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À la Une

À la UneSociété

RDC : une vidéo d’une femme se présentant comme l’épouse de Félix Tshisekedi suscite des interrogations

by admin9775 19 août 2026
written by admin9775

Kinshasa — Une vidéo largement relayée sur les réseaux sociaux suscite de nombreuses réactions en République démocratique du Congo. On y voit une femme présentée comme Mathy Mayela, se rendant à la Cité de l’Union africaine et affirmant être l’épouse du président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo.

Dans la séquence, la femme, interpellée par des agents de sécurité, explique qu’elle n’aurait pas de lieu où dormir et qu’elle aurait ainsi décidé de se rendre « chez son mari, Félix Tshisekedi ».

Au-delà du caractère insolite de la scène, la diffusion de cette vidéo soulève surtout des interrogations sur les conditions de sécurité et de confidentialité au sein de la Présidence de la République.

Comment la vidéo a-t-elle été enregistrée et diffusée ?

L’une des principales questions porte sur l’origine de l’enregistrement.

Qui a filmé la scène ? Dans quelles circonstances la vidéo a-t-elle été réalisée ? Comment un document enregistré dans un espace placé sous haute surveillance a-t-il pu être extrait puis diffusé sur les réseaux sociaux ?

Ces interrogations sont d’autant plus sensibles que certaines informations présentées comme appartenant au dossier de la personne circulent également en ligne.

Si la vidéo a effectivement été réalisée par une personne ayant accès aux installations présidentielles ou aux dispositifs de sécurité, les circonstances de cet enregistrement et de sa diffusion mériteraient d’être établies avec précision.

Des questions sur le dispositif de sécurité présidentiel

La présence d’une personne affirmant être l’épouse du chef de l’État dans l’enceinte de la Cité de l’Union africaine pose également des questions sur les procédures d’identification et d’accès aux sites présidentiels.

Il ne s’agit pas seulement de déterminer si les déclarations de cette femme sont fondées ou non. L’enjeu est également de savoir comment une telle situation a pu se produire et comment elle a été gérée par les services compétents.

Une enquête administrative pourrait notamment permettre d’établir les circonstances de son arrivée, les contrôles effectués par les agents de sécurité ainsi que les conditions dans lesquelles la séquence vidéo a été enregistrée et rendue publique.

Des informations non confirmées circulent

La polémique a été amplifiée par la circulation, sur les réseaux sociaux, d’informations présentées comme des renseignements personnels concernant Mathy Mayela.

Par ailleurs, certains responsables politiques proches de l’UDPS, parti présidentiel, auraient avancé publiquement des informations concernant son identité et son état de santé.

À ce stade, ces éléments ne sont toutefois pas confirmés par une communication officielle de la Présidence de la République. Ils doivent donc être considérés avec prudence et ne peuvent être présentés comme des faits établis en l’absence de vérification indépendante ou de confirmation officielle.

La question de l’état de santé d’une personne constitue par ailleurs une donnée particulièrement sensible qui ne devrait pas être diffusée ou commentée sans fondement vérifiable.

La communication présidentielle interpellée

Cette affaire intervient également dans un contexte où la communication autour de la Présidence fait régulièrement l’objet de critiques.

Pour certains observateurs, la multiplication de contenus non vérifiés concernant l’entourage du chef de l’État, son image et sa vie privée montre la nécessité pour la Présidence de disposer d’une stratégie de communication plus réactive et mieux structurée.

Une clarification officielle, lorsqu’elle est jugée nécessaire, pourrait permettre de distinguer les faits établis des nombreuses spéculations qui circulent sur les réseaux sociaux.

Au-delà de l’identité ou des déclarations de la femme concernée, l’enjeu principal demeure la protection de l’institution présidentielle, de ses dispositifs de sécurité et des données personnelles auxquelles certains agents peuvent avoir accès.

Si des violations des règles de sécurité, de confidentialité ou de discipline sont établies, des mesures appropriées devraient être envisagées.

Car l’enjeu dépasse cette vidéo devenue virale : la sécurité autour du chef de l’État et la crédibilité de l’institution présidentielle exigent que les procédures internes soient respectées et que toute défaillance fasse l’objet d’une clarification rigoureuse.

La Maison Civile dément la vidéo qui circule sur les réseaux sociaux mettant en scène une dame nommée Maguy Mayela se présentant comme « la 3ème épouse du Chef de l’État ». Cette personne est « totalement inconnue de la famille présidentielle » et n’a « à aucun moment entretenu de lien avec le Chef de l’État », précise le communiqué.

Par Marius Bopenga
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À la UnePolitique

RDC–Tanzanie : Tshisekedi et Samia Suluhu Hassan renforcent leur partenariat stratégique

by admin9775 19 août 2026
written by admin9775

Zanzibar — La République démocratique du Congo et la République-Unie de Tanzanie veulent donner une nouvelle impulsion à leur coopération bilatérale. À l’issue de la visite officielle du président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo en Tanzanie, les deux chefs d’État ont réaffirmé, mardi 18 août, leur volonté d’approfondir leurs relations dans les domaines économique, minier, infrastructurel et sécuritaire.

Reçu par son homologue tanzanienne, Samia Suluhu Hassan, à la State House de Kizimkazi, à Zanzibar, Félix Tshisekedi a eu un entretien en tête-à-tête avec la présidente tanzanienne. Les discussions ont permis de dégager plusieurs axes destinés à renforcer les liens entre les deux pays.

Des ambitions renforcées dans les mines et les infrastructures

Parmi les principales décisions annoncées figure la redynamisation de la Commission permanente conjointe, destinée à servir de cadre au suivi de la coopération entre Kinshasa et Dodoma.

