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Nouvelles nécrologiques

À la UneNouvelles nécrologiques

Décès de Consty Eka « Roi de la Télé » : l’Afrique perd une icône de l’audiovisuel

by admin9775 17 février 2026
written by admin9775

Le célèbre journaliste et entrepreneur camerounais, figure emblématique des médias africains, s’est éteint brutalement ce lundi à Abidjan, des suites d’un malaise. Surnommé le « Roi de la Télé », il se trouvait à son bureau lorsqu’il a été pris d’un grave malaise. Conduit en urgence à l’hôpital, il n’a malheureusement pas survécu.

Véritable légende de l’audiovisuel africain, il aura marqué plusieurs générations par son professionnalisme, son sens de l’innovation et son engagement pour la promotion des talents du continent. Mécène reconnu et grand ami de l’artiste congolais Koffi Olomide, beaucoup l’ont découvert à travers les célèbres dédicaces des années 90, qui ont contribué à asseoir sa notoriété auprès du grand public.

« Tu n’étais pas seulement un grand homme des médias, tu étais une âme généreuse, un cœur vrai. » Sur son compte Facebook, le célèbre chanteur Koffi Olomidé a fait ses hommages à Consty Eka, présentateur et producteur connu des chaînes de télévisions camerounaises et ivoiriennes.

Il est mort à Abidjan à la suite d’un malaise ce lundi 16 février, rapportent plusieurs médias. Il aurait succombé à un accident vasculaire cérébral (AVC) dans une polyclinique de la capitale économique ivoirienne.

Pluie d’hommages pour le « roi de la télé »

Les circonstances exactes du décès doivent encore être précisées, mais la nouvelle a immédiatement circulé dans les réseaux sociaux. Pour sa part, le chanteur Koffi Olomidé ne s’est pas contenté d’une publication pour saluer le travail de son « ami », de son « frère ».

Il a multiplié les publications, partageant certaines de ses apparitions à la télévision. « Derrière le micro, il y avait un ami fidèle, attentif, toujours prêt à tendre la main, a-t-il ajouté. Ta voix nous guidait, ton sourire nous réconfortait. » 

Surnommé le « roi de la télé », Consty Eka a marqué plusieurs générations de téléspectateurs, notamment au Cameroun et en Côte d’Ivoire, précise Actu Cameroun.Il a commencé sa carrière au Cameroun (Douala et Yaoundé) avant de s’installer en 1978 en Côte d’Ivoire. C’est là qu’il s’est fait connaître.

L’animateur et journaliste n’a pas seulement occupé les plateaux. Il a également participer à structurer des médias africains. Il a fondé le groupe audiovisuel CEKAM, créé des médias tels que la chaîne CEN TV et la radio Voltage2, devenus des plateformes importantes pour l’information et la culture. Consty Eka avait compris avant beaucoup d’autres que l’Afrique devait construire ses propres récits et produire ses propres formats.

Son départ laisse un vide immense dans le paysage médiatique africain. Il incarnait une certaine idée de l’excellence, du leadership et du rayonnement culturel à l’échelle continentale.

Nos sincères condoléances aux peuples du Cameroun et de la Côte d’Ivoire, ainsi qu’à la famille, aux proches et aux collaborateurs de l’illustre disparu. Puisse son âme reposer en paix.

Par Marius Bopenga
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À la UneNouvelles nécrologiques

Robert Duvall, légende du cinéma américain, s’éteint à 95 ans

by admin9775 17 février 2026
written by admin9775

L’acteur américain Robert Duvall, figure majeure d’Hollywood et interprète inoubliable de rôles aussi puissants que nuancés, est décédé à l’âge de 95 ans. L’annonce a été faite par son épouse, Luciana Pedraza, dans un message publié sur Facebook. Il est mort paisiblement dimanche, sans qu’aucune cause officielle ne soit précisée.

Au fil d’une carrière s’étendant sur plus de six décennies et près d’une centaine de films, Robert Duvall s’est illustré aussi bien dans des rôles principaux que secondaires devenus cultes. Il restera notamment dans les mémoires pour son interprétation du lieutenant-colonel Bill Kilgore dans Apocalypse Now de Francis Ford Coppola, lançant la réplique devenue mythique : « J’aime l’odeur du napalm au petit matin ».

Il a également incarné Tom Hagen, le fidèle consigliere de la famille Corleone, dans The Godfather et The Godfather Part II, ainsi que le mystérieux Boo Radley dans To Kill a Mockingbird.

Un acteur aux multiples récompenses

Récompensé par l’Oscar du meilleur acteur pour Tender Mercies en 1983, où il incarnait un chanteur de country déchu, Duvall a totalisé sept nominations aux Oscars au cours de sa carrière. Il a également été nommé pour The Great Santini, The Apostle, A Civil Action et The Judge.

À la télévision, il a marqué les esprits dans la mini-série Lonesome Dove, un rôle qu’il considérait comme son préféré, ainsi que dans Broken Trail, qui lui a valu un Emmy Award. Il a aussi partagé l’écran avec John Wayne dans True Grit.

Des débuts modestes à la consécration

Né le 5 janvier 1931, fils d’un amiral de la Marine américaine et d’une actrice amateur, Robert Duvall a grandi à Annapolis, dans le Maryland. Après des études au Principia College et un passage dans l’armée américaine, il s’installe à New York, où il partage un appartement avec Dustin Hoffman et se lie d’amitié avec Gene Hackman, alors tous trois comédiens en devenir.

Son premier rôle marquant au cinéma fut celui de Boo Radley dans To Kill a Mockingbird, obtenu grâce au dramaturge Horton Foote, qui écrira plus tard Tender Mercies spécialement pour lui.

