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Economie

À la UneEconomie

FACNO : Premier bilan en demi-teinte d’une réforme fiscale structurante

by admin9775 27 décembre 2025
written by admin9775

Lancée pour moderniser la fiscalité et élargir l’assiette, la réforme de la Facture Normalisée (FACNO) livre son premier bilan opérationnel. Les chiffres de décembre montrent une adoption réelle mais contrastée, entre dynamique entrepreneuriale et défis logistiques.

Un décollage chiffré
Entre le 1er et le 24 décembre, l’administration enregistre 54 207 factures normalisées émises, un volume significatif pour une phase de lancement. Ce mouvement est porté par 3 289 contribuables, dont plus de 2 200 ont déjà un compte e-UF pleinement fonctionnel. Parallèlement, près de 1 000 entreprises sont engagées dans l’homologation de leurs logiciels, une étape technique cruciale.

Le mur des réalités opérationnelles
Cet « engouement », selon les termes du bilan, a paradoxalement révélé les premières faiblesses du dispositif. L’afflux des demandes a saturé les capacités de traitement, entraînant des délais d’activation et des retards dans les homologations. Cette friction a obligé le ministre des Finances, Doudou Fwamba, à une réunion de crise avec la FEC le 11 décembre, aboutissant à la création d’une commission ad hoc.

Entre confiance et efficacité
La réussite de la FACNO, réforme-phare du gouvernement, repose sur un équilibre fragile. Elle doit maintenir l’adhésion des entreprises – prouvée par les premiers chiffres – tout en fluidifiant rapidement ses processus sous peine de créer un goulot d’étranglement contre-productif. La dérogation permettant une homologation partielle est un premier correctif. La capacité de la nouvelle commission à apporter des solutions tangibles sera le prochain test de crédibilité pour cette transition fiscale majeure.

Par Pascal Kabeya
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À la UneEconomie

RDC – Rwanda : la traçabilité du coltan au cœur des accusations de pillage et de guerre

by admin9775 22 décembre 2025
written by admin9775

Une enquête du média spécialisé Africa Confidential révèle une augmentation vertigineuse des exportations de coltan du Rwanda au premier semestre 2025, chiffre qui relance avec force les accusations de pillage des ressources congolaises dans le cadre du conflit qui ravage l’Est de la République démocratique du Congo.

Une croissance « spectaculaire » de 213 %

Selon les données publiées, les exportations rwandaises de ce minerai stratégique – indispensable à l’électronique moderne – ont bondi de 213 % entre janvier et juin 2025 par rapport à la même période en 2024. Cette envolée intervient dans un contexte où le Rwanda, dont le sous-sol est pauvre en coltan, ne peut expliquer une telle production par sa seule extraction nationale.

Une coïncidence troublante avec l’avancée du M23

Cette explosion coïncide chronologiquement avec l’offensive majeure du mouvement rebelle M23 dans l’Est de la RDC, notamment dans la région de Masisi où se trouve Rubaya, considérée comme abritant la plus grande mine de coltan au monde. Le M23, soutenu militairement et logistiquement par Kigali selon les rapports de l’ONU, contrôle désormais de vastes zones minières.

Un schéma d’accusations récurrent

Kinshasa accuse régulièrement le Rwanda de pilier systématiquement les ressources naturelles congolaises pour financer son économie et son appareil sécuritaire. Ces accusations, soutenues par des groupes d’experts de l’ONU depuis des années, sont systématiquement rejetées par Kigali, qui affirme respecter les normes internationales.

Les conséquences humaines : exploitation et déplacement

Sur le terrain, la réalité est catastrophique. Les populations locales sont prises en étau entre les combats, les déplacements forcés et l’exploitation illégale des mines. Le trafic de minerais finance la perpétuation du conflit et entrave tout développement local, tandis que les chaînes d’approvisionnement mondiales, souvent opaques, continuent à être alimentées.

Alors que les combats font rage dans l’est de la République démocratique du Congo, une autre bataille, économique celle-ci, se joue dans l’ombre. Une enquête révèle que les exportations de coltan du Rwanda ont bondi de 213 % au premier semestre 2025. Cette hausse vertigineuse, publiée par Africa Confidential, n’est pas une coïncidence : elle épouse précisément le calendrier de l’offensive militaire du M23, un mouvement rebelle soutenu par Kigali, pour le contrôle des mines congolaises. Ce lien trouble illustre un mécanisme de conflit où la guerre nourrit le pillage, et le pillage finance la guerre.

