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Province

À la UneProvince

Goma : Magloire Paluku, figure culturelle et cadre du M23, abattu par balle

by admin9775 11 décembre 2025
written by admin9775

Magloire Paluku Kavunga, journaliste, artiste de renom et cadre de la rébellion de l’AFC/M23, a été tué par balle ce mercredi dans les rues de Goma, la capitale du Nord-Kivu. Plusieurs sources au sein du mouvement rebelle ont confirmé sa mort à CONGO PUB Online, sans pouvoir préciser les circonstances exactes de l’attaque.

Âgé de 58 ans, Magloire Paluku était une personnalité publique incontournable dans l’Est de la RDC. Né à Butembo, il a marqué la région par son œuvre multiforme : journaliste, écrivain-poète, musicien, comédien et animateur. Il était surtout connu comme le fondateur de Radio Kivu 1, un média qui a pesé dans le paysage médiatique local pendant des années.

Sa trajectoire a connu un virage politique et militaire marqué. Proche de l’ancien président de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), Corneille Nangaa, il a occupé des fonctions officielles, notamment comme directeur de cabinet du ministère de la Culture et conseiller culturel et artistique. Il a ensuite rallié la rébellion de l’AFC/M23, dont il était devenu un cadre identifié.

Cette affiliation lui a valu des poursuites judiciaires. En juillet 2024, il a été condamné à mort par contumace par la Cour militaire de la Gombe à Kinshasa. Il figurait parmi les 25 coaccusés – dont Corneille Nangaa – dans un procès pour « crimes de guerre, trahison et participation à un mouvement insurrectionnel ».

Les circonstances de son assassinat, survenu en pleine journée dans une ville sous contrôle mixte (autorités étatiques nominales mais forte présence du M23 dans l’ombre), restent floues. Aucune revendication ni version officielle n’a immédiatement filtré, laissant planer le doute sur les auteurs et les motivations de ce meurtre.

Sa mort élimine une voix influente, à la croisée des mondes culturel, médiatique et rebelle, dans une région en proie à une escalade conflictuelle sans précédent. Les enquêtes devront déterminer si cet acte relève d’un règlement de comptes interne, d’une opération ciblée des forces de sécurité, ou d’une autre logique dans le chaos persistant de l’Est congolais.

Par Pascal Kabeya
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À la UneProvince

L’Est de la RDC bascule : Uvira tombe aux mains du M23, le Burundi ferme sa frontière

by admin9775 11 décembre 2025
written by admin9775

La situation dans l’Est de la République démocratique du Congo vient de connaître un tournant stratégique majeur. Ce mercredi en milieu de journée, la ville d’Uvira, chef-lieu temporaire du Sud-Kivu, est passée sans combat sous le contrôle de la rébellion du M23, soutenue par l’armée rwandaise. En réaction, le Burundi, allié de Kinshasa, a annoncé la fermeture immédiate de sa frontière avec la RDC, craignant une contagion du conflit sur son territoire.

Une prise de ville sans résistance

La chute d’Uvira, pivot économique et administratif de la région, s’est produite avec une rapidité déconcertante. Alors que les autorités locales assuraient ce matin même une reprise timide des activités, des colonnes de rebelles sont entrées en ville vers 11h30 « sans rencontrer de résistance », selon de multiples témoins.

« Nous observons leurs mouvements depuis nos maisons, par peur », a confié un habitant du quartier Kiromoni à Radio Okapi. Des sources sécuritaires indiquent que les Forces armées de la RDC (FARDC) s’étaient déjà retirées la veille en direction des territoires de Fizi (Swima, Makobola, Baraka). Le M23 a lui-même confirmé dans l’après-midi le positionnement de ses troupes dans la cité.

Une réaction régionale immédiate : le Burundi se barricade

Face à cette avancée rapide des rebelles vers la frontière, le gouvernement burundais a pris une mesure radicale : la fermeture de sa frontière avec la RDC. Bujumbura, qui accueille déjà des milliers de déplacés congolais fuyant les récents combats, justifie cette décision par la nécessité de « se protéger contre toute tentative d’intrusion ».

