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À la Une

À la UnePolitique

RDC–USA : Joseph Kabila conteste en justice les sanctions américaines qui le visent

by admin9775 20 août 2026
written by admin9775

L’ancien président de la République démocratique du Congo, Joseph Kabila Kabange, a engagé une procédure judiciaire aux États-Unis pour contester les sanctions financières et diplomatiques prises à son encontre par le gouvernement américain.

Selon les informations rapportées par Jeune Afrique, l’ancien chef de l’État a confié sa défense à l’avocat américain Erich Ferrari, spécialiste des procédures liées aux sanctions économiques américaines. Celui-ci a saisi, le 4 août 2026, la justice fédérale américaine afin de contester les mesures prises par l’Office of Foreign Assets Control (OFAC), l’organisme du département du Trésor chargé de l’application des sanctions économiques américaines.

Kabila conteste les accusations américaines

Joseph Kabila affirme contester les motifs avancés par les autorités américaines pour justifier les sanctions.

Dans sa démarche judiciaire, sa défense estime notamment que les accusations formulées contre l’ancien président sont « vagues, générales et sans preuves précises ».

La procédure vise donc à obtenir la révision, voire la levée, des sanctions qui affectent ses intérêts financiers et ses possibilités d’effectuer certaines opérations dans le système économique américain.

Cette démarche constitue une nouvelle étape dans le bras de fer entre l’ancien président congolais et Washington.

Des sanctions liées à l’AFC/M23

Les États-Unis ont annoncé le 30 avril 2025 des sanctions contre Joseph Kabila, l’accusant notamment de soutenir des acteurs impliqués dans la déstabilisation de l’est de la RDC.

Washington a alors affirmé que l’ancien président entretenait des liens avec l’AFC/M23 et qu’il aurait contribué, directement ou indirectement, à la dynamique de conflit dans l’est du pays.

Joseph Kabila rejette ces accusations.

La contestation introduite devant la justice américaine ouvre désormais un débat essentiellement juridique : l’administration américaine dispose-t-elle d’éléments suffisamment précis pour justifier le maintien des sanctions contre l’ancien président congolais ?

Une bataille juridique avec l’OFAC

Le choix d’Erich Ferrari donne à cette procédure une dimension particulière. L’avocat américain est spécialisé dans les dossiers liés aux sanctions de l’OFAC et intervient régulièrement dans des contentieux opposant des personnes ou des entreprises sanctionnées au gouvernement américain.

La démarche de Joseph Kabila ne constitue donc pas simplement une protestation politique contre Washington. Elle cherche à utiliser les mécanismes judiciaires américains pour contester formellement la décision de l’administration.

La bataille se déplace ainsi du terrain diplomatique vers celui du droit américain des sanctions.

Ferrari a déjà représenté le général congolais François Olenga dans une affaire liée aux sanctions américaines.

Le dossier sera difficile, mais ce choix suggère que Kabila entend mener une véritable bataille juridique, sur le terrain technique du droit américain des sanctions.

Une procédure qui pourrait obliger Washington à défendre son dossier

En contestant les sanctions devant une juridiction américaine, Joseph Kabila cherche notamment à obtenir un réexamen de la décision de l’OFAC.

Sa défense pourrait ainsi demander aux autorités américaines de préciser davantage les éléments ayant conduit à son inscription sur la liste des personnes sanctionnées.

Pour Washington, l’enjeu est également important : les autorités devront défendre la légalité de leur décision dans le cadre de la procédure judiciaire engagée.

Il ne s’agit toutefois pas, à ce stade, d’une décision de justice donnant raison à Joseph Kabila. La saisine du tribunal ouvre une procédure ; elle ne préjuge pas de son issue.

Une nouvelle bataille autour de l’ancien président

Cette procédure intervient alors que Joseph Kabila reste au centre de fortes tensions politiques en RDC et que les accusations concernant ses liens présumés avec l’AFC/M23 constituent l’un des principaux sujets de controverse autour de son retour sur la scène politique.

L’ancien président continue de rejeter les accusations portées contre lui, tandis que les autorités américaines maintiennent leur position.

Avec la saisine de la justice américaine par Erich Ferrari, le contentieux entre Joseph Kabila et Washington entre donc dans une nouvelle phase : après les sanctions administratives décidées par l’OFAC, l’ancien président cherche désormais à obtenir devant la justice américaine leur remise en cause.

L’issue de cette procédure pourrait déterminer si les sanctions américaines seront maintenues, modifiées ou éventuellement levées.

Par Marius Bopenga
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À la UneSociété

RDC : le parquet requiert 15 ans de travaux forcés contre Constant Mutamba et Chançard Bolukola

by admin9775 20 août 2026
written by admin9775

Le ministère public a requis 15 ans de travaux forcés contre l’ancien ministre de la Justice, Constant Mutamba Bumbu, et l’ancien coordonnateur a.i. du Fonds spécial de réparation et d’indemnisation des victimes des activités illicites de l’Ouganda en RDC (FRIVAO), Chançard Bolukola Osony, dans l’affaire portant sur un présumé détournement de deniers publics.

À l’audience, le parquet a retenu plusieurs opérations financières portant sur plusieurs millions de dollars américains. Les montants évoqués concernent notamment 14 millions de dollars destinés à Congo Énergie, 2 millions de dollars pour Global Assurance, 1,24 million de dollars au profit de Divo SARL ainsi que 200 000 dollars liés à l’Assemblée provinciale de la Tshopo.

Selon les réquisitions du ministère public, ces opérations soulèvent des soupçons de détournement de fonds publics et impliquent les deux prévenus dans des proportions que la juridiction devra apprécier au regard des éléments du dossier.

