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Category:

Société

À la UneSociété

L’affaire Malanga entre dans sa phase judiciaire décisive aux États-Unis : des enquêteurs du FBI à Kinshasa avant le procès de mars

by admin9775 10 février 2026
written by admin9775

L’impression d’impunité est dissipée. Alors que des images d’un Marcel Malanga menant une vie paisible aux États-Unis avaient pu susciter l’incompréhension en République démocratique du Congo, l’affaire du coup d’État avorté du 19 mai 2024 entre dans une phase judiciaire rigoureuse sous l’égide de la justice fédérale américaine. La présence à Kinshasa, depuis quelques jours, de deux agents spéciaux du Federal Bureau of Investigation (FBI) en est la preuve tangible.

Ces enquêteurs, dépêchés depuis le bureau régional de Nairobi, mènent un complément d’investigations dans la capitale congolaise. Leur mission : finaliser la préparation du procès prévu en mars 2025 devant un tribunal fédéral du district de l’Utah. Ils ont auditionné, selon des sources judiciaires, l’ensemble des acteurs congolais de la procédure – magistrats, enquêteurs, avocats – se penchant sur le déroulement de l’instruction locale et l’évaluation des dommages.

Cette collaboration judiciaire binationale signale une volonté de coordination entre Washington et Kinshasa pour juger les ressortissants américains impliqués dans cette tentative de renversement violent du gouvernement.

Dans le box des accusés à Salt Lake City figureront quatre citoyens américains, précédemment condamnés à mort puis graciés en RDC avant leur extradition :

  • Marcel Malanga, 22 ans, fils du meneur présumé.
  • Tyler Thompson, 22 ans.
  • Benjamin Zalman-Polun, 37 ans.
  • Joseph Peter Moesser, 67 ans.

Ils devront répondre d’accusations fédérales graves, notamment de complot en vue de fournir un soutien matériel à une entreprise terroriste, de complot pour utiliser des armes de destruction massive, et de complot visant à tuer ou enlever des personnes à l’étranger. Ces qualifications pénales confèrent au procès une dimension qui dépasse le cadre d’un simple fait divers criminel, le hissant au rang d’affaire de sécurité nationale et de terrorisme transnational.

Une attaque symbolique mais révélatrice

Dans la nuit du 19 mai 2024, un commando d’une vingtaine d’hommes armés, arborant le drapeau du Zaïre, avait attaqué successivement l’hôtel Pullman (où le président Félix Tshisekedi était attendu), la résidence du vice-Premier ministre Vital Kamerhe, et brièvement investi le Palais de la Nation. L’assaut, revendiqué sur les réseaux sociaux par des membres de la diaspora, avait fait trois morts (deux policiers et un assaillant) avant d’être neutralisé par l’armée congolaise.

Le chef présumé du commando, Christian Malanga Musumari (41 ans), ancien militaire et homme d’affaires américano-congolais, fondateur du mouvement « Nouveau Zaïre », avait été tué lors des affrontements. Son parcours politique et ses connexions avec d’anciens rebelles avaient alimenté les interrogations sur les motivations et d’éventuels soutiens plus larges – des questions qui, en l’absence du principal accusé, pourraient rester en partie sans réponse.

Un double enjeu de justice et de souveraineté

Ce procès américain revêt une importance stratégique à plusieurs niveaux :

  1. Pour les États-Unis : Il s’agit d’affirmer leur juridiction sur leurs ressortissants impliqués dans des activités terroristes à l’étranger et d’envoyer un message dissuasif. Le sérieux des charges vise à éviter toute perception de clémence.
  2. Pour la RDC : La coopération active du FBI valide la version des autorités congolaises sur la gravité des événements. Elle permet à Kinshasa de présenter l’issue judiciaire comme le fruit d’un partenariat d’égal à égal avec une grande puissance, renforçant sa crédibilité dans la lutte contre les menaces à sa stabilité.
  3. Pour la mémoire des faits : Le procès fédéral, réputé pour son formalisme et son exigence probatoire, devrait établir une version judiciairement certifiée des événements, contrant les récits alternatifs ou les théories du complot.

