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Société

À la UneSociété

Crise sociale à Equity BCDC : les syndicats dénoncent des licenciements massifs et appellent à la mobilisation

by admin9775 12 août 2025
written by admin9775

Une tempête sociale s’annonce dans le secteur bancaire congolais. L’Intersyndicale d’Equity BCDC a adressé une lettre véhémente au ministre du Travail pour dénoncer ce qu’elle qualifie de « plan de licenciement maquillé » visant près de 460 employés, accusés de fraude suite à une enquête menée depuis le Kenya.

Les griefs des syndicats
Dans sa correspondance, l’Intersyndicale dénonce avec force :

  • Une procédure disciplinaire expéditive et cavalière
  • Des accusations de fraude basées sur une enquête menée depuis l’étranger
  • La violation des droits fondamentaux des travailleurs
  • Le non-respect des obligations légales en matière de relations professionnelles

Un contexte social déjà explosif
Cette crise intervient dans un climat déjà tendu depuis janvier 2025, marqué par :

  1. La mauvaise application du barème salarial négocié en novembre 2024
  2. Le blocage persistant de la classification des emplois
  3. Des tensions récurrentes sur les questions de rémunération

Les revendications syndicales
Face à cette situation, l’Intersyndicale exige :
✓ La suspension immédiate de la procédure de licenciement
✓ L’ouverture urgente d’un dialogue tripartite
✓ Le respect intégral des engagements salariaux
✓ Le paiement des primes et alignements rétroactifs

Calendrier de protestation
Les syndicats ont annoncé une escalade des actions dès le 12 août :

  • 12/08 : Sit-in devant les sièges de la banque
  • 13/08 : Manifestations devant les Assemblées et Mairies
  • 14/08 : Journée nationale de deuil symbolique
  • 15/08 : Grève générale avec cessation totale des activités

Impact immédiat
Dès ce mardi, les agences Equity BCDC ouvriront avec retard, préfigurant des perturbations majeures dans les services bancaires. Les travailleurs entendent ainsi dénoncer ce qu’ils qualifient d' »abandon des travailleurs par le capitalisme impérial ».

Cette crise met en lumière les tensions croissantes entre direction et personnel dans le secteur bancaire congolais, avec en toile de fond des questions cruciales de justice sociale, de dignité au travail et de respect des conventions collectives. La balle est désormais dans le camp des autorités pour éviter une paralysie du secteur.

Par Marc Etumba, correspondant à Kinshasa
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À la UneSociété

La Cour de cassation reporte l’examen du pourvoi en révision de Moussa Mondo

by admin9775 12 août 2025
written by admin9775

La Cour de cassation a décidé de reporter au 22 octobre 2025 l’examen de la demande en révision introduite par l’ancien ministre des Hydrocarbures, Moussa Mondo, actuellement condamné à 15 ans de prison pour l’homicide de son épouse Kadidja Malanda. Cette décision intervient après une audience tendue ce lundi 11 août 2025.

Les arguments de la défense
L’équipe d’avocats de Mondo a présenté de nouveaux éléments visant à contester les fondements de la condamnation :

  • Un certificat de décès attribuant le décès de la victime à des causes naturelles
  • Des déclarations du père de la défunte
  • Une remise en cause de la procédure de flagrance initiale

Me Kalengi, avocat de la défense, a soutenu avec véhémence que « les preuves exigées par la loi pour justifier la procédure de flagrance n’avaient pas été présentées lors du jugement initial ». Il a ajouté : « Nous n’avons pas retrouvé les éléments de preuve qui auraient dû fonder cette qualification procédurale ».

