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Société

À la UneSociété

Guillaume Ngefa Atondoko : Portrait du nouveau ministre de la Justice, un défenseur des droits humains aguerri

by admin9775 8 août 2025
written by admin9775

Le président de la République a procédé à un remaniement ministériel dans la nuit du 7 au 8 août 2025, marqué par la nomination surprise de Guillaume Ngefa Atondoko au poste de ministre de la Justice et Garde des Sceaux. Ce choix stratégique replace un militant historique des droits humains au cœur du système judiciaire congolais.

Un parcours marqué par l’engagement précoce
Né dans une famille engagée, Guillaume Ngefa Atondoko développe très jeune une conscience aiguë de la justice sociale. Dès ses études à l’Université de Kinshasa, il milite activement contre les discriminations ethniques, notamment envers les Pygmées, et fonde le Club des Africanistes, un mouvement étudiant progressiste.

Fondateur de l’ASADHO sous Mobutu
En 1986, dans un contexte politique répressif, ce juriste de formation crée l’Association Africaine de Défense des Droits de l’Homme (ASADHO), devenant l’une des premières voix indépendantes à documenter les violations des droits sous le régime mobutiste. Son organisation gagne rapidement en influence malgré les persécutions.

Un témoin clé des crises congolaises
Pendant les conflits des années 1996-1997, Ngefa produit un rapport explosif documentant :

  • Le massacre d’environ 200.000 réfugiés hutus
  • Des milliers de victimes congolaises
  • Des stratégies systématiques de nettoyage ethnique

Ce travail, basé sur des enquêtes de terrain rigoureuses, lui vaut des menaces des régimes successifs (Mobutu puis Kabila) et le force finalement à l’exil en 1997.

Carrière internationale aux Nations Unies
Après un master obtenu à l’étranger, il rejoint le système onusien où il occupe plusieurs postes stratégiques :

  • Chef de mission de la MINUSMA au Mali (jusqu’à son expulsion en 2023)
  • Participation à des initiatives internationales majeures
  • Collaboration avec des figures comme Desmond Tutu

Un profil atypique pour le ministère de la Justice
Sa nomination en août 2025 comme ministre de la Justice et Garde des Sceaux surprend par plusieurs aspects :

  1. Indépendance d’esprit : Toute sa carrière démontre une impartialité rare
  2. Réseau international : Solides connexions avec les instances des droits humains
  3. Expérience terrain : Connaissance intime des mécanismes de violence politique

Expertise internationale
Après un exil forcé en 1997, Ngefa a gravi les échelons au sein des Nations Unies, occupant notamment le poste de chef de mission de la MINUSMA au Mali jusqu’en 2023. Son parcours international lui a permis de tisser un réseau influent et d’acquérir une expertise reconnue en matière de justice transitionnelle et de protection des droits fondamentaux.

Un ministre aux défis multiples
Le nouveau ministre hérite d’un lourd dossier :

  • Réforme en profondeur du système judiciaire
  • Lutte contre l’impunité
  • Modernisation de l’appareil judiciaire
  • Restauration de la confiance des citoyens et des partenaires internationaux

Perspectives et attentes
Cette nomination intervient à un moment charnière pour la RDC, alors que le pays cherche à consolider ses institutions démocratiques. Les observateurs s’accordent à voir dans ce choix un signal fort en faveur d’une justice indépendante et professionnelle.

Le ministre Ngefa devra cependant naviguer avec prudence dans le paysage politique congolais, où les attentes sont immenses et les résistances au changement potentiellement importantes. Son expérience unique, combinant connaissance intime des réalités congolaises et expertise internationale, pourrait faire de lui l’homme de la situation pour engager les réformes attendues depuis longtemps.ier test sera la mise en œuvre concrète des réformes promises dans un environnement politique complexe.

Par Marc Etumba, correspondant à Kinshasa
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À la UneSociété

Massacre dans l’Est de la RDC : le M23 accusé d’avoir tué 319 civils en juillet 2025

by admin9775 7 août 2025
written by admin9775

Le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH) a révélé ce mercredi des chiffres alarmants concernant les violences dans l’Est de la République démocratique du Congo. Selon Volker Türk, Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme, les rebelles du M23, soutenus par le Rwanda, ont perpétré des massacres ayant fait au moins 319 victimes civiles au cours du mois de juillet 2025, dont 48 femmes et 19 enfants.