Une étape, mais pas la fin de l’enquête ?

Si le procès de mars se concentrera sur les actions matérielles des accusés, il ne clôturera pas nécessairement toutes les zones d’ombre. Les questions persistantes sur le financement, le recrutement et les éventuels complicités internes ou externes au sein de l’appareil d’État congolais pourraient continuer à alimenter les spéculations. La justice militaire congolaise, de son côté, a déjà rendu ses verdicts pour les autres co-accusés.

La présence du FBI à Kinshasa, quelques semaines seulement avant l’ouverture des débats, démontre que ce dossier reste une priorité de coopération. Elle sonne aussi comme un avertissement : l’image d’une normalité retrouvée pour les principaux suspects n’était qu’une illusion d’optique. Le chemin menant à la salle d’audience du tribunal fédéral de l’Utah est désormais ouvert.

Par Marius Bopenga
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10 février 2026 0 comments
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À la UneSociété

Kongo Central : Le gouverneur Bilolo entendu par la justice dans une enquête sur un détournement présumé

by admin9775 10 février 2026
written by admin9775

Le gouverneur de la province du Kongo Central, Grâce Nkuanga Bilolo, s’est présenté ce lundi au parquet général près la Cour de cassation, où il a été entendu dans le cadre d’une enquête judiciaire pour un présumé détournement de deniers publics dont le montant, très controversé, oscille entre un et cinquante millions de dollars américains.

Selon son avocat, Me Espoir Saisi, l’audition s’est déroulée dans un « climat apaisé ». Il a immédiatement déclaré à la presse que « toutes les rumeurs de détournement ont été balayées » et que son client était rentré chez lui « en citoyen libre ». Cependant, les sources judiciaires et l’avocat général ont tenu à préciser que l’enquête reste ouverte et qu’aucune décision définitive, telle qu’un non-lieu ou des poursuites, n’a encore été prise par l’autorité judiciaire.

Une affaire aux montants divergents

L’affaire trouve son origine dans une mission de contrôle ordonnée par la Présidence de la République et conduite par l’Inspection générale des finances (IGF) à partir du 15 août 2025. L’audit portait sur la gestion de la redevance pétrolière et des recettes des péages de la province.

Le rapport des enquêteurs de l’IGF a fait état d’un détournement présumé dépassant le million de dollars. Cependant, des voix au sein de la société civile provinciale, comme Joseph Mabanga, président de la cohésion des notables du Kongo Central, affirment que les sommes en jeu seraient bien plus importantes, pouvant avoisiner les 50 millions de dollars, créant ainsi une forte divergence sur l’ampleur réelle du préjudice.

Une procédure autorisée par l’Assemblée provinciale

La procédure judiciaire avait franchi une étape cruciale le 28 janvier dernier, lorsque le Bureau de l’Assemblée provinciale du Kongo Central a autorisé l’ouverture d’une instruction judiciaire contre le gouverneur. Cette décision faisait suite à un réquisitoire du Procureur général daté du 23 janvier, sollicitant formellement cette autorisation de poursuites, nécessaire en vertu de l’immunité relative dont bénéficie un gouverneur en exercice.

La remise en liberté de M. Bilolo à l’issue de sa première audition formelle marque une nouvelle phase procédurale, mais ne présume pas de l’issue finale. Les déclarations de son avocat et le silence maintenu du parquet général laissent l’épée de Damoclès judiciaire suspendue. Ce dossier est observé comme un test de la capacité du système judiciaire congolais à traiter des affaires de haute implication politico-financière, entre affirmations d’innocence et pesanteur des soupçons.

Par Marius Bopenga
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10 février 2026 0 comments
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À la UneSociété

Le Gouvernement annonce la reprise du contrôle de plusieurs localités du Sud-Kivu par les FARDC

by admin9775 7 février 2026
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Le ministre de la Défense nationale a indiqué, lors du conseil des ministres du vendredi 6 février, que dans le Sud-Kivu, les Forces armées de la RDC, (FARDC) ont fait échec aux attaques de « la coalition RDF-M23-AFC » en reconquérant plusieurs localités dont Minembwe-centre.