Une offensive militaire calibrée sur les richesses minières

La spirale actuelle trouve sa source dans la reprise de l’offensive du M23 à partir de 2024, avec le soutien avéré de l’armée rwandaise (RDF) selon les experts de l’ONU. L’objectif militaire n’est pas seulement territorial ; il est aussi économique. Le mouvement a systématiquement ciblé et conquis des zones minières stratégiques, notamment autour de Rubaya (Nord-Kivu), considérée comme le plus important gisement mondial de coltan. Le contrôle de ces territoires permet de capter les flux de minerais. Kinshasa et plusieurs rapports internationaux accusent le Rwanda d’orchestrer ce pillage pour alimenter son économie et financer son effort de guerre par procuration, une accusation que Kigali rejette.

Une économie de guerre qui prospère sur le pillage

La corrélation est saisissante. L’envolée des exportations rwandaises – un pays au sous-sol pauvre en coltan – correspond exactement à la période de prise de contrôle des mines congolaises par le M23. Ce pillage organisé crée une économie de guerre rentable pour les agresseurs. Les revenus générés par la vente de ces minerais « du sang » sur le marché international permettent de financer les armes, la logistique et les soldes des combattants, perpétuant ainsi le cycle de la violence. Pour les populations locales, la conséquence est le déplacement, l’exploitation et la terreur.

L’échec des mécanismes de traçabilité et la complicité des chaînes d’approvisionnement

Cette réalité met en lumière l’échec criant des dispositifs internationaux de traçabilité (règlements de l’UE, loi Dodd-Frank aux États-Unis). Des minerais extraits dans la violence et le chaos parviennent toujours à s’infiltrer dans les chaînes d’approvisionnement mondiales de l’électronique, souvent via le Rwanda présenté comme un exportateur « légitime ». Cette opacité offre une respectabilité de façade à des ressources pillées et prive la RDC de revenus vitaux pour son développement et sa sécurité.

La perpétuation du conflit et l’affaiblissement de la souveraineté congolaise

Ce modèle économique de prédation sape toute perspective de paix durable. Tant que le pillage reste plus rentable que la diplomatie, aucune incitation sérieuse à un cessez-le-feu définitif n’existe pour les agresseurs. En privant l’État congolais des ressources de ses sous-sol, cette économie de guerre affaiblit durablement la souveraineté et les capacités de l’État à se réimplanter et à protéger ses citoyens. La guerre se nourrit ainsi elle-même, dans un cercle vicieux où la violence permet le vol, et où le vol entretient la violence.

Briser le lien guerre-ressources

Le cas du coltan rwandais est une démonstration clinique du lien organique entre conflit armé et prédation économique dans les Grands Lacs. Pour briser ce cycle, la communauté internationale doit dépasser les condamnations verbales. Cela implique de :

  1. Renforcer drastiquement la traçabilité physique et numérique des minerais.
  2. Imposer des sanctions ciblées sur les réseaux financiers et commerciaux qui profitent de ce trafic.
  3. Exercer une pression économique directe sur les pays dont l’enrichissement suspect alimente la guerre.

Sans une action résolue sur ce front économique, les appels répétés au dialogue et au cessez-le-feu risquent de rester vains, condamnant la région à une guerre sans fin où le sang et le minerai continueront de couler de concert.

Un défi pour la traçabilité et la communauté internationale

Ce cas ravive le débat brûlant sur la traçabilité des « minerais du sang ». Malgré des initiatives comme la loi Dodd-Frank aux États-Unis ou le règlement de l’UE sur les minerais de conflit, les mécanismes de contrôle peinent à empêcher l’écoulement de minerais d’origine illicite sur le marché global.

La révélation de ces chiffres place la communauté internationale face à ses contradictions : comment concilier les appels répétés à la paix avec la réalité d’une économie mondialisée qui, souvent involontairement, bénéficie de ressources extraites dans la violence ?

Par Marius Bopenga
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À la UneEconomie

FMI : Décaissement de 445 millions de dollars pour la RDC, malgré la guerre à l’Est

by admin9775 20 décembre 2025
written by admin9775

Le Fonds monétaire international (FMI) a approuvé un nouveau décaissement immédiat de 445 millions de dollars en faveur de la République démocratique du Congo, au titre de ses programmes d’appui. Cette décision du Conseil d’administration, annoncée vendredi, valide les progrès macroéconomiques du pays tout en notant l’impact négatif persistant du conflit dans l’Est.