Des peines complémentaires requises

Au-delà de la peine principale de 15 ans de travaux forcés, le parquet a également sollicité des peines complémentaires à l’encontre des prévenus.

Il requiert notamment leur interdiction d’exercer des fonctions publiques, ainsi que la privation de certains droits politiques pendant une période de cinq ans.

Le ministère public demande par ailleurs la restitution solidaire des sommes considérées comme ayant été détournées, afin de permettre à l’État de récupérer les fonds concernés si les faits sont finalement établis par la juridiction.

Un volet consacré au blanchiment de capitaux

Le dossier comporte également un volet relatif au blanchiment de capitaux.

Dans cette procédure connexe, le ministère public a requis une peine unique de 15 ans contre Chançard Bolukola Osony.

Cette nouvelle réquisition intervient alors que le procès examine les mouvements de fonds et les différentes opérations financières qui auraient été effectuées dans le cadre de la gestion des ressources concernées.

Des réquisitions qui ne constituent pas encore une condamnation

À ce stade, il convient toutefois de distinguer clairement les réquisitions du ministère public d’une décision judiciaire définitive.

La peine de 15 ans requise contre Constant Mutamba et Chançard Bolukola ne constitue donc pas encore une condamnation. Il appartient désormais à la juridiction compétente d’examiner les arguments du parquet, ceux de la défense ainsi que l’ensemble des éléments du dossier avant de rendre sa décision.

L’affaire reste ainsi particulièrement suivie en RDC, notamment en raison de la fonction ministérielle précédemment occupée par Constant Mutamba et de l’importance des montants financiers concernés.

Par Pascal Kabeya
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À la UneProvince

Sud-Kivu : deux blessés dans une frappe de drones contre un hôtel à Fizi-Centre

by admin9775 20 août 2026
written by admin9775

Deux personnes, dont le gérant de l’hôtel Mwalu, ont été grièvement blessées dans la nuit du 18 au 19 août 2026 lors d’une frappe de drones ayant ciblé cet établissement situé à Fizi-Centre, chef-lieu du territoire de Fizi, dans la province du Sud-Kivu.

Selon le porte-parole de l’opération Sukola 2 Sud-Sud-Kivu, le lieutenant Reagan Mbuyi Kalonji, l’attaque s’est produite aux alentours de 1 heure du matin. Deux bombes auraient été larguées sur l’hôtel par des drones de type TB2.

« Des drones militaires, pilotés depuis le Rwanda, ont ciblé dans la nuit de mardi à mercredi 19 août 2026 l’hôtel Mwalu, situé à Fizi-Centre, dans le territoire de Fizi, au Sud-Kivu », a déclaré le porte-parole militaire.

D’après la même source, l’établissement hébergeait des civils au moment de l’attaque. Les bombardements ont provoqué d’importants dégâts matériels et fait deux blessés graves, dont le gérant de l’hôtel, Mwando Lukaba.

Des officiers auraient été la cible initiale

Selon des sources militaires, l’hôtel aurait été visé après la transmission d’informations faisant état de la présence de plusieurs hauts responsables militaires dans la zone.

Il s’agirait notamment du commandant de la 33ᵉ Région militaire des FARDC, le général Fabien B. Kashindi, ainsi que des généraux burundais Élie Ndizigiye et Muzinga.

Les trois officiers auraient toutefois quitté Fizi le jour même, avant la frappe, après avoir effectué une mission d’inspection. Ils ne se trouvaient donc plus dans l’établissement au moment de l’attaque.

Ces informations n’ont pas été confirmées de manière indépendante.

Des soupçons d’infiltration au sein des FARDC

L’attaque relance également les interrogations sur la sécurité des informations opérationnelles au sein de l’armée congolaise.

Des responsables militaires soupçonnent en effet la présence d’éléments infiltrés dans les rangs des FARDC susceptibles de transmettre à l’extérieur des informations relatives aux déplacements et aux positions des responsables militaires.

« Tant que la traque des infiltrés et des traîtres dans les FARDC n’est pas prioritaire, cette guerre sera difficile à gagner », a confié un officier militaire sous couvert d’anonymat.

Pour certains cadres militaires, la divulgation de renseignements opérationnels compromet directement les capacités de l’armée congolaise face à ce qu’ils qualifient d’agression rwandaise.

Les accusations concernant l’origine des drones et leur pilotage depuis le Rwanda restent toutefois à considérer comme des déclarations des autorités militaires congolaises en l’absence, à ce stade, d’une vérification indépendante.

Une nouvelle attaque dans le territoire de Fizi

Cette frappe intervient alors que le territoire de Fizi a déjà été confronté à plusieurs attaques similaires ces dernières semaines.

Le 30 juin, un bombardement avait notamment été signalé au camp de Mushimbaki, toujours dans le territoire de Fizi. Quelques jours plus tard, l’aérodrome de Baraka avait également été pris pour cible par des drones.

La répétition de ces attaques fait craindre une intensification de la guerre des drones dans cette partie du Sud-Kivu, où les infrastructures militaires mais également certains sites civils sont exposés.

L’opération Sukola 2 promet de protéger les civils

À la suite de cette nouvelle attaque, l’opération Sukola 2 Sud-Sud-Kivu a réaffirmé sa détermination à assurer la protection des populations et de leurs biens dans la zone.

L’attaque contre l’hôtel Mwalu intervient dans un contexte sécuritaire particulièrement tendu dans l’est de la RDC, marqué par la poursuite des affrontements et l’utilisation croissante de drones dans les opérations militaires.