Une passion pour l’Argentine et le tango

Lorsque Hollywood l’ennuyait, Duvall passait derrière la caméra. Il a écrit, réalisé et interprété The Apostle, obtenant une nouvelle nomination aux Oscars. Avec Assassination Tango, il a exprimé sa passion pour le tango et l’Argentine, pays où il a rencontré sa quatrième épouse, Luciana Pedraza.

Il partageait son temps entre Los Angeles, l’Argentine et une vaste propriété en Virginie, dont il avait transformé la grange en salle de danse.

Acteur d’une intensité rare, capable d’incarner aussi bien des figures d’autorité que des âmes brisées, Robert Duvall laisse derrière lui un héritage cinématographique majeur et l’image d’un artiste profondément attaché à la vérité humaine de ses personnages.

Plus de 100 films dans la filmographie de Robert Duvall

Son rôle lui vaut l’une de ses sept nominations aux Oscars. Il obtient également l’Oscar du meilleur acteur dans un second rôle pour Le Parrain de Coppola, où il incarne Tom Hagen, conseiller de la famille mafieuse Corleone. Robert Duvall apparaît dans le deuxième volet du Parrain, mais a refusé le troisième, jugeant l’offre salariale insuffisante.

Robert Duvall a également été nominé aux Oscars pour The Great Santini, Le Prédicateur, Préjudice et Le Juge en 2014. Au total, il a joué dans près de 100 films.

L’acteur avait un don pour les rôles de cowboys. Il remporte un Emmy pour la mini-série télévisée Broken Trail, joue aux côtés de John Wayne dans True Grit et a été nommé aux Emmy pour la mini-série Lonesome Dove, dont il disait que c’était son rôle préféré. « Je pense avoir incarné un personnage très précis qui représente quelque chose d’important dans l’histoire du mouvement western », a déclaré Robert Duvall au New York Times. « Après cela, j’ai senti que je pouvais prendre ma retraite, que j’avais accompli quelque chose. »

Lassé d’Hollywood, Robert Duvall réalise ses propres films. Il écrit, réalise et a été nommé aux Oscars pour Le Prédicateur, l’histoire d’un prédicateur en proie au conflit intérieur.

Francis Ford Coppola salue un collègue « essentiel »

Le réalisateur américain Francis Ford Coppola a rendu hommage à l’acteur Robert Duvall, décédé dimanche, saluant un « grand acteur » et un « élément essentiel » qui avait joué dans cinq de ses films.

« Quel choc d’apprendre la disparition de Robert Duvall. Un si grand acteur et un élément si essentiel d’American Zoetrope (société de production cofondée par Francis Ford Coppola, ndlr) depuis ses débuts », a déclaré le réalisateur dans un communiqué publié sur Instagram.

Par Pascal Kabeya
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À la UneNouvelles nécrologiques

Mort du réalisateur Frederick Wiseman, documentariste de la société américaine

by admin9775 17 février 2026
written by admin9775

Plus de 40 longs métrages à son actif, les hommages des plus grands festivals et de multiples récompenses dont un Lion d’or à Venise en 2014, un Oscar d’honneur en 2016, un Carrosse d’or en 2021, le réalisateur américain Frederick Wiseman est mort le 16 février à l’âge de 96 ans. Une grande rétrospective de son œuvre a été proposée au public en France en 2024-2025, pour voir ou revoir ses chroniques sur les États-Unis et ailleurs (la France notamment), ses institutions, mais surtout les gens qui y travaillent ou qui y vivent, brossant un portrait inédit de la société américaine en son cœur.  

Publié le : 17/02/2026 – 00:06

10 min Temps de lecture

Frederick Wiseman reçoit son prix sur scène lors de la cérémonie des Governors Awards 2016 au Dolby Ballroom, le 12 novembre 2016, à Los Angeles.
Frederick Wiseman reçoit son prix sur scène lors de la cérémonie des Governors Awards 2016 au Dolby Ballroom, le 12 novembre 2016, à Los Angeles. Chris Pizzello/Invision/AP – Chris Pizzello

Un, voir deux films par an, et de longs, voire très très longs métrages, de plusieurs heures. « Ce qui me fait avancer, disait Wiseman en recevant un Oscar d’honneur pour sa carrière, c’est le plaisir et le goût de l’aventure ». C’est un boulimique de travail qui, dès qu’il a fini un film, passe au suivant, raconte Marcel Ophuls (Positif, mai 2011). Wiseman dit de lui-même qu’il fuit après chaque film une dépression pos-partum en enchaînant les projets.

Il filme au jour le jour, promène sa caméra dans les travées d’une bibliothèque (ex-Libris), dans les cuisines d’un restaurant (Menus plaisirs : les Trois gros), dans les salles de répétition de danseurs (La danse), les coulisses de la Comédie française (La Comédie française ou l’Amour joué), une prison (Titicut Follies), sur les quais du canal de Panama (Canal Zone), un tribunal pour enfants (Juvenil Court), un quartier du Queens (In Jackson Heights), l’unité de soin intensifs du Beth Israel Hospital (Near death, six heures d’émotion en noir et blanc pendant lesquelles le spectateur ne peut que se mettre dans la peau des personnages), le non moins impressionnant Meat qui suit toute la chaîne de production de viande depuis les vertes prairies jusqu’au dépeçage à la chaîne des bêtes, etc, etc. Et il faut parfois avoir le cœur bien accroché, littéralement, pour certaines séquences comme l’opération à thorax ouvert dans Hospital…