Les deux pays ont également convenu de mettre en place un partenariat stratégique dans le secteur des minéraux critiques, notamment à travers l’échange de données géologiques. Cette coopération intervient alors que la RDC, riche en cobalt, cuivre et autres minerais stratégiques, cherche à diversifier ses partenariats et à développer davantage la valorisation de ses ressources naturelles.

Les deux dirigeants ont également procédé à une évaluation des projets communs dans les secteurs du pétrole et du gaz, avec l’objectif de renforcer la coopération énergétique entre les deux pays.

Le corridor central au cœur des échanges commerciaux

La connectivité entre les deux pays a également occupé une place importante dans les discussions.

Kinshasa et Dodoma souhaitent accélérer la modernisation de la connectivité multimodale le long du Corridor central, notamment à travers les ports de Dar es Salaam, Kigoma et Kalemie.

Les projets envisagés concernent notamment l’amélioration des infrastructures routières, le développement du transport lacustre sur le lac Tanganyika ainsi que l’interconnexion progressive des réseaux ferroviaires.

Les deux présidents ont par ailleurs salué les avancées enregistrées dans le projet de liaison transfrontalière en fibre optique entre Kigoma et Kalemie, considérée comme un élément important pour améliorer les communications et l’intégration économique entre les deux pays.

Cette coopération pourrait également contribuer à renforcer l’accès de la RDC aux infrastructures portuaires de l’océan Indien à travers le territoire tanzanien.

Kinshasa et Dodoma affichent une position commune sur la sécurité

La situation sécuritaire dans l’est de la RDC a également figuré au centre des discussions.

La Tanzanie a réaffirmé son soutien à la souveraineté et à l’intégrité territoriale de la République démocratique du Congo. Les deux chefs d’État ont appelé au respect des résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies, à la cessation immédiate des hostilités et au retrait des forces étrangères présentes sur le territoire congolais.

Félix Tshisekedi et Samia Suluhu Hassan ont également réitéré leur soutien aux efforts diplomatiques engagés pour parvenir à une paix durable dans l’est de la RDC, notamment à travers les processus de Washington et de Doha.

Cette convergence de vues entre Kinshasa et Dodoma intervient alors que la région des Grands Lacs reste confrontée à une situation sécuritaire particulièrement fragile, avec la persistance des affrontements impliquant notamment l’AFC/M23.

La Tanzanie solidaire face à Ebola

Le volet sanitaire a également été abordé au cours des échanges.

La présidente Samia Suluhu Hassan a exprimé la solidarité de la Tanzanie envers le peuple congolais confronté à l’épidémie d’Ebola. Elle a assuré que son pays était disposé à apporter l’assistance nécessaire afin de soutenir la RDC dans sa réponse à cette crise sanitaire.

Cette disponibilité s’inscrit dans la volonté affichée par les deux pays de renforcer leur coopération au-delà des seuls domaines économiques et sécuritaires.

Tshisekedi se dit « très confiant »

À l’issue du point de presse conjoint ayant clôturé sa visite, Félix Tshisekedi s’est félicité de la dynamique engagée avec la Tanzanie.

« La République Unie de Tanzanie et la République Démocratique du Congo ont décidé d’avancer ensemble et plus profondément dans la coopération bilatérale. Je repars d’ici très heureux et très confiant quant à l’avenir radieux de la coopération entre nos deux pays », a déclaré le chef de l’État congolais.

Cette visite, présentée comme la troisième visite officielle de Félix Tshisekedi en Tanzanie, marque ainsi une volonté de Kinshasa et Dodoma de franchir une nouvelle étape dans leur partenariat.

Au-delà des relations diplomatiques, les deux pays cherchent désormais à construire une coopération davantage orientée vers les infrastructures, les corridors commerciaux, les minerais critiques, l’énergie et la sécurité régionale, avec l’ambition de faire de leur proximité géographique un véritable levier d’intégration économique et stratégique.

Par Pascal Kabeya
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À la UneEconomie

RDC–USA : 54 élus démocrates américains demandent des comptes à l’administration Trump sur les minerais stratégiques

by admin9775 19 août 2026
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Washington — Le projet de partenariat stratégique entre les États-Unis et la République démocratique du Congo autour des minerais critiques suscite de nouvelles interrogations au sein du Congrès américain. Dans une lettre datée du 17 août 2026, 54 élus démocrates de la Chambre des représentants demandent à l’administration de Donald Trump davantage de transparence sur les négociations engagées avec plusieurs pays riches en minerais stratégiques, dont la RDC.

Les parlementaires s’inquiètent notamment des conditions dans lesquelles l’administration américaine négocie l’accès aux ressources minières essentielles aux chaînes d’approvisionnement américaines. La RDC occupe une place particulière dans cette stratégie en raison de ses importantes réserves de cobalt, de cuivre et d’autres minerais indispensables aux technologies de pointe et à la transition énergétique.

Les États-Unis ont effectivement fait du développement de partenariats avec les pays africains riches en minerais critiques un élément de leur stratégie visant notamment à réduire leur dépendance à l’égard de la Chine. Le partenariat stratégique annoncé avec Kinshasa s’inscrit dans cette politique.

Des garanties exigées sur les droits humains et l’environnement

Dans leur démarche, les élus démocrates réclament des garanties contraignantes concernant les droits humains, les conditions de travail et la protection de l’environnement.