Les FARDC poursuivent actuellement la défense du territoire dans les moyens et hauts plateaux de Fizi, Uvira et Mwenga, a ajouté le ministre.

Le 2 février, les autorités militaires avaient indiqué que les FARDC ont infligé de lourdes pertes à la coalition rebelle dans le territoire de Fizi, neutralisant plus de 30 combattants M23/RDF et capturant plusieurs autres éléments alliés, dont des membres des groupes Twigwaneho et Ngumino.

Malgré ces succès militaires, la situation sécuritaire demeure fragile. Les Hauts Plateaux restent fortement militarisés, et les populations civiles continuent de subir les conséquences des affrontements, entre déplacements massifs et violences.

Des sources humanitaires rapportent que l’escalade des affrontements armés depuis décembre 2025 dans le Sud-Kivu a provoqué le déplacement de plus de 500 000 personnes, touchant notamment Uvira, Walungu, Mwenga, Shabunda, Kabare, Fizi et Kalehe .

Le nombre de déplacés internes ne cesse d’augmenter dans le territoire de Fizi, province du Sud-Kivu, à la suite des affrontements violents qui opposent les FARDC, appuyées par les Wazalendo, à la coalition des milices Twirwaneho-Gumino-Red Tabara. Les combats de jeudi 5 février, dans la petite contrée communément appelée « Point Zéro », ont provoqué un nouveau déplacement massif de populations.

L’administrateur du territoire de Fizi, Samy Badibanga Kalonji, reformule son appel à une aide humanitaire d’urgence en faveur des personnes rendues vulnérables par ces guerres à répétition. Selon lui, le nombre de déplacés internes avoisine désormais un million sur l’ensemble du territoire de Fizi.

« Sur l’ensemble du territoire de Fizi, nous avoisinons plus d’un million de déplacés internes. Le premier lot est celui de l’année passée, et le second est lié aux récents affrontements », a déclaré Samy Badibanga Kalonji.

Des affrontements dans les Hauts Plateaux

Les combats ont opposé les FARDC aux groupes armés Twirwaneho, Red Tabara, FNL Zabampema, Android et Vijana Power, qui ont attaqué les positions de l’armée dans les villages Point Zéro et Tuwetuwe. Ces violences ont entraîné le déplacement massif de populations qui espéraient vivre sous la protection des forces régulières.

Selon l’administrateur, les déplacés proviennent non seulement du territoire de Fizi, mais aussi de la ville d’Uvira, des territoires de Mwenga et de Kabambare dans la province voisine du Maniema, ainsi que de certaines zones de la province du Tanganyika. Certains sont déplacés depuis l’année dernière, d’autres plus récemment à la suite de derniers affrontements.

Radio okapi

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À la UneSociété

La RDC et le Rwanda s’affrontent pour le contrôle de la Francophonie

by admin9775 30 janvier 2026
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La rivalité entre la République démocratique du Congo et le Rwanda est sur le point de prendre une nouvelle dimension : la bataille pour la direction de l’espace francophone. Lors de son Conseil des ministres, le gouvernement congolais a officiellement annoncé sa décision de présenter un candidat au poste de secrétaire général de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), lors du Sommet prévu au Cambodge en novembre 2026.

Cette candidature, dont le nom sera dévoilé avant le dépôt officiel en juin 2026, vise explicitement à contrer une éventuelle réélection de la secrétaire générale sortante, la Rwandaise Louise Mushikiwabo. Kigali a en effet déjà fait savoir qu’il soutiendrait sa reconduction pour un troisième mandat. La décision de Kinshasa transforme ainsi une élection administrative en un bras de fer diplomatique de haut vol entre les deux pays ennemis.

Une candidature pour « assumer son leadership »

Le ministre délégué chargé de la Francophonie, Crispin Mbadu Phanzu, a présenté cette candidature comme une étape naturelle pour permettre à la RDC « d’assumer pleinement son leadership au sein de cette organisation ». Avec sa population francophone massive (la plus importante au monde après la France), son poids géographique et son potentiel économique, la RDC estime légitimement devoir jouer un rôle de premier plan dans les instances francophones.

