-il d’être affaibli politiquement s’il accepte de signer un accord avec un le mouvement islamiste palestinien qu’il a promis d’éradiquer ?

Interrogé sur l’antenne anglophone de France 24, Yossi Mekelberg, membre associé du groupe de réflexion Chatham House, basé à Londres, se montre surpris par le ton adopté par Benjamin Netanyahu, rappelant que la guerre dure depuis quatre mois et que le Hamas continue de se battre – et même de tirer encore, certes occasionnellement, des roquettes vers le territoire israélien.

« Netanyahu ne parle pas seulement de victoire contre le Hamas, il dit aussi qu’il veut écraser ce mouvement palestinien, souligne-t-il. Il doit définir ce qu’il entend par ‘victoire’, et plus encore, ce qu’il compte faire après un tel résultat dont, pour l’instant, on ne prend pas le chemin sur le terrain ».

Le gouvernement israélien, et plus particulièrement le Premier ministre Benjamin Netanyahu, « n’est manifestement pas enclin à accepter un quelconque compromis ou accord de cessez-le-feu pour le moment », juge de son côté Hugh Lovatt, chercheur au sein du programme Moyen-Orient et Afrique du Nord du Conseil européen des relations étrangères (ECFR). 

« Le problème est que Netanyahu dit qu’il n’acceptera rien de moins que l’éradication totale du Hamas, rappelle-t-il. Dès les premiers jours de la guerre, son gouvernement a défini, du moins publiquement, une série d’objectifs qu’il ne peut pas atteindre militairement. C’est en totale contradiction avec ce que des responsables politiques et militaires israéliens disent, parfois en public, à savoir qu’Israël ne sera pas en mesure d’éradiquer le Hamas. En définissant des objectifs irréalistes, Netanyahu s’est acculé lui-même. Ce faisant, il ne permet pas à l’opinion publique et politique israélienne d’évoluer dans une direction qui pourrait commencer à permettre des concessions ».

Quel plan pour l’après-guerre ?

En plus d’avoir fixé des objectifs inatteignables, Hugh Lovatt considère que le gouvernement israélien, paralysé par « des contradictions idéologiques » entre les membres d’extrême droite de la coalition de Netanyahu et ceux qui sont plus centristes, n’a pas été en mesure de présenter un plan cohérent pour l’après-guerre à Gaza.

Alors que des ministres extrémistes prônent le retour à Gaza des colons, évacués par le gouvernement d’Ariel Sharon en 2005, et « l’émigration » des Gazaouis vers l’Égypte voisine, le ministre de la Défense Yoav Gallant a présenté début janvier un plan excluant toute « présence civile israélienne »…

« Cette question bloque les pourparlers indirects entre le Hamas et Israël, insiste-t-il. Le gouvernement israélien a clairement indiqué qu’il voulait reprendre les combats à Gaza une fois la trêve terminée, afin d’éradiquer le Hamas, alors que le mouvement palestinien fait pression pour qu’un cessez-le-feu permanent soit mis en place après cette pause ». 

« Finalement, ce que le Premier ministre israélien dit et promet, c’est la poursuite d’une guerre perpétuelle à Gaza, et il le fait probablement aussi pour sa propre survie politique, explique-t-il. Cette survie politique dépend dans une large mesure de la poursuite de la guerre. Une fois celle-ci terminée, il est tout à fait clair, et je pense qu’il y a un consensus au sein du système politique israélien sur ce point, le Premier ministre sera éjecté du pouvoir en cas d’élections ».

Hugh Lovatt poursuit : « Une fois qu’il ne sera plus aux affaires, il sera vulnérable aux enquêtes judiciaires en cours contre lui [Benjamin Netanyahu fait face à des accusations de corruption, NDLR] ».

Il devrai aussi rendre des comptes sur les défaillances sécuritaires ayant permis au Hamas et à ses alliés de mener les attaques du 7 octobre qui ont fait au moins 1 200 morts en Israël. Le 25 octobre, le Premier ministre israélien a admis que les failles ayant conduit à ces attaques seraient examinées « après la guerre ».