Ils souhaitent également obtenir davantage de précisions sur les modalités concrètes des partenariats envisagés, notamment sur l’accès aux concessions minières, les mécanismes de financement ainsi que les éventuelles dispositions liées à la sécurité.

Cette demande de transparence intervient dans un contexte où la stratégie américaine en matière de minerais critiques devient de plus en plus directement liée aux considérations géopolitiques et sécuritaires.

La RDC est au centre de cette politique. Washington considère en effet ses ressources minières comme stratégiques pour la diversification des chaînes d’approvisionnement mondiales. Une analyse récente publiée par African Affairs souligne que les relations entre Washington et Kinshasa constituent désormais l’un des exemples les plus significatifs de la nouvelle politique africaine de l’administration Trump, avec un intérêt américain marqué pour les minerais critiques congolais.

La souveraineté congolaise au cœur des préoccupations

Les parlementaires américains insistent par ailleurs sur le respect de la souveraineté de la République démocratique du Congo.

Ils demandent que les éventuels accords ne se limitent pas à garantir l’approvisionnement des États-Unis en minerais bruts, mais qu’ils favorisent également la transformation locale et la création de valeur en RDC.

Cette question constitue l’un des principaux enjeux du rapprochement entre Kinshasa et Washington. Les autorités congolaises cherchent depuis plusieurs années à attirer davantage d’investissements tout en développant les capacités locales de transformation des ressources minières.

En septembre 2025, des investisseurs américains et internationaux représentant, selon les autorités congolaises, un chiffre d’affaires cumulé de plus de 500 milliards de dollars avaient manifesté leur intérêt pour la relance de l’industrie minière congolaise et la transformation locale des minerais.

Le chiffre de 500 milliards de dollars à relativiser

Le montant de 500 milliards de dollars doit toutefois être présenté avec prudence.

Il ne correspond pas, à ce stade, à un engagement ferme de 500 milliards de dollars d’investissements américains en RDC. Il a notamment été utilisé par les autorités congolaises pour décrire le chiffre d’affaires cumulé d’un groupe d’investisseurs intéressés par le secteur minier congolais.

Il serait donc prématuré d’affirmer que le partenariat RDC–USA garantira à Kinshasa 500 milliards de dollars d’investissements ou fera automatiquement de la RDC la première puissance économique d’Afrique.

Le Congrès veut renforcer son contrôle

Les 54 élus démocrates souhaitent également que le Congrès puisse exercer pleinement son rôle de contrôle sur les négociations de l’administration Trump.

Leur intervention traduit ainsi une préoccupation plus large : jusqu’où l’exécutif américain peut-il aller dans la conclusion d’accords stratégiques sur les minerais critiques sans un contrôle parlementaire suffisant ?

Cette question est d’autant plus sensible que l’administration Trump développe une politique économique fortement axée sur la sécurisation des chaînes d’approvisionnement en minerais stratégiques.

La démarche des parlementaires intervient également après plusieurs initiatives similaires visant à obtenir davantage d’informations sur les négociations américaines relatives aux minerais critiques.

Le cobalt congolais au centre de l’enjeu

Le cobalt constitue l’une des principales ressources au cœur de cette compétition. La RDC demeure un acteur incontournable de la chaîne mondiale d’approvisionnement en cobalt, tandis que Washington cherche à diversifier ses sources d’approvisionnement et à réduire les risques liés à la concentration de certaines étapes de la chaîne de valeur en Chine. Le Congrès américain considère depuis plusieurs années le cobalt congolais comme un élément important de cette problématique.

Pour Kinshasa, l’enjeu est donc de transformer cette demande internationale en opportunité de développement économique, notamment par la construction d’infrastructures, la transformation locale et la création d’emplois.

Pour Washington, l’objectif est avant tout de sécuriser l’accès à des ressources considérées comme essentielles à sa sécurité économique et technologique.

Une équation stratégique pour Kinshasa

La controverse soulevée au Congrès américain intervient ainsi à un moment particulièrement important pour les relations entre la RDC et les États-Unis.

Le président Félix Tshisekedi cherche à obtenir davantage d’investissements américains et un engagement accru de Washington dans la stabilisation de l’est du pays, tandis que les États-Unis souhaitent renforcer leur position dans l’accès aux minerais stratégiques congolais.

Le défi pour Kinshasa sera donc de parvenir à transformer cette convergence d’intérêts en un partenariat réellement bénéfique à l’économie congolaise, sans compromettre la souveraineté du pays, la transparence des contrats, la protection de l’environnement et les intérêts des populations locales.

La lettre des 54 élus démocrates montre en tout cas que le partenariat RDC–USA sur les minerais critiques ne fait pas seulement l’objet d’un débat à Kinshasa : il devient également un sujet de contrôle politique à Washington.

Par Marius Bopenga
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À la UnePolitique

RDC : Martin Fayulu réagit à la saisine de la CPI par des membres de la communauté Banyamulenge

by admin9775 19 août 2026
written by admin9775

Bruxelles — Martin Fayulu était face à la presse congolaise et internationale à Bruxelles pour une conférence de presse consacrée aux principaux enjeux de l’actualité politique en République démocratique du Congo.

Au cours de cette rencontre avec les médias, le président de l’ECiDé a passé en revue plusieurs dossiers qui dominent l’actualité nationale, dans un contexte marqué par la persistance de la crise sécuritaire dans l’est du pays, les tensions politiques et les débats autour des initiatives visant à parvenir à une sortie de crise.

Martin Fayulu a réagi à la démarche de membres de la communauté Banyamulenge qui ont annoncé avoir saisi la Cour pénale internationale (CPI) au sujet de faits qu’ils imputent notamment aux forces armées congolaises dans les Hauts-Plateaux du Sud-Kivu.

