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Société

À la UneSociété

Discours historique du Président Tshisekedi pour la reconnaissance du génocide congolais

by admin9775 3 août 2025
written by admin9775

Le 2 août 1998 marque le début d’un nouveau conflit armé en République Démocratique du Congo, moins de quinze mois après la prise du pouvoir par Laurent-Désiré Kabila et la chute du maréchal Mobutu. Cette nouvelle guerre, qui deviendra l’un des conflits les plus meurtriers depuis la Seconde Guerre mondiale, trouve son origine immédiate dans la détérioration rapide des relations entre Kabila et ses anciens alliés rwandais. Dès les mois qui suivent la victoire de l’Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo (AFDL), dirigée par Kabila et soutenue militairement par le Rwanda et l’Ouganda, des tensions apparaissent entre le nouveau président congolais et le régime de Kigali.

Selon le rapport Mapping des Nations unies publié en août 2010, ces tensions sont alimentées par plusieurs facteurs. D’un côté, Kigali accuse Kabila de marginaliser les Tutsi congolais, notamment les Banyamulenge du Sud-Kivu, pourtant membres de l’AFDL et engagés militairement dans la campagne contre Mobutu. Le pouvoir congolais est également soupçonné de favoriser son entourage originaire du Katanga au détriment des officiers proches du Rwanda. Kabila est aussi accusé de permettre la réorganisation sur le sol congolais des anciens responsables du génocide rwandais de 1994, notamment des ex-FAR et des miliciens Interahamwe, ennemis jurés du gouvernement rwandais. Par ailleurs, la méfiance s’accroît à mesure que Kabila multiplie les actes de souveraineté, refusant les ingérences de ses anciens parrains.

Le point de rupture intervient à la mi-juillet 1998. Kabila limoge brusquement le chef d’état-major de l’armée congolaise, le général rwandais James Kabarebe, et ordonne le retrait immédiat de toutes les troupes rwandaises encore présentes dans le pays. Cette décision est perçue par Kigali comme une déclaration d’hostilité. Deux semaines plus tard, le 2 août 1998, une mutinerie éclate parmi les militaires tutsi intégrés dans les Forces armées congolaises (FAC), notamment dans l’est du pays. Appuyés par des éléments de l’Armée patriotique rwandaise (APR), de l’armée ougandaise (UPDF) et de l’armée burundaise (FAB), les insurgés prennent rapidement le contrôle de plusieurs villes stratégiques dans le Kivu et avancent vers l’ouest. En quelques jours, ils créent un nouveau mouvement politico-militaire, le Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD), composé d’ex-cadres de l’AFDL, de membres de la société civile et d’officiers proches du Rwanda. Le RCD justifie son insurrection par la nécessité de mettre fin à ce qu’il qualifie de dérive autoritaire et ethniciste du régime Kabila.

Les forces rebelles, fortement armées et coordonnées, progressent rapidement vers le centre du pays. Le Rwanda, l’Ouganda et le Burundi apportent un soutien militaire direct à la rébellion. L’objectif affiché est de renverser Laurent-Désiré Kabila et d’installer un nouveau gouvernement à Kinshasa. Dans un premier temps, les troupes rebelles prennent le contrôle d’une partie du Nord-Katanga, de la Province orientale et du Maniema. Dans l’ouest, une opération éclair menée depuis la base militaire de Kitona, dans le Bas-Congo, menace directement la capitale. L’armée congolaise, désorganisée, est en grande difficulté.

Face à l’offensive rebelle, Kabila appelle à la solidarité panafricaine. Le Zimbabwe, l’Angola et la Namibie répondent à l’appel et envoient des troupes pour défendre le gouvernement de Kinshasa. Ces forces, appuyées par les milices Mayi-Mayi et les restes de l’ancienne armée zaïroise (ex-FAZ), réussissent à stopper la progression des rebelles dans le Bas-Congo et à les repousser vers l’est. La RDC se retrouve alors coupée en deux : la zone occidentale, comprenant la capitale, reste sous le contrôle du gouvernement de Kabila, tandis que la partie orientale est occupée par les rebelles et leurs alliés régionaux.