La position du ministère public
Les procureurs ont rappelé les éléments clés ayant conduit à la condamnation :

  • Les témoignages concordants de deux garde-malades
  • Leurs déclarations affirmant avoir vu l’accusé frapper sa femme à l’hôpital
  • Le caractère déterminant de ces preuves dans le premier procès

Décision de la Cour
Face à ces arguments contradictoires, la Cour a pris acte que le certificat de décès n’avait pas été examiné en première instance. Considérant la nécessité d’une analyse approfondie de ce document, elle a :

  1. Accordé un délai au ministère public pour étudier la portée du certificat
  2. Fixé la prochaine audience au 22 octobre 2025
  3. Rappelé que seules des preuves nouvelles et de nature à infirmer les précédentes peuvent être examinées en révision

Contexte du dossier
Moussa Mondo, ancienne figure politique de premier plan, avait été condamné en appel à une lourde peine pour un crime qui avait défrayé la chronique. Ce report donne un sursis à l’ancien ministre dont le cas continue de diviser l’opinion publique entre ceux qui voient en lui un criminel et ceux qui dénoncent une erreur judiciaire.

La prochaine audience s’annonce cruciale pour déterminer si les nouveaux éléments présentés par la défense sont suffisants pour justifier une révision du procès, voire un éventuel acquittement.

Par Marius Bopenga
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À la UneSociété

Les Forces armées neutralisent des combattants Mobondo près de Kinshasa

by admin9775 11 août 2025
written by admin9775

Dans la nuit du 9 au 10 août 2025, les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) ont mené une opération réussie contre des combattants Mobondo dans la commune de Maluku, à l’est de Kinshasa. L’affrontement s’est produit au village Mbakana, sur une ferme appartenant à la société Congo Futur.

Le capitaine Anthony Mwalushayi, porte-parole des opérations militaires Ngemba (Paix), a confirmé que trois assaillants avaient été neutralisés et deux armes de type calibre 12 récupérées lors de cette intervention. Les militaires sont intervenus rapidement après avoir entendu des tirs vers 23h00 le samedi, permettant de repousser l’attaque et de libérer plusieurs employés qui avaient été pris en otages. Un des otages, grièvement blessé, a été immédiatement pris en charge.

Les opérations de ratissage se poursuivent actuellement dans la zone pour traquer les éléments en fuite et assurer la sécurité des habitants. Les autorités militaires ont salué la réaction rapide de leurs troupes et encouragé la population à collaborer avec les forces de sécurité pour maintenir la paix dans la région.

Cet incident rappelle la persistance des tensions dans les zones périphériques de la capitale congolaise, malgré les efforts de sécurisation déployés par les autorités. Les FARDC maintiennent une vigilance accrue pour prévenir de nouvelles attaques de groupes armés dans cette zone stratégique proche de Kinshasa.

Par Marc Etumba, correspondant à Kinshasa
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À la UneSociété

La youtubeuse Mireille Kalala poursuivie en justice pour diffamation dans l’affaire Marcelo Tunasi

by admin9775 10 août 2025
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Le collectif d’avocats représentant le couple Kayembe a déposé plainte ce samedi contre la youtubeuse congolaise Mireille Kalala, alias « Mamu International ». L’influenceuse est accusée d’avoir tenu des propos diffamatoires concernant Madame Cornelly Kayembe dans le cadre de l’affaire impliquant le pasteur Marcelo Tunasi.

Les allégations incriminées

Selon les avocats du couple, la youtubeuse aurait affirmé que le pasteur Marcelo Tunasi aurait eu un comportement inapproprié envers Madame Kayembe dans son bureau. Plus précisément, Mireille Kalala aurait déclaré que le pasteur se serait intéressé de manière insistante à la morphologie de Madame Kayembe après son retour de France, allant jusqu’à demander les coordonnées du chirurgien esthétique qui serait intervenu sur elle en Turquie.

La youtubeuse aurait également évoqué le décès de l’épouse du pasteur, Blanche Tunasi, en le liant à une opération de chirurgie esthétique effectuée en Turquie. Ces déclarations, jugées diffamatoires par le couple Kayembe, ont motivé le dépôt de plainte.

Une action judiciaire à double niveau

La procédure engagée vise non seulement Mireille Kalala, mais aussi tous les autres influenceurs ayant relayé ces informations sur leurs plateformes. Particularité notable : la youtubeuse résidant actuellement en Afrique du Sud, une plainte parallèle serait en cours de préparation à Johannesburg par un autre groupe d’avocats.

