L’acteur américain Robert Duvall, figure majeure d’Hollywood et interprète inoubliable de rôles aussi puissants que nuancés, est décédé à l’âge de 95 ans. L’annonce a été faite par son épouse, Luciana Pedraza, dans un message publié sur Facebook. Il est mort paisiblement dimanche, sans qu’aucune cause officielle ne soit précisée.
Au fil d’une carrière s’étendant sur plus de six décennies et près d’une centaine de films, Robert Duvall s’est illustré aussi bien dans des rôles principaux que secondaires devenus cultes. Il restera notamment dans les mémoires pour son interprétation du lieutenant-colonel Bill Kilgore dans Apocalypse Now de Francis Ford Coppola, lançant la réplique devenue mythique : « J’aime l’odeur du napalm au petit matin ».
Il a également incarné Tom Hagen, le fidèle consigliere de la famille Corleone, dans The Godfather et The Godfather Part II, ainsi que le mystérieux Boo Radley dans To Kill a Mockingbird.
Un acteur aux multiples récompenses

Récompensé par l’Oscar du meilleur acteur pour Tender Mercies en 1983, où il incarnait un chanteur de country déchu, Duvall a totalisé sept nominations aux Oscars au cours de sa carrière. Il a également été nommé pour The Great Santini, The Apostle, A Civil Action et The Judge.
À la télévision, il a marqué les esprits dans la mini-série Lonesome Dove, un rôle qu’il considérait comme son préféré, ainsi que dans Broken Trail, qui lui a valu un Emmy Award. Il a aussi partagé l’écran avec John Wayne dans True Grit.
Des débuts modestes à la consécration

Né le 5 janvier 1931, fils d’un amiral de la Marine américaine et d’une actrice amateur, Robert Duvall a grandi à Annapolis, dans le Maryland. Après des études au Principia College et un passage dans l’armée américaine, il s’installe à New York, où il partage un appartement avec Dustin Hoffman et se lie d’amitié avec Gene Hackman, alors tous trois comédiens en devenir.
Son premier rôle marquant au cinéma fut celui de Boo Radley dans To Kill a Mockingbird, obtenu grâce au dramaturge Horton Foote, qui écrira plus tard Tender Mercies spécialement pour lui.
Une passion pour l’Argentine et le tango
Lorsque Hollywood l’ennuyait, Duvall passait derrière la caméra. Il a écrit, réalisé et interprété The Apostle, obtenant une nouvelle nomination aux Oscars. Avec Assassination Tango, il a exprimé sa passion pour le tango et l’Argentine, pays où il a rencontré sa quatrième épouse, Luciana Pedraza.
Il partageait son temps entre Los Angeles, l’Argentine et une vaste propriété en Virginie, dont il avait transformé la grange en salle de danse.
Acteur d’une intensité rare, capable d’incarner aussi bien des figures d’autorité que des âmes brisées, Robert Duvall laisse derrière lui un héritage cinématographique majeur et l’image d’un artiste profondément attaché à la vérité humaine de ses personnages.
Plus de 100 films dans la filmographie de Robert Duvall
Son rôle lui vaut l’une de ses sept nominations aux Oscars. Il obtient également l’Oscar du meilleur acteur dans un second rôle pour Le Parrain de Coppola, où il incarne Tom Hagen, conseiller de la famille mafieuse Corleone. Robert Duvall apparaît dans le deuxième volet du Parrain, mais a refusé le troisième, jugeant l’offre salariale insuffisante.
Robert Duvall a également été nominé aux Oscars pour The Great Santini, Le Prédicateur, Préjudice et Le Juge en 2014. Au total, il a joué dans près de 100 films.
L’acteur avait un don pour les rôles de cowboys. Il remporte un Emmy pour la mini-série télévisée Broken Trail, joue aux côtés de John Wayne dans True Grit et a été nommé aux Emmy pour la mini-série Lonesome Dove, dont il disait que c’était son rôle préféré. « Je pense avoir incarné un personnage très précis qui représente quelque chose d’important dans l’histoire du mouvement western », a déclaré Robert Duvall au New York Times. « Après cela, j’ai senti que je pouvais prendre ma retraite, que j’avais accompli quelque chose. »
Lassé d’Hollywood, Robert Duvall réalise ses propres films. Il écrit, réalise et a été nommé aux Oscars pour Le Prédicateur, l’histoire d’un prédicateur en proie au conflit intérieur.
Francis Ford Coppola salue un collègue « essentiel »
Le réalisateur américain Francis Ford Coppola a rendu hommage à l’acteur Robert Duvall, décédé dimanche, saluant un « grand acteur » et un « élément essentiel » qui avait joué dans cinq de ses films.
« Quel choc d’apprendre la disparition de Robert Duvall. Un si grand acteur et un élément si essentiel d’American Zoetrope (société de production cofondée par Francis Ford Coppola, ndlr) depuis ses débuts », a déclaré le réalisateur dans un communiqué publié sur Instagram.
Par Pascal Kabeya
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