Une économie jugée « résiliente »

L’institution de Bretton Woods souligne la résilience de l’économie congolaise face aux défis sécuritaires. Elle prévoit une croissance du PIB réel supérieure à 5% en 2025 et 2026, tirée principalement par le secteur extractif. Un autre indicateur positif est la forte baisse de l’inflation, passée de 11,7% fin 2024 à 2,2% en novembre 2025, attribuée à une politique monétaire restrictive et à l’appréciation du franc congolais.

Les performances et les réformes saluées

Le FMI note que tous les critères de performance quantitatifs ont été atteints, à l’exception d’un critère lié aux pratiques de change multiples – pour lequel les autorités ont obtenu une dérogation, la mesure ayant été abandonnée. La mise en œuvre des réformes structurelles est jugée « globalement satisfaisante ».

Un soutien financier conséquent

Ce décaissement combine :

  • Un versement au titre de la Facilité élargie de crédit (FEC), portant le total décaissé sous ce programme à 570,9 millions de Droits de Tirage Spéciaux (DTS).
  • Un premier versement au titre de la nouvelle Facilité pour la résilience et la durabilité (FRD), d’un montant de 133,25 millions de DTS.

Des mises en garde sur la guerre et les finances publiques

Malgré ce satisfecit économique, le FMI exprime une vive préoccupation concernant la situation sécuritaire dans l’Est. Il relève que le conflit « continue de peser lourdement sur les finances publiques et d’aggraver la crise humanitaire ». Il mentionne les récents accords de paix (Washington avec le Rwanda, Doha avec le M23) mais souligne implicitement que leur impact sur le terrain reste à démontrer.

L’institution appelle les autorités congolaises à :

  • Maintenir une discipline budgétaire rigoureuse.
  • Renforcer la coordination entre les politiques budgétaire et monétaire.
  • Accélérer les réformes structurelles.
  • Garantir des dépenses sociales suffisantes pour faire face à la crise humanitaire.

Conclusion : Une bouffée d’oxygène dans un contexte de tension

Ce décaissement constitue une bouffée d’oxygène financière importante pour Kinshasa, qui doit simultanément financer l’effort de guerre, gérer une crise humanitaire massive et poursuivre des investissements de développement. Il valide la gestion macroéconomique des derniers mois mais rappelle aussi que la durabilité des progrès reste étroitement liée à une résolution du conflit à l’Est, dont les récentes avancées du M23, comme la prise d’Uvira, montrent qu’elle est plus lointaine que jamais.

Par Pascal Kabeya
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Washington envisage l’exclusion du Rwanda de l’AGOA sur fond d’accusations liées au M23

by admin9775 19 décembre 2025
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Un cabinet de conseil et de lobbying américain, exclusivement composé de partenaires républicains, a annoncé avoir officiellement recommandé à la Maison Blanche de retirer le Rwanda de la liste des bénéficiaires de l’AGOA (African Growth and Opportunity Act). Cette loi américaine accorde des avantages commerciaux à certains pays africains sous condition de critères en matière de gouvernance et de droits de l’homme.

La firme, basée à Washington, justifie sa demande par des violations présumées de l’article 104 de l’AGOA, qu’elle impute aux autorités rwandaises. Elle accuse explicitement Kigali de soutenir le groupe armé M23, tenu pour responsable d’atrocités dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC).

Une manœuvre politique en pleine discussion sur la prorogation de l’AGOA

Le cabinet affirme être intervenu plus tôt dans l’année auprès de l’administration Trump et indique qu’il renouvelle ses pressions alors que la résolution HR 6500, portant sur la prorogation de l’AGOA, progresse à la Chambre des représentants. Le timing de cette annonce n’est donc pas anodin : il vise à influencer le processus législatif en cours.

Dans une déclaration sans ambages, le lobby affirme : « Le président Paul Kagame et ses associés ne devraient pas bénéficier des avantages de l’AGOA alors que des hommes, des femmes et des enfants innocents sont tués en RDC par des forces qui lui sont fidèles. »

L’AGOA, un levier économique devenu arme diplomatique

L’AGOA est un pilier des relations commerciales entre les États-Unis et l’Afrique. La perte de ce statut privilégié porterait un coup économique significatif au Rwanda, en alourdissant les droits de douane sur ses exportations vers le marché américain, notamment dans les secteurs du textile et de l’agroalimentaire.

Cette initiative illustre la montée en puissance de la pression parlementaire et politique américaine contre Kigali. Elle fait écho aux récentes prises de position de sénateurs (Shaheen, Risch) et à la ferme condamnation de la France au Conseil de sécurité de l’ONU. Elle traduit une volonté de certains cercles politiques d’utiliser tous les leviers disponibles – diplomatiques, sécuritaires et maintenant économiques – pour contraindre le Rwanda à modifier sa posture en RDC.