Le conflit prend rapidement une dimension régionale. En plus du Rwanda, de l’Ouganda, du Burundi, du Zimbabwe, de l’Angola et de la Namibie, d’autres pays africains y prennent part directement ou indirectement. Au fur et à mesure que la guerre s’enlise, des rivalités émergent au sein même de la coalition rebelle. Des dissensions éclatent entre le Rwanda et l’Ouganda, notamment autour du contrôle de Kisangani. En novembre 1998, avec l’appui de Kampala, Jean-Pierre Bemba, un ancien opposant congolais en exil, fonde un deuxième mouvement rebelle, le Mouvement de libération du Congo (MLC), basé dans l’Équateur et rapidement doté d’une force militaire appuyée par l’armée ougandaise. Une troisième branche rebelle, le RCD-ML, pro-ougandaise également, apparaît dans l’Ituri et le nord-est de la Province orientale. La prolifération de mouvements armés fragmente davantage le pays.

Dès les premiers jours du conflit, de graves violations des droits humains sont documentées. À Kinshasa, les services de sécurité, appuyés par des milices populaires, lancent une campagne de traque contre les Tutsi et les personnes soupçonnées d’être d’origine rwandaise. Des arrestations massives, des disparitions forcées, des détentions arbitraires, des exécutions sommaires et des violences sexuelles sont signalées. Selon le rapport Mapping, les forces de sécurité ont procédé à des éliminations systématiques dans des centres de détention clandestins. Des fosses communes sont découvertes dans et autour de la capitale. Les violences ciblent également les femmes, victimes de viols collectifs, y compris dans les lieux de détention.

En province, la situation est tout aussi dramatique. À Kalemie, des dizaines d’hommes tutsi sont exécutés et jetés dans des fosses. À Vyura, plus de 2 000 personnes sont arrêtées, certaines tuées, d’autres portées disparues. À Kisangani, des affrontements entre les forces de Kabila et les troupes rwandaises font de nombreuses victimes, notamment parmi les civils. À Kindu, au moins 133 personnes sont tuées. À Mbuji-Mayi, plusieurs dizaines de Tutsi sont arrêtés et transférés vers la capitale, où certains sont exécutés. À Kananga, environ 80 militaires tutsi sont exécutés dans le camp militaire local. Dans le Bas-Congo, l’offensive rebelle est accompagnée de pillages, de viols et de la destruction d’infrastructures vitales, comme le barrage d’Inga.

Un accord de cessez-le-feu est signé à Lusaka, en Zambie, le 10 juillet 1999, sous la médiation de plusieurs États africains et avec l’appui de l’Organisation de l’unité africaine (OUA). Il prévoit le retrait des troupes étrangères, la cessation des hostilités et l’organisation d’un dialogue intercongolais. Malgré cet accord, les combats se poursuivent sporadiquement. La Mission de l’Organisation des Nations unies en République démocratique du Congo (MONUC) est déployée pour surveiller le cessez-le-feu, mais ses moyens sont limités dans un pays aussi vaste et instable.

La guerre provoque l’effondrement des structures étatiques dans la plupart des régions, l’exode de millions de personnes et une crise humanitaire d’ampleur exceptionnelle. D’après plusieurs enquêtes du Comité international de secours (IRC), environ 3,8 millions de personnes auraient péri entre août 1998 et avril 2004, la majorité de causes indirectes telles que les maladies, la malnutrition, et le manque d’accès aux soins. Ces chiffres font de la Deuxième Guerre du Congo le conflit le plus meurtrier de la fin du XXe siècle. Le conflit se poursuivra jusqu’en 2003, avec la signature d’un accord global et inclusif prévoyant la mise en place d’un gouvernement de transition comprenant les différentes composantes belligérantes.