Ce bilan macabre, l’un des plus élevés depuis la résurgence du mouvement rebelle en 2022, concerne principalement des attaques commises entre le 9 et le 21 juillet dans quatre villages du territoire de Rutshuru, au Nord-Kivu. La majorité des victimes étaient des agriculteurs locaux qui campaient dans leurs champs pendant la saison des semis, selon les informations recueillies par les enquêteurs onusiens.

« Je condamne fermement ces violences inacceptables contre des civils sans défense », a déclaré M. Türk lors d’une conférence de presse à Genève. Le haut responsable onusien a également pointé du doigt les exactions commises par d’autres groupes armés opérant dans la région, notamment :

  • La CODECO, connue pour ses attaques contre des communautés civiles
  • Les ADF, accusés d’avoir massacré au moins 40 civils chrétiens lors d’une attaque à Komanda (Ituri) le 27 juillet dernier

Face à cette escalade de violence, le Haut-Commissaire a lancé un appel solennel à toutes les parties au conflit : « J’exhorte tous les groupes armés, ainsi que les forces régulières, à épargner les civils et à respecter scrupuleusement leurs obligations en vertu du droit international humanitaire. »

Cette annonce intervient dans un contexte de recrudescence des combats dans l’Est congolais, où la situation humanitaire ne cesse de se dégrader. Les organisations internationales s’alarment de l’augmentation constante des violations des droits de l’homme et du nombre de déplacés internes, qui se comptent désormais par millions dans la région.

Les autorités congolaises n’ont pas encore réagi officiellement à ces révélations, mais devraient saisir le Conseil de sécurité des Nations Unies pour dénoncer une nouvelle fois le soutien rwandais aux rebelles du M23, dénonciation que Kigali continue de rejeter catégoriquement.

Par Basengezi Ntomo, correspondant à Goma
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À la UneSociété

Le procès Mutamba vacille après le retrait de deux juges et le témoignage explosif de Madame Rose Mutombo

by admin9775 6 août 2025
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Le procès hautement médiatisé de l’ancien ministre de la Justice Constant Mutamba a connu un tournant dramatique ce mercredi avec le retrait inédit de deux magistrats de la formation judiciaire, plongeant l’instruction dans une crise sans précédent.

Une défection judiciaire historique

La cinquième audience du procès pour détournement de deniers publics a été marquée par un événement rarissime dans les annales judiciaires congolaises. Le président de la formation, le juge Justin Kibamba, a annoncé son retrait volontaire du dossier suite à une demande de récusation de la défense pour « soupçons légitimes de partialité ».

« Dans un souci d’apaisement et de préservation de l’image de la justice, je préfère me déporter de cette affaire », a déclaré le magistrat dans une correspondance officielle lue en audience. Cette décision a été immédiatement suivie par le juge Thomas Otshudi, créant une vacance judiciaire inédite.

Stratégie de défense surprenante

La défense de Me Mutamba a opéré un revirement tactique majeur en renonçant subitement à l’audition de plusieurs témoins-clés pourtant préalablement cités, dont :

  • Jules Alingete, ancien Inspecteur général des Finances
  • Didier Budimbu, ministre des Sports
  • Alexis Gisaro, ministre des Infrastructures

Maître Nsanga Disashi, principal avocat de la défense, a justifié ce recul par « la satisfaction des éclaircissements apportés par les experts lors de l’audience précédente ». Cependant, la défense maintient avec insistance sa demande de convocation d’Adler Kisula, secrétaire exécutif de la CENAREF, ainsi que de la Première ministre Judith Suminwa, qualifiés de « véritables architectes de cette cabale judiciaire ».

Témoignage explosif de Rose Mutombo

L’ancienne ministre de la Justice Rose Mutombo, entendue comme témoin, a livré une déposition qui pourrait changer la donne dans ce procès. L’ex-garde des Sceaux a catégoriquement affirmé que :

  1. Le compte bancaire controversé FRIVAO à la Rawbank existait bien avant sa prise de fonction
  2. Ce compte aurait été créé sous l’ère d’Alexis Thambwe Mwamba ou de Luzolo Bambi
  3. Le projet de construction de la prison de Saké avait reçu l’aval du Conseil des ministres

« Le ministère de la Justice est bel et bien l’autorité contractante dans ce dossier », a-t-elle martelé, apportant de l’eau au moulin de la défense.

Lors de son audition, Rose Mutombo, ancienne ministre d’État à la Justice, a confirmé la légalité et la conformité de la lettre adressée par Jules Alingete, alors patron de l’IGF, concernant la répartition des fonds de l’Ouganda, conformément à l’arrêt de la Cour internationale de Justice. Cette déclaration vient balayer les rumeurs infondées propagées par certains prédateurs financiers bien connus, jusque-là restés curieusement silencieux.