Les prochaines étapes

La balle est désormais dans le camp de l’administration Trump. Elle devra évaluer si les actions du Rwanda violent effectivement les critères de l’AGOA et si une sanction commerciale de cette ampleur sert ses intérêts stratégiques et son approche du dossier des Grands Lacs. La décision sera étroitement scrutée, tant à Kinshasa et Kigali que dans les capitales africaines et européennes, comme un indicateur clé de la détermination réelle de Washington à faire respecter ses propres accords de paix.

Par Pascal Numbi, correspondant à Lubumbashi
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À la UneEconomie

Concession ferroviaire du corridor de Lobito en RDC : le portugais Mota-Engil préféré des Américains

by admin9775 13 décembre 2025
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En annonçant sa disposition à financer jusqu’à 1 milliard de dollars pour la réhabilitation de la ligne Dilolo–Sakania, la Development Finance Corporation (DFC) américaine, équivalent en France de Proparco, place Mota-Engil en position de favori pour décrocher la concession congolaise du corridor de Lobito.

Communiquée officiellement le 5 décembre 2025 au grand public, cette décision marque une étape décisive dans la restructuration du corridor de Lobito, le réseau ferroviaire destiné à relier les gisements miniers du Katanga au port atlantique angolais.

En émettant une lettre d’intention en faveur du groupe Mota-Engil – qui a son siège à Porto au Portugal – pour financer la réhabilitation et l’exploitation de la ligne Dilolo–Sakania, l’agence américaine de financement du secteur privé dans les pays en développement, fait du groupe portugais le candidat le plus crédible à ses yeux, pour la concession ferroviaire du côté congolais. La démarche s’inscrit dans la logique du partenariat stratégique formalisé entre les États-Unis et la RDC, qui prévoit un montage en partenariat Public-Privé (PPP) pour la modernisation de l’infrastructure.

Mota-Engil n’est pas un nouveau venu dans l’écosystème du corridor. Avec Trafigura et Vecturis, l’entreprise compose le consortium Lobito Atlantic Railway (LAR), concessionnaire depuis 2022 de la section angolaise pour une durée de trente ans. Si Kinshasa n’a pas encore officialisé le nom de son futur concessionnaire, les négociations avancent rapidement.

Une convergence diplomatique et technique

Africa Finance Corporation (AFC), l’institution basée à Lagos (Nigéria) qui mobilise des ressources pour le financement des infrastructures en Afrique, est fortement impliquée dans l’extension du projet vers la Zambie et a récemment confirmé que les discussions sur le contrat d’ingénierie, d’approvisionnement et de construction (EPC) étaient proches de leur conclusion. Cette dynamique ouvre la voie à une mobilisation technique dès la finalisation du financement.

Lors du Makutano (rencontre en langue swahili),  un rendez-vous annuel d’affaires tenu le 26 novembre 2025 à Kinshasa, le vice-Premier ministre congolais en charge des Transports, Jean-Pierre Bemba, a souligné la volonté des parties prenantes d’accélérer la mise en œuvre. Selon lui, le comité stratégique réunissant la RDC, les États-Unis et l’Union européenne travaille désormais « en cadence » pour lancer la réhabilitation sans délai inutile. Cette convergence diplomatique et technique reflète l’importance économique et géopolitique du corridor, notamment pour sécuriser des chaînes d’approvisionnement en métaux critiques.

L’accord stratégique signé le 4 décembre introduit, par ailleurs, des quotas d’exportation obligatoires via le corridor de Lobito. Sur les cinq prochaines années, les entreprises publiques devront y acheminer 50% de leur cuivre, 30% de leur cobalt et 90% de leur zinc. En ciblant uniquement les sociétés d’État comme la Gécamines ou ses filiales, le gouvernement cherche à garantir un volume de base pour le chemin de fer tout en évitant d’entrer immédiatement en conflit contractuel avec les majors privées du secteur minier, souvent liées à des opérateurs chinois.

Un corridor pensé au-delà du seul enjeu minier

Si le modèle financier du projet repose largement sur les minerais, les parties prenantes insistent sur sa vocation plus large. Pour Samaila Zubairu, président de l’AFC, le corridor constitue désormais un levier essentiel pour dynamiser l’agriculture le long de l’axe ferroviaire, grâce à une logistique plus fiable pour l’acheminement des cultures de rente. Jean-Pierre Bemba estime, pour sa part, que l’impact cumulé des activités minières, industrielles et agricoles pourrait augmenter le PIB de la RDC de 2 à 3%, tout en générant quelque 10 000 emplois directs durant la phase de réhabilitation.