Malgré la variété des lieux où il a posé son regard, l’unité de son travail est saisissante. Ce sont des heures de films qui, mis à bout, racontent le monde. De la même manière que Wiseman ne transige jamais sur la durée de ses films, il n’intervient ni n’apparaît à aucun moment : ni interview, ni commentaire ; au spectateur de tirer les enseignements de qu’il voit, ressent et comprend à travers les images et la bande son, de l’univers ou du microcosme qu’il lui est proposé de découvrir. « Ce n’est pas un hasard si mon cinéma écarte les commentaires pour donner toute sa place à l’image. J’essaye de donner suffisamment de renseignements au spectateur afin qu’il puisse, par lui-même, décider du sens. Mon point de vue au fond s’exprime par le montage, qui est pour moi une forme d’écriture, et la structure du film. Pas par les mots », explique Wiseman

« Le titre, dont le sens est on ne peut plus transparent, fait office de panneau indicateur… vous êtes ici », écrit Laura Fredducci dans son introduction à l’essai  « Frederick Wiseman, à l’écoute ». Et à partir de cet « ici », Wiseman propose par ses images et la construction de son récit, une mise en lumière de la complexité du monde et des interelations entre ses personnages, des déterminismes sociaux, une sorte d’enquête ethnographique documentaire. 

https://youtube.com/watch?v=ZoEViyKlIhc%3Fsi%3DPLcAPx9P5dVWARxm

Les relations sociales sont une mise en scène

C’est le documentaire Titicut Follies (1967) qui a fait connaître Frederick Wiseman auprès du public américain (cinéphile). Diplômé de Yale, ce natif de Boston est juriste de formation. C’est dans cette université qu’il rencontra celle qui fut son épouse pendant 65 ans, Zipporah Batshaw Wiseman, juriste et universitaire, décédée en 2021. Après de longues études de droit pour tenter d’échapper au service militaire, raconte Laura Fredducci, Wiseman est revenu filmer cette chronique de la prison psychiatrique de Bridgewater dans le Massachussetts, qu’il avait maintes fois visitée avec ses étudiants. « Avant de devenir documentariste, j’étais professeur de droit. J’amenais certains de mes étudiants dans cet asile pour leur montrer les effets réels de la justice. Quand j’ai décidé de devenir cinéaste, c’est le premier sujet auquel j’ai pensé. Personne n’avait montré ce qu’il se passait dans ces prisons. J’avais envie de regarder cela : les violences, les rapports de force et la brutalité. De le montrer. Le titre du film fait référence à une comédie musicale. Chaque année, les prisonniers montaient une représentation pour un spectacle de fin d’année, et c’était ‘Titicut Folies’. Ce qui m’amusait c’est que mon film était précisément structuré comme une pièce de théâtre, divisé en actes. Et chaque acte racontait les exactions des gardiens contre les prisonniers. Choisir ce titre fut une sorte de blague, mais très ironique », explique Frederick Wiseman.

L’acteur Leonardo DiCaprio raconte qu’il s’est inspiré du documentaire pour son rôle de marshal dans le thriller Shutter Island de Martin Scorsese. Le film fut censuré à sa sortie. Wiseman avait eu l’autorisation de tourner du directeur de l’établissement qui souhaitait profiter du film pour alerter sur la précarité du lieu et son manque de moyen, ce qui ne fut pas du goût du gouverneur républicain du Massachussetts de l’époque.

Une petite équipe pour se fondre dans le dispositif

Frederick Wiseman travaille avec une toute petite équipe : un caméraman, un assistant et lui au son. Pas de lumière artificielle, du son direct. Le réalisateur est à la perche, tout à la fois concentré sur ce qu’il voit et disponible pour saisir ce qui survient, donnant parfois des indications de cadrage à son caméraman « par de petits gestes », raconte Laura Fredducci. Il raconte avoir aperçu le jeune Vladimir discuter avec un médecin, dans la cour de la prison psychiatrique, s’être rapproché et avoir commencé à filmer sans savoir qu’il y aurait là une des fortes séquences de Titicut Follies. Et ceux qu’il filme ne semblent pas se soucier de la présence de ces trois personnes qui se fondent dans leur paysage au fil des longues – parfois douze heures – séquences de tournage. Les éventuels regards caméra seront coupés au montage. Wiseman raconte qu’il filme toujours avec l’accord  de ses personnages et qu’il n’intervient jamais dans leur quotidien. « Je ne demande jamais aux gens de faire quelque chose pour moi », explique-t-t-il. J’ai donné quelques uns de mes films à voir aux danseuses du Crazy Horse avant de commencer le film, pour qu’elles connaissent mon travail et elles m’ont donné leur accord, raconte-t-il.

« Croit-il encore à ce mythe, jouer la mouche sur le mur avec sa caméra ? Il a peut-être commencé à y croire il y a des années, mais plus maintenant. Et Wiseman n’est la mouche sur le mur de personne. Personne à mon avis n’oublie tout à fait qu’il est filmé, à moins de dormir à poing fermé ou d’être ans le coma », écrit Marcel Ophuls à propos de son ami. « La plupart des mouches que je connais ne sont pas du tout conscientes, et j’aime à penser que je suis consciente à au moins 2 % », rétorquait Wiseman dans une interview au Guardian.

Mais la présence d’une équipe de tournage n’altère qu’à la marge l’attitude des personnes filmées quand ladite équipe passe des heures avec elles, d’autant que Wiseman dit discuter beaucoup avec ses personnages, démystifier la caméra, expliquer son travail. Les personnes filmées ne jouent que le rôle de leur vie, et c’est déjà suffisant comme ça, selon Wiseman. Faire société, c’est déjà jouer un rôle et ce qu’on appelle vérité n’est qu’une construction sociale.

