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Société

À la UneSociété

RDC : durcissement annoncé contre les abus sur les réseaux sociaux

by admin9775 4 mars 2026
written by admin9775

L’exécutif de la République démocratique du Congo annonce un renforcement de la répression des infractions commises en ligne. À travers un communiqué publié le 3 mars, le ministre de la Justice, Guillaume Ngefa, affirme que plusieurs délits numériques feront désormais l’objet de poursuites systématiques, y compris lorsque leurs auteurs se trouvent à l’étranger.

Infractions visées

Sont notamment concernées :

  • la propagation de fausses informations (fake news) ;
  • la diffamation et les injures ;
  • le harcèlement en ligne ;
  • les menaces ;
  • l’incitation à la haine ;
  • les atteintes à la vie privée et à la dignité.

Le garde des Sceaux rappelle que l’usage de plateformes telles que TikTok, Facebook, X (ex-Twitter) ou WhatsApp doit s’exercer dans le strict respect du cadre légal national.

Il cite notamment le Code du numérique, le Code pénal congolais et les dispositions constitutionnelles relatives aux droits fondamentaux. Si la liberté d’expression est garantie par la Constitution, elle ne saurait, selon lui, couvrir des actes constitutifs d’infractions ni justifier des atteintes à la dignité humaine, à la réputation d’autrui ou à l’ordre public.

Instructions fermes aux magistrats

Guillaume Ngefa demande aux procureurs généraux près les Cours d’appel, aux procureurs de la République et aux auditeurs supérieurs des juridictions militaires d’assurer l’application effective des poursuites liées aux infractions numériques.

Chaque action judiciaire devra :

  • reposer sur une base légale claire ;
  • être dûment motivée ;
  • respecter le principe de proportionnalité des peines ;
  • garantir le droit à un procès équitable.

Les magistrats sont également invités à se référer aux standards internationaux en matière de liberté d’expression et de lutte contre les discours de haine.

Mesures complémentaires

Les instructions prévoient notamment :

  • le recours, sous contrôle judiciaire, au retrait, blocage ou à la suspension de contenus manifestement illicites ;
  • l’activation de mécanismes de coopération judiciaire internationale si les auteurs présumés se trouvent hors du territoire national ;
  • la protection effective des victimes, avec enquêtes diligentes, confidentialité si nécessaire et prévention de toute revictimisation.

Constat du chef de l’État

Lors du dernier Conseil des ministres, le président Félix Tshisekedi a déploré ce qu’il qualifie d’« anarchie » et de « délinquance » sur les réseaux sociaux en RDC, évoquant la multiplication des injures, accusations mensongères et discours de haine.

Pour l’exécutif, les plateformes numériques, loin de servir exclusivement des finalités positives, deviennent de plus en plus des vecteurs de désinformation, de manipulation de l’opinion et d’incitation à la division, menaçant la cohésion nationale et la stabilité sociale.

À travers cette mise en garde, Kinshasa affirme vouloir établir un équilibre entre la protection des libertés fondamentales et la répression des abus, afin de faire du cyberespace congolais un espace « sûr, responsable et respectueux de la loi ».

Par Marius Bopenga
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Est de la RDC : les FARDC déploient des drones Wing Loong 2 contre l’AFC/M23

by admin9775 28 février 2026
written by admin9775

Les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) auraient intensifié l’usage de drones d’attaque de type Wing Loong II dans les zones sous contrôle de l’AFC/M23, dans l’est de la République démocratique du Congo.

Selon plusieurs sources sécuritaires, au moins trois appareils auraient été acquis entre décembre 2025 et janvier 2026. Leur déploiement se serait intensifié depuis la proposition de cessez-le-feu formulée le 18 février sous l’impulsion du président angolais João Lourenço.

Un drone de combat longue endurance

Le Wing Loong II, conçu en Chine, est un drone MALE (moyenne altitude, longue endurance) capable d’emporter jusqu’à 500 kg de charges, incluant des missiles guidés.

Parmi ses caractéristiques généralement avancées :

  • une autonomie pouvant atteindre environ 30 heures de vol ;
  • une vitesse maximale avoisinant les 370 à 400 km/h ;
  • une capacité d’opérer à haute altitude, hors de portée de certaines défenses anti-aériennes classiques ;
  • des frappes de précision grâce à des systèmes de guidage embarqués.