Par Basengezi Ntomo, correspondant à Goma
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À la UneSociété

Le Dr Mukwege dénonce avec véhémence la crise persistante dans l’Est de la RDC

by admin9775 3 août 2025
written by admin9775

À l’occasion de la commémoration du début de ce qu’il qualifie de « deuxième guerre du Congo », le Prix Nobel de la paix 2018, le Dr Denis Mukwege, a livré une analyse accablante de la situation dans l’Est de la République démocratique du Congo. Dans un message poignant diffusé ce 2 août 2025, le célèbre gynécologue a tiré la sonnette d’alarme sur ce qu’il considère comme une entreprise systématique de déstabilisation et de balkanisation du pays.

Un conflit aux racines profondes

Le Dr Mukwege a rappelé que la crise actuelle dans les Kivus s’inscrit dans la continuité d’un cycle de violences initié en 1998, qualifiant ce conflit de « plus meurtrier depuis la Seconde Guerre mondiale ». Il a dénoncé ce qu’il appelle un « génocide économique » (GENOCOST), soulignant que « trois décennies d’exploitation, d’asservissement et d’extermination planifiée » ont marqué durablement les populations de la région.

Des accusations sans équivoque

Le lauréat du Nobel a pointé du doigt plusieurs responsables de cette crise persistante :

  • Les rebelles du M23-AFC, qu’il accuse d’être contrôlés par l’armée rwandaise
  • Une communauté internationale complice selon lui, privilégiant ses intérêts économiques
  • Les autorités congolaises elles-mêmes, pour leur gestion « prédatrice » des ressources

« Les récents accords de Washington et de Doha ne font que légitimer le pillage de nos ressources et l’occupation de nos agresseurs », a-t-il affirmé avec amertume.

Un plan de balkanisation en marche

Mukwege a exprimé sa profonde inquiétude face à ce qu’il perçoit comme une stratégie de fragmentation du territoire congolais : « L’installation d’administrations parallèles et la promotion d’un prétendu fédéralisme ne sont que les prémisses de l’éclatement de notre pays ». Il a lancé un avertissement solennel : « Si notre population ne se réveille pas aujourd’hui, nous pourrions être la dernière génération à connaître une RDC unie ».

Des solutions concrètes proposées

Plutôt que les actuelles négociations, le Dr Mukwege préconise :

  1. La création d’un Tribunal pénal international pour la RDC
  2. L’application stricte de la résolution 2773 du Conseil de sécurité de l’ONU
  3. Des sanctions internationales ciblées contre les agresseurs
  4. Une refonte complète de la diplomatie congolaise

Un appel à la mobilisation populaire

Dans un vibrant plaidoyer, le Prix Nobel a exhorté ses compatriotes à prendre leur destin en main : « Personne ne viendra sauver le Congo à notre place. Après trente ans de souffrances, il est temps d’écrire nous-mêmes une nouvelle page de notre histoire ».

Ce message intervient alors que des commémorations du GENOCOST sont organisées à travers le monde, témoignant d’une prise de conscience croissante de la gravité de la situation en RDC. Le Dr Mukwege reste plus que jamais la voix des sans-voix, portant haut le flambeau de la résistance contre ce qu’il considère comme une entreprise de démantèlement méthodique de la nation congolaise.

Par Basengezi Ntomo, correspondant à Goma
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À la UneSociété

Les avocats de l’État dans le procès Kabila démentent avoir perçu 10 millions de dollars

by admin9775 2 août 2025
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L’équipe d’avocats représentant l’État congolais dans le procès de l’ancien président Joseph Kabila a formellement démenti vendredi à Kinshasa avoir reçu la somme de dix millions de dollars en honoraires. Maître Jean-Marie Kabengele, porte-parole du collectif d’avocats, a tenu à rétablir la vérité lors d’une conférence de presse organisée en réponse aux rumeurs circulant sur ce sujet sensible.

« Les allégations selon lesquelles nous aurions touché 10 millions de dollars sont totalement infondées », a déclaré avec fermeté Maître Kabengele. Tout en reconnaissant que les cabinets impliqués dans cette affaire perçoivent effectivement des honoraires pour leur travail, il a qualifié ces rémunérations de « patriotiques et modestes » au regard de l’importance du dossier.