De son côté, le secrétaire général du ministère de la Justice a affirmé n’avoir jamais été informé officiellement du projet de construction d’une prison à Kisangani. Il a affirmé avoir appris cette nouvelle via la presse et sur les réseaux sociaux.

Bolema Kombozi, chef de division provinciale de la Justice à Tshopi, confirme l’existence d’un projet de construction d’une prison et dit avoir visité le site de cette maison carcérale

Au cours de l’audience de ce mercredi 6 août 2025 devant la Cour de cassation, le représentant du Guichet unique de création d’entreprise (GUCE) a confirmé l’existence légale de la société Zion Construction, avec deux associés : M. Willy Musheni et Mme Kinahoro Ange Marie à sa création. Le premier associé a contribué à la constitution du capital à hauteur 51% et le second pour 49%. Avec évolution, l’associé Musheni a cédé ses parts à M. Lutete Jacques, constaté par un acte de cession accepté par les associés et présenté au GUCE, conformément à la loi. Ce qui veut dire que Willy Musheni n’est impliqué en rien dans ce dossier où est impliqué l’ancien ministre d’Etat, ministre de la Justice et garde des sceaux, Constant Mutamba.

Rebondissements techniques

L’audience a également permis d’entendre plusieurs témoins techniques dont :

  • La gestionnaire de l’immeuble CTC confirmant la propriété des bureaux par la société Zion
  • La validation de l’éclairage de l’expert des ITPR validant la capacité contractante des ministères

Cependant, dans une décision qui a fait grincer des dents, la Cour a définitivement rejeté la convocation d’Adler Kisula et de la Première ministre, qualifiant ces demandes de « dilatoires ».

Prochaines étapes cruciales

La Cour a fixé la prochaine audience au mercredi 13 août pour :

  • Le réquisitoire du ministère public
  • Le début éventuel des plaidoiries

Ce procès, qui dépasse désormais le simple cadre judiciaire pour toucher aux plus hautes sphères de l’État, continue de captiver l’opinion publique congolaise. Les prochains jours s’annoncent décisifs pour l’avenir politique de Constant Mutamba et, plus largement, pour l’équilibre des pouvoirs en RDC.

Ce que disent les lois congolaises :

Loi n° 04/016 du 19 juillet 2004 sur la passation des marchés publics :

Le non-respect d’une procédure n’est pas automatiquement un crime. Il s’agit d’une irrégularité administrative, sauf s’il y a intention de nuire ou enrichissement illicite.

Code pénal congolais – article 145 (détournement de fonds publics) :

Sera puni quiconque aura sciemment détourné ou dissipé des deniers publics… au préjudice de l’État…”

👉 Ce texte exige la preuve d’un acte volontaire et frauduleux. Ce n’est pas le cas ici.

Bref, Il y a eu des erreurs administratives, mais aucun détournement, ni intention frauduleuse.
Selon les lois congolaises, cela relève de la sanction administrative, pas d’une arrestation ni d’une condamnation pénale.
Toute autre décision relèverait d’une manipulation politique de la justice.

Par Marc Etumba, correspondant à Kinshasa
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À la UneSociété

Procès Mutamba : La Cour de cassation reporte l’audience au 6 août après des révélations accablantes sur les marchés publics

by admin9775 5 août 2025
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Le procès de l’ancien ministre de la Justice Constant Mutamba, accusé de détournement de 19 millions de dollars pour la construction d’une prison à Kisangani, a connu un nouveau rebondissement ce lundi. La Cour de cassation a suspendu les débats et reporté l’affaire au 6 août 2025, suite à des révélations importantes sur les dysfonctionnements dans la gestion des marchés publics en RDC.

L’expert de l’Autorité de régulation des marchés publics Christian Kalume a exposé des pratiques inquiétantes. Il a dénoncé le contournement systématique des appels d’offres au profit de marchés de gré à gré, ainsi que l’absence de contrôle efficace. « Nous découvrons souvent les contrats seulement quand un scandale éclate », a t il affirmé, précisant que « la RDC attribue bien plus de marchés de gré à gré que par appel d’offres ».