Pour les autorités locales, la priorité demeure désormais la sécurisation des populations civiles et des infrastructures, alors que les frappes aériennes et de drones font peser un risque croissant sur les zones habitées.

Par Marc Kabido, correspondant à Uvira
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À la UnePolitique

RDC : Lexxus Legal prend ses distances avec Martin Fayulu et l’ECiDé

by admin9775 20 août 2026
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Nouveau coup de tonnerre dans les rangs de l’opposition congolaise. L’artiste et avocat Lexxus Legal, qui s’était engagé aux côtés de Martin Fayulu et avait notamment assumé le rôle de porte-parole de l’opposant, annonce prendre ses distances avec l’ECiDé et son président.

Dans une déclaration rendue publique, Lexxus Legal explique avoir choisi depuis quelque temps de prendre du recul et de garder le silence, en raison de divergences avec certaines orientations défendues par son ancien camp politique.

« Ni un retrait, ni une indifférence. J’ai choisi, depuis un temps, la distance et le silence », affirme-t-il.

« Je ne peux pas m’engager pleinement »

L’ancien porte-parole de Martin Fayulu invoque d’abord une « éthique de conviction » pour expliquer sa décision.

Selon lui, son engagement politique ne peut être maintenu lorsque ses convictions personnelles ne sont plus en adéquation avec certaines orientations prises par le mouvement auquel il était associé.

« Par éthique de conviction, parce que je ne peux pas m’engager pleinement lorsque mes convictions ne sont pas en phase avec certaines orientations, ni cautionner silencieusement ce que je conteste », explique-t-il.

Une déclaration qui marque une prise de distance claire, même si Lexxus Legal ne parle ni de rupture définitive ni de retrait de la vie politique.

Un silence motivé par la responsabilité

L’artiste devenu acteur politique affirme également avoir choisi le silence pour une seconde raison : l’éthique de responsabilité.

Il dit rester favorable à un large rassemblement de l’opposition congolaise, alors que celle-ci demeure confrontée à de profondes divisions et à des divergences stratégiques sur la conduite à tenir face au pouvoir de Félix Tshisekedi.

« Je reste partisan d’un large rassemblement de l’opposition et je refuse d’alimenter publiquement des batailles internes qui pourraient davantage fragiliser un bloc déjà sous pression », soutient-il.

Pour Lexxus Legal, le silence qu’il avait observé n’était donc pas synonyme d’indifférence, mais répondait à la volonté de ne pas exposer publiquement les désaccords internes au sein de l’opposition.

« Le silence avait sa raison. La parole a désormais la sienne. »

De « la parole c’est nous » au silence

Cette prise de distance prend une dimension particulière au regard du parcours récent de Lexxus Legal.

Figure connue de la scène musicale congolaise, il s’était progressivement engagé dans l’action politique aux côtés de Martin Fayulu, devenant l’une des voix visibles de son camp.

Il avait notamment défendu publiquement les positions de l’opposant et présenté son engagement comme un choix politique dicté par la nécessité de soutenir une alternative au pouvoir en place.

À l’époque, son discours était résumé par une formule devenue emblématique : « La parole, c’est nous ».

Son silence prolongé, puis sa décision de prendre publiquement ses distances, donnent aujourd’hui une autre portée à cette formule.

Le « moindre mal » en question

Lexxus Legal avait également qualifié son engagement aux côtés de Martin Fayulu de « moindre mal », une formule qui traduisait déjà une forme de réserve quant à son adhésion personnelle au projet politique qu’il défendait.

Sa déclaration actuelle semble ainsi révéler une tension entre l’engagement collectif recherché par l’opposition et les convictions individuelles de ceux qui choisissent de la rejoindre.

Son départ du premier cercle de communication de Martin Fayulu pose dès lors une question plus large : quelle place l’opposition congolaise laisse-t-elle aux personnalités qu’elle recrute lorsqu’elles expriment des divergences avec sa ligne politique ?

Car au-delà du cas personnel de Lexxus Legal, cette séquence illustre les difficultés auxquelles sont confrontées les forces de l’opposition pour construire une plateforme commune dans un environnement politique marqué par la fragmentation.

Une opposition toujours à la recherche d’un front commun

En affirmant rester favorable à un large rassemblement, Lexxus Legal ne ferme donc pas complètement la porte à l’engagement politique.

Son message semble plutôt être celui d’une prise de recul vis-à-vis d’une orientation particulière, tout en maintenant son attachement à l’idée d’une opposition capable de dépasser ses querelles internes.

Cette nuance est importante : il ne présente pas sa démarche comme un retrait de la vie publique, mais comme le refus de continuer à défendre des positions avec lesquelles il n’est plus pleinement en accord.

« Ni un retrait, ni une indifférence », insiste-t-il.

Une formule qui résume désormais sa nouvelle posture : prendre ses distances sans renoncer au combat pour un rassemblement plus large de l’opposition congolaise.

Par Pascal Kabeya
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À la UneSociété

RDC : une vidéo d’une femme se présentant comme l’épouse de Félix Tshisekedi suscite des interrogations

by admin9775 19 août 2026
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Kinshasa — Une vidéo largement relayée sur les réseaux sociaux suscite de nombreuses réactions en République démocratique du Congo. On y voit une femme présentée comme Mathy Mayela, se rendant à la Cité de l’Union africaine et affirmant être l’épouse du président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo.

Dans la séquence, la femme, interpellée par des agents de sécurité, explique qu’elle n’aurait pas de lieu où dormir et qu’elle aurait ainsi décidé de se rendre « chez son mari, Félix Tshisekedi ».