L’avocat a expliqué que plusieurs facteurs exceptionnels justifient les honoraires demandés :

  1. La nature hautement sensible de ce procès historique
  2. Les risques personnels et professionnels encourus par les défenseurs de l’État
  3. La complexité technique et la charge de travail considérable

« La dangerosité que représente Joseph Kabila Kabange a même conduit plusieurs cabinets à refuser cette mission lorsqu’elle leur a été proposée », a révélé Maître Kabengele, soulignant ainsi le caractère particulier de cette affaire judiciaire.

Ce démenti intervient alors que le procès de l’ancien chef de l’État, accusé notamment de trahison et de crimes contre l’humanité, connaît une médiatisation sans précédent en RDC. Les avocats de l’État entendent ainsi couper court aux spéculations et recentrer le débat public sur les aspects juridiques du dossier plutôt que sur des considérations financières.

La transparence affichée par le collectif d’avocats vise à préserver la crédibilité du processus judiciaire en cours, alors que le procès devrait connaître de nouveaux développements dans les prochaines semaines. Maître Kabengele a réaffirmé l’engagement sans faille de son équipe à défendre les intérêts de l’État congolais dans cette affaire qui marque un tournant dans l’histoire judiciaire du pays.

Par Marius Bopenga
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À la UneSociété

Le Vice-Premier ministre de la Défense en immersion opérationnelle auprès des FARDC

by admin9775 1 août 2025
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Dans le cadre de sa tournée d’évaluation des unités militaires, le Vice-Premier ministre de la Défense nationale et des Anciens combattants, Guy Kabombo Muadiamvita, a effectué une visite de travail le mercredi 30 juillet à l’État-major des Forces terrestres et à la Première Zone de Défense. Cette démarche s’inscrit dans la mise en œuvre de la feuille de route ministérielle visant à renforcer les capacités opérationnelles des FARDC.

Échanges stratégiques à l’État-major des Forces terrestres

Accueilli par le Général-Major Ilunga Mpeko Edmond, chef d’état-major adjoint, le ministre a suivi un briefing détaillé sur la situation sécuritaire nationale. Les échanges ont porté sur trois axes prioritaires :

  1. La nécessité d’anticiper les menaces sécuritaires émergentes
  2. L’impératif de renforcer les effectifs dans les zones sensibles
  3. L’importance des formations continues pour maintenir les compétences tactiques

« Nous œuvrons à construire une armée de terre réactive, professionnelle et pleinement alignée sur la vision du Président de la République », a déclaré le Vice-Premier ministre.

Immersion terrain à la Première Zone de Défense

La visite s’est poursuivie par l’inauguration des nouvelles installations de commandement rénovées de la Première Zone de Défense, sous la conduite du Général-Major Chico Tshitambwe, récemment nommé à ce poste. Le ministre a pu apprécier les avancées réalisées dans le cadre du programme FEC (Former-Équiper-Caserner), pierre angulaire de la modernisation des FARDC.

Une approche participative

Particularité notable de cette visite : le Vice-Premier ministre a instauré un dialogue direct avec le personnel civil et militaire, favorisant ainsi une meilleure communication entre les différents échelons de la structure défensive. Cette approche a été particulièrement appréciée par les agents rencontrés dans les services administratifs.

Cette tournée du numéro deux de la Défense confirme la volonté du gouvernement d’accompagner la transformation des forces armées, conformément aux engagements du Chef de l’État. Prochaine étape : l’inspection des unités déployées dans l’Est du pays, où les défis sécuritaires restent prégnants.

Par Marius Bopenga
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À la UneSociété

Scandale diplomatique : un haut diplomate congolais arrêté avec 206 kg de cocaïne en Europe

by admin9775 31 juillet 2025
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Un fait grave vient d’ébranler la représentation diplomatique congolaise en Europe. Mutebwa Mulumba Jean de Dieu, deuxième conseiller de l’ambassade de la RDC auprès du BENELUX, a été interpellé le 18 juillet 2025 par les autorités frontalières bulgares à la frontière turque. Le diplomate était surpris au volant d’un véhicule diplomatique transportant une impressionnante cargaison de 206 kilogrammes de cocaïne, accompagné de deux présumés complices.