« Quand je choisis un sujet, je ne sais pas d’avance si c’est un bon sujet ou non, si j’aurais assez de matière, si ça sera intéressant… c’est l’aspect Las Vegas du processus, un pari, on peut gagner mais on ne sait jamais d’avance » raconte Wiseman, à propos de Crazy Horse (2011). On peut noter au passage que Wiseman se plaît à filmer les corps en action, en particulier ceux qui se préparent au spectacle : le ballet, la danse (La danse à l’Opéra de Paris et Ballet sur l’American Ballet Theater et même Crazy Horse), la boxe (Boxing Gym)… Ce sont des chorégraphies qui supposent beaucoup de travail et de discipline et qu’il rend sensibles dans La danse : ces gestes, ces mouvements répétés à l’infini, la concentration des danseurs, le peu d’échanges entre des acteurs tendus vers leur objectif, se préparant à la représentation, à la performance.

Des heures de tournage, de l’importance du montage

« Là où j’ai le plus appris du cinéma, c’est en faisant le montage », raconte Wiseman dans le même entretien.Il emmagasine beaucoup de pellicule : onze semaines au Crazy Horse ont produit 150 heures de films suivies par treize mois de montage…  Il passera autant de temps de salle de montage où, dès la fin du tournage, il visionne tous les rushes, soigneusement identifiés. Il attribue aux séquences des étoiles (« comme le guide Michelin »), une, deux ou trois et la moitié est écartée. Puis il commence un pré-montage des séquences qui peuvent être dans le film – qui peut durer 6 ou 7 mois – et après, une fois qu’il a « toutes les séquences candidates » qu’il commence à « jouer avec la structure ». « Pour le montage, j’essaie morceau par morceau » : pas de montage dans l’abstrait, il faut tester pour voir si les séquences fonctionnent les unes à côté des autres, « les idées viennent quand on met par exemple la séquence 32 à côté de la 57, ça suggère telle ou telle chose ! ». La dernière phase du montage est consacrée au rythme des séquences et entre les séquences : l’avant-dernière version du film est de 30 à 40 mn plus longue que la version finale. Et, cerise sur le gâteau, il revoit tous les rushes au cas où quelque chose lui aurait échappé ! Pourquoi encore le montage est-il important (qu’il soit en pellicule ou en numérique) ? Parce qu’avec l’expérience du montage, on sait de quels plans on aura besoin lors d’un prochain tournage…

« Wiseman aime la vie et les gens »

Un film a deux niveaux : un premier niveau « littéral » avec un cadre, des personnages et des situations, et un deuxième niveau, apporté au moment du montage qui lui confère une autre dimension, plus abstraite, qui interroge sur le pourquoi de l’action et des interactions.  « J’essaye de faire le montage de manière à ce que tout ce que l’on voit s’explique », sans gommer l’ambiguïté du réel.

Pour lui, le débat sur le rapport du documentaire réel, si cher aux Français se moque-t-il (gentiment, lui le parfait francophone et francophile) est un faux débat. « Il y a un aspect fictionnel dans tous les films, par le montage et partiellement par la structure.  Il est évident que ce sont tous des films de fiction, sauf qu’il n’y a pas de scénario ni d’intervention dans les événements ».

« Wiseman aime la vie et les gens… (alors que moi, je pense qu’on peut s’intéresser aux gens sans forcément les aimer). Dans tous les films de Wiseman, on n’a rien pigé du tout si on ne veut pas comprendre qu’il aime les gens », écrit joliment Marcel Ophuls. Interrogé en 2011 sur son travail, Wiseman, lui-même féru de cinéma, déclarait espérer avoir appris, au bout de presque 40 films alors, à faire un film documentaire. Il laisse de fait une œuvre monumentale, abondamment étudiée et commentée, qui fait date dans l’histoire du cinéma américain, et du cinéma tout court. Un œuvre aussi qui crée société tant elle décloisonne et donne à connaître les rouages de l’institution. Une œuvre à laquelle, si l’on osait le plagier, on attribuerait sans hésiter cinq étoiles…

RFI

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À la UneNouvelles nécrologiques

Sénégal : décès brutal d’un journaliste de Radio Futurs médias (RFM) en direct

by admin9775 12 février 2026
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Le journaliste de la Radio Futurs Médias (RFM), Georges Déthié Diop, est décédé mercredi à Dakar après avoir été victime d’un malaise juste après une intervention en direct.

Une journée ordinaire dans les studios de Radio Futurs médias (RFM). L’émission du soir s’achève. Le journaliste referme son carnet, retire son casque, adresse un signe à l’ingénieur du son. L’antenne bascule vers le générique de fin. C’est à ce moment précis que le drame a frappé.

Il est environ 20 heures, ce mercredi 11 février, lorsque Georges Déthié Dio, âgé d’une quarantaine d’années, s’effondre soudainement sur sa chaise. Ses collègues, présents en régie, lui portent immédiatement secours. Les premières constatations font état d’un malaise cardiaque foudroyant. Les sapeurs-pompiers sont alertés, mais face à l’urgence, une course contre la montre s’engage vers la clinique Ya Salam, située à proximité.

Sur place, les médecins tentent une réanimation. En vain. Le journaliste est déclaré décédé peu après son admission.

La nouvelle s’est répandue comme une traînée de poudre dans la capitale sénégalaise. Sur les réseaux sociaux, auditeurs et confrères expriment leur stupéfaction et leur tristesse. La direction de RFM, qui n’a pas encore communiqué officiellement, aurait convoqué une réunion d’urgence ce jeudi matin.