Ces drones sont utilisés par plusieurs pays en Afrique et au Moyen-Orient dans des contextes de lutte contre des groupes armés.

Intensification des frappes et inquiétudes humanitaires

D’après des sources locales, les frappes viseraient des positions supposées de l’AFC/M23. Toutefois, des organisations humanitaires et des acteurs locaux font état de victimes civiles dans certaines zones touchées, ce qui alimente les inquiétudes quant aux risques collatéraux.

À Kinshasa, certains cercles sécuritaires estiment que l’introduction de ces drones renforcerait significativement la capacité de projection et de frappe des FARDC, modifiant l’équilibre tactique sur le terrain. Cette perception d’une supériorité militaire accrue pourrait expliquer l’intensification des opérations observées ces dernières semaines.

Un contexte diplomatique fragile

Malgré les efforts de médiation régionale et internationale, notamment angolais, les combats se poursuivent sur plusieurs fronts dans l’est du pays. La montée en puissance des moyens aériens intervient dans un contexte où les négociations restent officiellement à l’ordre du jour, mais semblent fragilisées par la dynamique militaire en cours.

La situation demeure évolutive, avec des enjeux à la fois sécuritaires, humanitaires et diplomatiques majeurs pour la région des Grands Lacs.

Par Pascal Kabeya
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À la UneSociété

La RDC présente Juliana Lumumba pour diriger la Francophonie

by admin9775 27 février 2026
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La République démocratique du Congo a officialisé sa candidature au poste de Secrétaire générale de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF). Kinshasa a porté son choix sur Juliana Amato Lumumba, fille du premier Premier ministre congolais, Patrice Lumumba, a annoncé le ministère de la Communication et Médias dans un communiqué publié jeudi 27 février.

Une héritière d’une histoire politique majeure

Née le 25 janvier 1955, Juliana Amato Lumumba grandit dans un contexte marqué par les turbulences de l’après-indépendance. Quelques mois après sa naissance, son père devient une figure emblématique de la souveraineté africaine avant d’être assassiné en 1961.

Comme plusieurs membres de la famille Lumumba, elle passe une partie de sa jeunesse à l’étranger, notamment en Égypte et en Europe, où elle poursuit sa formation. Cette trajectoire internationale contribue à forger une vision ouverte sur les enjeux diplomatiques, culturels et géopolitiques du continent africain.

Un parcours académique et politique orienté vers la culture

Formée aux sciences sociales, à la gestion publique et aux relations internationales, elle développe un engagement centré sur la gouvernance, la culture et la coopération entre États.

Sa carrière politique prend une dimension officielle lorsqu’elle est nommée ministre de la Culture et des Arts entre 1998 et 2001. À ce poste, elle œuvre pour la valorisation du patrimoine culturel congolais et la promotion de la diplomatie culturelle comme outil de rayonnement international.

Une voix engagée sur la scène internationale

Après son passage au gouvernement, Juliana Lumumba s’implique dans plusieurs initiatives et conférences consacrées au développement africain, à la mémoire historique et au dialogue interculturel. Elle défend régulièrement une vision d’une Afrique capable de construire ses propres narratifs culturels et économiques.

Une candidature à forte portée symbolique et stratégique

À travers cette désignation, Kinshasa entend renforcer son positionnement au sein de l’espace francophone mondial. Les autorités congolaises mettent en avant un profil mêlant héritage historique, expérience institutionnelle et engagement intellectuel.

Selon des sources officielles, « la charge émotionnelle du nom, les capacités intrinsèques de la personne et le soutien total du pays font d’elle la candidate de tous les espoirs ».

Cette candidature intervient dans un contexte où la Francophonie cherche à se réinventer face aux défis contemporains, notamment ceux liés à la jeunesse, à la transformation numérique et à la coopération Sud-Sud.

Par Marc Etumba, correspondant à Kinshasa
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Kinshasa : un homme tue sa mère à Kinshasa et écope d’une peine de mort

by admin9775 27 février 2026
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La commune de Kisenso, dans la partie Sud de Kinshasa, est sous le choc après la découverte macabre faite mercredi 25 février. Un homme d’une trentaine d’années a été arrêté pour avoir tué sa mère, démembré son corps et conservé les restes dans un congélateur.