Frustrations américaines

Jeudi, un nouveau cycle de pourparlers indirects entre le Hamas et les Israéliens s’est ouvert au Caire, avec la médiation de l’Égypte et du Qatar. 

Hugh Lovatt explique qu’en coulisses, l’administration américaine a augmenté la pression sur le gouvernement israélien pour que ce dernier commence non seulement à avancer vers une désescalade, ou au moins vers une nouvelle phase de la guerre à Gaza et vers un cessez-le-feu. 

« L’administration américaine essaie de développer un plan portant sur ce qui se passera à Gaza après la fin des combats, et c’est la question centrale, poursuit Hugh Lovatt. Mais il y a manifestement beaucoup de tensions en coulisses et de frustrations côté américain, comme ont pu l’illustrer assez symboliquement les conférences de presse séparées de Netanyahu et de Blinken », organisées mercredi en Israël.

Sud de la bande de Gaza
Sud de la bande de Gaza © Sophie RAMIS, Nalini LEPETIT-CHELLA / AFP

Le résumé de la semaineFrance 24 vous propose de revenir sur les actualités qui ont marqué la semaineJe m’abonne

Les experts estiment qu’une offensive terrestre contre Rafah éloignerait durablement toute perspective de trêve, en raison notamment des répercussions et du bilan humain qu’une telle opération pourrait engendrer – le bilan de la guerre à Gaza s’élève déjà à 27 840 morts, selon le ministre de la Santé du Hamas.

Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a prévenu qu’un assaut sur Rafah « augmenterait de façon exponentielle ce qui est déjà un cauchemar humanitaire ».

« Sur les 2,3 millions d’habitants de la bande de Gaza, qui sont à l’origine et en grande partie des réfugiés, près de 1,7 million sont déjà déplacés, puisque les Israéliens leur ont demandé de se rendre dans des endroits sûrs, y compris à Rafah, rappelle Yossi Mekelberg. Si une opération de grande envergure ayant pour objectif l’éradication du Hamas est menée dans cette zone, il faudra donc le traquer au milieu de cette population. Je n’ose imaginer le nombre de victimes civiles que cela pourrait provoquer et c’est là l’un des grands dangers de cette initiative. »

Yossi Mekelberg n’écarte pas l’hypothèse qu’il puisse s’agir d’une tactique de négociation de Benjamin Netanyahu dans sa guerre des nerfs avec le Hamas : amener toutes les parties à repenser les termes et conditions présentés jusqu’à présent.

« C’est peut-être un vœu pieux de ma part, confie-t-il, mais si ce n’est pas une tactique, nous pouvons probablement nous attendre au plus lourd bilan quotidien établi depuis le début de la guerre. »

FRANCE 24 via CONGO PUB Online

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À la UneMonde

La riposte d’Israël à Gaza jugée «excessive» par Washington qui craint un «désastre» humanitaire

by Sam's Londele 9 février 2024
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Alors que l’armée israélienne bombarde ce vendredi 9 février Rafah, ville du sud de Gaza où s’entassent plus d’un million de Palestiniens déplacés par la guerre, Washington craint un « désastre » humanitaire après la riposte contre le Hamas jugée « excessive ».

Ce qu’il faut retenir :

■ De nouvelles frappes américaines contre les Houthis au Yémen. Les États-Unis ont annoncé avoir mené des frappes jeudi visant quatre drones de surface et sept missiles de croisière « prêts à être lancés contre des navires en mer Rouge » par les rebelles Houthis du Yémen.

■ Les forces israéliennes ont intensifié les bombardements dans des quartiers de Rafah, jugés excessifs par les États-Unis qui craignent un « désastre » humanitaire.

■ Selon le dernier bilan du ministère de la Santé du Hamas, communiqué ce vendredi 9 février, 27 947 personnes ont été tuées à Gaza depuis le début de la guerre, le 7 octobre 2023. Il a fait état d’un total de 107 morts au cours des dernières 24 heures. Les victimes sont en majorité des femmes, des adolescents et des enfants. On dénombre également 67 317 blessés.