Cette fermeture risque d’aggraver une crise humanitaire déjà catastrophique, en bloquant l’un des principaux axes de fuite pour les civils pris au piège des combats. Elle illustre également la crainte des pays voisins de voir le conflit déstabiliser toute la sous-région.

Kinshasa dénonce une « régionalisation du conflit » et une violation flagrante de l’accord de Washington

À Kinshasa, le gouvernement a exprimé sa « vive préoccupation » et accusé le Rwanda de violer délibérément l’Accord de paix signé à Washington le 4 décembre dernier. Lors d’une réunion de crise présidée mardi par la Première ministre Judith Suminwa, le ministre de la Communication Patrick Muyaya a fustigé les actions de Kigali.

« Le Rwanda viole impunément l’accord… Ce n’est plus simplement violer l’accord, mais c’est aller vers la régionalisation du conflit parce qu’il est évident que le Rwanda prend le Burundi aussi en cible », a-t-il déclaré. Il a directement interpellé le médiateur américain pour qu’il « pèse de tout son poids ».

Un revers cinglant pour la diplomatie internationale

La prise d’Uvira constitue un revers majeur pour les efforts diplomatiques en cours. Elle intervient moins de 24 heures après un appel conjoint des États-Unis et de l’Union européenne exigeant du M23 et du Rwanda de « cesser immédiatement » leur offensive. Elle rend également caducs dans les faits les pourparlers annoncés à Doha entre le gouvernement et la rébellion.

Perspectives immédiates

La chute d’Uvira ouvre plusieurs scenarii critiques :

  1. Une poursuite de l’offensive du M23 vers le sud (Fizi) ou une consolidation de sa prise.
  2. Une crise humanitaire d’une ampleur inédite avec des centaines de milliers de personnes coupées de l’aide et des voies de fuite.
  3. Une tension extrême à la frontière burundo-congolaise, avec un risque accru d’incidents.
  4. Une mise à l’épreuve sans précédent de la crédibilité des garants internationaux, sommés de réagir à une escalade qui rend tout accord de paix actuel obsolète.

La situation évolue heure par heure. La communauté internationale, qui célébrait il y a six jours un « miracle » diplomatique à Washington, fait face à son plus sévère échec. La paix, en RDC, s’éloigne à la vitesse de la marche d’une colonne rebelle.

Par Marc Kabido, correspondant à Uvira
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À la UneProvince

Les rebelles de l’AFC-M23 installent leur administration dans la cité de Luvungi

by admin9775 9 décembre 2025
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La cité de Luvungi dans la plaine de la Ruzizi (Sud-Kivu) est désormais entre les mains de l’AFC-M23 depuis le week end dernier. Un des notables de Luvungi, contacté par Radio Okapi, affirme que les rebelles ont procédé lundi 8 décembre à la désignation d’un nouveau chef de la cité.

L’ancienne équipe dirigeante de Luvungi ayant fui, le chef de la cité voisine de Kamanyola a été désigné pour administrer les deux entités.

Après la cérémonie, une explosion s’est produite à Kanganiro dans un dépôt de vivres abandonnés par les militaires burundais, qui combattaient aux côtés des FARDC. L’explosion s’est produite lorsque les jeunes voulaient piller les vivres, selon les mêmes sources.

Les rebelles ont en effet trouvé une cité quasi vidée de sa population. 

Panique à Sange

Pendant ce temps, la cité de Sange à 40 km de la ville d’Uvira est dans la panique. Les habitants ont commencé à fuir dans différentes directions pour se mettre à l’abri. 

Des obus lancés à distance ont occasionné plus de 35 morts à Sange, un jour avant la prise de Luvungi. Les deux camps se rejettent la responsabilité. 

Alors que la psychose sévit à Sange, certaines autorités contactées à Uvira rassurent que les FARDC et les Wazalendo consolident leurs positions. Un des notables d’Uvira déclare : 

« Nous sommes réconfortés par la présence parmi nous du Chef d’Etat major général  des FARDC ».