Interrogé à Bruxelles devant ses partisans sur cette procédure, l’opposant congolais a également livré sa lecture de la question de l’identité et de l’appartenance aux terres dans l’est de la République démocratique du Congo.

Martin Fayulu a d’abord rappelé, selon lui, la distinction entre l’acquisition individuelle de la nationalité congolaise et la question de l’appartenance historique aux terres.

« Si vous dites que vous êtes Congolais, mais d’origine rwandaise parce que vous êtes venus et que vous avez eu la nationalité congolaise, où est le problème ? », s’est-il interrogé.

L’opposant a ensuite contesté l’idée d’une modification de la carte ethnique du Congo à travers les revendications identitaires. Évoquant les populations du Sud-Kivu, il a notamment déclaré :

« Regardez les tribus du Congo, il n’y a pas une tribu comme ça, il n’y a pas une tribu au Congo qui parle le kinyarwanda. Ça, vous pouvez me couper le cou comme vous voulez, je le dirai ! »

Fayulu défend les FARDC

Interrogé sur les accusations portées contre les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) dans la région de Minembwe, Martin Fayulu a pris la défense de l’armée nationale.

Il a rappelé que les FARDC sont engagées dans un conflit armé contre l’AFC/M23, mouvement dont les offensives ont provoqué d’importants déplacements de populations et de graves conséquences humanitaires dans l’est du pays.

Pour l’opposant, la priorité doit rester la défense du territoire national et la protection des populations congolaises face aux groupes armés.

Il s’est ainsi montré particulièrement critique à l’égard de la démarche judiciaire internationale engagée autour de la situation de la communauté Banyamulenge.

« Moi, je suis Congolais »

Martin Fayulu a notamment mis en avant le nombre de victimes congolaises des violences armées dans l’est du pays, en faisant référence au concept de « Genocost », utilisé en RDC pour désigner les massacres et violences commis contre les populations congolaises.

« Les FARDC sont en guerre. Combien de Congolais sont morts pendant que le M23, l’AFC… ils sont en train de massacrer les Congolais ? Les 10 millions de Congolais ? Le génocide des Congolais dont nous parlons quand nous parlons de “Genocost” ? Est-ce qu’on parle de ça ? », a-t-il déclaré.

Avant de conclure :

« Moi je suis Congolais. Je défends les intérêts de qui ? Des Congolais. »

Cette prise de position intervient dans un contexte particulièrement sensible, marqué à la fois par la poursuite du conflit dans l’est de la RDC, les accusations réciproques de violations des droits humains et les tensions persistantes autour de la question de l’identité, de la nationalité et de l’accès à la terre dans les territoires du Sud-Kivu.

La réaction de Fayulu risque ainsi de raviver le débat sur la manière dont doivent être articulées la défense de l’intégrité territoriale de la RDC, la protection des civils et des minorités, la question de la nationalité congolaise et la lutte contre les groupes armés.

Par Pascal Kabeya
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À la UneMonde

Les États-Unis poursuivent leur guerre contre la Cour pénale internationale et sanctionnent sa présidente

by admin9775 19 août 2026
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Les États-Unis ont annoncé mardi 18 août 2026 de nouvelles sanctions à l’encontre de la Cour pénale internationale. L’annonce vient compléter la campagne diplomatique lancée le 13 juillet par le secrétaire d’État américain Marco Rubio, incitant les États membres de la Cour à s’en retirer. Deux pays, le Venezuela et le Tchad, ont déjà suivi l’appel de Washington. Dans le même temps, le programme de sanctions contre la Cour, réactivé avec l’investiture de Donald Trump en 2025, se poursuit.

ls sont désormais 13 magistrats de la Cour pénale internationale à être ciblés par des sanctions américaines. Elles visent cette fois la présidente de la Cour, la juge japonaise Tomoko Akane, et le Sénégalais Abdoulaye Seye, l’un des responsables du dossier sur la Palestine, qui a abouti aux mandats d’arrêt contre deux responsables israéliens, dont Benyamin Netanyahu, explique notre correspondante à La Haye, Stéphanie Maupas.

La Cour a réagi, mercredi, estimant que « lorsque les acteurs judiciaires sont menacés pour avoir appliqué la loi, c’est l’ordre juridique international lui-même qui est mis en péril », a-t-elle dit dans un communiqué.

Washington accuse la CPI d’être « une menace »

En annonçant les sanctions, le secrétaire d’État américain a de nouveau accusé la CPI d’être « une menace pour notre souveraineté nationale ». Marco Rubio assure que « les Américains ne seront jamais transportés au-delà des mers pour être jugés pour des infractions fictives ». 

Ceux sanctionnés sont interdits de visa et de transactions avec des entreprises liées aux États-Unis, dont notamment les banques ou les services internet. 

Les organisations et ressortissants américains qui aident, coopèrent, travaillent avec des personnes sous sanctions risquent une peine de 20 ans de prison et 1 million de dollars d’amende. La semaine dernière, quatre ONG, qui coopèrent avec la Cour, dont l’ONG Human Rights Watch ont intenté des recours devant la justice américaine.

À lire aussiÉtats-Unis: Marco Rubio s’attaque à la Cour pénale internationale qu’il accuse de «menacer» les Américains

Des sanctions qui « sapent l’État de droit », dénonce la CPI

Mercredi, le Japon a jugé « très regrettables » les sanctions américaines contre la présidente de la Cour pénale internationale (CPI), la Japonaise Tomoko Akane, dans le cadre d’une offensive contre cette institution que Washington accuse d’être « politisée ».