Sur le plan financier, les engagements annoncés semblent suffisants pour couvrir les 1,1 milliard de dollars nécessaires à la remise à niveau de la ligne Dilolo–Sakania et à son extension vers la frontière zambienne. Outre le soutien potentiel de la DFC, l’Union européenne est prête à contribuer, via la Banque européenne d’investissement, à hauteur de 500 millions d’euros, tandis que la Banque mondiale envisage un appui de 500 millions de dollars. Ce montage financier renforce la crédibilité du projet et permet d’envisager une exécution rapide.

Le transport de marchandises entre Tenke ou Kolwezi, au sud-est de la RDC, et le port de Lobito pourrait prendre 5 à 8 jours, contre près de 25 jours pour les itinéraires passant par Durban, en Afrique du Sud. Les autorités anticipent une baisse des coûts logistiques pouvant atteindre 30 %, avec un objectif initial d’un million de tonnes à l’export et de 500 000 tonnes à l’import, une répartition clairement favorable à la génération des revenus nets en devises étrangères.

Quelques obstacles à surmonter

Toutefois, quelques défis techniques et commerciaux demeurent. L’un des plus sensibles concerne l’interopérabilité des réseaux ferroviaires congolais et angolais, notamment l’harmonisation des écartements de voie afin d’éviter des ruptures de charge coûteuses. Un autre enjeu clé réside dans la capacité à convaincre les compagnies minières privées, souvent contractualisées avec des opérateurs chinois, de transférer une partie de leurs flux vers ce corridor soutenu par les États-Unis. La pratique dans le secteur minier consiste à vendre la production de minerais par des contrats d’enlèvement (off-take agreements), avec parfois, des entrepôts de livraison précis. Ainsi, l’adhésion de ces sociétés sera déterminante pour assurer la viabilité à long terme du projet et en faire un véritable moteur de développement régional.

Un autre facteur déterminant pourrait toutefois jouer en faveur du corridor : l’évolution prochaine du paysage minier congolais. De nombreux contrats d’exploitation arrivent à expiration ou à renégociation dans les années à venir, notamment pour le cuivre et le cobalt. Washington, anticipant cette fenêtre stratégique, a déjà pris des options sur plusieurs futures licences, grâce à l’accord-cadre de coopération économique signé avec la RDC et un lobbying diplomatique intense.

L’Union européenne multiplie elle aussi les démarches pour sécuriser de nouvelles positions, en s’appuyant sur la BEI et des fonds de garantie. Parallèlement, les alliés des États-Unis du Golfe — Qatar et Arabie saoudite — affichent des ambitions croissantes dans l’amont minier africain, cherchant à se positionner sur des actifs stratégiques dans la transition énergétique. Cette recomposition progressive du secteur pourrait, mécaniquement, diluer l’emprise logistique des routes traditionnelles vers Durban ou Dar es Salaam, au profit d’un corridor de Lobito, renforcé par de nouveaux détenteurs de licences alignés sur les puissances occidentales et leurs partenaires moyen-orientaux.

La Tribune

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À la UneEconomie

Lutte contre la fraude fiscale : la facture normalisée, une réforme qui dérange et divise

by admin9775 3 décembre 2025
written by admin9775

La généralisation de la facture normalisée en République Démocratique du Congo, relancée en 2024 sur instruction du Président Félix Tshisekedi, est au cœur d’une bataille entre les partisans de la transparence fiscale et des intérêts économiques bien établis. Selon plusieurs sources au ministère des Finances, les récentes attaques visant le ministre Fwamba seraient directement liées à cette réforme, qui remet en cause des pratiques frauduleuses ancrées depuis plus d’une décennie.

Un système opaque depuis 2011
Depuis 2011, des opérateurs économiques, parfois en connivence avec des agents de l’administration fiscale, auraient profité d’un système de perception de la TVA dépourvu d’outils électroniques adéquats. La facture normalisée, avec son suivi électronique, vise à mettre fin à ces fuites fiscales en instaurant une traçabilité complète des transactions.