RFI via CONGO PUB Online

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À la UneMonde

l’ONU accuse Israël de vouloir créer « une zone tampon » à sa frontière avec Gaza

by Sam's Londele 8 février 2024
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L’ONU a estimé jeudi que les destructions par l’armée israélienne de bâtiments dans la zone frontalière à Gaza, dans le but de créer une « zone tampon », constituaient un « crime de guerre ». Dans l’enclave, les craintes s’accentuent sur le sort de plus d’un million de Palestiniens coincés à Rafah où Israël a intensifié ses bombardements alors qu’une nouvelle session de pourparlers s’ouvre au Caire pour une trêve avec le Hamas. Suivez en direct l’évolution de la situation au Proche-Orient.

L’essentiel 

  • Le chef des droits humains de l’ONU a estimé jeudi que les destructions par l’armée israélienne de bâtiments dans la zone frontalière avec Israël à Gaza, dans le but de constituer une « zone tampon », constituaient un « crime de guerre ».
  • L’armée israélienne a intensifié ses frappes sur Rafah, accentuant les craintes sur le sort de plus d’un million de Palestiniens coincés dans cette ville de la bande de Gaza.
  • Un nouveau cycle de négociations entre le Hamas et les Israéliens, avec la médiation de l’Égypte et du Qatar, s’est ouvert dans la matinée au Caire.
  • Le Hamas est toujours « ouvert » aux négociations en vue d’un cessez-le-feu malgré le rejet de ses dernières propositions par Israël, selon un responsable proche du mouvement islamiste palestinien.

Un responsable du Hezbollah visé par une frappe israélienne dans le sud du Liban

Un responsable militaire du Hezbollah pro-iranien a été gravement blessé lors d’une frappe israélienne qui a visé sa voiture dans le sud du Liban, a indiqué une source de sécurité libanaise à l’AFP.

Le responsable « a été gravement blessé et une personne qui l’accompagnait a été également blessée », a précisé cette source. La voiture a été visée dans la ville de Nabatiyé, relativement éloignée de la frontière et épargnée par les violences quotidiennes entre le Hezbollah et l’armée israélienne.

FRANCE 24 via CONGO PUB Online

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À la UneMonde

Gaza: «nouveau cycle de négociations» attendu en vue d’une trêve après le refus d’Israël

by Sam's Londele 8 février 2024
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Alors que le Hamas a élaboré un projet de trêve de quatre mois et demi, en trois étapes, susceptible selon lui de conduire à la fin du conflit qui l’oppose à Israël depuis octobre, et d’ici là, à une libération des otages, Le Premier ministre Benyamin Netanyahu a refusé cette perspective et a demandé à l’armée de se préparer pour l’offensive à Rafah. Jeudi 8 février, les craintes s’accentuent dans cette ville où les réfugiés s’entassent.

Ce qu’il faut retenir

■ Alors que le groupe palestinien Hamas avait confirmé mardi 6 février avoir remis sa réponse aux médiateurs égyptiens et qatariens au sujet de la proposition de trêve qui lui avait été formulée, Israël a refusé ce projet. Selon lui, « Capituler devant les exigences délirantes du Hamas », a-t-il lancé, « non seulement n’amènera pas la libération des otages, mais entraînera un autre massacre ». Il prône le maintien de la pression.

■ Benyamin Netanyahu a également mis en application ce que son gouvernement annonçait depuis plusieurs jours : « Nous avons donné l’ordre aux forces de défense israéliennes de préparer une opération à Rafah ainsi que dans deux camps » de réfugiés. Il y voit les « derniers bastions » du Hamas.

■ Mais une telle opération terrestre suscite une grande crainte. L‘ONU s’alarme à l’idée d’une invasion terrestre à Rafah, qui pourrait « constituer un crime de guerre ». À la frontière avec l’Égypte, la ville concentre désormais la moitié de la population palestinienne, venue se réfugier, suivant notamment des instructions israéliennes. Sa population a été multipliée par 5, des réfugiés s’entassant parfois sur des cimetières.