Un trafic organisé sous couverture diplomatique

Les enquêteurs bulgares ont révélé que cette arrestation s’inscrit dans un schéma plus large de trafic international. Le fourgon immatriculé en Belgique, arborant des plaques diplomatiques censées lui offrir l’immunité, avait dérogé à son périmètre autorisé sans aucune justification officielle. Selon le procureur bulgare, cette affaire met en lumière « un modus operandi bien rodé exploitant les privilèges diplomatiques ».

Réaction ferme et immédiate de Kinshasa

Face à la gravité des faits, le gouvernement congolais a réagi sans délai par un communiqué du ministère des Affaires étrangères en date du 31 juillet 2025 :

  1. Rappel immédiat et définitif du diplomate compromis
  2. Levée exceptionnelle de son immunité diplomatique
  3. Engagement d’une coopération judiciaire totale avec la Bulgarie
  4. Envoi d’une mission conjointe Affaires étrangères-Justice à Sofia

Une politique de tolérance zéro réaffirmée

Le ministère congolais a tenu à souligner le caractère strictement individuel de ces agissements, tout en réaffirmant sa politique intransigeante contre toute dérive au sein du corps diplomatique. « Aucun statut, aucune position ne saurait prévaloir sur l’éthique et l’honneur de la nation », peut-on lire dans le communiqué officiel.

Cette affaire sans précédent, qui implique l’un des plus gros saisies de drogue récentes en Europe orientale, risque d’entacher durablement l’image de la diplomatie congolaise. Elle intervient dans un contexte où plusieurs pays européens renforcent leur vigilance face au trafic de stupéfiants exploitant les couvertures officielles.

Les autorités congolaises promettent une enquête approfondie pour déterminer l’éventuelle implication d’autres acteurs et prévenir tout nouveau cas d’utilisation abusive des privilèges diplomatiques. Le diplomate déchu, quant à lui, fait face à de lourdes charges pouvant mener à une peine criminelle en Bulgarie.

Par Marc Etumba, correspondant à Kinshasa
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À la UneSociété

Le procès Mutamba prend une tournure politique avec la demande de comparution de la Première ministre

by admin9775 31 juillet 2025
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Alors que le procès de l’ancien ministre de la Justice Constant Mutamba se poursuit devant la Cour de cassation, la défense a adopté une stratégie offensive en demandant la comparution de plusieurs hautes personnalités, dont la Première ministre Judith Suminwa. Cette requête, si elle est acceptée, marquerait un moment historique dans la justice congolaise.

Une audience cruciale prévue le 4 août

La prochaine audience du lundi 4 août s’annonce déterminante, avec la possible audition de nombreux témoins clés. Le ministère public compte faire entendre plusieurs hauts responsables administratifs liés à la gestion budgétaire et aux marchés publics au sein du ministère de la Justice, notamment :

  • Le Directeur général ad intérim de la Cellule de gestion des marchés publics (CMP)
  • Le Secrétaire général du ministère de la Justice
  • La Directrice chargée du service pénitentiaire
  • Le Secrétaire permanent de la cellule de gestion des marchés publics
  • Le Secrétaire général du ministère des ITPR
  • Le Directeur général de Frivao
  • Le gestionnaire de l’immeuble abritant la société Zion

La défense élargit le champ des responsabilités

L’équipe de défense de Constant Mutamba, poursuivi pour détournement présumé de 19 millions de dollars destinés à la construction d’une prison à Kisangani, a demandé la comparution d’une liste impressionnante de personnalités :

  1. Le chef de division provinciale de la justice à Kisangani
  2. La Première ministre Judith Suminwa
  3. L’ancienne ministre de la Justice Rose Mutombo
  4. Le Secrétaire exécutif de la CENAREF
  5. L’Inspecteur général des finances Jules Alingete
  6. Le ministre des ITPR
  7. Le chef du département de génie civil de l’Université de Kinshasa
  8. Le responsable du Guichet Unique
  9. L’actuel inspecteur de l’IGF
  10. Le ministre des Sports

