Au Kenya, inquiétudes après l’effondrement d’un immeuble en construction à Nairobi, la capitale. L’immeuble faisait environ 16 étages selon les autorités et s’est effondré dans le quartier populaire et très dense d’Eastleigh, dans l’est de Nairobi aux alentours de 13h40 heure locale. Le bilan humain n’est pas encore connu, mais sept personnes sont portées disparues et deux blessés ont déjà été secourus selon la Croix-Rouge kényane. Les autorités craignent que plusieurs personnes soient coincées sous les gravats. Les opérations de sauvetage se poursuivent.
Sur place ce vendredi 23 octobre dans l’après-midi, les étages de l’immeuble se devinaient comme empilés au milieu des gravats. Le bâtiment semble s’être effondré sur lui-même. Il était encore en construction, mais son sous-sol et rez-de-chaussée étaient déjà occupés d’après les autorités, notamment par des petits magasins, et se tenait le long d’une rue commerçante très animée.
« Onze magasins au rez-de-chaussée et au sous-sol étaient occupés au moment de l’effondrement. Sept personnes ont été signalées disparues, a écrit le ministre de l’Intérieur Kipchumba Murkomen sur son compte X. L’équipe de secours est entrée en contact avec certaines d’entre elles, et des efforts sont en cours pour sauver celles qui sont coincées sous les décombres. »
Un ouvrier hospitalisé
Une pelleteuse dégage les gravats quelques heures après le sinistre. L’immeuble semble s’être effondré sur lui-même. Assis à quelques mètres, Alexander Mukuta Kilinda est couvert de poussière. Le bâtiment était encore en construction. Il travaillait sur le chantier.
« C’était ma pause déjeuner, j’ai vu que le bâtiment commençait à trembler. Beaucoup de gens sont partis en courant. Certains de nos collègues étaient à l’intérieur et nous ne savons pas où ils sont. Mais la plupart d’entre nous sommes en sécurité. Il y avait beaucoup de bruit, de poussière, ça arrivait dans nos yeux, on ne pouvait pas se voir les uns les autres », confie-t-il au micro de notre correspondante à Nairobi, Albane Thirouard.
Les 67 ouvriers qui travaillaient sur le bâtiment ont été retrouvés, selon le ministre de l’Intérieur. L’un d’entre eux a été blessé et est hospitalisé dans un état stable.
Muhiyadin Abdi tient une boutique de cosmétiques à proximité du sinistre. Il a assisté, impuissant, à l’effondrement. « Je suis rentré de la mosquée et j’ai remarqué que le bâtiment commençait à s’effriter doucement. J’ai fermé ma boutique et quelques minutes plus tard, l’immeuble s’effondrait, témoigne-t-il. Il y avait des vendeurs au rez-de-chaussée, il y avait des magasins. C’est ça aussi le problème. Si un bâtiment est encore en construction, personne ne devrait être autorisé à s’y installer. »
Ouverture d’une enquête
Le commandant de la police de Nairobi, Issa Mohamud, a d’ailleurs critiqué une foule qui leur avait causé des « maux de tête ». La police a tiré des gaz lacrymogènes à plusieurs reprises pour tenter de disperser un public agité qui se rassemblait autour du site du sinistre. Le commandant a appelé cette foule à rentrer chez elle, rappelant aussi qu’il y avait un risque de second effondrement. Un autre immeuble de plusieurs étages se trouve notamment juste à côté de celui qui s’est effondré.
Une enquête va être ouverte, a affirmé Issa Mohamud, pour identifier s’il y avait eu une négligence dans la construction du bâtiment. Il a indiqué à la presse que les secouristes ont entendu « la voix d’une femme ». « Nous espérons pouvoir la sauver », a-t-il ajouté.
Les effondrements d’immeubles sont fréquents à Nairobi, dans une capitale en plein essor urbain. Des qualités de mauvaise qualité, le non-respect des normes et de la corruption lors des contrôles sont régulièrement pointés du doigt.
RFI