Cette démarche s’inscrit dans une logique plus large de réaffirmation de la souveraineté et de l’influence diplomatique congolaise, après son élection comme membre non permanent du Conseil de sécurité de l’ONU pour 2025-2026.

Une bataille pour le récit et l’influence

La bataille s’annonce serrée et nécessitera pour Kinshasa une campagne intense de lobbying auprès des chefs d’État francophones, notamment en Afrique, en Europe et au Canada. Le choix du candidat congolais – qui devra être une personnalité consensuelle, expérimentée et de stature internationale – sera donc déterminant. Cette annonce marque le début d’une course de deux ans où la diplomatie congolaise devra prouver qu’elle peut convertir son poids démographique et moral en influence politique concrète.

Par Marius Bopenga
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À la UneSociété

La DINACOPE digitalise le contrôle physique des enseignants de la RDC

by admin9775 30 janvier 2026
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La Direction nationale de contrôle, de la préparation de la paie et de la maîtrise des effectifs des enseignants (DINACOPE) a lancé, jeudi 29 janvier, le processus de digitalisation du contrôle physique des enseignants en RDC.

Le Directeur national de ce service a indiqué que cette numérisation permettra de répondre à plusieurs problématiques liées à la gestion des enseignants.

« Pour la paie des enseignants, ce système nous apporte une carte biométrique à puce et une carte Visa multifonctionnelle. Cela permettra d’éliminer plusieurs failles dans la bancarisation, notamment les arriérés de salaires, les retards dans le transport des fonds ainsi que les ponctions inhabituelles et intempestives de certains opérateurs de paie », a-t-il expliqué.

Ce cadre de la DINACOPE a également assuré qu’avec cette nouvelle carte, l’enseignant percevra son salaire par voie électronique.

Le Directeur national de la DINACOPE a, par ailleurs, demandé aux enseignants vivant dans l’arrière-pays de faire preuve de patience.

Pour sa part, la ministre d’État en charge de l’Éducation nationale, Raïssa Malu, a souligné que la digitalisation marque une étape décisive dans la modernisation du système éducatif national.

Selon elle, la transition du format papier vers le numérique au sein de la DINACOPE répond à un impératif de bonne gouvernance.

« En numérisant le contrôle physique des enseignants, nous renforçons la transparence et l’efficacité administrative. Ce nouveau système intégré permettra une gestion fiable et sécurisée de la base de données des enseignants », a soutenu Raïssa Malu.

La ministre d’État a remis à la DINACOPE un lot composé de 1 260 tablettes, 309 ordinateurs, un serveur, ainsi que d’autres outils nécessaires, grâce à l’appui du projet PERSE.

Elle a en outre rappelé que l’innovation constitue le moteur d’une administration scolaire plus performante et témoigne de la détermination du gouvernement à rationaliser la gestion des ressources au bénéfice de l’enseignant congolais.

Radio okapi

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À la UneSociété

Procès Yav : le témoignage des généraux éclaire les tensions au sommet de l’armée en plein état de siège

by admin9775 29 janvier 2026
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Le procès du lieutenant-général Philémon Yav Irung, ancien commandant des opérations militaires dans l’Est, a connu un moment crucial ce mardi avec l’audition de quatre hauts gradés cités comme témoins. Leurs dépositions ont mis en lumière les profondes tensions, les frustrations et les dysfonctionnements qui ont miné le commandement militaire au plus fort de l’état de siège au Nord-Kivu.

Le témoignage clé du général Mwehu : des propos « démobilisateurs » reconnus

Le général de brigade Mwehu Lumbu Evariste, ancien commandant du secteur opérationnel Sukola 2 Sud, a confirmé devant les juges un échange clé reproché au général Yav. Il a reconnu que ce dernier lui avait tenu ces propos lors d’une rencontre à Goma : « Toi, général Mwehu, tu es tout le temps au front. La victoire remportée va profiter à ces Bangala. Toi, on ne te verra pas. »

Le général Mwehu a estimé que de tels mots, « émanant de son supérieur hiérarchique, étaient de nature à décourager les militaires ». Cette déclaration est au cœur de l’accusation d’« incitation des militaires à commettre des actes contraires au devoir ou à la discipline ». Le général a précisé que la remarque, faite alors qu’il quittait l’hôtel Serena après un rapport, ne l’avait « pas beaucoup intéressé » sur le moment, et qu’il était passé à autre sujet.