Un procès aux multiples enjeux

Cette stratégie de la défense vise à démontrer que les actes reprochés s’inscrivaient dans un cadre institutionnel plus large et impliquaient plusieurs niveaux de responsabilité. La Cour de cassation a déjà rejeté ce mercredi 30 juillet l’exception d’inconstitutionnalité soulevée par les avocats de Mutamba, qui contestait la procédure d’autorisation par l’Assemblée nationale.

Une affaire suivie de près

Ce procès, qui intervient dans un contexte où la lutte contre la corruption est présentée comme une priorité du quinquennat, suscite un vif intérêt dans l’opinion publique et la classe politique. La possible comparution de la Première ministre Judith Suminwa donnerait à cette affaire une dimension politique inédite.

La prochaine audience du 4 août pourrait donc marquer un tournant décisif dans ce dossier complexe, où se mêlent enjeux judiciaires, politiques et de gouvernance. Tous les regards sont désormais tournés vers la Cour de cassation, qui devra statuer sur ces demandes de témoignages exceptionnelles.

Par Marc Etumba, correspondant à Kinshasa
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À la UneSociété

Versement des salaires des agents de l’État : les banques approvisionnées pour un paiement échelonné jusqu’au 2 août

by admin9775 30 juillet 2025
written by admin9775

Le Comité de suivi de la paie a confirmé ce mardi à Kinshasa que les fonds nécessaires pour le paiement des agents et fonctionnaires de l’État ont été transférés aux banques commerciales. Les opérations de paiement débuteront effectivement ce mercredi 30 juillet 2025 et devraient être finalisées au plus tard le 2 août prochain, conformément aux directives du Président de la République.

Yannick Isasi, président intérimaire du Comité de suivi de la paie, a précisé que des mesures strictes ont été mises en place pour garantir le bon déroulement des opérations. Des mécanismes de contrôle rigoureux ont été instaurés afin d’assurer la transparence du processus et vérifier l’exactitude des montants versés à chaque bénéficiaire.

Cette opération s’inscrit dans le cadre des réformes engagées par le gouvernement pour moderniser le système de paiement des salaires dans la fonction publique. L’objectif est de réduire progressivement les délais de traitement tout en améliorant les conditions de vie des agents de l’État. Les autorités ont promis un suivi attentif jusqu’à la complète finalisation des paiements dans les délais annoncés.

Le Comité reste mobilisé pour prévenir tout retard ou irrégularité dans le processus, tout en assurant que chaque fonctionnaire puisse percevoir son dû dans les meilleures conditions possibles. Cette annonce devrait rassurer les milliers d’agents publics qui attendent leur rémunération mensuelle.

Par Marius Bopenga
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À la UneSociété

Martin Kabwelulu libéré après une détention controversée : les enjeux d’une justice sous tension en RDC

by admin9775 30 juillet 2025
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L’ancien ministre des Mines Martin Kabwelulu a retrouvé la liberté ce mardi 28 juillet 2025 après plus de deux mois de détention au sein du Conseil national de cyberdéfense, un organe rattaché à la Présidence de la République. Sa libération intervient dans un climat politique particulièrement tendu, alors que le gouvernement actuel intensifie son offensive judiciaire contre les figures de l’ancien régime Kabila.

Arrêté le 22 mai dernier à Kinshasa dans des circonstances restées obscures, l’ex-ministre a subi une longue garde à vue dans des conditions dénoncées par ses proches comme contraires aux droits fondamentaux. Pendant toute la durée de sa détention, les autorités judiciaires se sont abstenues de toute communication officielle concernant les motifs précis de son incarcération, tandis que son accès à ses avocats et à sa famille était sévèrement restreint.