La défense de Mutamba a présenté des éléments favorables. L’expert du ministère des Infrastructures a confirmé que tout ministère peut être la partie contractante et initier des travaux publics, que le ministère de la Justice avait sollicité son Ministère et Il a aussi mentionné le précédent de la construction d’une prison du Nord Kivu construite sous Rose Mutombo sans l’intervention du Ministère des Infrastructures.

Le rôle du CENAREF reste problématique. Son secrétaire Alder Kisula Betika refuse de témoigner, alors que c’est son signalement initial qui a lancé l’affaire. La défense dénonce une manipulation du dossier.

La prochaine audience du 6 août s’annonce cruciale avec l’audition possible de hautes personnalités : la Première ministre Judith Suminwa Tuluka, l’ancien inspecteur général des Finances Jules Alingete et l’ancienne ministre de la Justice Rose Mutombo.

Alors que les preuves matérielles semblent s’effriter, l’affaire Mutamba prend une dimension politique, révélant les failles du système de gestion publique et testant l’indépendance de la justice congolaise. La prochaine audience promet d’être décisive dans ce dossier qui continue de diviser l’opinion publique.

Par Marc Etumba, correspondant à Kinshasa
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À la UneSociété

Discours historique du Président Tshisekedi pour la reconnaissance du génocide congolais

by admin9775 3 août 2025
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Le 2 août 1998 marque le début d’un nouveau conflit armé en République Démocratique du Congo, moins de quinze mois après la prise du pouvoir par Laurent-Désiré Kabila et la chute du maréchal Mobutu. Cette nouvelle guerre, qui deviendra l’un des conflits les plus meurtriers depuis la Seconde Guerre mondiale, trouve son origine immédiate dans la détérioration rapide des relations entre Kabila et ses anciens alliés rwandais. Dès les mois qui suivent la victoire de l’Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo (AFDL), dirigée par Kabila et soutenue militairement par le Rwanda et l’Ouganda, des tensions apparaissent entre le nouveau président congolais et le régime de Kigali.

Selon le rapport Mapping des Nations unies publié en août 2010, ces tensions sont alimentées par plusieurs facteurs. D’un côté, Kigali accuse Kabila de marginaliser les Tutsi congolais, notamment les Banyamulenge du Sud-Kivu, pourtant membres de l’AFDL et engagés militairement dans la campagne contre Mobutu. Le pouvoir congolais est également soupçonné de favoriser son entourage originaire du Katanga au détriment des officiers proches du Rwanda. Kabila est aussi accusé de permettre la réorganisation sur le sol congolais des anciens responsables du génocide rwandais de 1994, notamment des ex-FAR et des miliciens Interahamwe, ennemis jurés du gouvernement rwandais. Par ailleurs, la méfiance s’accroît à mesure que Kabila multiplie les actes de souveraineté, refusant les ingérences de ses anciens parrains.

Le point de rupture intervient à la mi-juillet 1998. Kabila limoge brusquement le chef d’état-major de l’armée congolaise, le général rwandais James Kabarebe, et ordonne le retrait immédiat de toutes les troupes rwandaises encore présentes dans le pays. Cette décision est perçue par Kigali comme une déclaration d’hostilité. Deux semaines plus tard, le 2 août 1998, une mutinerie éclate parmi les militaires tutsi intégrés dans les Forces armées congolaises (FAC), notamment dans l’est du pays. Appuyés par des éléments de l’Armée patriotique rwandaise (APR), de l’armée ougandaise (UPDF) et de l’armée burundaise (FAB), les insurgés prennent rapidement le contrôle de plusieurs villes stratégiques dans le Kivu et avancent vers l’ouest. En quelques jours, ils créent un nouveau mouvement politico-militaire, le Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD), composé d’ex-cadres de l’AFDL, de membres de la société civile et d’officiers proches du Rwanda. Le RCD justifie son insurrection par la nécessité de mettre fin à ce qu’il qualifie de dérive autoritaire et ethniciste du régime Kabila.

Les forces rebelles, fortement armées et coordonnées, progressent rapidement vers le centre du pays. Le Rwanda, l’Ouganda et le Burundi apportent un soutien militaire direct à la rébellion. L’objectif affiché est de renverser Laurent-Désiré Kabila et d’installer un nouveau gouvernement à Kinshasa. Dans un premier temps, les troupes rebelles prennent le contrôle d’une partie du Nord-Katanga, de la Province orientale et du Maniema. Dans l’ouest, une opération éclair menée depuis la base militaire de Kitona, dans le Bas-Congo, menace directement la capitale. L’armée congolaise, désorganisée, est en grande difficulté.