« Le Japon a constamment soutenu la CPI (…) dans ses efforts visant à poursuivre et à punir les crimes les plus graves qui préoccupent la communauté internationale et à faire respecter l’État de droit », rappelle le document. Ces nouvelles sanctions américaines « sapent l’État de droit », a dénoncé de son côté la Cour dans un communiqué.

L’Allemagne a également apporté son soutien à la Cour pénale internationale et sa présidente Tomoko Akane, estimant qu’il était d’une « importance centrale de défendre et de protéger la CPI en tant qu’institution indépendante ».

« Nous soutenons la Cour pénale internationale ainsi que sa présidente, Tomoko Akane », a déclaré lors d’une conférence de presse régulière à Berlin un porte-parole du ministère des Affaires étrangères, pour qui des « insuffisances » ne sont « en aucun cas une raison de remettre fondamentalement en question cette institution importante et le mérite qui lui revient ».

RFI

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À la UneTribunes

RDC : Carbone Beni et Jean-Jacques Lumumba plaident pour un dialogue national distinct du processus de Doha

by admin9775 19 août 2026
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Alors que la République démocratique du Congo est confrontée à une crise sécuritaire, politique et institutionnelle persistante, Carbone Beni et Jean-Jacques Lumumba proposent de clarifier les objectifs et la méthode d’un éventuel dialogue national. Dans une tribune commune publiée lundi 17 août 2026, les deux acteurs de la société civile saluent l’ouverture du président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo en faveur d’un dialogue inclusif, tout en appelant à ne pas confondre ce processus avec les négociations engagées à Doha.

Président du mouvement social Patriotes en Action pour l’Émergence de la République (PACTE), Carbone Beni, et président du Collectif Restitution Afrique (RAF), Jean-Jacques Lumumba estiment que les deux démarches doivent répondre à des problématiques différentes, mais complémentaires.

Doha consacré à la crise sécuritaire

Pour les deux signataires, le processus de Doha doit demeurer prioritairement consacré à la dimension sécuritaire de la crise congolaise et aux négociations avec l’AFC/M23.

Ils appellent à la poursuite de ce processus avec des garanties, des conditionnalités et l’implication des partenaires internationaux. La cessation des hostilités, la protection des populations civiles, le désarmement et la restauration de l’autorité de l’État figurent, selon eux, parmi les objectifs prioritaires de ces négociations.

À l’inverse, le dialogue national devrait s’attaquer aux causes internes qui fragilisent la République, notamment les fractures politiques, institutionnelles, sociales et économiques, ainsi qu’aux interrogations liées à l’avenir démocratique du pays.

Les deux acteurs préconisent donc de mener les deux processus simultanément, mais en maintenant une séparation claire de leurs missions.

Ils mettent notamment en garde contre toute confusion susceptible de transformer le dialogue politique en mécanisme de légitimation de la violence armée.

« Le dialogue national ne doit pas devenir un moyen de banaliser la rébellion armée ou de transformer la prise des armes en mode d’accès à la représentation politique », préviennent-ils.

Refuser un dialogue réduit au partage du pouvoir

Carbone Beni et Jean-Jacques Lumumba se déclarent favorables au dialogue national, mais refusent qu’il reproduise les mécanismes de précédentes conférences politiques centrées essentiellement sur le partage des responsabilités.

Ils saluent dans ce contexte les démarches entreprises par la CENCO et l’ECC pour rapprocher les différentes positions et contribuer à la recherche d’une issue politique aux fractures qui traversent le pays.

Pour eux, l’enjeu dépasse largement la recomposition des institutions.

« Si le dialogue consiste simplement à redistribuer des fonctions, recomposer des équilibres politiques, calmer momentanément les tensions ou préparer les prochains positionnements électoraux, nous aurons manqué l’essentiel », écrivent-ils.

Les deux signataires défendent ainsi un dialogue destiné à refonder le pacte national, plutôt qu’à redistribuer les cartes du pouvoir.

Une démarche qui doit partir de la base

Autre proposition majeure de leur tribune : l’adoption d’une méthode « ascendante ».

Selon eux, la réflexion sur l’avenir du pays ne peut être concentrée à Kinshasa et limitée aux acteurs de la classe politique. Les populations des différentes provinces doivent pouvoir exprimer directement leur perception des crises qui affectent la République.

Ils souhaitent notamment que les Congolais puissent identifier eux-mêmes les principales fractures du pays, faire connaître leurs difficultés, leurs attentes et leurs priorités.

« Les Congolais de toutes les autres parties du pays doivent pouvoir dire eux-mêmes ce qu’ils considèrent comme les principales fractures de la République, leurs difficultés, leurs attentes et leurs priorités », soutiennent-ils.

Le sommet national devrait ensuite prendre en compte cette expression du terrain pour déterminer les réponses politiques, institutionnelles et sociales appropriées.

Une inclusivité fondée sur la représentativité

Pour Carbone Beni et Jean-Jacques Lumumba, un dialogue véritablement inclusif ne doit pas nécessairement réunir plusieurs milliers de participants.

L’essentiel, selon eux, est que les principales composantes de la Nation soient réellement entendues et que les personnes appelées à participer aux discussions disposent d’une représentativité et d’une légitimité réelles.

Ils défendent ainsi une conception de l’inclusivité fondée davantage sur la représentativité que sur le nombre de participants.

« Le dialogue peut donc être sélectif dans sa représentation tout en demeurant national dans sa légitimité : moins de représentation de convenance ; davantage de représentation réelle du pays », affirment-ils.