C’est une odeur nauséabonde se dégageant de l’habitation qui a alerté le voisinage. Une fois sur les lieux, les services de sécurité ont dû forcer la porte pour découvrir une scène d’une violence inouïe.

Un litige financier à l’origine du drame

Le suspect, un ancien expulsé d’Europe, a reconnu les faits lors de son interpellation. Selon ses propres aveux recueillis par les autorités locales, un conflit d’argent portant sur la vente d’une parcelle serait le mobile du crime. L’homme reprochait à sa mère le refus de lui restituer les fonds issus de cette transaction.

Le bourgmestre de la commune de Kisenso, Godé Atswel, détaille les circonstances effroyables de ce matricide :

« Il dit avoir donné l’argent de sa parcelle à sa mère et que celle-ci refusait de le lui rendre. Il a fini par la tuer avant de la découper en morceaux. Une partie de la chair a été grillée et consommée, tandis que le reste, notamment le tronc et la tête, a été placé dans le congélateur. C’est à cause de la décomposition des chairs, due aux coupures d’électricité, que les voisins ont senti l’odeur ».

Le Tribunal de grande instance de Kinshasa a condamné, jeudi 26 février 2026, le prévenu Josué Kaniki à la peine de mort pour meurtre, ainsi qu’à trois ans de servitude pénale pour anthropophagie, infraction consistant à consommer de la chair humaine.

En application des règles relatives au cumul des peines, seule la sanction la plus lourde – la peine capitale – a été retenue.

Arrestation immédiate et dommages-intérêts

Dans son jugement, le tribunal a également ordonné l’arrestation immédiate du condamné. Il a en outre fixé à 50 000 dollars américains le montant des dommages-intérêts à verser à la partie civile, en réparation du préjudice subi.

Un procès en flagrance sous haute tension

Ce verdict intervient à l’issue d’un procès en flagrance qui a suscité une vive émotion au sein de l’opinion publique kinoise ces derniers jours. L’affaire, largement commentée, a provoqué un tollé en raison de la gravité des faits reprochés et de leur caractère particulièrement choquant.

La décision du tribunal relance par ailleurs le débat sur l’application de la peine de mort en République démocratique du Congo, dans un contexte où cette sanction, bien que prévue par la loi, fait régulièrement l’objet de discussions sur son effectivité et son opportunité.

Radio okapi

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Procès YAV : expertise des téléphones ordonnée, la défense réclame des garanties

by admin9775 23 février 2026
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La Haute Cour militaire de la République démocratique du Congo a ordonné, vendredi 20 février, une expertise technique des téléphones portables du lieutenant-général Philémon Yav Irung, ancien commandant de la troisième zone de défense des FARDC, poursuivi pour trahison.

L’expertise a été confiée au Conseil national de cyberdéfense (CNC), un service spécialisé rattaché à la Présidence, dirigé par Jean-Claude Bukasa. La mission consiste à examiner le contenu des téléphones (marques Iphone et 8846) et des trois cartes SIM pour y rechercher tout message en lien avec l’infraction de trahison reprochée au prévenu.

La défense demande des garanties

Le collectif d’avocats de Philémon Yav, emmené par Me Parfait Kanyanga, a accepté le principe de l’expertise mais a immédiatement demandé une contre-expertise, invoquant un manque de confiance envers le CNC. Les avocats ont rappelé que Jean-Claude Bukasa, actuel coordonnateur du CNC, était conseiller spécial du chef de l’État en matière de sécurité au moment de l’arrestation de leur client en septembre 2022.

Les conseils de la défense ont également plaidé pour que leurs propres experts puissent établir un état des lieux préalable des téléphones avant leur transfert au CNC, afin de garantir l’intégrité des données.

Le premier président de la Haute Cour militaire, le lieutenant-général Joseph Mutombo Katalay Tiende, a indiqué qu’il se renseignerait sur la possibilité d’associer les experts de la défense aux travaux.

Le général Yav est soupçonné d’avoir entretenu des contacts avec l’entourage de James Kabarebe, officier supérieur de l’armée rwandaise. Son procès intervient près de trois ans après son arrestation, sans que la preuve matérielle du message évoqué par l’accusation n’ait été présentée à ce jour.