Un débat sur les limites de la liberté d’expression

Cette affaire relance le débat sur la responsabilité des créateurs de contenu sur les réseaux sociaux. Si les plateformes numériques offrent un espace d’expression libre, cette liberté semble trouver ses limites lorsqu’elle touche à la réputation et à la vie privée des personnes.

Perspectives judiciaires

Les prochaines étapes du processus judiciaire seront cruciales pour déterminer le bien-fondé des accusations de diffamation. Ce cas pourrait établir un précédent important concernant la régulation des contenus en ligne en République Démocratique du Congo.

Les observateurs suivront attentivement l’évolution de cette affaire qui met en lumière les défis posés par l’ère numérique en matière de droit à l’image et de protection de la vie privée.

Par Marius Bopenga
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À la UneSociété

Kinshasa : Le site d’hébergement des sinistrés du Tata Raphaël sera démantelé dans les prochains jours

by admin9775 9 août 2025
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Le gouverneur de la ville province de Kinshasa, Daniel Bumba Lubaki, a annoncé ce jeudi 7 août 2025 le démantèlement prochain du site d’hébergement temporaire installé au stade Tata Raphaël. Ce centre accueille depuis avril dernier les familles victimes des inondations meurtrières qui ont frappé la capitale.

Lors d’une visite sur place accompagné de l’ambassadeur des Émirats Arabes Unis en RDC, Anwar Othman Barout Al Baroudi, le gouverneur a confirmé que toutes les procédures administratives pour le retour des sinistrés étaient désormais finalisées. « Nous allons procéder progressivement au retour des familles dans les tout prochains jours », a déclaré Daniel Bumba.

Le chef de l’exécutif provincial a toutefois mis en garde contre tout retour dans les zones à risque. « Je lance un appel solennel à la population pour ne pas réinvestir les quartiers identifiés comme dangereux. Votre sécurité reste notre priorité absolue », a-t-il insisté, rappelant le caractère préventif de cette mesure.

Cette annonce marque la fin d’une phase d’urgence qui aura duré quatre mois. Le stade Tata Raphaël, transformé en centre d’hébergement après les inondations des 4 et 5 avril 2025, pourra ainsi retrouver sa vocation sportive initiale.

Lors de cette visite, les autorités ont également passé en revue l’aide humanitaire fournie par les Émirats Arabes Unis, notamment sous forme de denrées alimentaires distribuées aux familles sinistrées. L’ambassadeur Al Baroudi a réaffirmé le soutien continu de son pays dans la phase de reconstruction qui s’annonce.

Les services provinciaux travaillent désormais à l’identification de solutions durables pour les personnes déplacées, tout en préparant des mesures de prévention pour la prochaine saison des pluies. Une attention particulière sera portée à la sécurisation des zones inondables et à la sensibilisation des populations concernées.

Par Marc Etumba, correspondant à Kinshasa
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À la UneSociété

Procès historique de Joseph Kabila : la Haute Cour militaire reporte les plaidoiries au 21 août 2025

by admin9775 8 août 2025
written by admin9775

La Haute Cour militaire a décidé ce jeudi 7 août 2025 de reporter au 21 août prochain l’audience des plaidoiries dans le cadre du procès historique de l’ancien président Joseph Kabila. Cette décision intervient après l’examen minutieux de plusieurs éléments de preuve qui ont marqué cette troisième audience.

Au cœur des débats, une interview accordée par l’ancien chef de l’État à RFI a été lue à la barre par la greffière principale. Dans cette déclaration médiatique, Joseph Kabila aurait reconnu collaborer avec le mouvement AFC/M23, présenté comme « une voie pour la reconquête du pouvoir » après six ans de « repos » suivant sa passation de pouvoir. Ce témoignage audio constitue une pièce maîtresse du dossier d’accusation.

L’audience a également été marquée par la projection d’images montrant l’ancien président aux côtés de Corneille Nangaa, coordonnateur du mouvement rebelle. Le lieutenant général Likulia, chef du parquet général militaire, a commenté ces photos en soulignant que « le subordonné se met toujours à gauche et le responsable à droite », insinuant ainsi le rôle dirigeant de Kabila dans cette organisation.