Vers un nouveau pacte national

Les deux signataires souhaitent enfin que le dialogue aboutisse à des résultats concrets. Ils refusent qu’il se termine par une simple déclaration politique sans mécanisme de mise en œuvre.

Ils plaident pour un pacte national assorti d’engagements précis, d’un calendrier, de responsabilités clairement définies et de mécanismes de suivi.

Dans leur conception, le processus de Doha devrait contribuer à restaurer la paix et l’autorité de l’État, tandis que le dialogue national aurait pour mission de reconstruire la confiance entre les Congolais et de revoir les règles qui régissent leur coexistence politique et institutionnelle.

La proposition de Carbone Beni et Jean-Jacques Lumumba inscrit ainsi le débat sur le dialogue national dans une perspective plus large : non pas une nouvelle négociation de partage du pouvoir, mais une démarche destinée à reconstruire la confiance, corriger les fractures internes et refonder le pacte national congolais.

Par Marius Bopenga
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À la UneEconomie

Lithium : la fenêtre de prix élevés pourrait se refermer sur les producteurs africains

by admin9775 19 août 2026
written by admin9775

 Après avoir fortement baissé entre 2023 et 2025, les prix du lithium ont rebondi à partir du second semestre de l’an dernier. Alors que l’Afrique accélère sa montée en puissance dans la production mondiale, l’embellie observée sur les cours pourrait être de courte durée.

BMI, filiale de Fitch Solutions spécialisée dans l’évaluation des marchés des matières premières, s’attend à un recul des cours du lithium au second semestre 2026. Cette prévision intervient alors que Benchmark Mineral Intelligence anticipe également un retournement du marché à partir de 2027, après une année 2026 encore légèrement déficitaire, dans un contexte marqué par l’accélération de la production africaine.

1 previsionsPrévisions des prix du carbonate de lithium, CIF Asie

Pour les producteurs africains, dont la contribution à l’offre mondiale progresse rapidement, cette perspective pourrait limiter les recettes attendues des nouvelles capacités.

Une offre qui accélère plus vite que la demande

Les prix du lithium sont régulièrement soumis à des fluctuations importantes. La remontée observée depuis 2025 reste ainsi très éloignée des sommets atteints lors du précédent cycle haussier. Fin 2022, le carbonate de lithium de qualité batterie en Chine avait dépassé 80 000 dollars, un record historique. Les cours se sont ensuite effondrés à partir de 2023 avant d’amorcer une reprise l’an dernier.

Après un rallye qui a porté le carbonate de lithium chinois au-dessus de 200 000 yuans (29 400 dollars) la tonne à la mi-mai 2026, les cours ont reculé. Au 10 août, Benchmark Mineral Intelligence évaluait le carbonate CIF Asie à 18 160 dollars la tonne, contre 19 250 dollars fin juillet, tandis que le spodumène a reculé de 2 069 à 2 000 dollars la tonne.

1 specificationPrix du Lithium au 10 août

Le rapport entre offre et demande explique en partie cette baisse. Fitch prévoit une progression de 13,2 % de la production mondiale de lithium en 2026, alors que la demande n’augmenterait que de 5,8 %, contre 18,5 % en 2025. Benchmark s’attend de son côté à ce que le marché passe d’un déficit d’environ 3 % cette année à un léger excédent dès 2027.

L’Afrique participe elle-même à cette augmentation de l’offre. Selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE), sa production minière de lithium a progressé de 44 % en 2025 et représente désormais 14 % de l’offre mondiale. Aux mines en production au Mali et au Zimbabwe s’est ajouté cette année le projet Manono, où Zijin a commencé à exporter du lithium depuis la RDC. Le projet ghanéen Ewoyaa doit encore rejoindre cette vague.

Le cas du Zimbabwe illustre toutefois l’importance des prix dans l’évolution des recettes minières. Au premier trimestre 2026, ses exportations de lithium ont augmenté d’environ 7 % (224 610 à 240 826 tonnes en un an), mais leur valeur a plus que doublé, passant de 84,2 à 178,6 millions de dollars.

Des marges de manœuvre étroites

Contrairement à d’autres matières premières comme le cobalt ou la bauxite, les États africains disposent d’une capacité limitée à influencer directement les prix mondiaux du lithium. La RDC a pu contribuer à une remontée du cours du cobalt grâce aux restrictions sur ses exportations parce qu’elle fournit plus de 70 % de la production mondiale. Cette position lui confère un pouvoir d’influence important sur l’équilibre mondial du marché, et donc sur les prix, que ni le Zimbabwe ni l’ensemble des producteurs africains ne possèdent aujourd’hui sur le marché du lithium.

Le levier se situe davantage dans la part de valeur conservée avant l’exportation. Le Zimbabwe veut interdire les exportations de concentré à partir de janvier 2027 et a déjà commencé à expédier les premiers volumes de sulfate de lithium. Cette stratégie intervient justement au moment où Benchmark anticipe le retour du marché mondial à l’excédent. Pour le Mali, la RDC, le Ghana et les autres futurs producteurs, l’évolution des prochains mois pose la question des revenus effectivement obtenus par des États qui ont pu construire des hypothèses sur des prix qui n’existent plus.

Emiliano Tossou

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À la UneScience et Technologie

Le géant américain de l’IA OpenAI lance une version de ChatGPT pour les adolescents

by admin9775 19 août 2026
written by admin9775

OpenAI a commencé mardi 18 août à déployer aux États-Unis et en Europe une version de ChatGPT réservée aux adolescents. Ce nouvel outil intègre notamment des restrictions sur les contenus sensibles et un mode éducatif, alors que les réglementations sur l’IA se durcissent. En Amérique du Nord, le groupe est visé par 18 plaintes accusant notamment son chatbot d’encourager les idées suicidaires chez les jeunes.