Par Pascal Kabeya
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Michel Kuka « Lumumba », célèbre supporteur congolais de la CAN 2025, signe un partenariat avec le géant de la téléphonie TECNO

by admin9775 17 février 2026
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Le supporter congolais Michel Kuka Mboladinga, rendu célèbre à la CAN 2025 pour son hommage à Patrice Lumumba, est devenu ce samedi 14 février l’égérie du nouveau téléphone TECNO CAMON 50.

Michel Kuka Mboladinga dit Lumumba lors du match opposant le Botswana à la RDC, le 30 décembre 2025. Hieratique, vêtu aux couleurs drapeau national, Michel Kuka est devenu le supporter le plus connu de la RD Congo.

Le célèbre supporteur n’a pas fini son ascension. Le Congolais Michel Kuka Mboladinga s’est fait connaître le mois dernier en se tenant debout et immobile, le bras droit levé vers le ciel, tout au long de chaque match des Léopards, pendant la Coupe d’Afrique des nations (CAN). Un geste symbolique, en hommage à Patrice Lumumba, grande figure de l’indépendance de la RD Congo.

Seulement un mois après la fin de la compétition, Michel Kuka Mboladinga rafle le jackpot. Il a signé un partenariat ce samedi 14 février d’une valeur de 100 millions de francs congolais (CDF) (l’équivalent de 50 000 dollars) avec le géant de la téléphonie TECNO, rapporte le correspondant de TV5MONDE.

Désormais égérie du nouveau téléphone, TECNO CAMON 50, celui qui incarne l’image de l’illustre Patrice Lumumba, est devenu l’un des visages majeurs de la marque en RD Congo. « J’ai utilisé beaucoup de téléphones, mais cette marque me propulse davantage et va faire de moi quelqu’un de plus célèbre, s’est-il exprimé en visite dans un magasin de la marque. La société TECNO a fait de moi quelqu’un de grand. Quand je serai très loin, ce sont toujours ces téléphones qui me filmeront, en utilisant l’option de zoom en très bonne qualité« , a-t-il ajouté en remplissant sa première mission pour la marque.

Ce partenariat inclut des campagnes publicitaires (TV et digitales), la mise en avant de Lumumba dans les visuels de la marque, des apparitions lors des lancements de produit à Kinshasa et dans d’autres villes, du contenu exclusif sur ses réseaux sociaux pour promouvoir le nouveau téléphone.

TV5

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À la UneSociété

Paie des fonctionnaires : le gouvernement brise les rumeurs et assure que tout est sous contrôle

by admin9775 16 février 2026
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Réunie à la Primature sous la présidence de la Première Ministre Judith Suminwa Tuluka, la conjoncture économique a conclu que la situation reste maîtrisée et que le Gouvernement dispose des moyens pour honorer ses engagements.

La situation économique demeure maîtrisée et le processus de paiement des agents de l’État évolue normalement. C’est la principale conclusion de la réunion extraordinaire de la Conjoncture économique tenue à la Primature, sous la présidence de la Première ministre, Judith Suminwa Tuluka.

Ont pris part à cette séance de travail le Vice-Premier ministre, ministre de l’Économie nationale, Daniel Mukoko Samba, le ministre du Budget, Adolphe Muzito, le ministre des Finances, Doudou Fwamba, le ministre des Mines, Louis Watum Kabamba, ainsi que le gouverneur de la Banque Centrale du Congo, André Wameso.

De nouvelles mécanisations à la base du paiement progressif

À l’issue de la réunion, le ministre des Finances a souligné que « la situation est sous contrôle » et que le Gouvernement dispose des moyens nécessaires pour honorer ses engagements.

Doudou Fwamba a expliqué que le paiement des salaires, entamé avant le 28 janvier, a connu un léger décalage lié aux réalités techniques du premier trimestre. « Tous les fonctionnaires savent qu’au mois de janvier, de nouvelles mécanisations et des mises à jour doivent être opérées. Ces ajustements, combinés à certaines contraintes sécuritaires, ont conduit l’État à adopter une stratégie de paiement progressif », a-t-il précisé.