Selon des sources médicales, seule une autopsie permettra de déterminer avec certitude les causes exactes du décès. Une procédure judiciaire pourrait être ouverte dans les prochains jours. En attendant, la rédaction de RFM est sous le choc, privée de l’une de ses plumes les plus appréciées.

Dans les rédactions dakaroises, l’onde de choc est immense. RFM, l’une des radios les plus écoutées du pays, perd un professionnel dont la voix rythmait le quotidien de milliers d’auditeurs. Ses collègues, sidérés, évoquent un homme discret, exigeant et passionné. « Il était à l’antenne il y a une heure. Nous échangions sur le conducteur de l’émission. Rien ne laissait présager cela », confie l’un d’eux, la voix brisée.

Le monde des médias sénégalais pleure aujourd’hui l’un des siens. Une enquête devrait être ouverte pour faire la lumière sur les causes médicales de cette mort subite. Mais pour ses proches, ses amis, ses auditeurs, une seule certitude demeure : l’antenne est vide, et la radio n’aura plus tout à fait la même tonalité.

Nos pensées accompagnent sa famille, ses enfants, et tous ceux qui, ce matin encore, espéraient entendre sa voix.

Par Marius Bopenga
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Nouvelles nécrologiques

L’ex-footballeur tchadien Nambatingue Toko, légende du PSG, est mort à 73 ans

by admin9775 11 février 2026
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Nambatingue Toko, figure emblématique du Paris Saint-Germain dans les années 1980 et premier buteur de l’histoire du PSG en Coupe d’Europe, est décédé à l’âge de 73 ans ce mardi 10 février.

Mardi, le Paris Saint-Germain a annoncé la disparition de Nambatingue Tokomon, plus connu sous le nom de Toko, à l’âge de 73 ans. Sur le réseau X, le club a exprimé sa tristesse :« La famille du Paris Saint-Germain est en deuil. Nambatingue Tokomon, que tout le monde appelait Toko, nous a quittés à l’âge de 73 ans », a écrit le PSG.

Arrivé au PSG en 1980 après des passages remarqués à Nice, Bordeaux, Strasbourg ou Valenciennes, l’attaquant tchadien a inscrit son nom en lettres d’or dans l’histoire du club de la capitale. En quatre saisons sous les couleurs parisiennes, Toko dispute 171 matches et inscrit 43 buts, contribuant activement à la conquête de deux Coupes de France consécutives, en 1982 et 1983. Mais c’est surtout le 28 septembre 1982 que le natif de N’Djamena entre dans la légende : au Parc des Princes, lors du tout premier match européen du PSG face au Lokomotiv Sofia, il marque à la 20e minute le premier but du club en Coupe d’Europe, avant de doubler la mise plus tard dans la rencontre. Ce soir-là, Paris s’impose 5-1 et Toko devient à jamais le premier héros européen du club.

Michel Denisot : « Il aimait la vie »

Sa carrière parisienne est marquée par sa générosité, son sens du collectif et une personnalité attachante, toujours de bonne humeur. Michel Denisot, ancien président du PSG, lui a rendu hommage :« Grande tristesse partagée avec tous les amoureux du PSG avec le décès de Nambatingue Toko. Grand joueur puis précieux membre du staff, toujours de bonne humeur et attentionné. Expert en football. Il aimait la vie. »

Avant son passage à Paris, Toko débute au FC Grenoble puis à Albi, avant d’être recruté par Nice en 1975, où il atteint la finale de la Coupe de France en 1978. Il est sacré champion de France avec Strasbourg en 1979, puis réalise une saison remarquable à Valenciennes, avec 12 buts en 35 matches, dont un triplé mémorable au Vélodrome face à l’OM.

Après sa carrière de joueur, Toko reste fidèle au PSG, intégrant le staff jusqu’à la fin des années 1990.

RFI

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Ron Kenoly, légende mondiale de la louange contemporaine, s’est éteint à 81 ans

by admin9775 5 février 2026
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Le monde de la musique chrétienne est en deuil. Ron Kenoly, chanteur, compositeur et pasteur dont les hymnes ont résonné dans des églises et des stades du monde entier, s’est éteint le 3 février à l’âge de 81 ans. Sa disparition a déclenché une vague d’hommages unanimes, saluant l’héritage d’un « vrai adorateur » et d’un pionnier qui a façonné le paysage du gospel et de la louange moderne.

Un héritage musical qui a traversé les frontières

Sur les réseaux sociaux, les témoignages de pasteurs, musiciens et simples fidèles ont fusé, qualifiant l’artiste de « légende », de « chef de culte » et de « serviteur fidèle ». Ces hommages reflètent l’impact profond d’un ministère musical qui a marqué plusieurs générations. Des chants comme « Ancient of Days », « Anointing Fall On Me » ou « Jesus Is Alive » sont devenus des classiques intemporels, repris dans des milliers de langues et de cultures.

Sa percée internationale majeure s’est produite au début des années 1990, culminant avec l’album « Welcome Home » (1996), sacré meilleur album de musique chrétienne par Billboard en 1997 – une reconnaissance rare qui a fait sortir sa musique des cercles strictement confessionnels.

Un parcours de soldat à ambassadeur de la louange

Né le 6 décembre 1944 à Coffeyville (Kansas), Ron Kenoly a très tôt nourri une passion pour la musique. C’est pendant son service dans l’US Air Force (1965-1968) qu’il a effectué ses premières tournées. Après une brève carrière dans la musique profane, il s’est entièrement consacré au gospel, sortant son premier album « You Ought to Listen to This » en 1983.