Face aux pressions juridiques et réglementaires pour mieux encadrer l’IA, OpenAI tente de prendre les devants sur le sujet de la protection des adolescents. Alors que l’usage des chatbots, outils d’IA conversationnelle, chez les jeunes augmente, avec près de 70 % d’utilisateurs âgés de 13 à 18 ans, le géant de l’intelligence artificielle lance ChatGPT for Teens (Chat GPT pour les jeunes en Français).

Cette version de l’application ChatGPT comporte un mode « étude » axé sur l’éducation et l’apprentissage ainsi que des restrictions pour empêcher l’accès aux contenus violents ou à caractère sexuel. Un système de contrôle parental renforcé est également mis en place.

L’essentiel des garde-fous existait déjà pour les comptes identifiés comme mineurs avec des contenus restreints évoquant par exemple l’automutilation, la violence, les troubles alimentaires. Les rappels réguliers de pause existaient aussi, les plages horaires bloquées également et ce mode « étude » qui guide par questions plutôt que de donner les réponses.

La nouveauté consiste à réunir ces protections en une expérience unique, enrichie de rappels plus fréquents à chercher de l’aide humaine si besoin, ou à ne pas tricher sur les devoirs.

Un lancement sous pression

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Ce lancement intervient alors que les parents d’un Américain de 16 ans, Adam Raine, qui s’est suicidé en avril 2025, accusent en justice ChatGPT d’avoir accompagné leur fils dans son geste.

De son côté, le gendarme américain du commerce enquête sur les effets des chatbots sur les mineurs. Face aux mêmes problèmes, ses concurrents ont choisi des voies différentes: Character.AI a fermé ses conversations libres aux moins de 18 ans en novembre 2025, Anthropic réserve son assistant Claude aux adultes, tandis que Google a ajouté à Gemini des restrictions pour mineurs. Celles-ci ont été renforcées en avril après une évaluation critique de l’ONG Common Sense Media que le groupe conteste.

L’IA générative connaît le même durcissement réglementaire que les réseaux sociaux ont connu avant elle : garde-fous imposés en Californie depuis janvier aux chatbots-compagnons, interdiction aux mineurs à l’étude au Congrès américain, vérification d’âge obligatoire en Australie sous peine d’amende.

Pour OpenAI, cette version de ChatGPT pour les adolescents est une manière d’anticiper les exigences des réglementations européennes et les lois américaines sur la protection des mineurs.

RFI

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À la UneSport

Infrastructures sportives en RDC : Constant Omari plaide pour une société dédiée à la gestion des stades

by admin9775 18 août 2026
written by admin9775

L’ancien président de la Fédération congolaise de football association (FECOFA), Constant Omari Selemani, relance le débat sur la gestion des infrastructures sportives en République démocratique du Congo. Au cours d’un Space animé par le journaliste Stanis Bujakera, il a plaidé pour la création d’une société spécialisée dans la gestion des stades appartenant à l’État.

Selon Constant Omari, cette réflexion ne date pas d’aujourd’hui. Un projet visant à mettre en place une telle structure aurait déjà été élaboré avec l’ancien secrétaire général aux Sports, Barthélemy Okito, aujourd’hui décédé. Toutefois, le projet n’aurait pas abouti en raison, notamment, de la lourdeur administrative et de l’absence de décisions politiques permettant sa concrétisation.

« L’État ne peut pas être grossiste et épicier à la fois »

Constant Omari estime que l’État devrait se concentrer sur la construction et la mise à disposition des infrastructures, tandis que leur exploitation quotidienne devrait être confiée à une structure spécialisée.

« J’ai tout un dossier pour la création d’une société de gestion des stades. Nous y avions travaillé avec le feu Barthélemy Okito, l’ancien secrétaire général aux Sports », a-t-il expliqué.

Pour l’ancien dirigeant de la FECOFA, le principe est simple : l’État construit les infrastructures, puis les confie à une société créée à cet effet, chargée d’en assurer la gestion, l’entretien et la valorisation économique.

« L’État ne peut pas être grossiste et épicier à la fois. L’État construit des infrastructures qu’il cède à une société qu’il a créée et c’est cette dernière qui s’occupe de leur gestion », a-t-il déclaré.

La gestion des recettes au cœur des difficultés

Constant Omari estime toutefois que cette réforme se heurte à une culture administrative profondément ancrée. Il considère que certains responsables publics hésitent à abandonner la gestion directe des stades en raison des revenus générés par les différentes activités qui y sont organisées.

« Tous les ministres pensent que s’ils laissent la gestion des stades, ils croient qu’ils ratent des petits frais des matchs et consorts », a-t-il déploré.

Selon lui, une structure spécialisée permettrait au contraire de professionnaliser la gestion des infrastructures, d’améliorer leur entretien et de développer de nouvelles sources de revenus à travers les événements sportifs, les concerts, la publicité, les espaces commerciaux ou encore les partenariats privés.

Cette approche pourrait également permettre à l’État de réduire progressivement les coûts liés à l’entretien des installations et d’assurer leur exploitation de manière plus régulière et professionnelle.

Un ancien dirigeant au parcours marqué par la CAF

Constant Omari Selemani a dirigé la FECOFA pendant 18 ans. Son parcours l’a également conduit au sein de la Confédération africaine de football (CAF), dont il a été l’un des vice-présidents, devenant ainsi le premier Congolais à occuper cette fonction.