Selon lui, contrairement aux rumeurs relayées ces derniers jours, les rémunérations des services prioritaires ont été versées avant le 28 janvier 2026. Il s’agit notamment des éléments des Forces armées, de la Police nationale congolaise ainsi que des enseignants pris en charge par la DINACOPE pour la ville-province de Kinshasa.

Clôture annoncée dans les 72 heures

Pour les autres catégories d’agents publics, le processus de paiement s’est poursuivi au-delà du 28 janvier en raison du glissement technique observé. Les médecins, a-t-il indiqué, ont déjà été payés la semaine précédente.

« Je pense que dans les 72 heures, nous allons clôturer les opérations de paie du mois passé », a affirmé le ministre des Finances, se voulant rassurant.

Les autorités assurent ainsi qu’il ne s’agit pas d’un problème structurel, mais d’un ajustement administratif et technique propre au début d’exercice budgétaire. Le Gouvernement entend intégrer ces paramètres pour améliorer la fluidité des prochaines opérations de paie et maintenir la stabilité macroéconomique du pays.

Par ailleurs, 59 millions USD ont été déboursés en 2025 pour le programme PDL-145 Territoires, qui reste prioritaire en 2026 sous l’impulsion du Président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo.

Par Marius Bopenga
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Choléra à Makala : le ministre de la Justice suspend les nouvelles admissions à la prison centrale

by admin9775 15 février 2026
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Le ministre d’État, ministre de la Justice et Garde des sceaux, Guillaume Ngefa Atondoko Andali, a ordonné samedi 14 février l’interdiction temporaire de toute nouvelle admission à la Prison centrale de Makala, à Kinshasa, à la suite de la confirmation de cas de choléra ayant déjà causé plusieurs décès parmi les détenus.

Dans une circulaire officielle n°001/DMK/ME/MIN/J&GS/2026 du 14 février 2026, le ministre fait état d’une situation sanitaire préoccupante. Depuis le 12 février, cinq décès ont été enregistrés dans cet établissement pénitentiaire, considéré comme l’un des plus surpeuplés du pays.

Des cas confirmés par l’INRB

Selon les données sanitaires reprises dans le document ministériel, l’Institut national de recherche biomédicale (INRB) a confirmé 13 cas positifs de choléra sur 17 prélèvements analysés. Parmi les personnes testées positives, quatre sont déclarées rétablies, tandis que cinq décès ont été constatés. Par ailleurs, 15 nouveaux cas suspects ont été identifiés au cours de la seule journée du 13 février.

Ces chiffres traduisent un risque élevé de propagation dans un milieu carcéral marqué par la promiscuité et des conditions d’hygiène structurellement fragiles, facteurs connus d’amplification des maladies hydriques.

Mesures d’urgence et restrictions

Face à cette évolution, le ministre de la Justice a décidé de mesures immédiates visant à contenir l’épidémie. Outre l’arrêt temporaire des nouvelles admissions, la circulaire prévoit la suspension ou la stricte limitation des visites, sous réserve du respect rigoureux des prescriptions sanitaires en vigueur.

Le renforcement du dispositif médical interne figure également parmi les priorités. Il est notamment question de la mise à disposition de médicaments essentiels, de l’approvisionnement en produits de prévention et de désinfection, ainsi que du déploiement d’équipements adaptés à la prise en charge des cas et à la riposte contre le choléra.

Un test pour la gestion sanitaire carcérale

Cette flambée épidémique intervient dans un contexte où la question de la surpopulation et des conditions de détention à Makala fait régulièrement l’objet d’alertes d’organisations de défense des droits humains.

La suspension des admissions constitue une mesure exceptionnelle, révélatrice de la gravité de la situation. Elle pose en parallèle la question de la gestion des flux judiciaires et carcéraux à Kinshasa, alors que les autorités sanitaires et pénitentiaires s’emploient à circonscrire la propagation de la maladie au sein de l’établissement.

Par Marius Bopenga
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Kinshasa : l’exécutif provincial organise le relogement des ménages de Pakadjuma à Kinkole

by admin9775 14 février 2026
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La crise opposant l’Hôtel de ville de Kinshasa aux habitants du quartier Pakadjuma connaît son épilogue. Le gouverneur de la capitale, Daniel Bumba, a annoncé jeudi le relogement des familles dont les habitations ont été détruites lors des récentes opérations de démolition. Les ménages concernés sont désormais orientés vers un site aménagé à Kinkole, dans la commune de la N’Sele.