Au-delà du caractère insolite de la scène, la diffusion de cette vidéo soulève surtout des interrogations sur les conditions de sécurité et de confidentialité au sein de la Présidence de la République.

Comment la vidéo a-t-elle été enregistrée et diffusée ?

L’une des principales questions porte sur l’origine de l’enregistrement.

Qui a filmé la scène ? Dans quelles circonstances la vidéo a-t-elle été réalisée ? Comment un document enregistré dans un espace placé sous haute surveillance a-t-il pu être extrait puis diffusé sur les réseaux sociaux ?

Ces interrogations sont d’autant plus sensibles que certaines informations présentées comme appartenant au dossier de la personne circulent également en ligne.

Si la vidéo a effectivement été réalisée par une personne ayant accès aux installations présidentielles ou aux dispositifs de sécurité, les circonstances de cet enregistrement et de sa diffusion mériteraient d’être établies avec précision.

Des questions sur le dispositif de sécurité présidentiel

La présence d’une personne affirmant être l’épouse du chef de l’État dans l’enceinte de la Cité de l’Union africaine pose également des questions sur les procédures d’identification et d’accès aux sites présidentiels.

Il ne s’agit pas seulement de déterminer si les déclarations de cette femme sont fondées ou non. L’enjeu est également de savoir comment une telle situation a pu se produire et comment elle a été gérée par les services compétents.

Une enquête administrative pourrait notamment permettre d’établir les circonstances de son arrivée, les contrôles effectués par les agents de sécurité ainsi que les conditions dans lesquelles la séquence vidéo a été enregistrée et rendue publique.

Des informations non confirmées circulent

La polémique a été amplifiée par la circulation, sur les réseaux sociaux, d’informations présentées comme des renseignements personnels concernant Mathy Mayela.

Par ailleurs, certains responsables politiques proches de l’UDPS, parti présidentiel, auraient avancé publiquement des informations concernant son identité et son état de santé.

À ce stade, ces éléments ne sont toutefois pas confirmés par une communication officielle de la Présidence de la République. Ils doivent donc être considérés avec prudence et ne peuvent être présentés comme des faits établis en l’absence de vérification indépendante ou de confirmation officielle.

La question de l’état de santé d’une personne constitue par ailleurs une donnée particulièrement sensible qui ne devrait pas être diffusée ou commentée sans fondement vérifiable.

La communication présidentielle interpellée

Cette affaire intervient également dans un contexte où la communication autour de la Présidence fait régulièrement l’objet de critiques.

Pour certains observateurs, la multiplication de contenus non vérifiés concernant l’entourage du chef de l’État, son image et sa vie privée montre la nécessité pour la Présidence de disposer d’une stratégie de communication plus réactive et mieux structurée.

Une clarification officielle, lorsqu’elle est jugée nécessaire, pourrait permettre de distinguer les faits établis des nombreuses spéculations qui circulent sur les réseaux sociaux.

Au-delà de l’identité ou des déclarations de la femme concernée, l’enjeu principal demeure la protection de l’institution présidentielle, de ses dispositifs de sécurité et des données personnelles auxquelles certains agents peuvent avoir accès.

Si des violations des règles de sécurité, de confidentialité ou de discipline sont établies, des mesures appropriées devraient être envisagées.

Car l’enjeu dépasse cette vidéo devenue virale : la sécurité autour du chef de l’État et la crédibilité de l’institution présidentielle exigent que les procédures internes soient respectées et que toute défaillance fasse l’objet d’une clarification rigoureuse.

La Maison Civile dément la vidéo qui circule sur les réseaux sociaux mettant en scène une dame nommée Maguy Mayela se présentant comme « la 3ème épouse du Chef de l’État ». Cette personne est « totalement inconnue de la famille présidentielle » et n’a « à aucun moment entretenu de lien avec le Chef de l’État », précise le communiqué.

Par Marius Bopenga
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À la UnePolitique

RDC–Tanzanie : Tshisekedi et Samia Suluhu Hassan renforcent leur partenariat stratégique

by admin9775 19 août 2026
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Zanzibar — La République démocratique du Congo et la République-Unie de Tanzanie veulent donner une nouvelle impulsion à leur coopération bilatérale. À l’issue de la visite officielle du président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo en Tanzanie, les deux chefs d’État ont réaffirmé, mardi 18 août, leur volonté d’approfondir leurs relations dans les domaines économique, minier, infrastructurel et sécuritaire.

Reçu par son homologue tanzanienne, Samia Suluhu Hassan, à la State House de Kizimkazi, à Zanzibar, Félix Tshisekedi a eu un entretien en tête-à-tête avec la présidente tanzanienne. Les discussions ont permis de dégager plusieurs axes destinés à renforcer les liens entre les deux pays.

Des ambitions renforcées dans les mines et les infrastructures

Parmi les principales décisions annoncées figure la redynamisation de la Commission permanente conjointe, destinée à servir de cadre au suivi de la coopération entre Kinshasa et Dodoma.

Les deux pays ont également convenu de mettre en place un partenariat stratégique dans le secteur des minéraux critiques, notamment à travers l’échange de données géologiques. Cette coopération intervient alors que la RDC, riche en cobalt, cuivre et autres minerais stratégiques, cherche à diversifier ses partenariats et à développer davantage la valorisation de ses ressources naturelles.

Les deux dirigeants ont également procédé à une évaluation des projets communs dans les secteurs du pétrole et du gaz, avec l’objectif de renforcer la coopération énergétique entre les deux pays.

Le corridor central au cœur des échanges commerciaux

La connectivité entre les deux pays a également occupé une place importante dans les discussions.