Radio okapi

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À la UneProvince

Kasaï-Central : Un incendie sur le chantier du barrage de Katende, les équipements épargnés

by admin9775 9 décembre 2025
written by admin9775

Un incendie s’est déclaré dans la nuit de dimanche à lundi sur le site du chantier stratégique du barrage hydroélectrique de Katende, dans la province du Kasaï-Central. Si les rumeurs ayant rapidement circulé sur les réseaux sociaux évoquaient la destruction de matériaux de construction, des sources fiables sur place et le témoignage d’un travailleur permettent de rétablir les faits : le sinistre a été circonscruit à un bâtiment d’hébergement du personnel, sans faire de victimes ni endommager les infrastructures du barrage.

Un feu d’origine électrique, contenu aux logements

L’incendie a pris vers 20 heures dans la chambre n°4 d’un bâtiment de cinq chambres avec cuisine, réservé aux travailleurs congolais employés par l’entreprise indienne Angélique International Limited. Selon Jean Nyembue, un travailleur présent sur le site, le feu est dû à un court-circuit des câbles électriques dans la chambre vide à ce moment-là.

« Une fois la porte ouverte, la fumée est sortie directement et a entamé d’autres chambres. Avec le plafond ainsi que les lits et moustiquaires… voilà ce qui a fait que le feu soit ardent », a-t-il expliqué. Le sinistre a entièrement détruit les effets personnels des occupants (vêtements, argent, documents), mais n’a provoqué aucune perte humaine.

Le chantier principal et son calendrier préservés

Les sources locales et le témoignage concordent pour affirmer que ni les matériaux de construction ni les équipements du barrage n’ont été touchés. Cette distinction est cruciale pour la poursuite des travaux de ce projet d’envergure.

En effet, après huit années d’interruption, les travaux de construction de la centrale hydroélectrique de Katende ont repris en août 2025. Située à environ 90 km de Kananga, cette infrastructure, entièrement financée par le gouvernement congolais, est menée par Angélique International Limited en partenariat avec le bureau conseil Eco Énergie. D’une capacité prévue de 64 mégawatts, elle doit contribuer significativement à l’approvisionnement énergétique de la région une fois opérationnelle, ce qui est attendu dans un délai de 24 mois.

Un incident qui rappelle les défis logistiques

Cet incendie, bien que limité dans ses conséquences matérielles directes sur le projet, met en lumière les conditions de vie et de sécurité parfois précaires sur les grands chantiers éloignés des centres urbains. Il souligne également la rapidité avec laquelle des informations alarmistes, comme une prétendue destruction de matériaux, peuvent se propager en l’absence de communication officielle rapide.

L’incident ne devrait pas, selon les informations disponibles, affecter le calendrier de réalisation de ce barrage, dont la finalisation est attendue avec impatience pour pallier le déficit énergétique chronique du Kasaï-Central.

Par Marius Bopenga
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RDC : Reprise des combats au Nord-Kivu et bilan lourd au Sud-Kivu malgré l’accord de paix

by admin9775 8 décembre 2025
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La trêve espérée après la signature des Accords de Washington s’est une nouvelle fois dissipée sous le feu des armes. Ce lundi matin, de violents affrontements ont repris entre les rebelles de l’AFC/M23 et les groupes d’autodéfense Wazalendo dans le Nord-Kivu, tandis qu’un bilan sanglant d’un précédent accrochage était révélé au Sud-Kivu. Ces développements illustrent la difficulté à faire cesser les hostilités sur le terrain.

Nord-Kivu : La bataille pour Kinyumba fait rage

Dans le territoire de Masisi, une offensive des rebelles du M23 a déclenché des combats de haute intensité à Kinyumba, localité située à une dizaine de kilomètres au nord de Nyabiondo. Selon des sources locales, les rebelles tentent de reprendre cette position qu’ils avaient perdue il y a deux semaines au profit des Wazalendo.

Les échanges d’armes lourdes et légères ont été rapportés dès 5 heures du matin, témoignant d’un engagement majeur. La violence des combats a entraîné la coupure de l’axe routier stratégique Nyabiondo-Pinga, isolant davantage les populations et perturbant l’acheminement de l’aide humanitaire. La situation dans la zone reste extrêmement tendue.