Face à l’offensive rebelle, Kabila appelle à la solidarité panafricaine. Le Zimbabwe, l’Angola et la Namibie répondent à l’appel et envoient des troupes pour défendre le gouvernement de Kinshasa. Ces forces, appuyées par les milices Mayi-Mayi et les restes de l’ancienne armée zaïroise (ex-FAZ), réussissent à stopper la progression des rebelles dans le Bas-Congo et à les repousser vers l’est. La RDC se retrouve alors coupée en deux : la zone occidentale, comprenant la capitale, reste sous le contrôle du gouvernement de Kabila, tandis que la partie orientale est occupée par les rebelles et leurs alliés régionaux.

Le conflit prend rapidement une dimension régionale. En plus du Rwanda, de l’Ouganda, du Burundi, du Zimbabwe, de l’Angola et de la Namibie, d’autres pays africains y prennent part directement ou indirectement. Au fur et à mesure que la guerre s’enlise, des rivalités émergent au sein même de la coalition rebelle. Des dissensions éclatent entre le Rwanda et l’Ouganda, notamment autour du contrôle de Kisangani. En novembre 1998, avec l’appui de Kampala, Jean-Pierre Bemba, un ancien opposant congolais en exil, fonde un deuxième mouvement rebelle, le Mouvement de libération du Congo (MLC), basé dans l’Équateur et rapidement doté d’une force militaire appuyée par l’armée ougandaise. Une troisième branche rebelle, le RCD-ML, pro-ougandaise également, apparaît dans l’Ituri et le nord-est de la Province orientale. La prolifération de mouvements armés fragmente davantage le pays.

Dès les premiers jours du conflit, de graves violations des droits humains sont documentées. À Kinshasa, les services de sécurité, appuyés par des milices populaires, lancent une campagne de traque contre les Tutsi et les personnes soupçonnées d’être d’origine rwandaise. Des arrestations massives, des disparitions forcées, des détentions arbitraires, des exécutions sommaires et des violences sexuelles sont signalées. Selon le rapport Mapping, les forces de sécurité ont procédé à des éliminations systématiques dans des centres de détention clandestins. Des fosses communes sont découvertes dans et autour de la capitale. Les violences ciblent également les femmes, victimes de viols collectifs, y compris dans les lieux de détention.

En province, la situation est tout aussi dramatique. À Kalemie, des dizaines d’hommes tutsi sont exécutés et jetés dans des fosses. À Vyura, plus de 2 000 personnes sont arrêtées, certaines tuées, d’autres portées disparues. À Kisangani, des affrontements entre les forces de Kabila et les troupes rwandaises font de nombreuses victimes, notamment parmi les civils. À Kindu, au moins 133 personnes sont tuées. À Mbuji-Mayi, plusieurs dizaines de Tutsi sont arrêtés et transférés vers la capitale, où certains sont exécutés. À Kananga, environ 80 militaires tutsi sont exécutés dans le camp militaire local. Dans le Bas-Congo, l’offensive rebelle est accompagnée de pillages, de viols et de la destruction d’infrastructures vitales, comme le barrage d’Inga.

Un accord de cessez-le-feu est signé à Lusaka, en Zambie, le 10 juillet 1999, sous la médiation de plusieurs États africains et avec l’appui de l’Organisation de l’unité africaine (OUA). Il prévoit le retrait des troupes étrangères, la cessation des hostilités et l’organisation d’un dialogue intercongolais. Malgré cet accord, les combats se poursuivent sporadiquement. La Mission de l’Organisation des Nations unies en République démocratique du Congo (MONUC) est déployée pour surveiller le cessez-le-feu, mais ses moyens sont limités dans un pays aussi vaste et instable.

La guerre provoque l’effondrement des structures étatiques dans la plupart des régions, l’exode de millions de personnes et une crise humanitaire d’ampleur exceptionnelle. D’après plusieurs enquêtes du Comité international de secours (IRC), environ 3,8 millions de personnes auraient péri entre août 1998 et avril 2004, la majorité de causes indirectes telles que les maladies, la malnutrition, et le manque d’accès aux soins. Ces chiffres font de la Deuxième Guerre du Congo le conflit le plus meurtrier de la fin du XXe siècle. Le conflit se poursuivra jusqu’en 2003, avec la signature d’un accord global et inclusif prévoyant la mise en place d’un gouvernement de transition comprenant les différentes composantes belligérantes.