« Fwamba paie le prix d’une réforme qui dérange », confie un cadre du ministère des Finances, sous couvert d’anonymat. « Les attaques ne font que commencer, car cette réforme touche directement ceux qui bénéficiaient d’un système opaque. L’opinion doit comprendre ce qui est en jeu : la fin d’un vaste réseau de fraude à la TVA. »

Clarification sur les primes de « plus-value »
Parallèlement, la controverse sur les primes de « plus-value » des agents des régies financières a été clarifiée. Plusieurs sources au sein de la Direction Générale des Impôts (DGI) rappellent que la suspension de ces primes remonte au gouvernement de Sama Lukonde en 2023, bloquant notamment celles de 2022 et 2023. Le gouvernement actuel a hérité de ce dossier complexe.

Pour apaiser les tensions, le ministère des Finances et l’intersyndicale des régies financières ont conclu un accord après un mois de discussions. Celui-ci prévoit la réactivation progressive des paiements, avec un premier versement effectué ce mardi 2 décembre et un second programmé pour le 12 décembre 2025.

Un outil central pour l’assainissement des finances
Pour ses défenseurs, la facture normalisée est un outil indispensable pour assainir les finances publiques et augmenter les recettes internes. La TVA, considérée comme l’un des impôts les plus productifs dans de nombreux pays, pourrait ainsi être mieux collectée.

« La réforme va se poursuivre, avec ses différentes phases », assure une source interne. « Ceux qui contestent aujourd’hui sont souvent ceux qui, depuis des années, profitaient d’un système sans contrôle. »

En s’attaquant à des circuits de fraude qui ont prospéré pendant plus de dix ans, le ministère des Finances touche à des intérêts puissants. Malgré les critiques, les partisans de la réforme estiment que son aboutissement est essentiel pour renforcer la transparence fiscale et la crédibilité de l’État congolais.

Par Marius Bopenga
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Airbus rappelle 6 000 avions A320 après un incident avec un logiciel de commande de vol

by admin9775 30 novembre 2025
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L’avionneur européen Airbus a annoncé, vendredi 28 novembre, le rappel de quelque 6 000 avions A320, pour remplacer en toute urgence un logiciel de commande vulnérable aux radiations solaires, après un incident fin octobre aux États-Unis. Plusieurs compagnies ont déjà annulé des vols.

Le groupe Airbus a annoncé, dans un communiqué, avoir demandé à l’ensemble des clients utilisant ce logiciel « d’arrêter immédiatement les vols » après l’analyse de l’incident technique qui remonte au 30 octobre. Alors qu’un avion de la compagnie JetBlue parti de Cancun, au Mexique, se dirigeait vers Newark, près de New York, l’appareil avait dû se poser en urgence à Tampa, en Floride. L’analyse de l’incident a « révélé que des radiations solaires intenses pourraient corrompre des données essentielles au fonctionnement des commandes de vol », a rapporté le groupe européen.

Pour la plupart des 6 000 avions rappelés par Airbus, le changement de logiciel avec sa version précédente prendra « quelques heures ». Mais pour quelque 1 000 avions, cela impliquera le changement du matériel informatique, « ce qui prendra des semaines », a expliqué à l’AFP une source proche du dossier.

Un avion entre le Mexique et les États-Unis a soudainement piqué vers le bas

Le matériel qui doit être changé est un calculateur profondeur-ailerons (ELAC) fabriqué par Thales. Ce fournisseur d’Airbus a précisé à l’AFP qu’il n’était pas responsable du problème. « La fonctionnalité dont il est question est portée par un logiciel qui n’est pas de responsabilité Thales », a indiqué le groupe d’électronique français.

Airbus n’a pas précisé quelle entreprise avait conçu et mettait à jour ce logiciel. Le groupe « reconnaît que ces recommandations entraîneront des perturbations opérationnelles pour les passagers et les clients ». « Nous présentons nos excuses pour les désagréments causés et travaillerons en étroite collaboration avec les opérateurs, tout en maintenant la sécurité comme notre priorité absolue et primordiale », ajoute l’avionneur européen.

L’incident du 30 octobre s’est produit en phase de croisière, lorsque, au-dessus du golfe du Mexique, l’appareil a soudainement piqué vers le bas, sans intervention des pilotes. Ceux-ci ont amorcé la phase de descente puis posé l’avion. Les pompiers de Tampa ont fait état auprès des médias américains de blessés parmi les passagers. Sollicité par l’AFP pour commenter l’incident, JetBlue n’a pas donné suite.

Des annulations et perturbations de vols

L’Airbus A320, entré en exploitation en 1988, est l’avion le plus vendu au monde. En septembre, il a détrôné le monocouloir 737 du constructeur américain Boeing, dont le premier exemplaire a été livré en 1968. À la fin septembre, Airbus avait livré 12 257 exemplaires de son A320 (versions d’affaires incluses) contre 12 254 exemplaires pour le 737 de Boeing.