Un autre élément explosif a été versé au dossier : une interview de l’ancien ministre de la Défense Ngoy Mukena affirmant avoir reçu pour mission de créer une fausse identité congolaise pour Joseph Kabila. Les avocats de la République ont approfondi cette piste en révélant que la signature « HK » utilisée par l’accusé correspondrait aux initiales de « Hyppolite Kanambe », jetant ainsi le doute sur l’identité officielle de l’ancien président.

Comme lors des audiences précédentes, Joseph Kabila et son équipe d’avocats ont une nouvelle fois brillé par leur absence, un fait qui n’a pas manqué d’alimenter les commentaires dans l’opinion publique.

Du côté du mouvement AFC/M23, la réaction a été vive. Freddy Kaniki, coordonnateur adjoint, a dénoncé ce procès comme « un recul dans les négociations de Doha » et une preuve de « mauvaise foi » de la part des autorités de Kinshasa, alors que les discussions de paix prévoyaient selon lui la libération des personnes soupçonnées de liens avec le mouvement rebelle.

La partie civile, représentée par Maître Richard Bondo, a annoncé son intention de verser au dossier des pièces supplémentaires pour étayer ses arguments en vue d’obtenir réparation. Ces nouveaux éléments pourraient concerner aussi bien la question de l’identité que les charges principales retenues contre l’ancien président : trahison, participation à un mouvement insurrectionnel, complot et apologie du terrorisme.

La prochaine audience du 21 août s’annonce donc comme un moment crucial de ce procès hors norme, où les différentes parties présenteront leurs plaidoiries finales. Ce rendez-vous judiciaire, qui fait suite à une décision du Sénat congolais, continue de polariser profondément la société congolaise et pose des questions fondamentales sur la justice transitionnelle et les équilibres politiques en République Démocratique du Congo.

Par Marc Etumba, correspondant à Kinshasa
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Guillaume Ngefa Atondoko : Portrait du nouveau ministre de la Justice, un défenseur des droits humains aguerri

by admin9775 8 août 2025
written by admin9775

Le président de la République a procédé à un remaniement ministériel dans la nuit du 7 au 8 août 2025, marqué par la nomination surprise de Guillaume Ngefa Atondoko au poste de ministre de la Justice et Garde des Sceaux. Ce choix stratégique replace un militant historique des droits humains au cœur du système judiciaire congolais.

Un parcours marqué par l’engagement précoce
Né dans une famille engagée, Guillaume Ngefa Atondoko développe très jeune une conscience aiguë de la justice sociale. Dès ses études à l’Université de Kinshasa, il milite activement contre les discriminations ethniques, notamment envers les Pygmées, et fonde le Club des Africanistes, un mouvement étudiant progressiste.

Fondateur de l’ASADHO sous Mobutu
En 1986, dans un contexte politique répressif, ce juriste de formation crée l’Association Africaine de Défense des Droits de l’Homme (ASADHO), devenant l’une des premières voix indépendantes à documenter les violations des droits sous le régime mobutiste. Son organisation gagne rapidement en influence malgré les persécutions.

Un témoin clé des crises congolaises
Pendant les conflits des années 1996-1997, Ngefa produit un rapport explosif documentant :

  • Le massacre d’environ 200.000 réfugiés hutus
  • Des milliers de victimes congolaises
  • Des stratégies systématiques de nettoyage ethnique

Ce travail, basé sur des enquêtes de terrain rigoureuses, lui vaut des menaces des régimes successifs (Mobutu puis Kabila) et le force finalement à l’exil en 1997.

