L’arrivée, le 7 juillet 2026, d’une importante délégation de la coalition M23-AFC à Minembwe, dans le secteur de Lulenge, groupement de Bashimunyaka-Sud, territoire de Fizi (Sud-Kivu), a relancé le débat sensible autour du statut administratif de cette localité.
Lors du meeting organisé par les responsables rebelles, les affiches et supports de communication faisaient référence au « Territoire des Hauts-Plateaux de Minembwe », une appellation qui ne correspond à aucun découpage administratif officiel de la République démocratique du Congo. En droit congolais, Minembwe demeure une localité située dans le territoire de Fizi.
Un sujet au cœur des tensions dans le Sud-Kivu
La question de l’érection de Minembwe en territoire administratif constitue depuis plusieurs années l’un des principaux foyers de tensions dans le Sud-Kivu. Elle oppose différentes communautés vivant dans les Hauts-Plateaux, notamment sur fond de revendications foncières, identitaires et administratives.
De nombreuses communautés autochtones, parmi lesquelles les Babembe, Banyindu, Bafuliru, Balega et d’autres groupes locaux, s’opposent à toute création d’un nouveau territoire autour de Minembwe et réclament le maintien de cette localité dans les limites administratives du territoire de Fizi.
Ce différend a déjà alimenté plusieurs épisodes de violences intercommunautaires ayant causé d’importantes pertes en vies humaines et provoqué des déplacements de populations.
Des inquiétudes face au message du M23-AFC
Pour plusieurs acteurs locaux, le fait que le M23-AFC reprenne publiquement l’appellation de « Territoire des Hauts-Plateaux de Minembwe » est interprété comme un signal préoccupant susceptible d’exacerber les tensions.
« Les dirigeants du M23-AFC doivent comprendre que maintenir ou créer le territoire de Minembwe risque de rallumer les guerres ethniques dans cette partie du pays », alerte un notable de la région.
Selon plusieurs observateurs, une telle démarche pourrait compromettre les efforts de réconciliation dans une zone déjà fragilisée par les conflits armés et les tensions communautaires.
Un appel au dialogue intercommunautaire
Face à cette situation, des responsables de la société civile appellent à privilégier le dialogue entre les différentes communautés plutôt que de raviver les débats sur le découpage administratif.
« Il est temps de prêcher la paix et le vivre-ensemble entre les Babembe, Banyamulenge, Banyindu, Bafuliru, Balega et les autres communautés, au lieu de procéder au découpage et à la création de nouveaux territoires », plaident plusieurs acteurs locaux.
Dans un contexte où les combats se poursuivent dans les Hauts-Plateaux du Sud-Kivu, plusieurs voix estiment que toute initiative susceptible de modifier l’organisation territoriale de la région devrait faire l’objet d’un large consensus national afin d’éviter de nouvelles fractures communautaires et de préserver les efforts de stabilisation.
Par Marius Bopenga
CONGO PUB Online