Par Basengezi Ntomo, correspondant à Goma
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À la UneSociété

Le Dr Mukwege dénonce avec véhémence la crise persistante dans l’Est de la RDC

by admin9775 3 août 2025
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À l’occasion de la commémoration du début de ce qu’il qualifie de « deuxième guerre du Congo », le Prix Nobel de la paix 2018, le Dr Denis Mukwege, a livré une analyse accablante de la situation dans l’Est de la République démocratique du Congo. Dans un message poignant diffusé ce 2 août 2025, le célèbre gynécologue a tiré la sonnette d’alarme sur ce qu’il considère comme une entreprise systématique de déstabilisation et de balkanisation du pays.

Un conflit aux racines profondes

Le Dr Mukwege a rappelé que la crise actuelle dans les Kivus s’inscrit dans la continuité d’un cycle de violences initié en 1998, qualifiant ce conflit de « plus meurtrier depuis la Seconde Guerre mondiale ». Il a dénoncé ce qu’il appelle un « génocide économique » (GENOCOST), soulignant que « trois décennies d’exploitation, d’asservissement et d’extermination planifiée » ont marqué durablement les populations de la région.

Des accusations sans équivoque

Le lauréat du Nobel a pointé du doigt plusieurs responsables de cette crise persistante :

  • Les rebelles du M23-AFC, qu’il accuse d’être contrôlés par l’armée rwandaise
  • Une communauté internationale complice selon lui, privilégiant ses intérêts économiques
  • Les autorités congolaises elles-mêmes, pour leur gestion « prédatrice » des ressources

« Les récents accords de Washington et de Doha ne font que légitimer le pillage de nos ressources et l’occupation de nos agresseurs », a-t-il affirmé avec amertume.

Un plan de balkanisation en marche

Mukwege a exprimé sa profonde inquiétude face à ce qu’il perçoit comme une stratégie de fragmentation du territoire congolais : « L’installation d’administrations parallèles et la promotion d’un prétendu fédéralisme ne sont que les prémisses de l’éclatement de notre pays ». Il a lancé un avertissement solennel : « Si notre population ne se réveille pas aujourd’hui, nous pourrions être la dernière génération à connaître une RDC unie ».

Des solutions concrètes proposées

Plutôt que les actuelles négociations, le Dr Mukwege préconise :

  1. La création d’un Tribunal pénal international pour la RDC
  2. L’application stricte de la résolution 2773 du Conseil de sécurité de l’ONU
  3. Des sanctions internationales ciblées contre les agresseurs
  4. Une refonte complète de la diplomatie congolaise

Un appel à la mobilisation populaire

Dans un vibrant plaidoyer, le Prix Nobel a exhorté ses compatriotes à prendre leur destin en main : « Personne ne viendra sauver le Congo à notre place. Après trente ans de souffrances, il est temps d’écrire nous-mêmes une nouvelle page de notre histoire ».

Ce message intervient alors que des commémorations du GENOCOST sont organisées à travers le monde, témoignant d’une prise de conscience croissante de la gravité de la situation en RDC. Le Dr Mukwege reste plus que jamais la voix des sans-voix, portant haut le flambeau de la résistance contre ce qu’il considère comme une entreprise de démantèlement méthodique de la nation congolaise.

Par Basengezi Ntomo, correspondant à Goma
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À la UneSociété

Les avocats de l’État dans le procès Kabila démentent avoir perçu 10 millions de dollars

by admin9775 2 août 2025
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L’équipe d’avocats représentant l’État congolais dans le procès de l’ancien président Joseph Kabila a formellement démenti vendredi à Kinshasa avoir reçu la somme de dix millions de dollars en honoraires. Maître Jean-Marie Kabengele, porte-parole du collectif d’avocats, a tenu à rétablir la vérité lors d’une conférence de presse organisée en réponse aux rumeurs circulant sur ce sujet sensible.

« Les allégations selon lesquelles nous aurions touché 10 millions de dollars sont totalement infondées », a déclaré avec fermeté Maître Kabengele. Tout en reconnaissant que les cabinets impliqués dans cette affaire perçoivent effectivement des honoraires pour leur travail, il a qualifié ces rémunérations de « patriotiques et modestes » au regard de l’importance du dossier.

L’avocat a expliqué que plusieurs facteurs exceptionnels justifient les honoraires demandés :

  1. La nature hautement sensible de ce procès historique
  2. Les risques personnels et professionnels encourus par les défenseurs de l’État
  3. La complexité technique et la charge de travail considérable

« La dangerosité que représente Joseph Kabila Kabange a même conduit plusieurs cabinets à refuser cette mission lorsqu’elle leur a été proposée », a révélé Maître Kabengele, soulignant ainsi le caractère particulier de cette affaire judiciaire.