Kinshasa et Dodoma souhaitent accélérer la modernisation de la connectivité multimodale le long du Corridor central, notamment à travers les ports de Dar es Salaam, Kigoma et Kalemie.

Les projets envisagés concernent notamment l’amélioration des infrastructures routières, le développement du transport lacustre sur le lac Tanganyika ainsi que l’interconnexion progressive des réseaux ferroviaires.

Les deux présidents ont par ailleurs salué les avancées enregistrées dans le projet de liaison transfrontalière en fibre optique entre Kigoma et Kalemie, considérée comme un élément important pour améliorer les communications et l’intégration économique entre les deux pays.

Cette coopération pourrait également contribuer à renforcer l’accès de la RDC aux infrastructures portuaires de l’océan Indien à travers le territoire tanzanien.

Kinshasa et Dodoma affichent une position commune sur la sécurité

La situation sécuritaire dans l’est de la RDC a également figuré au centre des discussions.

La Tanzanie a réaffirmé son soutien à la souveraineté et à l’intégrité territoriale de la République démocratique du Congo. Les deux chefs d’État ont appelé au respect des résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies, à la cessation immédiate des hostilités et au retrait des forces étrangères présentes sur le territoire congolais.

Félix Tshisekedi et Samia Suluhu Hassan ont également réitéré leur soutien aux efforts diplomatiques engagés pour parvenir à une paix durable dans l’est de la RDC, notamment à travers les processus de Washington et de Doha.

Cette convergence de vues entre Kinshasa et Dodoma intervient alors que la région des Grands Lacs reste confrontée à une situation sécuritaire particulièrement fragile, avec la persistance des affrontements impliquant notamment l’AFC/M23.

La Tanzanie solidaire face à Ebola

Le volet sanitaire a également été abordé au cours des échanges.

La présidente Samia Suluhu Hassan a exprimé la solidarité de la Tanzanie envers le peuple congolais confronté à l’épidémie d’Ebola. Elle a assuré que son pays était disposé à apporter l’assistance nécessaire afin de soutenir la RDC dans sa réponse à cette crise sanitaire.

Cette disponibilité s’inscrit dans la volonté affichée par les deux pays de renforcer leur coopération au-delà des seuls domaines économiques et sécuritaires.

Tshisekedi se dit « très confiant »

À l’issue du point de presse conjoint ayant clôturé sa visite, Félix Tshisekedi s’est félicité de la dynamique engagée avec la Tanzanie.

« La République Unie de Tanzanie et la République Démocratique du Congo ont décidé d’avancer ensemble et plus profondément dans la coopération bilatérale. Je repars d’ici très heureux et très confiant quant à l’avenir radieux de la coopération entre nos deux pays », a déclaré le chef de l’État congolais.

Cette visite, présentée comme la troisième visite officielle de Félix Tshisekedi en Tanzanie, marque ainsi une volonté de Kinshasa et Dodoma de franchir une nouvelle étape dans leur partenariat.

Au-delà des relations diplomatiques, les deux pays cherchent désormais à construire une coopération davantage orientée vers les infrastructures, les corridors commerciaux, les minerais critiques, l’énergie et la sécurité régionale, avec l’ambition de faire de leur proximité géographique un véritable levier d’intégration économique et stratégique.

Par Pascal Kabeya
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À la UneEconomie

RDC–USA : 54 élus démocrates américains demandent des comptes à l’administration Trump sur les minerais stratégiques

by admin9775 19 août 2026
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Washington — Le projet de partenariat stratégique entre les États-Unis et la République démocratique du Congo autour des minerais critiques suscite de nouvelles interrogations au sein du Congrès américain. Dans une lettre datée du 17 août 2026, 54 élus démocrates de la Chambre des représentants demandent à l’administration de Donald Trump davantage de transparence sur les négociations engagées avec plusieurs pays riches en minerais stratégiques, dont la RDC.

Les parlementaires s’inquiètent notamment des conditions dans lesquelles l’administration américaine négocie l’accès aux ressources minières essentielles aux chaînes d’approvisionnement américaines. La RDC occupe une place particulière dans cette stratégie en raison de ses importantes réserves de cobalt, de cuivre et d’autres minerais indispensables aux technologies de pointe et à la transition énergétique.

Les États-Unis ont effectivement fait du développement de partenariats avec les pays africains riches en minerais critiques un élément de leur stratégie visant notamment à réduire leur dépendance à l’égard de la Chine. Le partenariat stratégique annoncé avec Kinshasa s’inscrit dans cette politique.

Des garanties exigées sur les droits humains et l’environnement

Dans leur démarche, les élus démocrates réclament des garanties contraignantes concernant les droits humains, les conditions de travail et la protection de l’environnement.

Ils souhaitent également obtenir davantage de précisions sur les modalités concrètes des partenariats envisagés, notamment sur l’accès aux concessions minières, les mécanismes de financement ainsi que les éventuelles dispositions liées à la sécurité.

Cette demande de transparence intervient dans un contexte où la stratégie américaine en matière de minerais critiques devient de plus en plus directement liée aux considérations géopolitiques et sécuritaires.

La RDC est au centre de cette politique. Washington considère en effet ses ressources minières comme stratégiques pour la diversification des chaînes d’approvisionnement mondiales. Une analyse récente publiée par African Affairs souligne que les relations entre Washington et Kinshasa constituent désormais l’un des exemples les plus significatifs de la nouvelle politique africaine de l’administration Trump, avec un intérêt américain marqué pour les minerais critiques congolais.

La souveraineté congolaise au cœur des préoccupations

Les parlementaires américains insistent par ailleurs sur le respect de la souveraineté de la République démocratique du Congo.

