Ebola : une nouvelle alerte sanitaire inquiète la région des Grands Lacs

par admin9775

Une nouvelle épidémie de maladie à virus Ebola suscite une vive inquiétude en Afrique centrale. L’alerte a été donnée dans la nuit depuis Addis-Abeba par Africa CDC, avant même toute communication officielle des autorités congolaises.

Selon les premières informations relayées par les autorités sanitaires africaines, la zone touchée se situe à la frontière entre la République démocratique du Congo, l’Ouganda et le Soudan du Sud, une région déjà marquée par plusieurs précédentes flambées d’Ebola et du virus Marburg.

Un bilan provisoire déjà lourd

Les premiers chiffres communiqués font état de 246 cas suspects et de 80 décès recensés principalement dans les zones de santé de Mongwalu et Rwampara, en province de l’Ituri.

Ces localités sont situées respectivement dans les territoires de Djugu et d’Irumu. Mongwalu, importante zone minière au nord de Bunia, et Rwampara, localisée à proximité immédiate de l’aéroport international de Bunia, représentent des zones stratégiques à forte mobilité de population.

Un responsable sanitaire de Mongwalu, cité anonymement, décrit une situation préoccupante :

« La situation n’est pas encore sous contrôle. Nous enregistrons plusieurs cas suspects similaires qui sont isolés, mais nous manquons d’intrants, d’équipements de protection et même de structures de prise en charge. »

Selon ce témoignage, les décès liés à des symptômes de fièvre hémorragique auraient commencé à augmenter depuis la mi-avril avant de s’intensifier au début du mois de mai.

La souche Bundibugyo suspectée

Des échantillons ont été envoyés à l’Institut national de recherche biomédicale (INRB) de Kinshasa pour analyses. Les premiers résultats évoquent la souche Bundibugyo du virus Ebola, différente de la souche Zaïre identifiée lors de précédentes flambées en RDC.

Cette souche représente un défi particulier pour les autorités sanitaires puisqu’aucun vaccin homologué n’est actuellement disponible contre Ebola Bundibugyo.

La transmission du virus se fait par contact avec les fluides corporels. Les symptômes incluent notamment fièvre, vomissements, diarrhées et saignements. La période d’incubation varie entre deux et vingt-et-un jours.

L’Ouganda confirme un cas importé depuis la RDC

Le ministère ougandais de la Santé a officiellement confirmé, vendredi 15 mai, un cas positif à Ebola Bundibugyo sur son territoire.

Dans un communiqué signé par la secrétaire permanente du ministère de la Santé, le Dr Diana Atwine, les autorités précisent qu’il s’agit d’un ressortissant congolais âgé de 59 ans admis à l’hôpital musulman de Kibuli à Kampala le 11 mai.

Le patient présentait plusieurs symptômes sévères, notamment une détresse respiratoire, de fortes fièvres, des douleurs abdominales et des saignements. Son état s’est rapidement dégradé avant son décès le 14 mai en soins intensifs.

Les analyses effectuées par le laboratoire central de surveillance de Wandegeya ont confirmé qu’il s’agissait bien d’un cas d’Ebola de souche Bundibugyo importé depuis la RDC.

« Le pays n’a pour l’instant confirmé aucun cas de transmission locale », précise toutefois le ministère ougandais.

Des mesures d’urgence déclenchées

Face au risque élevé de propagation régionale, les autorités ougandaises ont activé plusieurs mécanismes d’urgence :

  • déploiement d’équipes de surveillance aux frontières ;
  • activation des dispositifs sanitaires dans les districts à haut risque ;
  • installation d’un laboratoire mobile à l’hôpital de Bwera ;
  • isolement des contacts à haut risque ;
  • quarantaine des personnes exposées ;
  • renforcement des campagnes de sensibilisation communautaire.

Les autorités sanitaires recommandent également à la population d’éviter tout contact avec des personnes symptomatiques et de renforcer les mesures d’hygiène, notamment le lavage régulier des mains.

Un contexte sécuritaire particulièrement fragile

Cette nouvelle épidémie survient dans une région déjà fragilisée par l’insécurité persistante.

En Ituri, plusieurs groupes armés, dont les ADF, la CODECO et d’autres milices locales, continuent de mener des attaques contre les populations civiles malgré les opérations militaires conjointes des FARDC et de l’armée ougandaise.

Cette instabilité complique considérablement le déploiement des équipes médicales, la surveillance épidémiologique et l’accès aux soins pour les populations affectées.

Le directeur d’Africa CDC, Jean Kaseya, a annoncé la tenue d’une réunion régionale d’urgence réunissant la RDC, l’Ouganda, le Soudan du Sud ainsi que plusieurs partenaires internationaux, dont l’Organisation mondiale de la santé et l’UNICEF.

« Ce qui est particulièrement préoccupant, c’est le risque élevé de propagation régionale en raison des importants mouvements de populations et du contexte d’insécurité », a-t-il déclaré.

Les efforts devraient désormais se concentrer sur le renforcement de la surveillance transfrontalière, la prise en charge des malades, la sensibilisation des communautés et le contrôle rapide de cette nouvelle flambée épidémique.

Par José Lumbala, correspondant à Bunia
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