Son ancrage ministériel s’est affirmé en 1985 lorsqu’il est devenu responsable du culte au Jubilee Christian Center de San Jose (Californie). Deux ans plus tard, nommé « ambassadeur de la musique » de son église, il a commencé à conseiller des congrégations à travers les États-Unis sur le développement de leurs ministères de louange.

L’architecte d’un son global

Gospel music icon Ron Kenoly dies at 81 🕊️ pic.twitter.com/jJsCFu2C6D

— 𝕏 Ghana 🇬🇭 (@xghana_) February 3, 2026

Ron Kenoly ne fut pas seulement une voix puissante ; il fut un architecte sonore. Son style unique, fusionnant le gospel afro-américain racine, le R’n’B et les structures de la louange d’assemblée, a créé un pont entre les traditions noires américaines et l’émergence d’un culte chrétien globalisé et contemporain. Sa musique, souvent enregistrée en public avec de grands chœurs, avait une dimension expérientielle et communautaire qui invitait à la participation bien au-delà du simple spectacle.

En inscrivant la louange dans des arrangements accessibles et entraînants, il a largement contribué à la démocratisation d’une forme de culte émotionnel et expressif, influençant durablement des artistes majeurs comme Don Moen, Israel Houghton ou des collectifs comme Hillsong.

Une louange qui survit à son interprète

Ron Kenoly laisse dans le deuil son épouse Edith, ses trois enfants Samuel, Ronald Jr. et Tony. Les détails des obsèques n’ont pas encore été communiqués.

Plus qu’une discographie, son héritage est une posture d’adoration. Dans un monde chrétien parfois divisé, sa musique a su unifier. Alors que les échos de « Ancient of Days » continueront de s’élever dans d’innombrables sanctuaires, il demeure, par son œuvre, ce qu’il a toujours aspiré à être : un serviteur dont la vie a pointé des générations vers la célébration. La louange qu’il a enseignée au monde lui survit, preuve ultime de la réussite de son ministère.

Par Pascal Kabeya
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Elbas Manuana Ndosi, le passeur de conscience du théâtre congolais, s’est éteint

by admin9775 4 février 2026
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Un silence lourd s’est abattu sur la scène culturelle congolaise. Elbas Manuana Ndosi, monument du théâtre et du cinéma, s’est éteint mardi 3 février à l’hôpital de Ngiri-Ngiri, après une longue maladie. Sa disparition emporte bien plus qu’un acteur talentueux ; elle prive le pays d’un « passeur », d’une conscience artistique qui a façonné des générations.

Figure tutélaire et pourtant profondément accessible, Elbas Manuana appartenait à une école où l’art dramatique était un engagement total. Derrière ses rôles à l’écran, qui ont marqué le grand public, se cachait un homme dont l’œuvre la plus profonde s’est construite dans l’ombre des salles de répétition et des amphithéâtres.

À l’INA, l’héritier devenu patrimoine vivant

C’est à l’Institut national des arts (INA) que son influence fut la plus pérenne. Il n’y était pas simplement un professeur, mais un repère, une mémoire incarnée du théâtre congolais. Sa pédagogie ne visait pas à former des techniciens du jeu, mais des artistes conscients. Il poussait ses étudiants à interroger l’essence même de leur présence sur scène : « Pourquoi jouez-vous ? Quelle vérité portez-vous ? »

Pour lui, le théâtre était un miroir social critique, un outil d’éveil bien au-delà du divertissement. Cet engagement transparaissait dans son approche exigeante du texte, du corps de l’acteur et de son rapport au public.

Un bâtisseur de ponts entre les générations

Ce qui singularisait Elbas Manuana était son refus absolu de la distance hiérarchique. Artiste reconnu, il écoutait, doutait et échangeait d’égal à égal avec les apprentis comédiens. Cette philosophie de la transmission par la confiance s’est concrétisée par des actes forts : dès les années 2000, il a ouvert les portes de productions professionnelles à ses anciens élèves, leur offrant non seulement une opportunité, mais une légitimation précoce.

Il incarnait ainsi un rare pont entre l’âge d’or du théâtre congolais et sa relève, convaincu que l’avenir de l’art se construisait en partageant le feu sacré.

Analyse : Une disparition qui révèle l’ampleur d’une œuvre silencieuse

La disparition d’Elbas Manuana Ndosi souligne cruellement le rôle vital et souvent sous-estimé des passeurs culturels. Dans un paysage artistique parfois fragmenté, son travail patient à l’INA a constitué un ciment essentiel, préservant une éthique et une vision exigeante de l’art dramatique.

Son héritage ne se mesure pas seulement à sa filmographie, mais à la posture artistique qu’il a inoculée à des centaines de comédiens, metteurs en scène et dramaturges aujourd’hui actifs. Il laisse derrière lui une école de pensée : celle d’un théâtre comme acte de responsabilité sociale et de recherche de vérité humaine.

Conclusion : Le rideau se lève sur l’héritage

Si le rideau est tombé sur l’homme, sa réplique la plus puissante résonne encore. Elle est palpable dans le travail de tous ceux qu’il a formés, guidés et inspirés. Elbas Manuana Ndosi s’en va au moment où le Congo traverse des crises multiformes, rappelant par son parcours que la culture n’est pas un ornement, mais un pilier fondamental de conscience et de résilience nationale.

Sa plus grande réussite aura été de faire comprendre que le plus beau rôle d’un artiste n’est pas toujours celui qu’il joue sous les projecteurs, mais parfois celui, invisible et décisif, de semer l’avenir. La scène congolaise, en deuil, est aujourd’hui peuplée de ses témoins.