■ « Un nouveau cycle de négociations » débute jeudi au Caire sous le parrainage de l’Égypte et du Qatar, visant à obtenir « le calme dans la bande de Gaza » ainsi qu’un échange de prisonniers palestiniens et d’otages israéliens, a annoncé un responsable égyptien. Le Hamas a indiqué y envoyer une délégation, menée par un haut responsable de son bureau politique.

■ Selon le dernier bilan du ministère de la Santé du Hamas, communiqué mercredi 7 février, 27 708 personnes ont été tuées à Gaza depuis le début de la guerre, le 7 octobre 2023. Les morts sont en majorité des femmes, des adolescents et des enfants. On dénombre également 67 147 blessés.

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Gaza: sceptique sur le Hamas, Netanyahu ordonne à l’armée de se «préparer» pour Rafah

by Sam's Londele 7 février 2024
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Le Hamas a élaboré un projet de trêve d’une durée de quatre mois et demi, divisée en trois étapes, susceptible selon lui de conduire à la fin du conflit qui l’oppose à Israël depuis octobre dernier, et d’ici là, à une libération des otages. C’est ce qui ressort d’une version du document consultée par Reuters. Ce mercredi 7 février, en réponse, Benyamin Netanyahu se montre sceptique et demande à l’armée de préparer l’offensive à Rafah, en dépit des craintes du patron de l’ONU.

Ce qu’il faut retenir

■ Le groupe palestinien Hamas a confirmé mardi 6 février avoir remis sa réponse aux médiateurs égyptiens et qatariens, après la proposition de trêve qui lui avait été formulée. Ce mercredi 7 février, Benyamin Netanyahu reste néanmoins inflexible face aux arguments posés à l’écrit par le mouvement.

■ Le Premier ministre israélien s’est exprimé à la télévision ce jour. « Capituler devant les exigences délirantes du Hamas (…) non seulement n’amènera pas la libération des otages, mais entraînera un autre massacre », a-t-il lancé. Il prône le maintien de la pression. « Nous avons donné l’ordre aux forces de défense israéliennes de préparer une opération à Rafah ainsi que dans deux camps (de réfugiés) », a-t-il dit. Il y voie les « derniers bastions restants » de l’organisation.

■ Le secrétaire général l’a dit lui-même ce mercredi : l’ONU s’alarme à l’idée d’une invasion terrestre à Rafah, qui pourrait « constituer un crime de guerre », selon les Nations unies. À la frontière avec l’Égypte, la ville concentre désormais la moitié de la population palestinienne, venue se réfugier, suivant notamment des instructions israéliennes.

■ Alors que la guerre entrait ce mercredi dans son cinquième mois, Israël a de nouveau bombardé Khan Younès, où selon lui se cachent des responsables du mouvement islamiste palestinien. Selon l’armée israélienne, le chef du Hamas à Gaza est actuellement « en fuite » et se terre « de cachette en cachette ».

■ Le secrétaire d’État américain Antony Blinken est arrivé mardi 6 février au soir à Tel-Aviv, dans le cadre de sa tournée diplomatique régionale, poursuivant ses efforts en vue d’obtenir une trêve. Il s’est rendu ce jour à Ramallah.

■ Au moins 31 des 136 otages israéliens encore détenus par le Hamas sont morts, selon une évaluation interne menée par l’armée israélienne. Des rapports non confirmés des services de renseignement indiquent qu’au moins 20 autres otages pourraient également être morts.

■ Selon le dernier bilan du ministère de la Santé du Hamas, communiqué mercredi 7 février, 27 708 personnes ont été tuées à Gaza depuis le début de la guerre, le 7 octobre 2023. Les morts sont en majorité des femmes, des adolescents et des enfants. On dénombre également 67 147 blessés.

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À la UneMonde

La défense impossible de l’Unrwa face aux accusations opaques d’Israël

by Sam's Londele 7 février 2024
written by Sam's Londele

L’agence des Nations unies pour les réfugiés palestiniens (Unrwa) est dans la tourmente depuis qu’elle a révélé, fin janvier, avoir licencié douze de ses employés accusés d’être impliqués dans les attaques du Hamas en Israël le 7 octobre. À l’origine de ces allégations, Israël refuse cependant de partager avec l’organisme ses éléments de preuves ou son dossier de renseignement – un obstacle majeur pour l’Unrwa qui tente de mener à bien son enquête.