Selon des sources proches du dossier, les investigations se sont concentrées sur la gestion du secteur minier pendant les douze années où Kabwelulu dirigea ce ministère stratégique sous la présidence Kabila. Les enquêteurs se seraient particulièrement intéressés aux liens potentiels entre l’attribution de concessions minières et l’enrichissement de l’ancien chef de l’État, aujourd’hui sénateur à vie. Cette orientation des interrogatoires prend tout son sens alors que le Sénat a récemment levé l’immunité parlementaire de Joseph Kabila, une décision historique qui pourrait déboucher sur des poursuites judiciaires sans précédent contre un ancien président.

La libération soudaine de Kabwelulu, sans explication officielle et sans qu’aucune charge n’ait été publiquement formulée contre lui, soulève de nombreuses questions sur la stratégie judiciaire du pouvoir en place. L’ancien ministre a choisi de garder le silence depuis sa remise en liberté, évitant toute déclaration qui pourrait attiser les tensions politiques.

Ce cas emblématique s’inscrit dans une dynamique plus large de mise en cause judiciaire des anciens dignitaires du régime Kabila, présentée par les autorités actuelles comme une croisade contre l’impunité. Cependant, les méthodes employées et l’absence de transparence alimentent les critiques sur l’instrumentalisation politique de la justice, particulièrement sensible à l’approche des échéances électorales de 2026.

Le traitement réservé à Kabwelulu révèle les contradictions d’un système en pleine mutation, où la volonté affichée de réforme judiciaire se heurte aux réalités des rapports de force politiques. Son évolution future constituera un indicateur clé de la capacité de la RDC à instaurer une justice indépendante, équitable et dépolitisée.

Par Marc Etumba, correspondant à Kinshasa
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À la UneSociété

Massacre de Komanda : Indignation et appels à l’action après l’attaque meurtrière des ADF

by admin9775 29 juillet 2025
written by admin9775

La nuit du 26 au 27 juillet 2025 a plongé la localité de Komanda, dans le territoire d’Irumu (Ituri), dans l’horreur. Une attaque attribuée aux terroristes des Forces Démocratiques Alliées (ADF/MTM ISCAP) a fait une quarantaine de morts, selon un communiqué des Forces Armées de la RDC (FARDC). Les victimes, massacrées à la machette, ont suscité une vague de condamnations et relancé les critiques sur l’efficacité des mesures de sécurité dans cette région sous état de siège depuis 2021.

Le gouvernement condamne, la population fuit

La Première Ministre Judith Suminwa a exprimé sa « consternation » face à ce qu’elle qualifie d’« acte lâche et odieux », visant selon elle à « semer la terreur et perturber les opérations conjointes FARDC-armée ougandaise ». Elle a appelé les citoyens à « ne pas céder à la peur » et promis une prise en charge coordonnée des victimes, ainsi qu’une intensification des efforts pour neutraliser les terroristes.

La MONUSCO a également condamné fermement l’attaque, exigeant « la cessation immédiate des violences ». Pourtant, sur le terrain, la psychose règne. Des milliers d’habitants de Komanda et des villages voisins (Base, Zunguluka, Umoja, Ngombenyama) ont fui vers Bunia ou Kisangani, entassés dans des taxis ou à moto, selon des témoignages recueillis par Radio Okapi. Les activités économiques sont paralysées, les champs abandonnés.

Lubaya dénonce l’« inaction scandaleuse » de Kinshasa

L’ancien député national André Claudel Lubaya a violemment critiqué la réponse gouvernementale, fustigeant des « communiqués sans effet » et une « incapacité pathologique à protéger les civils ». Dans un message publié sur X, il accuse Kinshasa de duplicité : « L’horreur de Komanda : mêmes réactions épistolaires, mêmes alibis, mêmes complices ».

Il remet en cause l’état de siège, devenu selon lui une « opération de communication », et exige la transparence sur les accords militaires avec l’Ouganda, dont les troupes sont déployées en Ituri sans résultats tangibles contre les ADF. « Kinshasa est dos au mur », assène-t-il, évoquant même des rumeurs de menaces ougandaises sur Kisangani.