Ce démenti intervient alors que le procès de l’ancien chef de l’État, accusé notamment de trahison et de crimes contre l’humanité, connaît une médiatisation sans précédent en RDC. Les avocats de l’État entendent ainsi couper court aux spéculations et recentrer le débat public sur les aspects juridiques du dossier plutôt que sur des considérations financières.

La transparence affichée par le collectif d’avocats vise à préserver la crédibilité du processus judiciaire en cours, alors que le procès devrait connaître de nouveaux développements dans les prochaines semaines. Maître Kabengele a réaffirmé l’engagement sans faille de son équipe à défendre les intérêts de l’État congolais dans cette affaire qui marque un tournant dans l’histoire judiciaire du pays.

Par Marius Bopenga
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À la UneSociété

Le Vice-Premier ministre de la Défense en immersion opérationnelle auprès des FARDC

by admin9775 1 août 2025
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Dans le cadre de sa tournée d’évaluation des unités militaires, le Vice-Premier ministre de la Défense nationale et des Anciens combattants, Guy Kabombo Muadiamvita, a effectué une visite de travail le mercredi 30 juillet à l’État-major des Forces terrestres et à la Première Zone de Défense. Cette démarche s’inscrit dans la mise en œuvre de la feuille de route ministérielle visant à renforcer les capacités opérationnelles des FARDC.

Échanges stratégiques à l’État-major des Forces terrestres

Accueilli par le Général-Major Ilunga Mpeko Edmond, chef d’état-major adjoint, le ministre a suivi un briefing détaillé sur la situation sécuritaire nationale. Les échanges ont porté sur trois axes prioritaires :

  1. La nécessité d’anticiper les menaces sécuritaires émergentes
  2. L’impératif de renforcer les effectifs dans les zones sensibles
  3. L’importance des formations continues pour maintenir les compétences tactiques

« Nous œuvrons à construire une armée de terre réactive, professionnelle et pleinement alignée sur la vision du Président de la République », a déclaré le Vice-Premier ministre.

Immersion terrain à la Première Zone de Défense

La visite s’est poursuivie par l’inauguration des nouvelles installations de commandement rénovées de la Première Zone de Défense, sous la conduite du Général-Major Chico Tshitambwe, récemment nommé à ce poste. Le ministre a pu apprécier les avancées réalisées dans le cadre du programme FEC (Former-Équiper-Caserner), pierre angulaire de la modernisation des FARDC.

Une approche participative

Particularité notable de cette visite : le Vice-Premier ministre a instauré un dialogue direct avec le personnel civil et militaire, favorisant ainsi une meilleure communication entre les différents échelons de la structure défensive. Cette approche a été particulièrement appréciée par les agents rencontrés dans les services administratifs.

Cette tournée du numéro deux de la Défense confirme la volonté du gouvernement d’accompagner la transformation des forces armées, conformément aux engagements du Chef de l’État. Prochaine étape : l’inspection des unités déployées dans l’Est du pays, où les défis sécuritaires restent prégnants.

Par Marius Bopenga
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À la UneSociété

Scandale diplomatique : un haut diplomate congolais arrêté avec 206 kg de cocaïne en Europe

by admin9775 31 juillet 2025
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Un fait grave vient d’ébranler la représentation diplomatique congolaise en Europe. Mutebwa Mulumba Jean de Dieu, deuxième conseiller de l’ambassade de la RDC auprès du BENELUX, a été interpellé le 18 juillet 2025 par les autorités frontalières bulgares à la frontière turque. Le diplomate était surpris au volant d’un véhicule diplomatique transportant une impressionnante cargaison de 206 kilogrammes de cocaïne, accompagné de deux présumés complices.

Un trafic organisé sous couverture diplomatique

Les enquêteurs bulgares ont révélé que cette arrestation s’inscrit dans un schéma plus large de trafic international. Le fourgon immatriculé en Belgique, arborant des plaques diplomatiques censées lui offrir l’immunité, avait dérogé à son périmètre autorisé sans aucune justification officielle. Selon le procureur bulgare, cette affaire met en lumière « un modus operandi bien rodé exploitant les privilèges diplomatiques ».