Par Marius Bopenga
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À la UneNouvelles nécrologiques

Libye: Saïf al-Islam Kadhafi, fils de l’ancien dirigeant libyen, est mort

by admin9775 4 février 2026
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Saïf al-Islam Kadhafi, l’un des fils de l’ex-dirigeant Mouammar Kadhafi, longtemps vu comme son successeur potentiel et recherché par la Cour pénale internationale (CPI) pour crimes contre l’humanité, a été tué mardi 3 février, ont confirmé plusieurs sources à RFI. 

Photo non datée de Saïf al-Islam Kadhafi.
Photo non datée de Saïf al-Islam Kadhafi. © Entourage de Saïf al-Islam Kadhafi

La chaîne Libya al-Ahrar a affirmé que « des personnalités proches » de Saïf al-Islam Kadhafi ont fait part de son décès « sans (en) révéler les circonstances ». Son conseiller et représentant au comité du dialogue national, Abdullah Othman Abdurrahim, a indiqué qu’il était décédé dans une publication sur Facebook, sans autres précisions.

« Le docteur Saïf al-Islam est tombé en martyr », a de son côté déclaré son cousin, Hamid Kadhafi, par téléphone à la chaîne Libya al-Ahrar. 

Un commando de quatre personnes aurait perpétré l’assassinat, selon le conseiller de Saïf al-Islam Kadhafi

Selon plusieurs médias, Saïf al-Islam est mort au sud de la ville de Zintan, dans l’ouest de la Libye. L’homme de 53 ans était seul chez lui, quand il a succombé à des tirs de quatre hommes armés qui ont fait irruption à son domicile en prenant soin de désactiver les caméras de surveillance. Ils « ont pris d’assaut la résidence de Saïf al-Islam Kadhafi après avoir neutralisé les caméras de surveillance, puis l’ont exécuté », a écrit la chaîne Libya al-Ahrar sur X, citant les propos d’Abdullah Othman Abdurrahim rapportés par la chaîne. L’avocat de Saïf al-Islam a confirmé auprès de l’AFP qu’un « commando de quatre personnes » avait tué le fils de Mouammar Kadhafi à son domicile.

Certaines sources ont accusé la brigade 444 d’avoir perpétré cet assassinat. Cette brigade dirigée par Mahmoud Hamza a rapidement nié son implication dans l’assassinat. « Nous affirmons qu’il n’y a aucune force déployée à Zintan et nous nions l’existence d’une décision de poursuivre Saïf al-Islam Kadhafi », indique leur communiqué.

« Il ne sera pas enterré avant la fin de l’enquête »

Une photo de son corps allongé à l’arrière d’une Toyota circule sur les réseaux sociaux. Son conseiller politique affirme que sa dépouille a été transporté dans un hôpital privé à Zintan, et que quatre juges sont déjà arrivés dans la ville pour mener une enquête. « Il ne sera pas enterré avant la fin de l’enquête » affirme son conseiller.

Son avocat Abdallah Zaydi a déploré « l’assassinat lâche de Saïf al-Islam. Un crime odieux qui s’ajoute à la série de crimes commis contre le peuple libyen. »

Longtemps présenté comme le successeur potentiel de son père, Saïf al-Islam, 53 ans, s’était forgé une image de modéré et de réformateur. Une réputation qui s’est effondrée quand il a promis des bains de sang au début de la rébellion. Recherché par la CPI pour crimes contre l’humanité, il avait été arrêté dans le Sud libyen. Longtemps détenu à Zintan, il a été condamné à mort en 2015 à l’issue d’un procès expéditif avant de bénéficier d’une amnistie.

Une image de réformateur

Sous le régime de son père Mouammar Kadhafi, Saïf al-Islam s’était forgé une image de réformateur. Formé à Londres, il parlait couramment anglais et a joué le rôle de médiateur dans des missions diplomatiques sensibles, comme les négociations sur l’abandon des armes de destruction massive par la Libye.

Saïf al-Islam était devenu l’interlocuteur privilégié de l’Occident, appelant à l’adoption d’une constitution et au respect des droits de l’homme. Dans les années 2000, il avait contribué à la libération de prisonniers politiques, y compris islamistes, et lança un projet de réformes destiné à engager la Libye sur les rails de la démocratie, se heurtant toutefois à la vieille garde du régime – et a finalement échoué.

Mais au début de la rébellion contre le régime de son père en 2011, il promet «des bains de sang » et brise alors sa réputation de progressiste. Il est arrêté alors qu’il tentait de fuir, puis reste six ans en détention à Zintan, dans un isolement presque total. Il est condamné à mort en 2015 à l’issue d’un procès expéditif avant de bénéficier d’une amnistie.

Populaire auprès des nostalgiques du régime, il s’était présenté à la présidentielle libyenne de 2021. Sa candidature était controversée et contestée. Finalement il est disqualifié à cause de sa condamnation. Les disputes ensuite font effondrer le processus électoral et le vote n’a pas lieu. 

Un intellectuel contrarié

Marqué par la mort de son père et de son frère Moatassem en 2011, et par l’emprisonnement de deux autres de ses frères, Saïf al-Islam se méfiait de tous. Il sortait rarement, se promenant parfois seul aux abords du désert, toujours accompagné d’un livre — habitude qu’il avait acquise en prison.

En 2025, il avait rouvert des comptes officiels sur les réseaux sociaux, où il commentait l’actualité internationale et laissait transparaître son ambition persistante de se présenter à une future élection présidentielle.

Diplômé en économie et en architecture, Saïf al-Islam avait également développé une activité artistique, exposant ses peintures dans plusieurs pays, notamment à Paris.