Un lourd bilan révélé à Sange

Parallèlement, dans le territoire d’Uvira au Sud-Kivu, un bilan antérieur fait état d’une tragédie. Des sources locales rapportent qu’au moins 36 morts et 19 blessés ont été enregistrés lors d’affrontements ayant opposé les Forces armées de la RDC (FARDC) aux combattants Wazalendo dans la localité de Sange. Cet incident, dont la date précise n’est pas précisée, souligne la complexité du conflit où des tensions entre forces gouvernementales et groupes alliés peuvent également éclater.

Une lueur d’espoir militaire du côté des FARDC

Malgré ces nouvelles violentes, les FARDC ont annoncé une avancée significative sur un autre front. L’armée affirme avoir repris ce dimanche plusieurs localités sur l’axe Shabunda–Nizibira, notamment Lubimbe, Kishado et Chulwe, qui étaient auparavant sous contrôle du M23.

Selon le sous-lieutenant Méya Gbé Jérémie, porte-parole militaire, ces gains sont le résultat d’une « riposte rigoureuse menée pour défendre le territoire, protéger la population et sécuriser leurs biens ». Cette opération démontre la volonté des FARDC de maintenir une pression offensive sur plusieurs axes simultanément.

L’accord de Washington face à la réalité du terrain

La reprise des combats à Kinyumba, le bilan sanglant de Sange et les opérations militaires en cours confirment que la dynamique de conflit reste profondément ancrée, rendant les récents accords de paix fragiles et théoriques. Ces événements mettent en lumière plusieurs réalités :

  1. La poursuite des objectifs militaires par le M23, qui cherche à reconquérir des positions perdues.
  2. La volatilité des alliances sur le terrain, où des affrontements peuvent survenir entre forces supposées alliées.
  3. La stratégie de pression multidirectionnelle des FARDC, combinant reprises territoriales et affrontements directs.

La communauté internationale, garante des Accords de Washington, est désormais confrontée à un défi de taille : traduire un texte diplomatique en un cessez-le-feu effectif sur un terrain où la logique de la guerre semble toujours prévaloir. La crédibilité du processus de paix se jouera dans les prochains jours à Kinyumba, Sange et Shabunda.

Par Basengezi Ntomo, correspondant à Goma
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Le député Carly Nzanzu demande la reconduction des allégements fiscaux au Nord-Kivu et en Ituri

by admin9775 8 décembre 2025
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Dans une lettre adressée à la Première ministre, dont une copie est parvenue ce vendredi 5 décembre à Radio Okapi, le député national et ancien gouverneur du Nord-Kivu, Carly Nzanzu Kasivita, sollicite du gouvernement congolais la prorogation des mesures d’allégements fiscaux dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri.

L’élu du territoire de Beni demande la reconduction du décret portant sur les mesures d’allégements fiscaux, douaniers et des recettes non fiscales en faveur des opérateurs économiques œuvrant dans ces provinces placées sous état de siège.

Il plaide également pour le renouvellement du décret suspendant la perception de la TVA à l’importation et à la vente de certains biens dans les secteurs de la cimenterie et de l’immobilier, afin de soulager les populations du Nord-Kivu et de l’Ituri, victimes de l’activisme des groupes armés.

« La guerre, qu’il s’agisse de l’agression rwandaise ou de l’insécurité causée par les groupes armés locaux et étrangers, notamment les ADF, a un impact très négatif sur les affaires, les investissements et les conditions de vie des populations », a expliqué Carly Nzanzu à Radio Okapi.

Le député rappelle que le gouvernement avait déjà été sollicité à plusieurs reprises pour accorder des allégements fiscaux à la population. Il avait répondu favorablement en signant le décret n°24/17 du 21 novembre 2024, qui accordait des allégements fiscaux et douaniers sur certains produits.

« Nous demandons la reconduction de ce décret, car la situation demeure inchangée. Si vous regardez, par exemple, le secteur des carburants au Nord-Kivu, la taxe sur les carburants est passée de 1 000 $ à 3 000 $, contrairement aux dispositions du décret du Premier ministre. En Ituri, la parafiscalité sur les carburants est passée de 1 000 $ à 1 500 $ », a poursuivi Carly Nzanzu.