L’affaire débute le 18 janvier. Un diplomate israélien de haut rang informe Philippe Lazzarini, le chef de l’agence des Nations unies pour les réfugiés palestiniens (Unrwa), qu’Israël possède des preuves que certains membres du personnel de l’agence sont impliqués dans les attaques du Hamas du 7 octobre, qui ont fait plus de 1 100 morts.

Quatre jours plus tard, Philippe Lazzarini se rend à New York pour informer le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, et le gouvernement américain, principal donateur de l’Unrwa, se souvient Juliette Touma, directrice de la communication de l’agence onusienne. Il a également « une série d’entretiens téléphoniques avec plusieurs des principaux donateurs », poursuit-elle.

Dans la matinée du 26 janvier, l’Unrwa rend finalement publique sa décision de licencier plusieurs membres du personnel mis en cause par Israël – une mesure sans précédent – parce que ces allégations « mettaient gravement en péril la réputation de l’agence et l’opération humanitaire à Gaza », insiste Juliette Touma. Dans la foulée, l’ONU annonce l’ouverture d’une enquête.

« Nous avons été choqués et nous avons pris cela au sérieux car il s’agit d’allégations très graves », insiste-t-elle. « Donc nous avons pris la décision de diffuser l’information nous-même plutôt qu’avoir à répondre à des fuites », explique-t-elle, notant que l’agence onusienne se basait alors sur les informations de sa source israélienne, communiquées verbalement, sans qu’aucune preuve n’ait été partagée.

Depuis, 16 pays – dont les principaux donateurs, les États-Unis et l’Allemagne – ont annoncé suspendre leur financement à l’Unrwa jusqu’au résultat de l’enquête. De leur côté, la France et l’UE disent attendre ces conclusions pour se prononcer sur un éventuel arrêt des financements.

L’Unrwa, qui emploie 30 000 personnes, pour la plupart palestiniennes, vient en aide à près de six millions de réfugiés palestiniens en Cisjordanie, à Gaza mais aussi au Liban, en Jordanie et en Syrie, et est financée quasiment entièrement par des contributions volontaires des États. Dans la seule bande de Gaza, elle opère des services gouvernementaux essentiels, notamment 278 écoles et 22 centres de soins primaires, et fournit de la nourriture aux quelque deux millions de personnes assiégées par Israël depuis le début du mois d’octobre.

« Environ 440 millions de dollars de financement menacés »

« Environ 440 millions de dollars de financement sont menacés », estime Juliette Touma, ajoutant que l’Unrwa pourrait être à court de fonds d’ici la fin du mois de février si les donateurs continuent de geler leurs fonds.

La décision de suspendre les aides à l’Unrwa a été qualifiée de « choquante » par Philippe Lazzarini, qui alerte sur la situation des Gazaouis. « Il est choquant de voir la suspension des fonds en réaction à des allégations contre un petit groupe d’employés », compte tenu des mesures déjà prises et du rôle de l’agence dont « dépendent deux millions de personnes pour leur simple survie » à Gaza, a réagi le chef de l’agence dans un communiqué.

L’ONU a de son côté annoncé, lundi 5 février, la création d’un comité indépendant pour évaluer la « neutralité » de l’agence et déterminer si elle « fait tout ce qui est en son pouvoir pour assurer sa neutralité et répondre aux accusations de graves abus le cas échéant ». Dirigé par l’ancienne ministre française des Affaires étrangères Catherine Colonna, le groupe doit commencer ses travaux le 14 février et devra soumettre un rapport intermédiaire à Antonio Guterres d’ici fin mars. Le rapport final, qui sera rendu public, est attendu pour la fin du mois d’avril.