Réaction ferme et immédiate de Kinshasa

Face à la gravité des faits, le gouvernement congolais a réagi sans délai par un communiqué du ministère des Affaires étrangères en date du 31 juillet 2025 :

  1. Rappel immédiat et définitif du diplomate compromis
  2. Levée exceptionnelle de son immunité diplomatique
  3. Engagement d’une coopération judiciaire totale avec la Bulgarie
  4. Envoi d’une mission conjointe Affaires étrangères-Justice à Sofia

Une politique de tolérance zéro réaffirmée

Le ministère congolais a tenu à souligner le caractère strictement individuel de ces agissements, tout en réaffirmant sa politique intransigeante contre toute dérive au sein du corps diplomatique. « Aucun statut, aucune position ne saurait prévaloir sur l’éthique et l’honneur de la nation », peut-on lire dans le communiqué officiel.

Cette affaire sans précédent, qui implique l’un des plus gros saisies de drogue récentes en Europe orientale, risque d’entacher durablement l’image de la diplomatie congolaise. Elle intervient dans un contexte où plusieurs pays européens renforcent leur vigilance face au trafic de stupéfiants exploitant les couvertures officielles.

Les autorités congolaises promettent une enquête approfondie pour déterminer l’éventuelle implication d’autres acteurs et prévenir tout nouveau cas d’utilisation abusive des privilèges diplomatiques. Le diplomate déchu, quant à lui, fait face à de lourdes charges pouvant mener à une peine criminelle en Bulgarie.

Par Marc Etumba, correspondant à Kinshasa
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À la UneSociété

Le procès Mutamba prend une tournure politique avec la demande de comparution de la Première ministre

by admin9775 31 juillet 2025
written by admin9775

Alors que le procès de l’ancien ministre de la Justice Constant Mutamba se poursuit devant la Cour de cassation, la défense a adopté une stratégie offensive en demandant la comparution de plusieurs hautes personnalités, dont la Première ministre Judith Suminwa. Cette requête, si elle est acceptée, marquerait un moment historique dans la justice congolaise.

Une audience cruciale prévue le 4 août

La prochaine audience du lundi 4 août s’annonce déterminante, avec la possible audition de nombreux témoins clés. Le ministère public compte faire entendre plusieurs hauts responsables administratifs liés à la gestion budgétaire et aux marchés publics au sein du ministère de la Justice, notamment :

  • Le Directeur général ad intérim de la Cellule de gestion des marchés publics (CMP)
  • Le Secrétaire général du ministère de la Justice
  • La Directrice chargée du service pénitentiaire
  • Le Secrétaire permanent de la cellule de gestion des marchés publics
  • Le Secrétaire général du ministère des ITPR
  • Le Directeur général de Frivao
  • Le gestionnaire de l’immeuble abritant la société Zion

La défense élargit le champ des responsabilités

L’équipe de défense de Constant Mutamba, poursuivi pour détournement présumé de 19 millions de dollars destinés à la construction d’une prison à Kisangani, a demandé la comparution d’une liste impressionnante de personnalités :

  1. Le chef de division provinciale de la justice à Kisangani
  2. La Première ministre Judith Suminwa
  3. L’ancienne ministre de la Justice Rose Mutombo
  4. Le Secrétaire exécutif de la CENAREF
  5. L’Inspecteur général des finances Jules Alingete
  6. Le ministre des ITPR
  7. Le chef du département de génie civil de l’Université de Kinshasa
  8. Le responsable du Guichet Unique
  9. L’actuel inspecteur de l’IGF
  10. Le ministre des Sports

Un procès aux multiples enjeux

Cette stratégie de la défense vise à démontrer que les actes reprochés s’inscrivaient dans un cadre institutionnel plus large et impliquaient plusieurs niveaux de responsabilité. La Cour de cassation a déjà rejeté ce mercredi 30 juillet l’exception d’inconstitutionnalité soulevée par les avocats de Mutamba, qui contestait la procédure d’autorisation par l’Assemblée nationale.

Une affaire suivie de près

Ce procès, qui intervient dans un contexte où la lutte contre la corruption est présentée comme une priorité du quinquennat, suscite un vif intérêt dans l’opinion publique et la classe politique. La possible comparution de la Première ministre Judith Suminwa donnerait à cette affaire une dimension politique inédite.

La prochaine audience du 4 août pourrait donc marquer un tournant décisif dans ce dossier complexe, où se mêlent enjeux judiciaires, politiques et de gouvernance. Tous les regards sont désormais tournés vers la Cour de cassation, qui devra statuer sur ces demandes de témoignages exceptionnelles.

Par Marc Etumba, correspondant à Kinshasa
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