Urgence humanitaire : des déplacés dans la détresse

Le massacre aggrave une crise humanitaire déjà alarmante. Plus de 20 000 déplacés fuyant les violences dans le territoire de Djugu avaient déjà afflué vers Bunia ces dernières semaines, selon l’Association des déplacés et victimes des guerres de l’Ituri. Les nouveaux arrivants de Komanda s’ajoutent à des milliers d’autres, survivant dans des abris de fortune, sans eau ni nourriture. Olivier Karba, porte-parole de l’association, alerte : « S’ils dorment en brousse, c’est par manque d’espace et par peur. Si rien n’est fait, les conséquences seront graves ».

Hommage aux victimes et colère persistante

Ce lundi, les familles des victimes se sont rassemblées à la paroisse Bienheureuse Anuarité de Komanda pour un culte commémoratif. Mais au-delà des prières, la colère monte. Les critiques fusent contre des forces de sécurité jugées inefficaces malgré leur présence renforcée.

Alors que l’Ituri sombre dans un cycle infernal de violences, la communauté internationale et les acteurs locaux pressent le gouvernement d’agir concrètement. La question reste entière : Quand et comment cette spirale sanglante prendra-t-elle fin ?

Par Marc Etumba, correspondant à Kinshasa
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À la UneSociété

François Beya de nouveau sous les feux de la justice congolaise

by admin9775 28 juillet 2025
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Trois années se sont écoulées depuis l’arrestation fracassante de François Beya, l’ancien conseiller en sécurité du président Tshisekedi. Aujourd’hui, son procès pour complot et outrage au chef de l’État relance le débat sur les luttes d’influence au sein du pouvoir congolais. Le parquet a requis une peine d’un an de prison ferme contre celui qu’on surnommait « Monsieur Sécurité ».

Cette affaire judiciaire ne concerne pas uniquement Beya. Cinq autres hauts gradés des services de sécurité et de l’armée sont impliqués, dont certains ont pris la fuite comme le brigadier Tonton Twadi Sekele. Les charges retenues contre eux sont particulièrement graves : complot contre les institutions, atteinte à l’autorité présidentielle et incitation à la rébellion militaire.

Un symbole des fractures sécuritaires

L’arrestation mouvementée de Beya en février 2022 avait déjà exposé au grand jour les divisions au sein de l’appareil d’État. Après des conditions d’interpellation controversées et une hospitalisation sous haute tension, l’ancien conseiller avait finalement trouvé refuge en Belgique.

Son éviction brutale du cercle présidentiel avait alors soulevé de nombreuses questions sur les recompositions en cours dans les services de renseignement et les forces armées. Aujourd’hui encore, ce procès met en lumière les fragilités persistantes du système sécuritaire congolais.

Un enjeu politique crucial

Alors que la RDC se prépare à de nouvelles échéances électorales, ce dossier prend une dimension particulière. Les observateurs y voient un test pour la justice congolaise, tiraillée entre indépendance et réalités politiques.

Le verdict attendu dans cette affaire pourrait envoyer un signal fort quant à l’équilibre des pouvoirs entre civils et militaires. Il devrait également révéler la marge de manœuvre réelle des institutions judiciaires face aux enjeux de haute politique.

Plus qu’un simple procès, cette affaire constitue un révélateur des dynamiques de pouvoir à Kinshasa. Son issue pourrait influencer durablement les rapports de force à l’approche de la fin du mandat présidentiel actuel.

Perspectives

Les prochaines semaines seront déterminantes. Le jugement rendu dans cette affaire sera analysé à la loupe, non seulement pour son impact immédiat, mais aussi pour ce qu’il dira des évolutions en cours dans les arcanes du pouvoir congolais.

Entre règlements de comptes et volonté d’assainissement, ce procès cristallise les défis auxquels fait face la RDC dans la construction d’un État de droit. Une affaire à suivre de près, alors que le pays navigue dans des eaux politiques toujours aussi tumultueuses.

Par José Lumbala, correspondant à Bunia
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