Radio okapi

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RDC : L’Accord de Washington déjà au défi des réalités du terrain, combats intenses et frappes aériennes se poursuivent

by admin9775 7 décembre 2025
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L’encre des Accords de Washington pour la paix et la prospérité entre la RDC et le Rwanda, signés le 4 décembre sous l’égide des États-Unis, n’était pas sèche qu’une réalité bien plus brutale s’imposait déjà. Ce dimanche 7 décembre, un 7ᵉ jour consécutif de combats de haute intensité a secoué le Sud-Kivu, tandis que l’aviation des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) menait des frappes ciblées contre des bastions rebelles dans le Nord-Kivu. Cette escalade militaire simultanée jette une ombre inquiétante sur la viabilité immédiate du texte diplomatique et confirme les mises en garde de nombreux observateurs.

Sud-Kivu : Une bataille décisive se prépare autour d’Uvira

Dans le Sud-Kivu, l’objectif stratégique du M23 apparaît de plus en plus clair. D’après des sources militaires et locales concordantes, le mouvement rebelle, soutenu par l’armée rwandaise (RDF) selon les rapports onusiens, nourrirait l’ambition de prendre contrôle de la ville d’Uvira avant le 15 décembre.

  • Front de Kamanyola : Depuis 14h15, des combats acharnés font rage dans les collines de Ngomo, surplombant Kamanyola. Les forces gouvernementales, épaulées par les miliciens Wazalendo, tenteraient une manœuvre d’encerclement pour prendre à revers les positions du M23. « C’est une surprise. Nous pensions la zone sécurisée », témoigne un habitant sous le choc des détonations d’armes lourdes.
  • Crise humanitaire aggravée : Cette offensive provoque une nouvelle vague de déplacements de civils vers Uvira, ville déjà en situation de catastrophe humanitaire. Submergée par l’afflux continu de déplacés du Nord-Kivu et de victimes des inondations du lac Tanganyika, Uvira voit sa capacité d’accueil et d’assistance dépassée.
  • Guerre de l’ombre : En marge des combats, les FARDC ont annoncé l’arrestation de trois présumés espions à Luvungi, accusés de renseigner la coalition rebelle, illustrant la dimension clandestine du conflit.

Nord-Kivu : Les FARDC ripostent par les airs à Masisi

En parallèle, dans le territoire de Masisi au Nord-Kivu, les FARDC ont engagé une série de bombardements aériens contre des positions stratégiques tenues par l’AFC/M23. Les frappes ont visé :

  1. La colline de Kahongole, point dominant offrant un avantage tactique crucial sur Masisi centre.
  2. Une position avancée à proximité immédiate du bureau de l’administration du territoire.
  3. La garnison rebelle de Bukombo, sur un axe de ravitaillement clé.

Ces opérations démontrent la volonté de Kinshasa de maintenir une pression militaire maximale et d’empêcher toute consolidation territoriale des rebelles, malgré le dialogue affiché.

Un crash mystérieux et un accord sous pression

L’actualité est également marquée par l’enquête en cours sur le crash d’un hélicoptère sur le lac Tanganyika, en territoire de Fizi, le 4 décembre. Les autorités locales confirment la récupération d’un corps et de quatre rescapés, tous expatriés, par des pêcheurs. Les circonstances de l’accident, survenu en pleine zone de conflit, restent à élucider.

Analyse : Le fossé abyssal entre la signature et le terrain

La simultanéité de ces événements militaires d’envergure, à peine 72 heures après la cérémonie de Washington, valide les avertissements les plus prudents émis lors de la signature. Les déclarations du président américain Donald Trump sur un « grand miracle » contrastent violemment avec le vacarme des armes dans les Kivus.

Cette situation donne une résonance particulière aux mises en garde émises par des sénateurs américains, exigeant des « actes » et la fin de « l’occupation illégale ». Elle place également les garants régionaux de l’accord et la communauté internationale devant un dilemme urgent : comment faire respecter un cadre de paix lorsque les parties engagées semblent privilégier, dans l’immédiat, la logique guerrière ?

La crédibilité des Accords de Washington se joue désormais, non dans les capitales, mais dans les collines de Ngomo et de Kahongole. La prochaine semaine sera décisive pour déterminer si la dynamique peut s’inverser, ou si la guerre, une fois de plus, aura raison de la diplomatie.