De nombreuses compagnies ont déjà annulé des vols en conséquence du rappel. Air France a indiqué avoir annulé 35 vols vendredi 28 novembre, dans la foulée du rappel d’Airbus, et être en train de compter dans la soirée le nombre exact pour samedi. « Les clients concernés par des annulations sont informés individuellement par SMS et email », a précisé un porte-parole.

American Airlines a indiqué avoir déjà commencé à mettre à jour le logiciel de navigation après avoir reçu la notification vendredi. La compagnie prévoit que l’intervention aura été effectuée sur « la grande majorité » des quelque 340 appareils A320 concernés (elle en compte 480 au total) de sa flotte d’ici à samedi. « Quelques retards » seront dus à ces ajustements. Également contactée par l’AFP, sa rivale américaine United Airlines a assuré ne pas être « affectée » par ce défaut, sans plus de précision, bien qu’elle possède plusieurs A320.

Certaines compagnies sont particulièrement touchées. La colombienne Avianca, par exemple, estime que 70% de sa flotte est concernée, et entrevoit des « perturbations importantes dans les dix jours à venir », a-t-elle écrit dans un communiqué. La vente de billets est suspendue jusqu’au 8 décembre.

Le régulateur européen de l’aviation (AESA) a indiqué dans un communiqué avoir été informé par Airbus. « Ces mesures pourraient causer des perturbations à court terme des horaires des vols, et donc des désagréments pour les passagers. Cependant, comme c’est toujours le cas dans l’aviation, la sûreté prime sur tout », a-t-il écrit.

C’est un nouveau coup dur pour la famille A320, la plus vendue du constructeur européen. Il y a quelques mois déjà, des centaines de ses avions ont dû être immobilisés en raison de défaillances sur certains moteurs.

RFI

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Fluctuation des marchés : Le cuivre et l’or en hausse, le cobalt et les produits agricoles en recul

by admin9775 24 novembre 2025
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Le ministère du Commerce extérieur a publié ce lundi sa mercuriale des prix pour la période du 24 au 29 novembre 2025, dressant un tableau contrasté de l’évolution des principaux produits d’exportation de la République démocratique du Congo.

Secteur minier : le cuivre et l’or tirent leur épingle du jeu

Dans le secteur minier, le cobalt enregistre une légère baisse, passant de 47.893 à 47.885 dollars la tonne. Cette stagnation s’explique par le ralentissement de la demande asiatique et les réajustements dans l’industrie des véhicules électriques.

À l’inverse, l’or poursuit sa progression avec un gramme qui s’apprécie de 131,71 à 133,61 dollars, confirmant l’attrait des investisseurs pour les valeurs refuges dans un contexte géopolitique tendu.

Le cuivre affiche également une performance positive, renforçant sa position de 10.769,55 à 10.804,35 dollars la tonne. Cette hausse soutient le dynamisme du secteur minier congolais, déjà crucial dans les chaînes d’approvisionnement mondiales pour la transition énergétique.

Produits agricoles : tendance baissière généralisée

Le secteur agricole connaît une période plus difficile avec une baisse généralisée des cours. Le café robusta congolais passe de 4,56 à 4,42 dollars le kilogramme, tandis que le café arabica, plus prisé, recule de 7,57 à 7,41 dollars le kilogramme.

Le cacao n’échappe pas à cette dynamique négative, chutant de 5,66 à 5,23 dollars le kilogramme. Cette tendance pourrait affecter les revenus des producteurs locaux, malgré les efforts entrepris pour améliorer la qualité et la transformation locale.

Ces fluctuations reflètent les réalités du marché international tout en confirmant la position stratégique de la RDC dans l’approvisionnement mondial en minerais essentiels à la transition énergétique, même si le pays reste vulnérable aux soubresauts des marchés agricoles.

Par Pascal Kabeya
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À la UneEconomie

Visite d’État de l’Émir du Qatar en RDC : Tshisekedi et Cheikh Tamim scellent un nouveau partenariat stratégique

by admin9775 22 novembre 2025
written by admin9775

L’Émir du Qatar, Cheikh Tamim Ben Hamad Al Thani, a effectué ce vendredi une visite officielle en République démocratique du Congo, marquant un nouveau chapitre dans le rapprochement entre les deux pays. Arrivé directement depuis le Rwanda, le souverain qatari a été accueilli à l’aéroport international de N’djili par le président Félix Tshisekedi.