Ils demandent que les éventuels accords ne se limitent pas à garantir l’approvisionnement des États-Unis en minerais bruts, mais qu’ils favorisent également la transformation locale et la création de valeur en RDC.

Cette question constitue l’un des principaux enjeux du rapprochement entre Kinshasa et Washington. Les autorités congolaises cherchent depuis plusieurs années à attirer davantage d’investissements tout en développant les capacités locales de transformation des ressources minières.

En septembre 2025, des investisseurs américains et internationaux représentant, selon les autorités congolaises, un chiffre d’affaires cumulé de plus de 500 milliards de dollars avaient manifesté leur intérêt pour la relance de l’industrie minière congolaise et la transformation locale des minerais.

Le chiffre de 500 milliards de dollars à relativiser

Le montant de 500 milliards de dollars doit toutefois être présenté avec prudence.

Il ne correspond pas, à ce stade, à un engagement ferme de 500 milliards de dollars d’investissements américains en RDC. Il a notamment été utilisé par les autorités congolaises pour décrire le chiffre d’affaires cumulé d’un groupe d’investisseurs intéressés par le secteur minier congolais.

Il serait donc prématuré d’affirmer que le partenariat RDC–USA garantira à Kinshasa 500 milliards de dollars d’investissements ou fera automatiquement de la RDC la première puissance économique d’Afrique.

Le Congrès veut renforcer son contrôle

Les 54 élus démocrates souhaitent également que le Congrès puisse exercer pleinement son rôle de contrôle sur les négociations de l’administration Trump.

Leur intervention traduit ainsi une préoccupation plus large : jusqu’où l’exécutif américain peut-il aller dans la conclusion d’accords stratégiques sur les minerais critiques sans un contrôle parlementaire suffisant ?

Cette question est d’autant plus sensible que l’administration Trump développe une politique économique fortement axée sur la sécurisation des chaînes d’approvisionnement en minerais stratégiques.

La démarche des parlementaires intervient également après plusieurs initiatives similaires visant à obtenir davantage d’informations sur les négociations américaines relatives aux minerais critiques.

Le cobalt congolais au centre de l’enjeu

Le cobalt constitue l’une des principales ressources au cœur de cette compétition. La RDC demeure un acteur incontournable de la chaîne mondiale d’approvisionnement en cobalt, tandis que Washington cherche à diversifier ses sources d’approvisionnement et à réduire les risques liés à la concentration de certaines étapes de la chaîne de valeur en Chine. Le Congrès américain considère depuis plusieurs années le cobalt congolais comme un élément important de cette problématique.

Pour Kinshasa, l’enjeu est donc de transformer cette demande internationale en opportunité de développement économique, notamment par la construction d’infrastructures, la transformation locale et la création d’emplois.

Pour Washington, l’objectif est avant tout de sécuriser l’accès à des ressources considérées comme essentielles à sa sécurité économique et technologique.

Une équation stratégique pour Kinshasa

La controverse soulevée au Congrès américain intervient ainsi à un moment particulièrement important pour les relations entre la RDC et les États-Unis.

Le président Félix Tshisekedi cherche à obtenir davantage d’investissements américains et un engagement accru de Washington dans la stabilisation de l’est du pays, tandis que les États-Unis souhaitent renforcer leur position dans l’accès aux minerais stratégiques congolais.

Le défi pour Kinshasa sera donc de parvenir à transformer cette convergence d’intérêts en un partenariat réellement bénéfique à l’économie congolaise, sans compromettre la souveraineté du pays, la transparence des contrats, la protection de l’environnement et les intérêts des populations locales.

La lettre des 54 élus démocrates montre en tout cas que le partenariat RDC–USA sur les minerais critiques ne fait pas seulement l’objet d’un débat à Kinshasa : il devient également un sujet de contrôle politique à Washington.

Par Marius Bopenga
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RDC : Martin Fayulu réagit à la saisine de la CPI par des membres de la communauté Banyamulenge

by admin9775 19 août 2026
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Bruxelles — Martin Fayulu était face à la presse congolaise et internationale à Bruxelles pour une conférence de presse consacrée aux principaux enjeux de l’actualité politique en République démocratique du Congo.

Au cours de cette rencontre avec les médias, le président de l’ECiDé a passé en revue plusieurs dossiers qui dominent l’actualité nationale, dans un contexte marqué par la persistance de la crise sécuritaire dans l’est du pays, les tensions politiques et les débats autour des initiatives visant à parvenir à une sortie de crise.

Martin Fayulu a réagi à la démarche de membres de la communauté Banyamulenge qui ont annoncé avoir saisi la Cour pénale internationale (CPI) au sujet de faits qu’ils imputent notamment aux forces armées congolaises dans les Hauts-Plateaux du Sud-Kivu.

Interrogé à Bruxelles devant ses partisans sur cette procédure, l’opposant congolais a également livré sa lecture de la question de l’identité et de l’appartenance aux terres dans l’est de la République démocratique du Congo.

Martin Fayulu a d’abord rappelé, selon lui, la distinction entre l’acquisition individuelle de la nationalité congolaise et la question de l’appartenance historique aux terres.

« Si vous dites que vous êtes Congolais, mais d’origine rwandaise parce que vous êtes venus et que vous avez eu la nationalité congolaise, où est le problème ? », s’est-il interrogé.