Carrière internationale aux Nations Unies
Après un master obtenu à l’étranger, il rejoint le système onusien où il occupe plusieurs postes stratégiques :

  • Chef de mission de la MINUSMA au Mali (jusqu’à son expulsion en 2023)
  • Participation à des initiatives internationales majeures
  • Collaboration avec des figures comme Desmond Tutu

Un profil atypique pour le ministère de la Justice
Sa nomination en août 2025 comme ministre de la Justice et Garde des Sceaux surprend par plusieurs aspects :

  1. Indépendance d’esprit : Toute sa carrière démontre une impartialité rare
  2. Réseau international : Solides connexions avec les instances des droits humains
  3. Expérience terrain : Connaissance intime des mécanismes de violence politique

Expertise internationale
Après un exil forcé en 1997, Ngefa a gravi les échelons au sein des Nations Unies, occupant notamment le poste de chef de mission de la MINUSMA au Mali jusqu’en 2023. Son parcours international lui a permis de tisser un réseau influent et d’acquérir une expertise reconnue en matière de justice transitionnelle et de protection des droits fondamentaux.

Un ministre aux défis multiples
Le nouveau ministre hérite d’un lourd dossier :

  • Réforme en profondeur du système judiciaire
  • Lutte contre l’impunité
  • Modernisation de l’appareil judiciaire
  • Restauration de la confiance des citoyens et des partenaires internationaux

Perspectives et attentes
Cette nomination intervient à un moment charnière pour la RDC, alors que le pays cherche à consolider ses institutions démocratiques. Les observateurs s’accordent à voir dans ce choix un signal fort en faveur d’une justice indépendante et professionnelle.

Le ministre Ngefa devra cependant naviguer avec prudence dans le paysage politique congolais, où les attentes sont immenses et les résistances au changement potentiellement importantes. Son expérience unique, combinant connaissance intime des réalités congolaises et expertise internationale, pourrait faire de lui l’homme de la situation pour engager les réformes attendues depuis longtemps.ier test sera la mise en œuvre concrète des réformes promises dans un environnement politique complexe.

Par Marc Etumba, correspondant à Kinshasa
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À la UneSociété

Massacre dans l’Est de la RDC : le M23 accusé d’avoir tué 319 civils en juillet 2025

by admin9775 7 août 2025
written by admin9775

Le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH) a révélé ce mercredi des chiffres alarmants concernant les violences dans l’Est de la République démocratique du Congo. Selon Volker Türk, Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme, les rebelles du M23, soutenus par le Rwanda, ont perpétré des massacres ayant fait au moins 319 victimes civiles au cours du mois de juillet 2025, dont 48 femmes et 19 enfants.

Ce bilan macabre, l’un des plus élevés depuis la résurgence du mouvement rebelle en 2022, concerne principalement des attaques commises entre le 9 et le 21 juillet dans quatre villages du territoire de Rutshuru, au Nord-Kivu. La majorité des victimes étaient des agriculteurs locaux qui campaient dans leurs champs pendant la saison des semis, selon les informations recueillies par les enquêteurs onusiens.

« Je condamne fermement ces violences inacceptables contre des civils sans défense », a déclaré M. Türk lors d’une conférence de presse à Genève. Le haut responsable onusien a également pointé du doigt les exactions commises par d’autres groupes armés opérant dans la région, notamment :

  • La CODECO, connue pour ses attaques contre des communautés civiles
  • Les ADF, accusés d’avoir massacré au moins 40 civils chrétiens lors d’une attaque à Komanda (Ituri) le 27 juillet dernier

Face à cette escalade de violence, le Haut-Commissaire a lancé un appel solennel à toutes les parties au conflit : « J’exhorte tous les groupes armés, ainsi que les forces régulières, à épargner les civils et à respecter scrupuleusement leurs obligations en vertu du droit international humanitaire. »

Cette annonce intervient dans un contexte de recrudescence des combats dans l’Est congolais, où la situation humanitaire ne cesse de se dégrader. Les organisations internationales s’alarment de l’augmentation constante des violations des droits de l’homme et du nombre de déplacés internes, qui se comptent désormais par millions dans la région.

Les autorités congolaises n’ont pas encore réagi officiellement à ces révélations, mais devraient saisir le Conseil de sécurité des Nations Unies pour dénoncer une nouvelle fois le soutien rwandais aux rebelles du M23, dénonciation que Kigali continue de rejeter catégoriquement.