Le transfert effectif a débuté ce jeudi 12 février, sous la supervision d’une commission mixte mise en place pour encadrer l’évacuation et l’installation des sinistrés. Cette structure regroupe des représentants des autorités provinciales et des services techniques, avec pour mission d’assurer la coordination logistique, l’identification des bénéficiaires et le suivi du processus d’installation.

Reprise du trafic ferroviaire et impératifs de sécurité

Les démolitions engagées à Pakadjuma, quartier situé dans la commune de Limete, s’inscrivent dans le cadre de la reprise du trafic du train urbain. Les constructions qualifiées d’anarchiques, érigées le long de la voie ferrée, étaient considérées comme un obstacle à la relance du transport ferroviaire et comme un facteur de risque majeur pour la sécurité des riverains.

Selon l’exécutif provincial, la libération de l’emprise ferroviaire constitue un préalable indispensable à la modernisation de la mobilité urbaine dans une ville confrontée à une forte pression démographique et à des défis structurels de transport.

Un enjeu sanitaire majeur

Au-delà de l’enjeu infrastructurel, les autorités mettent en avant un objectif sanitaire. Pakadjuma est identifié comme l’un des principaux foyers de choléra de la capitale congolaise. La promiscuité, l’absence d’assainissement adéquat et l’occupation désordonnée des sols y favorisent la propagation des maladies hydriques.

Le relogement à Kinkole s’inscrit ainsi dans une stratégie plus large de prévention des épidémies et de lutte contre l’insalubrité. L’exécutif provincial entend réduire durablement les risques sanitaires tout en réorganisant l’occupation de l’espace urbain.

Une politique de récupération des espaces publics

Cette opération s’ajoute à une série d’actions conduites depuis l’élection de Daniel Bumba à la tête de la ville-province. Les autorités provinciales ont récemment engagé des démarches de récupération d’espaces publics jugés spoliés ou occupés illégalement, notamment à Masina Sans Fil, sur l’avenue OUA à Kintambo et au rond-point Ngaba.

Pour l’Hôtel de ville, ces initiatives traduisent une volonté de rétablir l’autorité de l’État sur le foncier urbain et de restructurer durablement la capitale. Reste désormais à garantir la viabilité du site de relogement de Kinkole et l’accompagnement social des familles déplacées, afin d’éviter que la crise de Pakadjuma ne se reproduise ailleurs.

Par Marc Etumba, correspondant à Kinshasa
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RDC: 31 ans après sa mort, la légende de la Sape Stervos Niarcos est toujours célébrée à Kinshasa

by admin9775 11 février 2026
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Ce mardi 10 février, quelques dizaines de sapeurs se sont recueillis sur la tombe du « pape de la Sape », l’artiste-musicien Adrien Mombele N’gantshie, alias Stervos Niarcos, mort il y a 31 ans jour pour jour. Sa chanson Religion ya Kitendi, sortie en 1989, a érigé la recherche vestimentaire en véritable sens de la vie.

Chapeau haut de forme et parapluie à plumes à la main, un sapeur prend la pose, juché sur un muret le long d’un boulevard au cœur de Kinshasa. Les sapeurs de la capitale congolaise ont commémoré, ce mardi 10 février 2026, la mémoire de leur idole. Depuis 31 ans, chaque année, des sapeurs de toutes tendances se retrouvent au cimetière de la Gombe, à Kinshasa, où il repose, pour célébrer la mémoire de celui qui est devenu une figure mythique de la Sape. « C’est le père de tous les sapeurs au Congo, et même dans le monde », explique Djika Ziana, sapeur kinois, en exhibant fièrement sa veste et son sac en cuir à effet peau de crocodile. Plus qu’une mode, la Sape est « un art », estime Mathy Kass Adbe Chou, l’une des rares femmes sapeuses présentes ce mardi.

