Le pasteur et artiste gospel congolais Moïse Mbiye est sorti de son silence vendredi soir à travers une vidéo publiée sur les réseaux sociaux afin de démentir plusieurs rumeurs circulant à son sujet et clarifier sa position dans le débat politique et religieux qui agite actuellement la République démocratique du Congo.
Dans cette intervention, le responsable de l’église Cité Béthel a rejeté les informations faisant état d’un prétendu blocage à l’aéroport ou d’une confiscation de son passeport.
« Il y a des rumeurs comme quoi on m’a bloqué à l’aéroport, on m’aurait ravi mon passeport. C’est faux. Je me porte bien. Le seul voyage que je prépare, c’est pour Accor Arena », a-t-il déclaré, affirmant se trouver à Kinshasa « en bonne santé ».
Un soutien assumé au pouvoir en place
Au cours de cette prise de parole, Moïse Mbiye a également affiché publiquement son soutien au président Félix Tshisekedi, à la Première dame Denise Nyakeru Tshisekedi ainsi qu’aux militants de l’UDPS.
« Je dis merci au président Félix Tshisekedi et à maman Denise. Surtout, je dis merci aux jeunes de l’UDPS, les Parlementaires Debout, pour tout ce que vous avez fait », a-t-il affirmé.
L’artiste a également pris ses distances avec l’opposition politique congolaise.
« Mes frères de l’opposition, désolé, je ne suis pas de votre camp et je ne serai jamais du camp de la rébellion parce que j’aime tellement ce pays », a-t-il lancé.
Il a rappelé avoir composé plusieurs chansons en soutien aux initiatives gouvernementales et contre les groupes rebelles actifs dans l’Est du pays.
Mise au point sur l’Église de Réveil du Congo
Le pasteur a aussi clarifié sa relation avec l’Église de Réveil du Congo, au cœur de plusieurs polémiques ces derniers jours.
« Moi, je ne suis pas membre de l’ERC », a-t-il insisté.
Moïse Mbiye a dénoncé certaines attaques verbales et accusations relayées dans des émissions impliquant des responsables religieux.
« Ils disent qu’ils ont des vidéos du mal que je fais et que ce sont eux qui les ont étouffées. Je suis vraiment surpris », a-t-il déclaré avant d’ajouter : « Vous n’avez pas besoin de me demander pardon, mais moi je vous demande pardon. »
Des tensions autour du débat constitutionnel
Cette sortie médiatique intervient dans un contexte de fortes divisions au sein du monde religieux congolais autour du débat sur une éventuelle réforme constitutionnelle.
Le 10 mai dernier, lors d’un culte à Kinshasa, Moïse Mbiye avait vivement critiqué certains rassemblements de pasteurs engagés politiquement, qualifiant ces regroupements de « camp des Lépreux ».
Ces propos faisaient notamment référence à un forum organisé par l’évêque Ejiba Yamapia, au cours duquel plusieurs responsables religieux avaient plaidé pour un changement de la Constitution du 18 février 2006 ainsi qu’une prolongation des mandats présidentiels.
Cette position continue de provoquer des réactions contrastées dans les milieux religieux et politiques congolais. Certaines figures influentes de l’ERC, notamment Sony Kafuta, ont exprimé leurs réserves sur cette initiative, tandis que l’Église catholique et plusieurs acteurs de l’opposition restent fermement opposés à toute modification constitutionnelle.
Dans ce climat tendu, Moïse Mbiye a appelé à éviter toute récupération politique de ses propos et a insisté sur le caractère spirituel de son église.
« Notre église est à Dieu, pas à la rébellion. Notre église n’est pas un parti politique », a-t-il conclu.
Moise Mbiye devrait à l’avenir rester constant, un vrai pasteur doit accepter les menaces,la torture, la croix et même le martyr au nom de la vérité qui fait partie des vertus évangéliques.
Par Pascal Kabeya
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