Des discussions stratégiques sur la paix et la coopération

La visite a débuté par un entretien en tête-à-tête entre les deux dirigeants à la Cité de l’Union africaine, où ils ont examiné plusieurs questions d’intérêt commun. Au cœur des discussions : la médiation qatarie pour la résolution du conflit dans l’Est de la RDC dans le cadre du Processus de Doha.

Le président Tshisekedi a salué les efforts de médiation du Qatar, faisant spécifiquement référence à la signature de l’Accord-cadre entre le gouvernement de la RDC et la coalition AFC/M23, intervenue le 15 novembre 2025 à Doha.

Six accords bilatéraux signés pour renforcer la coopération

Les deux dirigeants ont présidé une cérémonie de signature de six accords de coopération couvrant divers domaines :

  1. Infrastructures portuaires : Protocole d’entente entre Mwani Qatar et l’ONATRA
  2. Coopération juridique : Accord entre les ministères de la Justice des deux pays
  3. Facilitations diplomatiques : Exemption de visas pour les passeports diplomatiques
  4. Aide humanitaire : Mémorandum pour un projet d’urgence au Sud-Kivu
  5. Jeunesse et sport : Protocole de coopération dans ces domaines
  6. Consultations politiques : Mécanisme de concertation entre diplomates

Une immersion culturelle au Musée national

Avant leur rencontre bilatérale, les deux chefs d’État ont effectué une visite éclair au Musée national de la RDC. Ils ont parcouru l’exposition « Mobutu : une vie, un destin » et découvert la salle d’exposition des instruments de musique et de communication traditionnels.

Cette visite de l’Émir du Qatar s’inscrit dans le contexte des efforts diplomatiques intensifs déployés par la RDC pour résoudre la crise dans l’Est du pays, tout en diversifiant ses partenariats stratégiques sur la scène internationale. La signature de ces multiples accords témoigne de la volonté des deux pays d’élargir leur coopération au-delà de la seule médiation de paix.

Par Marc Etumba, correspondant à Kinshasa
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À la UneEconomie

RDC : La déclaration pays par pays devient obligatoire pour les multinationales dès 2026

by admin9775 21 novembre 2025
written by admin9775

La République Démocratique du Congo entre dans une nouvelle ère de transparence fiscale. À compter de 2026, toutes les multinationales opérant sur son territoire seront tenues de déposer une déclaration pays par pays (CbCR – Country by Country Report) dans les douze mois suivant la clôture de leur exercice fiscal, et ce, exclusivement par voie électronique. La Direction Générale des Impôts (DGI) sera chargée de définir le format officiel de ce document stratégique.

Un champ d’application large ciblant les géants économiques

Cette obligation vise l’ensemble des groupes internationaux présents en RDC, quel que soit leur secteur d’activité. Sont directement concernés :

  • Les opérateurs pétroliers (ex: Perenco)
  • Les géants miniers (ex: Ivanhoe, Glencore, China Molybdenum, Huayou)
  • Les groupes de télécommunications (ex: Orange, Vodacom)
  • Les institutions bancaires (ex: EquityBCDC, Rawbank, Access Bank)
  • Les sociétés de transport et logistique (ex: Maersk, CMA-CGM, Ethiopian Airlines)

Ces entités devront fournir une ventilation précise de leurs bénéfices, données fiscales et comptables pour chaque juridiction où elles opèrent, ainsi que des informations sur la localisation de leurs activités.

Seuils et conditions d’exemption

Le dispositif est déclenché pour les entreprises dont le chiffre d’affaires consolidé atteint ou dépasse l’équivalent de 850 000 USD au titre de l’exercice précédent.

Une clause d’exemption est toutefois prévue : les filiales congolaises pourront être dispensées de dépôt si leur groupe mère procède à une déclaration de substitution dans une juridiction étrangère aux normes équivalentes, et à condition que toutes les exigences légales soient cumulativement remplies.

Enjeux et défis d’application anticipés

Au-delà de la collecte d’informations, cette déclaration devra également détailler la structure et les activités du groupe, particulièrement lorsque des entités sont soumises à l’établissement d’états financiers consolidés.

Certains analystes anticipent déjà des contentieux potentiels devant les juridictions de l’OHADA, compte tenu de la complexité des groupes concernés et des implications réglementaires de cette nouvelle disposition.

En attendant la publication des directives d’application par la DGI, le secteur privé observe ce tournant avec une attention aiguë. La mise en œuvre effective de cette réforme constituera un test crucial pour la gouvernance fiscale congolaise et marquera une étape décisive dans la lutte contre l’érosion de la base d’imposition et le transfert de bénéfices.

Par Marius Bopenga
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