L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a annoncé jeudi la mise à disposition de 70 000 doses du vaccin Ervebo au profit de la République démocratique du Congo, alors que le pays fait face à une nouvelle flambée de la maladie à virus Ebola.
Le vaccin Ervebo est homologué contre la souche Zaïre du virus Ebola, mais ne l’est pas actuellement contre la souche Bundibugyo, responsable de l’épidémie en cours en RDC.
20 000 doses destinées à un essai clinique

Selon l’OMS, les 70 000 doses provenant du stock mondial de vaccins comprennent 20 000 doses destinées à un essai clinique de phase 3.
Cet essai doit permettre d’évaluer l’efficacité du vaccin Ervebo contre la souche Bundibugyo, alors que les données scientifiques disponibles concernant son efficacité contre cette souche restent limitées.
Les 50 000 doses restantes sont destinées aux travailleurs de première ligne et aux professionnels de santé exposés au virus.
Cette mise à disposition intervient après une demande des autorités congolaises auprès du Groupe international de coordination de l’approvisionnement en vaccins, afin de mobiliser les réserves disponibles au niveau mondial.
Une épidémie particulièrement meurtrière

La situation demeure préoccupante. Selon les dernières données communiquées par l’OMS, l’épidémie a déjà enregistré 5 105 cas confirmés et 2 420 décès.
Si ces chiffres sont confirmés, cette flambée constituerait la plus meurtrière jamais enregistrée en République démocratique du Congo depuis l’apparition du virus dans le pays.
L’épidémie, officiellement déclarée le 15 mai, est provoquée par la souche Bundibugyo du virus Ebola. Il s’agit de la 17e épidémie d’Ebola enregistrée en RDC depuis la découverte du virus en 1976.
L’OMS alerte sur un risque de propagation
Face à l’ampleur de la situation, l’OMS appelle à renforcer rapidement les mesures de réponse.
Son directeur général, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a notamment estimé que le risque d’une propagation plus importante, aussi bien à l’intérieur du pays qu’au-delà des frontières congolaises, demeurait élevé.
« Le risque d’une propagation nationale et internationale plus importante reste élevé », a-t-il déclaré lors d’une réunion du comité d’urgence de l’OMS consacrée à l’épidémie.
Protéger les personnels exposés
La priorité immédiate consiste notamment à protéger les professionnels de santé et les travailleurs engagés dans la riposte, particulièrement exposés au virus en raison de leurs contacts avec les patients et les communautés affectées.
Les 50 000 doses qui leur sont destinées doivent ainsi contribuer à réduire les risques de contamination parmi les personnels de première ligne.
Parallèlement, l’essai clinique portant sur les 20 000 doses pourrait permettre d’obtenir des données essentielles sur l’utilisation du vaccin Ervebo contre la souche Bundibugyo.
La mobilisation de ces 70 000 doses marque ainsi une nouvelle étape dans la réponse internationale à l’épidémie, alors que les autorités congolaises et leurs partenaires sanitaires doivent faire face à une situation épidémiologique particulièrement préoccupante.
Par Pascal Kabeya
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