Par Marc Kabido, correspondant à Uvira
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À la UneProvince

À la veille de Washington, Tshisekedi et Kagame s’apprêtent à sceller des accords dans un climat de défiance totale

by admin9775 3 décembre 2025
written by admin9775

Les présidents Félix Tshisekedi (RDC) et Paul Kagame (Rwanda) se rencontrent ce jeudi 4 décembre à Washington pour une cérémonie de signature à haut risque. Sous l’égide des États-Unis, ils doivent entériner deux textes-clés : un accord de paix (27 juin) et un cadre d’intégration économique régionale (7 novembre).

Cette rencontre intervient dans un contexte d’extrême tension. Les deux dirigeants, qui ne se parlent plus, arrivent à Washington sur fond de violents combats dans le Sud-Kivu, où la coalition rebelle AFC-M23, soutenue selon Kinshasa par Kigali, a lancé de nouvelles offensives.

Un long processus diplomatique pour aboutir à un moment fragile

La feuille de route a été établie il y a huit mois avec une « déclaration de principes » signée en avril 2025 en présence du secrétaire d’État américain Marco Rubio. Elle a conduit à l’accord de paix du 27 juin, puis au cadre économique du 7 novembre, déjà ratifié par le Parlement rwandais.

À Washington, il ne s’agira pas de renégocier, mais de donner un aval politique solennel à ces textes, en présence d’autres dirigeants africains invités comme garants. Des accords bilatéraux avec les États-Unis doivent compléter le dispositif, formant le paquet des « accords de Washington ».

La défiance comme seul langage commun

L’atmosphère est empoisonnée. En octobre à Bruxelles, Tshisekedi et Kagame s’étaient ignorés sur une photo de famille. Kigali avait rejeté une main tendue, accusant Kinshasa de ne pas appliquer les mécanismes existants. Paul Kagame restait sceptique il y a une semaine, rappelant que « Kinshasa n’a pas respecté » des accords passés.

Du côté congolais, le discours s’est durci. Alors qu’un ministre évoquait en novembre un retrait des troupes rwandaises comme préalable au déplacement, Tshisekedi a recentré son propos : le Rwanda ne pourra être intégré économiquement que après le retrait de ses troupes et le rétablissement de la confiance. « On ne fait pas de commerce avec quelqu’un dont on se méfie », a-t-il martelé à la diaspora.

Des accords fragilisés par la réalité du terrain

L’efficacité des textes reste entièrement suspendue à la volonté politique, alors que les mécanismes de contrainte font défaut. La résolution 2773 du Conseil de sécurité (février 2025) exigeant un retrait est restée lettre morte. Sur le terrain, les combats persistent malgré les cessez-le-feu sur papier.

Un processus parallèle à Doha avec l’AFC/M23, aboutissant à un accord-cadre le 15 novembre, n’a pas non plus calmé les hostilités. Un acteur des combats parle même d' »escroquerie internationale », dénonçant un processus sans sanction.

Une signature sous le signe du paradoxe

La cérémonie de Washington représente donc un paradoxe saisissant : la formalisation diplomatique d’un cadre pour la paix coexiste avec une escalade militaire et une méfiance personnelle abyssale entre les deux signataires.

Les accords existent. Leur mise en œuvre, elle, dépendra de la capacité à transformer une méfiance historique en une coopération forcée, dans un contexte où chaque offensive armée semble démentir les promesses des traités. La paix sur papier affrontera une fois de plus, jeudi, le test brutal de la réalité du terrain congolais.

Par Pascal Kabeya
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Sud-Kivu : Les combats de Kamanyola, une manœuvre à la veille de Washington ?

by admin9775 3 décembre 2025
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Le grondement des armes lourdes a remplacé le bruit des moteurs aux postes de contrôle. Ce mercredi 3 décembre, la localité frontalière de Kamanyola est coupée en deux : au sud, les positions des FARDC ; au nord, jusqu’à la barrière rwandaise fermée, les rebelles de l’AFC-M23.

La violence a surgi en pleine nuit à Katogota, à une vingtaine de kilomètres. Vers 3 heures, une source locale décrit l’assaut des rebelles. La réplique des FARDC et des miliciens Wazalendo, quatre heures plus tard, a repoussé le front jusqu’ici, transformant cette ville de transit en champ de bataille.