Le général Ndima dévoile les fractures du commandement

L’audition de l’ancien gouverneur militaire du Nord-Kivu, le lieutenant-général Constant Ndima Kongba, a révélé un autre aspect critique : la division des rôles au sein du commandement. Il a déclaré n’avoir pas été favorable à l’instauration d’un commandement distinct des opérations militaires alors qu’il était confiné à la gestion politique et administrative.

Cette déposition confirme et illustre les tensions documentées : en juillet 2022, l’état-major des FARDC avait officiellement retiré les prérogatives opérationnelles au gouverneur militaire pour les confier, successivement, aux généraux Philémon Yav puis Marcel Mbangu Mashita. Cette séparation, vécue comme une mise à l’écart par Ndima, a créé une dualité de commande potentiellement paralysante en pleine guerre contre le M23.

Les autres témoins et la nature des accusations

Les deux autres témoins, le général-major Sylvain Ekenge (ancien conseiller en communication) et le général de brigade Dany Yangba Tene (ancien conseiller chargé des opérations), ont également été interrogés sur les messages incriminés. L’auditeur général des FARDC soutient qu’un premier message, rapporté par feu le général Peter Cirimwami, relèverait de l’infraction de trahison, assimilée à une participation à un mouvement insurrectionnel.

Un procès qui lève le voile sur la crise de commandement

Ce procès dépasse la simple affaire disciplinaire pour devenir une radiographie des dysfonctionnements de l’état de siège. Les témoignages dessinent un tableau d’une chaîne de commandement fracturée, minée par :

  1. Des frustrations ethniques ou régionalistes : Les propos attribués au général Yav font référence aux « Bangala », un terme perçu comme ethnique, suggérant que les sacrifices au front ne profiteraient qu’à un groupe.
  2. Une rivalité institutionnelle : La séparation forcée entre le gouverneur militaire (pouvoir civil et administratif) et le commandant des opérations (pouvoir militaire) a créé des conflits de compétence et d’autorité.
  3. Une crise de moral : Les déclarations démobilisatrices attribuées à un haut commandement sapent la cohésion et l’élan des troupes engagées dans un conflit difficile.

En jugant le général Yav, la justice militaire est aussi amenée à juger les conditions chaotiques dans lesquelles la guerre a été menée à un certain niveau de commandement. Les verdicts et les enseignements tirés de ce procès pourraient avoir un impact sur la future réorganisation et l’éthique du commandement au sein des FARDC.

Par Pascal Kabeya
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À la UneSociété

Kinshasa lance une campagne offensive pour booster ses recettes fiscales foncières

by admin9775 28 janvier 2026
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Le Gouvernement provincial de Kinshasa a donné le coup d’envoi, ce mardi, d’une vaste campagne de sensibilisation et de coercition douce pour le paiement de l’Impôt foncier (IF) et de l’Impôt sur les revenus locatifs (IRL) pour l’exercice 2026. Face à l’explosion immobilière de la capitale et la stagnation des recettes, les autorités mettent en avant un nouvel outil contraignant : le Quitus fiscal urbain.

Un outil de gouvernance pour lutter contre l’évasion fiscale

Présenté par le ministre provincial des Finances, Magloire Kabemba, ce quitus est un document administratif sécurisé attestant qu’un contribuable est à jour de ses paiements. « Il ne s’agit nullement d’une mesure punitive, mais d’un mécanisme visant à promouvoir la conformité volontaire et à lutter contre l’évasion fiscale », a-t-il insisté. Pour 2026, il concerne exclusivement l’IF et l’IRL.

La nouveauté et la force de cette mesure résident dans son caractère obligatoire pour accéder à des services clés. Aucune personne physique ou morale ne pourra, sans ce sésame :

  • Participer aux marchés publics de la Ville.
  • Obtenir un titre foncier.
  • Effectuer des actes notariés.
  • Conclure des formalités de bail.
  • Accomplir certains actes d’état civil.