Par Basengezi Ntomo, correspondant à Goma
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À la UneSociété

Le procès Mutamba vacille après le retrait de deux juges et le témoignage explosif de Madame Rose Mutombo

by admin9775 6 août 2025
written by admin9775

Le procès hautement médiatisé de l’ancien ministre de la Justice Constant Mutamba a connu un tournant dramatique ce mercredi avec le retrait inédit de deux magistrats de la formation judiciaire, plongeant l’instruction dans une crise sans précédent.

Une défection judiciaire historique

La cinquième audience du procès pour détournement de deniers publics a été marquée par un événement rarissime dans les annales judiciaires congolaises. Le président de la formation, le juge Justin Kibamba, a annoncé son retrait volontaire du dossier suite à une demande de récusation de la défense pour « soupçons légitimes de partialité ».

« Dans un souci d’apaisement et de préservation de l’image de la justice, je préfère me déporter de cette affaire », a déclaré le magistrat dans une correspondance officielle lue en audience. Cette décision a été immédiatement suivie par le juge Thomas Otshudi, créant une vacance judiciaire inédite.

Stratégie de défense surprenante

La défense de Me Mutamba a opéré un revirement tactique majeur en renonçant subitement à l’audition de plusieurs témoins-clés pourtant préalablement cités, dont :

  • Jules Alingete, ancien Inspecteur général des Finances
  • Didier Budimbu, ministre des Sports
  • Alexis Gisaro, ministre des Infrastructures

Maître Nsanga Disashi, principal avocat de la défense, a justifié ce recul par « la satisfaction des éclaircissements apportés par les experts lors de l’audience précédente ». Cependant, la défense maintient avec insistance sa demande de convocation d’Adler Kisula, secrétaire exécutif de la CENAREF, ainsi que de la Première ministre Judith Suminwa, qualifiés de « véritables architectes de cette cabale judiciaire ».

Témoignage explosif de Rose Mutombo

L’ancienne ministre de la Justice Rose Mutombo, entendue comme témoin, a livré une déposition qui pourrait changer la donne dans ce procès. L’ex-garde des Sceaux a catégoriquement affirmé que :

  1. Le compte bancaire controversé FRIVAO à la Rawbank existait bien avant sa prise de fonction
  2. Ce compte aurait été créé sous l’ère d’Alexis Thambwe Mwamba ou de Luzolo Bambi
  3. Le projet de construction de la prison de Saké avait reçu l’aval du Conseil des ministres

« Le ministère de la Justice est bel et bien l’autorité contractante dans ce dossier », a-t-elle martelé, apportant de l’eau au moulin de la défense.

Lors de son audition, Rose Mutombo, ancienne ministre d’État à la Justice, a confirmé la légalité et la conformité de la lettre adressée par Jules Alingete, alors patron de l’IGF, concernant la répartition des fonds de l’Ouganda, conformément à l’arrêt de la Cour internationale de Justice. Cette déclaration vient balayer les rumeurs infondées propagées par certains prédateurs financiers bien connus, jusque-là restés curieusement silencieux.

De son côté, le secrétaire général du ministère de la Justice a affirmé n’avoir jamais été informé officiellement du projet de construction d’une prison à Kisangani. Il a affirmé avoir appris cette nouvelle via la presse et sur les réseaux sociaux.

Bolema Kombozi, chef de division provinciale de la Justice à Tshopi, confirme l’existence d’un projet de construction d’une prison et dit avoir visité le site de cette maison carcérale

Au cours de l’audience de ce mercredi 6 août 2025 devant la Cour de cassation, le représentant du Guichet unique de création d’entreprise (GUCE) a confirmé l’existence légale de la société Zion Construction, avec deux associés : M. Willy Musheni et Mme Kinahoro Ange Marie à sa création. Le premier associé a contribué à la constitution du capital à hauteur 51% et le second pour 49%. Avec évolution, l’associé Musheni a cédé ses parts à M. Lutete Jacques, constaté par un acte de cession accepté par les associés et présenté au GUCE, conformément à la loi. Ce qui veut dire que Willy Musheni n’est impliqué en rien dans ce dossier où est impliqué l’ancien ministre d’Etat, ministre de la Justice et garde des sceaux, Constant Mutamba.

