Le nouvel accord conclu entre Gécamines et Glencore ouvre l’accès à un package complet de baux et de titres miniers à long terme. La finalisation de l’opération reste toutefois conditionnée à l’enregistrement officiel des baux miniers dans les prochains mois.
L’entente prévoit également l’extension des capacités de stockage des résidus et des dépôts, ce qui devrait permettre de prolonger la durée de vie de la mine exploitée par Kamoto Copper Company (KCC). Les deux partenaires se sont en outre accordés sur l’optimisation de la récupération des réserves dans les zones KOV et T17.
Malgré cet élargissement du partenariat, Gécamines conserve les droits sur les minerais extraits sur le site de KCC, préservant ainsi ses intérêts stratégiques dans l’exploitation.
Un accord conclu après l’échec des discussions avec Rio Tinto
Cet accord intervient dans un contexte particulier pour Glencore. Début février, le groupe suisse et son concurrent anglo-australien Rio Tinto ont mis un terme à leurs négociations en vue d’une fusion totale ou partielle de leurs activités. Une opération qui aurait pu donner naissance à un géant minier valorisé à près de 260 milliards de dollars.
Les discussions ont achoppé sur la gouvernance de la future entité. Rio Tinto est resté ferme sur sa volonté de conserver à la fois la présidence et la direction générale, une exigence que Glencore a refusée.
À la Bourse, l’action du groupe suisse a chuté de 7 % après l’annonce de cet échec, alors que de nombreux analystes voyaient dans cette fusion un moyen de mieux valoriser les actifs de Glencore dans le cuivre, dont les prix connaissent une forte progression, malgré la hausse des coûts d’extraction.
Le cuivre, métal stratégique de la transition
Fin janvier 2026, les cours mondiaux du cuivre ont atteint la barre symbolique de 14 527,50 dollars la tonne, en hausse de 41,7 %. Ce métal est devenu central pour les équipements liés à la transition énergétique, à la défense et aux centres de données, notamment avec l’essor des investissements dans l’intelligence artificielle.
Dès décembre 2025, Glencore avait annoncé des projets majeurs dans le secteur du cuivre. Basée dans le canton de Zoug, en Suisse, la multinationale s’est engagée à doubler sa production en dix ans pour atteindre 1,6 million de tonnes par an d’ici 2035. En 2013 déjà, elle avait profondément modifié la hiérarchie mondiale du cuivre en absorbant Xstrata.
Parmi ses projets figure notamment la relance du site d’Alumbrera, en Argentine. Pour financer cette ambition, le groupe aurait structuré un montage de plus de 23 milliards de dollars d’investissements, selon des analystes de marché.
En parallèle, Glencore a mené, en octobre 2025, des discussions avec Orion CMC, filiale d’Orion Resource Partners, en collaboration avec le gouvernement américain, afin de participer à l’approvisionnement des États-Unis en matériaux critiques sous la présidence de Donald Trump.
Un secteur minier en pleine recomposition
Dans le même temps, le groupe anglo-américain Anglo American serait en passe d’obtenir le feu vert de l’Union européenne pour fusionner avec le canadien Teck Resources, une opération susceptible d’accentuer la pression concurrentielle sur les autres majors du secteur.
À la différence de certains de ses concurrents, Glencore continue de défendre ses activités dans le charbon, un positionnement qui suscite des réticences chez une partie des investisseurs, de plus en plus réticents à intégrer des actifs liés aux énergies fossiles dans leurs portefeuilles.
Dans ce contexte de recomposition mondiale du secteur minier, l’accord avec Gécamines apparaît pour Glencore comme un levier stratégique majeur pour consolider sa position dans le cuivre, métal clé des mutations industrielles et technologiques en cours.
Par Marius Bopenga
CONGO PUB Online