Un paradoxe à résoudre : le boom immobilier face à des recettes stagnantes

Le ministre Kabemba a justifié cette rigueur par un constat alarmant : « Alors que la ville de Kinshasa connaît un véritable boom immobilier dans ses 24 communes, les recettes fiscales urbaines (…) demeurent quasi stagnantes depuis plusieurs années ». Ce découplage entre la dynamique économique réelle et les ressources de l’État illustre un problème profond de mobilisation des recettes internes.

Les fonds collectés sont destinés à financer des projets urgents dans le cadre du programme « Kin Ezobonga » : voirie, assainissement, éclairage public, sécurité et services sociaux de base. Magloire Kabemba a d’ailleurs annoncé des discussions avancées avec la firme internationale Averda pour mettre en place un système moderne de gestion des déchets ménagers.

Modernisation du recouvrement et appel à la citoyenneté fiscale

Pour faciliter le paiement et éviter les files d’attente, le gouvernement provincial a diversifié les canaux de paiement. Outre les centres communaux de la Direction générale des recettes de Kinshasa (DGRK), les contribuables pourront utiliser des solutions numériques et le mobile money, en partenariat avec des banques et des opérateurs de monnaie électronique.

Au-delà des dispositifs techniques, le ministre a lancé un appel à la citoyenneté fiscale, présentant le paiement de l’impôt comme un acte civique essentiel à la transformation de la capitale. « La transformation de Kinshasa passe avant tout par une fiscalité équitable, transparente et responsable », a-t-il conclu.

Une volonté de rupture dans la gestion urbaine

Cette campagne marque une tentative de rupture dans la gouvernance financière de Kinshasa. En rendant le quitus fiscal incontournable pour des transactions courantes et vitales, les autorités espèrent créer un cercle vertueux :

  1. Élargir l’assiette fiscale en touchant les nombreux propriétaires et bailleurs qui échappent à l’impôt.
  2. Augmenter les recettes propres de la ville, réduisant sa dépendance aux transferts de l’État central.
  3. Financer les services publics dont le déficit criant affecte la qualité de vie des millions de Kinois.
  4. Instaurer une culture de la redevabilité et de la transparence dans la relation entre l’administration et les contribuables.

Le succès de cette opération, dont l’échéance est fixée au 1er février 2026, dépendra de son application stricte, impartiale et efficace. Elle sera un test crucial de la capacité de l’administration provinciale à traduire une volonté politique en résultats concrets, dans une mégapole où les défis logistiques et les résistances sont immenses.

Par Pascal Kabeya
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À la UneSociété

Vodacom RDC victime d’une intrusion majeure à son centre technique de Goma

by admin9775 27 janvier 2026
written by admin9775

L’opérateur télécoms Vodacom Congo a annoncé ce lundi avoir subi une intrusion grave dans son centre technique de Goma, capitale de la province du Nord-Kivu. Cet incident a entraîné une perte de supervision et de contrôle de son réseau dans la région, affectant potentiellement la qualité des services de télécommunications pour ses abonnés.

Une atteinte à la stabilité des télécoms en pleine zone de crise

L’incident survient dans une région en proie à une insécurité chronique et une occupation partielle par le mouvement rebelle M23, soutenu par le Rwanda selon les autorités congolaises et plusieurs rapports internationaux. Les centres techniques sont des infrastructures critiques qui assurent la gestion, la surveillance et la maintenance de l’ensemble du réseau d’un opérateur dans une zone donnée.

La « perte de supervision et de contrôle » mentionnée par Vodacom suggère une perturbation significative de sa capacité à :

  • Surveiller les performances du réseau.
  • Diagnostiquer et résoudre les pannes.
  • Assurer la sécurité des systèmes.
  • Gérer le trafic des communications.

Origine de l’intrusion et inquiétudes sécuritaires

Dans le contexte tendu du Nord-Kivu, où les informations et les communications sont cruciales tant pour la population civile que pour les acteurs du conflit, cette intrusion soulève de graves inquiétudes. Elle pourrait s’inscrire dans une logique de déstabilisation plus large visant à isoler la région ou à perturber les chaînes de communication officielles et humanitaires.