Elle est venue de Brazzaville, la capitale jumelle située de l’autre côté du fleuve Congo. « Il y a des codes : il faut être bien propre, parfumé, porter des tenues de luxe et respecter les couleurs, trois maximum », détaille cette femme de 48 ans, vêtue d’une salopette noire d’une marque japonaise et coiffée de lunettes de soleil de créateur. « C’est important de bien s’habiller pour se faire remarquer, être invité partout et se voir proposer du travail », défend une autre sapeuse venue rendre hommage à Niarcos.

Deux sapeurs  de Brazzaville (de gauche à droite) et un Sapeur  de Kinshasa (au centre) rendent hommage à Stervos Niarcos, le 10 février 2013, à l'occasion du 18e anniversaire de sa mort, au cimetière de Gombe à Kinshasa. Niarcos   le fondateur de la religion « Kitendi », qui signifie « vêtements » en lingala.
Deux sapeurs de Brazzaville (de gauche à droite) et un Sapeur de Kinshasa (au centre) rendent hommage à Stervos Niarcos, le 10 février 2013, à l’occasion du 18e anniversaire de sa mort, au cimetière de Gombe à Kinshasa. Niarcos le fondateur de la religion « Kitendi », qui signifie « vêtements » en lingala. AFP – JUNIOR D. KANNAH

Icône de la mode et de la culture congolaise, Stervos Niarcos s’est illustré dans les années 1980 à une période où la Sape – un mouvement d’identité vestimentaire né à l’époque coloniale à Brazzaville lorsque des jeunes ont commencé à adopter et détourner les vêtements portés par les colons – et la musique participaient à l’émergence d’une esthétique commune. Reconnu pour son style vestimentaire affirmé, il a durablement influencé les codes de l’élégance et marqué l’imaginaire collectif.

Né le 31 mai 1952 à Léopoldville (aujourd’hui Kinshasa) dans une famille où son père était ministre, c’est très jeune qu’il découvre l’Europe et se passionne pour les vêtements de luxe, adoptant dès l’adolescence un train de vie exceptionnel. Installé à Paris à partir de 1977, il ne retourne que rarement à Kinshasa, une distance qui contribue à nourrir la légende autour de son personnage, entre faste, mode et nuits parisiennes. Il y fait la connaissance de grandes figures de la musique congolaise de l’époque, comme Papa Wemba, Bozi Boziana, Antoine Evoloko ou encore Kester Emeneya, et développe ses talents de chanteur.

Une carrière d’auteur-compositeur

Auteur-compositeur, ses chansons sont interprétées par Bozi Boziana ou Papa Wemba, avec qui il sort l’album Champs-Élysées en 1984. Stervos Niarcos demeure une figure majeure de la mode et de la culture congolaise des années 1980, période durant laquelle la Sape et la musique façonnent une esthétique commune et influente.

L'artiste-musicien, Adrien Mombele N’gantshie,  alias « Strervos Niarcos » et père de la Sape.
L’artiste-musicien, Adrien Mombele N’gantshie, alias « Strervos Niarcos » et père de la Sape. © Americano productions

Pourtant, en République démocratique du Congo, l’un des pays les plus pauvres au monde, où 85% de la population vit avec moins de trois dollars par jour, dépenser des fortunes en vêtements griffés peut sembler extravagant. Mais pour certains, comme cette femme venue rendre hommage à Stervos Niarcos, « être sapeur, c’est d’abord aimer la dignité ».

Stervos Niarcos a également connu des démêlés judiciaires en France. Emprisonné au centre pénitentiaire de Fresnes dans une affaire de stupéfiants, c’est là qu’il tombe malade, avant de mourir le 10 février 1995 à l’hôpital de la Salpêtrière.

Des sapeurs appartenant à un groupe affilié à Papa Griffe, un leader du mouvement, déambulent sur l'avenue de la Démocratie le 10 février 2016 à Kinshasa, en RDC. Le mot « sapeur » vient de SAPE, acronyme français de Société des Ambianceurs et Personnes Élégantes
Des sapeurs appartenant à un groupe affilié à Papa Griffe, un leader du mouvement, déambulent sur l’avenue de la Démocratie le 10 février 2016 à Kinshasa, en RDC. Le mot « sapeur » vient de SAPE, acronyme français de Société des Ambianceurs et Personnes Élégantes Getty Images – Per-Anders Pettersson
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