L’opposant a ensuite contesté l’idée d’une modification de la carte ethnique du Congo à travers les revendications identitaires. Évoquant les populations du Sud-Kivu, il a notamment déclaré :

« Regardez les tribus du Congo, il n’y a pas une tribu comme ça, il n’y a pas une tribu au Congo qui parle le kinyarwanda. Ça, vous pouvez me couper le cou comme vous voulez, je le dirai ! »

Fayulu défend les FARDC

Interrogé sur les accusations portées contre les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) dans la région de Minembwe, Martin Fayulu a pris la défense de l’armée nationale.

Il a rappelé que les FARDC sont engagées dans un conflit armé contre l’AFC/M23, mouvement dont les offensives ont provoqué d’importants déplacements de populations et de graves conséquences humanitaires dans l’est du pays.

Pour l’opposant, la priorité doit rester la défense du territoire national et la protection des populations congolaises face aux groupes armés.

Il s’est ainsi montré particulièrement critique à l’égard de la démarche judiciaire internationale engagée autour de la situation de la communauté Banyamulenge.

« Moi, je suis Congolais »

Martin Fayulu a notamment mis en avant le nombre de victimes congolaises des violences armées dans l’est du pays, en faisant référence au concept de « Genocost », utilisé en RDC pour désigner les massacres et violences commis contre les populations congolaises.

« Les FARDC sont en guerre. Combien de Congolais sont morts pendant que le M23, l’AFC… ils sont en train de massacrer les Congolais ? Les 10 millions de Congolais ? Le génocide des Congolais dont nous parlons quand nous parlons de “Genocost” ? Est-ce qu’on parle de ça ? », a-t-il déclaré.

Avant de conclure :

« Moi je suis Congolais. Je défends les intérêts de qui ? Des Congolais. »

Cette prise de position intervient dans un contexte particulièrement sensible, marqué à la fois par la poursuite du conflit dans l’est de la RDC, les accusations réciproques de violations des droits humains et les tensions persistantes autour de la question de l’identité, de la nationalité et de l’accès à la terre dans les territoires du Sud-Kivu.

La réaction de Fayulu risque ainsi de raviver le débat sur la manière dont doivent être articulées la défense de l’intégrité territoriale de la RDC, la protection des civils et des minorités, la question de la nationalité congolaise et la lutte contre les groupes armés.

Par Pascal Kabeya
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À la UneMonde

Les États-Unis poursuivent leur guerre contre la Cour pénale internationale et sanctionnent sa présidente

by admin9775 19 août 2026
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Les États-Unis ont annoncé mardi 18 août 2026 de nouvelles sanctions à l’encontre de la Cour pénale internationale. L’annonce vient compléter la campagne diplomatique lancée le 13 juillet par le secrétaire d’État américain Marco Rubio, incitant les États membres de la Cour à s’en retirer. Deux pays, le Venezuela et le Tchad, ont déjà suivi l’appel de Washington. Dans le même temps, le programme de sanctions contre la Cour, réactivé avec l’investiture de Donald Trump en 2025, se poursuit.

ls sont désormais 13 magistrats de la Cour pénale internationale à être ciblés par des sanctions américaines. Elles visent cette fois la présidente de la Cour, la juge japonaise Tomoko Akane, et le Sénégalais Abdoulaye Seye, l’un des responsables du dossier sur la Palestine, qui a abouti aux mandats d’arrêt contre deux responsables israéliens, dont Benyamin Netanyahu, explique notre correspondante à La Haye, Stéphanie Maupas.

La Cour a réagi, mercredi, estimant que « lorsque les acteurs judiciaires sont menacés pour avoir appliqué la loi, c’est l’ordre juridique international lui-même qui est mis en péril », a-t-elle dit dans un communiqué.

Washington accuse la CPI d’être « une menace »

En annonçant les sanctions, le secrétaire d’État américain a de nouveau accusé la CPI d’être « une menace pour notre souveraineté nationale ». Marco Rubio assure que « les Américains ne seront jamais transportés au-delà des mers pour être jugés pour des infractions fictives ». 

Ceux sanctionnés sont interdits de visa et de transactions avec des entreprises liées aux États-Unis, dont notamment les banques ou les services internet. 

Les organisations et ressortissants américains qui aident, coopèrent, travaillent avec des personnes sous sanctions risquent une peine de 20 ans de prison et 1 million de dollars d’amende. La semaine dernière, quatre ONG, qui coopèrent avec la Cour, dont l’ONG Human Rights Watch ont intenté des recours devant la justice américaine.

À lire aussiÉtats-Unis: Marco Rubio s’attaque à la Cour pénale internationale qu’il accuse de «menacer» les Américains

Des sanctions qui « sapent l’État de droit », dénonce la CPI

Mercredi, le Japon a jugé « très regrettables » les sanctions américaines contre la présidente de la Cour pénale internationale (CPI), la Japonaise Tomoko Akane, dans le cadre d’une offensive contre cette institution que Washington accuse d’être « politisée ».

« Le Japon a constamment soutenu la CPI (…) dans ses efforts visant à poursuivre et à punir les crimes les plus graves qui préoccupent la communauté internationale et à faire respecter l’État de droit », rappelle le document. Ces nouvelles sanctions américaines « sapent l’État de droit », a dénoncé de son côté la Cour dans un communiqué.

L’Allemagne a également apporté son soutien à la Cour pénale internationale et sa présidente Tomoko Akane, estimant qu’il était d’une « importance centrale de défendre et de protéger la CPI en tant qu’institution indépendante ».

« Nous soutenons la Cour pénale internationale ainsi que sa présidente, Tomoko Akane », a déclaré lors d’une conférence de presse régulière à Berlin un porte-parole du ministère des Affaires étrangères, pour qui des « insuffisances » ne sont « en aucun cas une raison de remettre fondamentalement en question cette institution importante et le mérite qui lui revient ».