Un résumé du dossier israélien divulgué

Jusqu’ici, Israël n’a cependant pas partagé l’intégralité de son dossier de renseignement avec l’Unrwa ou avec le Bureau des services de contrôle interne (BSCI), l’organe juridique de l’ONU chargé de mener l’enquête interne.

« Je ne pense pas que nous ayons besoin de donner de détails sur nos sources de renseignement », a déclaré Lior Haiat, porte-parole du ministère israélien des Affaires étrangères. « Cela reviendrait à révéler nos sources et nos opérations. Nous avons déjà donné des informations à l’Unrwa sur leurs employés qui sont aussi des membres du Hamas. »

« L’Unrwa pense que nous pouvons lui fournir des données sensibles de nos renseignements alors que certains de leurs employés travaillent pour le Hamas ? Vous êtes sérieux ? Pourquoi n’invitons-nous pas le Hamas à venir s’asseoir à notre table et à prendre connaissance de toutes les informations dont nous disposons ? », a-t-il ironisé.

Un résumé de six pages du dossier israélien a cependant été divulgué auprès d’une poignée de médias, dont France 24. Il donne les noms des douze membres du personnel de l’Unrwa mis en cause par les autorités israéliennes. Parmi eux, deux des accusés sont morts et un autre est porté disparu.

Le document détaille par ailleurs les accusations à leur encontre allant de l’enlèvement d’Israéliens à la participation au massacre du kibboutz de Be’eri. Le premier homme sur la liste, un « conseiller scolaire de l’Unrwa », serait ainsi entré en territoire israélien pour kidnapper une Israélienne avec l’aide de son fils.

Au total, environ 190 agents du Hamas ou du Jihad islamique palestinien travailleraient par ailleurs pour l’Unrwa, toujours selon le document.

Toutes ces allégations sont tirées, en partie, « d’informations des services de renseignement, de documents ou de cartes d’identité saisies au cours des combats », précise le texte. « Ces preuves de l’implication du personnel de l’Unrwa comprennent le suivi des téléphones qui montrent où se trouvaient ces employés le 7 octobre, ainsi que des séquences vidéo recueillies par les Forces de défense israéliennes [l’armée israélienne, NDLR] », a détaillé le ministère israélien des Affaires étrangères auprès de France 24.

Si ces documents n’ont pas été fournis aux enquêteurs de l’ONU, « il est évident que les autorités israéliennes n’auraient pas agi de la sorte s’ils n’avaient pas reçu de preuves », insiste par ailleurs Joshua Lavine, porte-parole de la mission israélienne auprès de l’ONU.

« Je ne suis pas surpris que des membres de l’Unrwa soient également membres d’organisations terroristes », a-t-il poursuivi. « Des réunions ont déjà eu lieu dans le passé entre la mission israélienne et des fonctionnaires de l’ONU pour discuter de cette problématique. »

Vers une enquête longue

Aujourd’hui, les donateurs exigent une enquête rapide avant de reprendre leurs financements, mais selon plusieurs sources onusiennes, les investigations pourraient prendre jusqu’à un an.

Ancien enquêteur principal du Bureau des services de contrôle interne des Nations unies, Vladimir Dzuro, qui a notamment dirigé une enquête majeure sur la direction de l’Unrwa, rappelle que l’objectif est en général d’achever les enquêtes en six mois, mais qu’un délai réaliste est plutôt de six à douze mois, en fonction de la complexité des allégations.

« Je ne crois pas qu’une enquête professionnelle sur des allégations de cette nature, avec la qualité requise par les circonstances, puisse être menée en quatre semaines », soit avant que les fonds de l’Unrwa ne soient épuisés, a-t-il réagi. « Il est également peu probable que les enquêteurs de l’ONU puissent mener une enquête approfondie dans une zone de guerre active », a-t-il fait remarquer.

De son côté, la directrice actuelle des enquêtes du BSCI, Suzette Schultz, est restée très discrète. Notre équipe « poursuit diverses pistes d’enquête » et « plusieurs États membres susceptibles de détenir des informations pertinentes » ont été contactés, a-t-elle déclaré dans un mail à France 24.