Des familles entières, ballotées entre les tirs, ont tenté de se réfugier au Rwanda voisin. Elles se sont heurtées dans un premier temps à des barrières closes, Kigali invoquant la crainte d’infiltrations. En milieu de journée, les portes se sont entrouvertes pour laisser passer un flot de civis épuisés, abandonnant derrière eux maisons brûlées et écoles détruites.

Ce regain de violence offre un contraste cruel avec l’agenda diplomatique. Dans moins de 24 heures, les présidents Tshisekedi et Kagame sont censés parapher un accord de paix à Washington. Sur le terrain, chaque coup de feu semble être un démenti cinglant à ces promesses sur papier. À Kamanyola, la paix ne se signe pas, elle se dispute, mètre par mètre, dans la fumée des combats qui persistent en fin de journée.

Par Marc Kabido, correspondant à Uvira
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Sud-Kivu : Les FARDC accusent le Rwanda et l’AFC/M23 de violer le cessez-le-feu à 48h d’un sommet à Washington

by admin9775 3 décembre 2025
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De violents affrontements ont éclaté ce mardi dans le Sud-Kivu, jetant une ombre sur les prochains pourparlers de paix. Les Forces Armées de la République Démocratique du Congo (FARDC) accusent « la coalition AFC/M23 soutenue par le Rwanda » d’avoir lancé une série d’attaques contre leurs positions à Kaziba, Katogota et Lubarika.

Ces combats, confirmés par des sources locales, se déroulent notamment à Katogota, dans la plaine de la Ruzizi, et à Nyangezi dans le territoire de Kalehe. Ils interviennent à moins de 48 heures de la signature annoncée d’un accord de paix entre les présidents congolais Félix Tshisekedi et rwandais Paul Kagame à Washington.

Des tirs nourris, y compris à l’arme lourde, ont été entendus jusque dans la matinée, forçant les habitants à se terrer chez eux. Selon des témoins sur place, le conflit aurait éclaté suite à un repositionnement stratégique des deux forces opposées dans les hauts plateaux de Kaziba.

Les combats se concentrent notamment autour de la colline de Nguka, où une partie cherche à déloger l’autre camp positionné à Kaziba-centre. Des sources militaires parlent de l’utilisation de missiles sol-air, ce qui fait craindre d’importants dégâts collatéraux sur les populations civiles, prises en étau.

Les effets de ces affrontements s’étendent déjà à plusieurs localités de la plaine de la Ruzizi, notamment Katogota, Luvungi, Lubarika et Kamanyola, plongées dans une ambiance de peur. À Kamanyola, un obus est tombé sur une maison résidentielle, causant des pertes en vies humaines, sans que des chiffres précis ne soient encore disponibles.

Une situation humanitaire critique

Sur le plan humanitaire, la situation devient alarmante : toutes les voies d’approvisionnement sont bloquées, isolant les populations qui n’ont plus accès aux biens de première nécessité. L’insécurité persistante rend toute intervention difficile pour les ONG et les structures d’assistance.

Un appel pressant est lancé aux autorités pour un rétablissement rapide de la sécurité dans cette zone déjà fragilisée par des années de conflit.

Les combats entre les combattants Wazalendo, associés aux Forces armées de la RDC (FARDC), et la rébellion de l’AFC-M23, soutenue par l’armée rwandaise, se sont poursuivis tard mardi 2 décembre dans la chefferie de Kaziba et à Kamanyola, dans le territoire de Walungu (Sud-Kivu).

Selon des sources concordantes, le bilan fait état d’une dizaine de civils tués par des obus à Kaziba et de trois enfants dans le centre de Kamanyola. Plusieurs infrastructures publiques, notamment des écoles et des églises, ont été détruites.

Dans un communiqué, les FARDC dénoncent « la détermination de cette coalition à saboter les accords de Washington et de Doha ». L’armée congolaise affirme avoir pris « toutes les dispositions nécessaires » pour contrer ces offensives et appelle la population au calme. Ces incidents illustrent la fragilité des processus de paix en cours dans l’Est de la RDC.

Par Pascal Kabeya
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