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À la UneNouvelles nécrologiques

Décès de Roland-Gilbert Okito Lumumba, gardien de la mémoire du héros national

by admin9775 29 janvier 2026
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La République Démocratique du Congo perd une figure majeure de sa mémoire et de son héritage politique. Roland-Gilbert Okito Lumumba, fils aîné du héros national Patrice Emery Lumumba, est décédé à Kinshasa à l’âge de 67 ans. Ancien député national pendant près d’une décennie et architecte de formation, il s’était dévoué corps et âme à la quête de vérité sur l’assassinat de son père et à la préservation de son héritage.

Un combat de toute une vie pour la vérité

La quête de justice de Roland Lumumba a marqué son existence. Il s’était particulièrement illustré par un combat judiciaire acharné pour établir les circonstances complètes de l’assassinat de Patrice Lumumba en janvier 1961. Il s’était rendu à plusieurs reprises en Belgique, suivant de près les procédures engagées devant la justice belge.

Récemment encore, à Bruxelles, il participait à des audiences décisives, affirmant avec une dignité remarquable que sa démarche relevait non de la vengeance, mais d’une profonde « soif de savoir ». Il était déterminé à voir toute la lumière faite sur ce crime qui a profondément marqué l’histoire du Congo et de l’Afrique.

L’artisan du retour de la relique

Au-delà de la justice, Roland Lumumba a joué un rôle central et émouvant dans le rapatriement de la relique de son père. C’est en grande partie grâce à son opiniâtreté et à son dialogue avec les autorités belges que la dent, dernier reste physique de Patrice Lumumba conservé en Belgique, a pu être officiellement restituée à la RDC en juin 2022. Ce retour, hautement symbolique, a permis une forme de clôture mémorielle pour la nation congolaise et a marqué un tournant dans le long processus de réconciliation avec son passé colonial.

Un dépositaire exigeant d’un héritage universel

Tout au long de sa vie, Roland Lumumba a veillé à ce que la figure de son père ne soit pas réduite à un symbole familial. Il insistait pour que l’on reconnaisse en lui le « père de l’indépendance », une figure fondatrice pour l’Afrique toute entière. « Au lieu de dire que c’est le papa de Roland, je préfère que l’on dise que c’est Lumumba », déclarait-il, rappelant la dimension historique et universelle de son combat.

Il a œuvré à la transmission de cet héritage à travers la Fondation Lumumba et d’autres initiatives, s’assurant que les idées d’unité nationale, de souveraineté et de justice sociale portées par son père continuent d’inspirer les jeunes générations.

Une disparition au moment crucial de la quête de vérité

Son décès survient à un moment où les procédures judiciaires en Belgique sur l’assassinat de Patrice Lumumba sont toujours en cours. Son absence laisse un vide immense dans ce combat pour la vérité, mais aussi dans le paysage intellectuel et mémoriel congolais.

Roland-Gilbert Okito Lumumba laisse le souvenir d’un homme digne, résilient et profondément engagé, ayant porté avec une grande force le poids d’un héritage historique colossal. Son combat pour la vérité et la mémoire demeure plus que jamais d’actualité.

Par Marius Bopenga
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À la UneNouvelles nécrologiques

Le cinéma africain en deuil : disparition brutale de l’actrice sénégalaise Halima Gadji à 36 ans

by admin9775 28 janvier 2026
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Une onde de choc traverse le monde culturel sénégalais et africain. L’actrice Halima Gadji, célèbre pour son rôle iconique de Deguène dans la série à succès Maîtresse d’un homme marié et pour sa prestation dans Bété-Bété, est décédée brutalement ce lundi 26 janvier, à l’âge de 36 ans. Selon l’Agence de presse sénégalaise, son décès serait survenu à la suite d’un malaise.

Une artiste révélée par un phénomène télévisuel

Halima Gadji s’était imposée comme une figure majeure du paysage audiovisuel sénégalais. C’est grâce à son interprétation puissante et nuancée dans Maîtresse d’un homme marié, une série qui a captivé des millions de téléspectateurs à travers le continent, qu’elle a conquis le grand public. Son talent lui a permis d’incarner des rôles profonds et marquants, faisant d’elle une actrice à la fois populaire et respectée pour son art.

Une voix courageuse pour briser les tabous

Au-delà de sa carrière artistique, Halima Gadji laissera le souvenir d’une femme engagée et lumineuse. Elle s’était fait connaître pour son plaidoyer courageux en faveur de la santé mentale, un sujet encore largement tabou dans de nombreuses sociétés africaines. À travers sa plateforme et son témoignage, elle œuvrait à briser le silence « douloureux » qui entoure les troubles psychologiques, souvent attribués à tort à la folie, la sorcellerie ou la malédiction.

« En Afrique, la santé mentale reste un TABOU : on parle de folie, de sorcellerie, de malédiction… pas de dépression. Halima Gadji a osé briser ce silence. Son courage nous oblige à parler. La stigmatisation tue en silence », peut-on lire dans de nombreux hommages qui lui sont rendus.

Une perte immense et des hommages unanimes

Sa disparition soudaine laisse un vide profond dans le cinéma et le théâtre nationaux. Les réactions de tristesse et d’hommage affluent de tous les horizons, célébrant autant l’artiste au talent rare que la personnalité généreuse et battante.

Les condoléances vont particulièrement à sa famille et à ses proches, notamment à son frère Kader. Le monde du septième art perd une de ses étoiles montantes, une artiste dont l’œuvre et l’engagement continueront d’inspirer. Halima Gadji restera dans les mémoires pour sa grâce à l’écran et son courage hors des plateaux.

Par Marius Bopenga
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