Face à la lenteur du processus et alors que la population de Gaza est en proie à une crise humanitaire aiguë, plusieurs voix s’élèvent pour dénoncer les conséquences du gel des financements de l’Unrwa. « Nous ne devrions pas punir collectivement l’Unrwa. Nous ne devrions pas punir collectivement des millions de personnes. Nous devons faire la distinction entre ce que des individus ont pu faire et ce que l’Unrwa représente », a ainsi souligné Espen Barth Eide, ministre norvégien des Affaires étrangères.

« Ces pays donateurs ont pris cette décision sans preuve irréfutable et ils devront faire l’objet d’une enquête car ce choix, selon les experts humanitaires, provoquera une famine de masse », a de son côté dénoncé Chris Gunness, ancien porte-parole en chef de l’Unrwa de 2007 à 2020. « Ce dossier illustre parfaitement pourquoi les donateurs doivent isoler la prise de décision humanitaire de la politique », a-t-il insisté.

D’autant plus qu’au moment où l’Unrwa se retrouvait sous le feu des critiques, la Cour internationale de justice (CIJ) évoquait un « risque plausible de génocide » à Gaza et ordonnait l’application de la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide. « On peut d’ailleurs légitimement se demander pourquoi ces allégations ont fait surface au moment de l’arrêt de la CIJ qui a, entres autres, souligné la nécessité d’une livraison immédiate et massive de l’aide humanitaire, ce qui ne peut se faire sans l’Unrwa », a soulevé Matthias Schmale, directeur de l’Unrwa à Gaza de 2017 à 2021.

L’Unrwa dans le collimateur d’Israël

Même avant le 7 octobre, Israël mettait déjà depuis longtemps en doute la crédibilité de l’Unrwa et réfléchissait à son démantèlement. Un plan du gouvernement israélien rendu public en 2017 décrivait ainsi un processus de dissolution de l’Unrwa et le transfert de ses responsabilités au Haut-commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR).

Le mois dernier, un rapport classifié, rédigé par le ministère israélien des Affaires étrangères et divulgué par la presse israélienne, présentait lui aussi un plan de démantèlement de l’Unrwa à Gaza en trois étapes. Avec, comme première étape, le fait de révéler la coopération entre l’Unrwa et le Hamas.

Mais, même si la bande de Gaza est passée sous contrôle du Hamas depuis 2007, le groupe n’a jamais été impliqué dans l’administration de l’agence onusienne dans l’enclave, défend Matthias Schmale, ancien directeur de l’Unrwa à Gaza.

« Au cours des quatre années que j’ai passées là-bas, je n’ai dû licencier qu’un seul membre du personnel car nous avions découvert qu’il était un membre actif des Brigades Al-Qassam », relate-t-il. « C’était l’exception, pas la norme. »

« Les dirigeants du Hamas ne sont pas impliqués dans les services de base de l’Unrwa, qui comprennent l’éducation et la santé », insiste-t-il. « Il n’est pas étonnant que les dirigeants du Hamas fassent connaître de temps en temps leur point de vue sur ce que fait l’Unrwa et sur la manière dont elle le fait. Mais il a généralement respecté le fait qu’il ne peut pas interférer dans le fonctionnement de l’agence. »

« Nous avons pu effectuer notre travail en conformité avec les normes et les règles des Nations unies », termine-t-il.

Sous pression

Face à la tourmente dans laquelle est plongée l’agence onusienne, son directeur, Philippe Lazzarini, s’est rendu lundi dans les pays du Golfe à la recherche d’autres sources de financement.

« Il s’agit d’une crise très grave pour l’ONU », reconnaît Juliette Touma. « C’est probablement l’une des plus grosses que nous ayons eues à traverser, impliquant la plus ancienne et l’une des plus importantes agences des Nations unies. »

« J’ai vu comment les écoles peuvent être un sanctuaire pour les enfants dans un endroit comme Gaza où règnent la pauvreté, le chômage, le désespoir et le blocus », a-t-elle poursuivi, visiblement émue. « C’est ça, l’Unrwa. »

FRANCE 24 via CONGO PUB Online

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