RFI

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À la UneTribunes

RDC : Carbone Beni et Jean-Jacques Lumumba plaident pour un dialogue national distinct du processus de Doha

by admin9775 19 août 2026
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Alors que la République démocratique du Congo est confrontée à une crise sécuritaire, politique et institutionnelle persistante, Carbone Beni et Jean-Jacques Lumumba proposent de clarifier les objectifs et la méthode d’un éventuel dialogue national. Dans une tribune commune publiée lundi 17 août 2026, les deux acteurs de la société civile saluent l’ouverture du président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo en faveur d’un dialogue inclusif, tout en appelant à ne pas confondre ce processus avec les négociations engagées à Doha.

Président du mouvement social Patriotes en Action pour l’Émergence de la République (PACTE), Carbone Beni, et président du Collectif Restitution Afrique (RAF), Jean-Jacques Lumumba estiment que les deux démarches doivent répondre à des problématiques différentes, mais complémentaires.

Doha consacré à la crise sécuritaire

Pour les deux signataires, le processus de Doha doit demeurer prioritairement consacré à la dimension sécuritaire de la crise congolaise et aux négociations avec l’AFC/M23.

Ils appellent à la poursuite de ce processus avec des garanties, des conditionnalités et l’implication des partenaires internationaux. La cessation des hostilités, la protection des populations civiles, le désarmement et la restauration de l’autorité de l’État figurent, selon eux, parmi les objectifs prioritaires de ces négociations.

À l’inverse, le dialogue national devrait s’attaquer aux causes internes qui fragilisent la République, notamment les fractures politiques, institutionnelles, sociales et économiques, ainsi qu’aux interrogations liées à l’avenir démocratique du pays.

Les deux acteurs préconisent donc de mener les deux processus simultanément, mais en maintenant une séparation claire de leurs missions.

Ils mettent notamment en garde contre toute confusion susceptible de transformer le dialogue politique en mécanisme de légitimation de la violence armée.

« Le dialogue national ne doit pas devenir un moyen de banaliser la rébellion armée ou de transformer la prise des armes en mode d’accès à la représentation politique », préviennent-ils.

Refuser un dialogue réduit au partage du pouvoir

Carbone Beni et Jean-Jacques Lumumba se déclarent favorables au dialogue national, mais refusent qu’il reproduise les mécanismes de précédentes conférences politiques centrées essentiellement sur le partage des responsabilités.

Ils saluent dans ce contexte les démarches entreprises par la CENCO et l’ECC pour rapprocher les différentes positions et contribuer à la recherche d’une issue politique aux fractures qui traversent le pays.

Pour eux, l’enjeu dépasse largement la recomposition des institutions.

« Si le dialogue consiste simplement à redistribuer des fonctions, recomposer des équilibres politiques, calmer momentanément les tensions ou préparer les prochains positionnements électoraux, nous aurons manqué l’essentiel », écrivent-ils.

Les deux signataires défendent ainsi un dialogue destiné à refonder le pacte national, plutôt qu’à redistribuer les cartes du pouvoir.

Une démarche qui doit partir de la base

Autre proposition majeure de leur tribune : l’adoption d’une méthode « ascendante ».

Selon eux, la réflexion sur l’avenir du pays ne peut être concentrée à Kinshasa et limitée aux acteurs de la classe politique. Les populations des différentes provinces doivent pouvoir exprimer directement leur perception des crises qui affectent la République.

Ils souhaitent notamment que les Congolais puissent identifier eux-mêmes les principales fractures du pays, faire connaître leurs difficultés, leurs attentes et leurs priorités.

« Les Congolais de toutes les autres parties du pays doivent pouvoir dire eux-mêmes ce qu’ils considèrent comme les principales fractures de la République, leurs difficultés, leurs attentes et leurs priorités », soutiennent-ils.

Le sommet national devrait ensuite prendre en compte cette expression du terrain pour déterminer les réponses politiques, institutionnelles et sociales appropriées.

Une inclusivité fondée sur la représentativité

Pour Carbone Beni et Jean-Jacques Lumumba, un dialogue véritablement inclusif ne doit pas nécessairement réunir plusieurs milliers de participants.

L’essentiel, selon eux, est que les principales composantes de la Nation soient réellement entendues et que les personnes appelées à participer aux discussions disposent d’une représentativité et d’une légitimité réelles.

Ils défendent ainsi une conception de l’inclusivité fondée davantage sur la représentativité que sur le nombre de participants.

« Le dialogue peut donc être sélectif dans sa représentation tout en demeurant national dans sa légitimité : moins de représentation de convenance ; davantage de représentation réelle du pays », affirment-ils.

Vers un nouveau pacte national

Les deux signataires souhaitent enfin que le dialogue aboutisse à des résultats concrets. Ils refusent qu’il se termine par une simple déclaration politique sans mécanisme de mise en œuvre.

Ils plaident pour un pacte national assorti d’engagements précis, d’un calendrier, de responsabilités clairement définies et de mécanismes de suivi.

Dans leur conception, le processus de Doha devrait contribuer à restaurer la paix et l’autorité de l’État, tandis que le dialogue national aurait pour mission de reconstruire la confiance entre les Congolais et de revoir les règles qui régissent leur coexistence politique et institutionnelle.

La proposition de Carbone Beni et Jean-Jacques Lumumba inscrit ainsi le débat sur le dialogue national dans une perspective plus large : non pas une nouvelle négociation de partage du pouvoir, mais une démarche destinée à reconstruire la confiance, corriger les fractures internes et refonder le pacte national congolais.

Par Marius Bopenga
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