Cette ascension a toutefois été assombrie par une décision de la Commission d’éthique de la FIFA, qui avait prononcé une suspension à son encontre dans une affaire liée à des avantages reçus de la société Lagardère, alors détentrice des droits commerciaux de la CAF.

Constant Omari avait contesté cette décision, allant jusqu’à qualifier la Commission d’éthique de la FIFA de « police politique ».

Le débat sur la modernisation des infrastructures relancé

La proposition de Constant Omari intervient alors que la RDC dispose de plusieurs infrastructures sportives nécessitant des investissements importants en matière d’entretien, de modernisation et de gestion.

Pour l’ancien président de la FECOFA, la construction d’un stade ne constitue donc que la première étape. La véritable difficulté réside dans sa capacité à être entretenu, exploité efficacement et transformé en infrastructure économiquement viable.

Son plaidoyer pose ainsi une question centrale : la RDC doit-elle continuer à gérer directement ses stades à travers l’administration publique ou confier leur exploitation à une structure spécialisée, dotée d’une autonomie de gestion et d’objectifs économiques clairement définis ?

Pour Constant Omari, la seconde option permettrait de franchir un cap dans la professionnalisation de la gestion des infrastructures sportives congolaises.

Par Pascal Kabeya
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À la UneEconomie

Kinshasa : Godé Mpoy s’oppose à la démolition des maisons situées sous les lignes à haute tension de la SNEL

by admin9775 18 août 2026
written by admin9775

Le professeur et député provincial honoraire Godé Mpoy conteste la décision de l’Hôtel de Ville de Kinshasa visant à démolir les constructions situées dans le périmètre de sécurité des lignes à haute tension de la Société nationale d’électricité (SNEL).

Dans une prise de position, il estime que les autorités auraient été insuffisamment informées sur l’historique de ces installations et sur la situation des constructions concernées. Selon lui, la question doit être examinée à la lumière de l’ancienneté des infrastructures électriques et du principe de non-rétroactivité des normes.

Une ligne mise en service en 1983

Godé Mpoy rappelle que la ligne électrique concernée s’étendrait du Kongo Central jusqu’au Katanga et aurait été mise en service en 1983.

Pour lui, cette chronologie est essentielle dans l’appréciation de la situation des occupants concernés.

« Il va de soi que la SNEL avait trouvé des parcelles dans ce périmètre », soutient-il.

L’ancien président de l’Assemblée provinciale de Kinshasa estime ainsi que certaines constructions existaient avant la mise en service de la ligne électrique et que leur présence ne peut être analysée indépendamment de cette réalité historique.

L’exemple de l’église Saint-Michel de Bandal

Pour illustrer son argument, Godé Mpoy cite notamment le cas de l’église Saint-Michel de Bandal, qui, selon lui, se trouve dans le périmètre concerné depuis 1955.

Il affirme que plusieurs autres propriétaires se trouvent dans une situation similaire à travers le territoire national.

Cette situation soulève, selon lui, la nécessité de distinguer les constructions réalisées avant l’adoption des normes actuelles de celles édifiées postérieurement en violation des règles de sécurité.

La question de la rétroactivité

L’un des principaux arguments avancés par Godé Mpoy concerne l’arrêté ayant fixé une distance de sécurité de 25 mètres de part et d’autre des lignes à haute tension.

Selon lui, cet arrêté date de 1993 et ne pourrait donc pas produire rétroactivement des effets à l’égard de constructions existantes avant son adoption.

« L’arrêté imposant la distance de 25 m de part et d’autre de ce site a été pris en 1993 et ne peut rétroagir », affirme-t-il.

Cette position pose toutefois la question de l’équilibre entre le respect des droits des propriétaires, la sécurité des populations et l’application des normes de sécurité électrique.

« Un mauvais message pour les investisseurs »

Au-delà de la situation des propriétaires concernés, Godé Mpoy estime que les opérations de démolition pourraient avoir des conséquences plus larges sur l’image du pays.

Il considère qu’une intervention brutale contre des constructions anciennes, sans prise en compte de leur contexte historique et juridique, serait susceptible d’envoyer un signal négatif aux investisseurs.

« Cette barbarie est un mauvais message en direction des potentiels investisseurs en RDC », dénonce-t-il.

Pour le professeur, les autorités devraient donc privilégier une approche fondée sur l’examen de l’historique des installations, la situation juridique des propriétaires et les exigences de sécurité.

Sécurité publique contre droits des propriétaires : un équilibre à trouver

La polémique autour des constructions situées sous ou à proximité des lignes à haute tension met ainsi en évidence une problématique complexe pour les autorités de Kinshasa.

D’un côté, la sécurité des populations et la protection des infrastructures électriques imposent le respect de distances de sécurité. De l’autre, l’ancienneté de certaines constructions et la question de leur situation juridique soulèvent des interrogations sur les modalités d’application des normes.

Pour Godé Mpoy, les autorités ne devraient donc pas se limiter à une opération de démolition, mais procéder à une analyse approfondie des situations individuelles.

Il conclut sa réflexion par une formule destinée à rappeler l’importance de tenir compte de l’histoire dans les décisions publiques :

« Avant d’entrer dans l’obscurité de l’avenir, il faut se servir de la lumière du passé. »

La controverse devrait désormais relancer le débat sur la manière dont les autorités congolaises doivent concilier sécurité électrique, aménagement urbain, respect des droits des propriétaires et application des normes dans le temps.

Par Marius Bopenga
CONGO PUB Online

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