De retour sur la scène publique, Jules Alingete a livré une intervention remarquée lors du Forum médias Chine–RDC organisé à Kinshasa. L’ancien Inspecteur général chef de service honoraire de l’Inspection générale des finances (IGF) a dénoncé des irrégularités majeures dans la gestion des contrats publics conclus sous la présidence de Joseph Kabila, tout en saluant les réformes engagées sous Félix Tshisekedi.
Dans son intervention, Jules Alingete a pointé des cas qu’il qualifie d’« édifiants » en matière de surfacturation et de mauvaise gestion des fonds publics. Parmi les exemples cités figurent l’avenue Tourisme, dont quatre kilomètres auraient été facturés à hauteur de 30 millions de dollars, le boulevard Triomphal, évalué à 40 millions pour moins d’un kilomètre, ainsi que l’Hôpital du Cinquantenaire, estimé à 115 millions de dollars. Autant de projets qui, selon lui, soulèvent de sérieuses interrogations sur la transparence des marchés publics de l’époque.
Ces constats ont conduit, a-t-il expliqué, à une revisitation des contrats sino-congolais sous le régime actuel. Cette renégociation aurait permis un rééquilibrage significatif des engagements, avec une augmentation des investissements dans les infrastructures, passés d’environ 800 millions à près de 7 milliards de dollars. Jules Alingete a salué l’ouverture de la partie chinoise, qu’il considère comme un facteur clé dans la transformation de ces accords en un partenariat « gagnant-gagnant ».
Au-delà de la question des contrats, l’ancien patron de l’IGF a également mis en avant une avancée majeure dans la lutte contre la criminalité économique : la création du Tribunal pénal économique et financier. Promulguée récemment, cette nouvelle juridiction est appelée à traiter les infractions graves telles que la corruption, le détournement de fonds ou encore le blanchiment d’argent.
Jules Alingete a salué cette réforme comme une étape « historique », estimant qu’elle dote la RDC d’un outil judiciaire adapté à la complexité des crimes économiques modernes. Il a rendu hommage aux autorités congolaises, notamment à la Première ministre Judith Suminwa et au ministre de la Justice Guillaume Ngefa, pour leur implication dans la mise en place de cet arsenal juridique.
Toutefois, il a insisté sur le fait que l’efficacité de ces réformes dépendra de leur application concrète. L’indépendance de la justice, la qualité des enquêtes et les moyens alloués aux institutions seront déterminants pour transformer cette volonté politique en résultats tangibles.
En filigrane, son discours met en lumière un enjeu central pour la République démocratique du Congo : faire de la lutte contre la corruption un levier réel de développement et de crédibilité institutionnelle.
Par Marius Bopenga
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