Joseph Kabila sort du silence depuis Goma et appelle à un changement de système en RDC

par admin9775

Dans un entretien rare accordé le 20 mars 2026 au média La Libre Belgique à Goma, l’ancien président Joseph Kabila a justifié sa présence dans cette ville stratégique de l’est de la République démocratique du Congo, affirmant sans détour que « Goma, c’est chez moi », rappelant qu’il y possède une résidence acquise depuis 1999, bien avant les cycles actuels de rébellion.

Face aux accusations portées contre lui par Kinshasa et malgré une condamnation à mort, l’ex-chef de l’État s’est voulu serein, dénonçant ce qu’il qualifie d’acharnement politique contre sa personne et sa famille politique depuis 2019, tout en dressant un tableau sombre de la situation actuelle du pays, évoquant notamment le retour de forces étrangères, les violences persistantes en Ituri et une montée du tribalisme.

En opposition, Joseph Kabila a défendu son bilan, mettant en avant un pays qu’il estime avoir laissé « réuni et réconcilié », bien que de manière imparfaite, et a insisté sur son attachement au dialogue, rappelant ses efforts dès 2001 pour favoriser un processus inclusif avec l’appui de pays comme l’Angola, le Zimbabwe et la Namibie, qui avaient conduit aux accords politiques de Accords de Sun City.

Critique envers la gestion actuelle du pouvoir, il déplore l’attitude de « va-t-en-guerre » des autorités en place, affirmant que ses conseils en faveur de négociations auraient été ignorés dès le départ, contribuant selon lui à l’enlisement de la crise sécuritaire dans l’est du pays.

Abordant son rôle futur, l’ancien président a appelé à « mettre fin à cette dictature », invitant à une mobilisation générale des Congolais, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays, en s’appuyant sur l’article 64 de la Constitution, qui, selon lui, légitime la résistance face à un pouvoir exercé en violation des lois fondamentales.

Sur le plan institutionnel, il a vivement critiqué les initiatives de réforme constitutionnelle, estimant que la Constitution de 2006, qu’il considère comme un pilier de la réunification nationale, est aujourd’hui fragilisée, et que toute tentative de modification dans le contexte actuel serait « extrêmement dangereuse » pour la stabilité du pays.

L’ancien chef de l’État a également mis en cause la multiplicité des processus de paix engagés ces dernières années — notamment à Doha, Washington ou en Angola — qu’il interprète comme le signe d’un manque de vision stratégique et de cohérence dans la gouvernance.

Sur le plan international, Joseph Kabila s’est montré critique à l’égard de la Belgique, estimant qu’elle risquait de perdre sa crédibilité en RDC en raison de son positionnement perçu comme favorable au régime actuel, tout en reconnaissant que certains acteurs belges tentent de rééquilibrer cette posture, notamment à travers des initiatives judiciaires.

Interrogé sur les tensions dans le Katanga, il a rejeté toute perspective séparatiste, soulignant que le malaise est national plutôt que régional, et que cette région riche pourrait jouer un rôle clé dans une dynamique politique de transformation du pays.

En conclusion, Joseph Kabila a plaidé pour un changement en profondeur du système politique, estimant qu’un simple renouvellement des dirigeants ne suffirait pas, appelant à un « balayage » de la classe politique et à l’émergence d’une nouvelle gouvernance, tout en avertissant des risques de fragmentation du pays s’inspirant, selon lui, du scénario observé au Soudan.

Par Pascal Kabeya
CONGO PUB Online

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