Rebondissements techniques

L’audience a également permis d’entendre plusieurs témoins techniques dont :

  • La gestionnaire de l’immeuble CTC confirmant la propriété des bureaux par la société Zion
  • La validation de l’éclairage de l’expert des ITPR validant la capacité contractante des ministères

Cependant, dans une décision qui a fait grincer des dents, la Cour a définitivement rejeté la convocation d’Adler Kisula et de la Première ministre, qualifiant ces demandes de « dilatoires ».

Prochaines étapes cruciales

La Cour a fixé la prochaine audience au mercredi 13 août pour :

  • Le réquisitoire du ministère public
  • Le début éventuel des plaidoiries

Ce procès, qui dépasse désormais le simple cadre judiciaire pour toucher aux plus hautes sphères de l’État, continue de captiver l’opinion publique congolaise. Les prochains jours s’annoncent décisifs pour l’avenir politique de Constant Mutamba et, plus largement, pour l’équilibre des pouvoirs en RDC.

Ce que disent les lois congolaises :

Loi n° 04/016 du 19 juillet 2004 sur la passation des marchés publics :

Le non-respect d’une procédure n’est pas automatiquement un crime. Il s’agit d’une irrégularité administrative, sauf s’il y a intention de nuire ou enrichissement illicite.

Code pénal congolais – article 145 (détournement de fonds publics) :

Sera puni quiconque aura sciemment détourné ou dissipé des deniers publics… au préjudice de l’État…”

👉 Ce texte exige la preuve d’un acte volontaire et frauduleux. Ce n’est pas le cas ici.

Bref, Il y a eu des erreurs administratives, mais aucun détournement, ni intention frauduleuse.
Selon les lois congolaises, cela relève de la sanction administrative, pas d’une arrestation ni d’une condamnation pénale.
Toute autre décision relèverait d’une manipulation politique de la justice.

Par Marc Etumba, correspondant à Kinshasa
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À la UneSociété

Procès Mutamba : La Cour de cassation reporte l’audience au 6 août après des révélations accablantes sur les marchés publics

by admin9775 5 août 2025
written by admin9775

Le procès de l’ancien ministre de la Justice Constant Mutamba, accusé de détournement de 19 millions de dollars pour la construction d’une prison à Kisangani, a connu un nouveau rebondissement ce lundi. La Cour de cassation a suspendu les débats et reporté l’affaire au 6 août 2025, suite à des révélations importantes sur les dysfonctionnements dans la gestion des marchés publics en RDC.

L’expert de l’Autorité de régulation des marchés publics Christian Kalume a exposé des pratiques inquiétantes. Il a dénoncé le contournement systématique des appels d’offres au profit de marchés de gré à gré, ainsi que l’absence de contrôle efficace. « Nous découvrons souvent les contrats seulement quand un scandale éclate », a t il affirmé, précisant que « la RDC attribue bien plus de marchés de gré à gré que par appel d’offres ».

La défense de Mutamba a présenté des éléments favorables. L’expert du ministère des Infrastructures a confirmé que tout ministère peut être la partie contractante et initier des travaux publics, que le ministère de la Justice avait sollicité son Ministère et Il a aussi mentionné le précédent de la construction d’une prison du Nord Kivu construite sous Rose Mutombo sans l’intervention du Ministère des Infrastructures.

Le rôle du CENAREF reste problématique. Son secrétaire Alder Kisula Betika refuse de témoigner, alors que c’est son signalement initial qui a lancé l’affaire. La défense dénonce une manipulation du dossier.

La prochaine audience du 6 août s’annonce cruciale avec l’audition possible de hautes personnalités : la Première ministre Judith Suminwa Tuluka, l’ancien inspecteur général des Finances Jules Alingete et l’ancienne ministre de la Justice Rose Mutombo.

Alors que les preuves matérielles semblent s’effriter, l’affaire Mutamba prend une dimension politique, révélant les failles du système de gestion publique et testant l’indépendance de la justice congolaise. La prochaine audience promet d’être décisive dans ce dossier qui continue de diviser l’opinion publique.

Par Marc Etumba, correspondant à Kinshasa
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