Réponse de Vodacom et impact attendu

Vodacom a assuré avoir « engagé les procédures d’urgence » pour rétablir le contrôle et la sécurité de son réseau. Les équipes techniques sont mobilisées pour identifier l’origine de la faille, sécuriser les systèmes et restaurer pleinement les services.

Pour les abonnés, les conséquences pourraient se traduire par des interruptions de service, une dégradation de la qualité des appels, de l’internet mobile ou des transactions mobiles money (M-Pesa), un service vital pour l’économie locale. La durée de l’incident dépendra de la complexité de l’intrusion et des mesures correctives à mettre en œuvre.

Un test pour la résilience des infrastructures critiques

Cet incident met en lumière la vulnérabilité des infrastructures critiques, même celles gérées par des entreprises privées majeures, dans les zones en conflit. Il pose la question de la protection de ces sites essentiels à la vie économique, sociale et à la sécurité nationale.

Les autorités congolaises et les régulateurs du secteur des télécommunications devront probablement enquêter sur cet événement, qui dépasse le cadre d’une simple panne technique pour toucher à la souveraineté numérique et à la sécurité nationale dans une région en crise.

Par Pascal Kabeya
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À la UneSociété

Le pasteur Travis Johnson s’oppose avec virulence à l’intégration du M23 dans les FARDC

by admin9775 25 janvier 2026
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La proposition, évoquée dans certains cercles diplomatiques américains, d’intégrer les combattants du M23 dans l’armée congolaise (FARDC) vient de se heurter à une opposition catégorique et publiquement exprimée. Le pasteur américain Travis Johnson, une voix influente dans certains milieux conservateurs et évangéliques, a pris position sur les réseaux sociaux avec un message sans équivoque, comparant cette intégration à une menace directe pour la souveraineté et la stabilité de la RDC.

Un rejet absolu basé sur l’analogie avec la politique américaine

Dans un post percutant, le pasteur Johnson a déclaré : « Pas d’intégration du M23 dans l’armée de la RDC, pas plus que nous n’intégrerions ANTIFA dans l’armée américaine. » Cette analogie, volontairement provocatrice pour le public américain, vise à discréditer totalement le M23 en le présentant non comme un groupe de rebelles avec des griefs politiques, mais comme une force subversive et illégitime, comparable à ce que représente le mouvement antifasciste (ANTIFA) pour une partie de la droite américaine.

L’argument central : le M23, un prolongement du Rwanda

Le cœur de son argumentation repose sur l’identification totale du M23 au Rwanda, renforcée par la récente reconnaissance de Kigali : « —M23 est soutenu par le Rwanda. —M23, c’est le Rwanda déguisé. » Pour Johnson, cette filiation rend toute intégration inenvisageable et dangereuse. Il en tire trois conséquences désastreuses :

  1. Affaiblissement de la souveraineté congolaise.
  2. Augmentation de la probabilité d’une insurrection future.
  3. Création d’une force de sécurité instable au sein même de l’armée nationale.

L’accord de Washington comme garde-fou ultime

Le pasteur place son opposition sous l’autorité de l’accord de paix signé sous la médiation du président Donald Trump en décembre 2025. Il avance un raisonnement perçu comme imparable : l’accord exige le retrait du Rwanda de la RDC. Or, selon lui, intégrer le M23 – qu’il considère comme une simple émanation des troupes rwandaises – au sein des FARDC reviendrait à enraciner l’influence rwandaise dans l’institution même chargée de défendre le pays. « Comment le Rwanda peut-il quitter la RDC si le M23 soutenu par le Rwanda (qui inclut des troupes rwandaises) est enraciné dans les FARDC ? » s’interroge-t-il. Il conclut donc que cette intégration « saperait et violerait » l’accord de paix américain.

Analyse : L’entrée d’une voix non-diplomatique dans le débat

L’intervention du pasteur Travis Johnson est significative à plusieurs titres :

  • Elle reflète une sensibilité politique américaine : Son analogie avec ANTIFA s’adresse directement à la base conservatrice et nationaliste américaine, plaçant la crise congolaise dans un cadre idéologique familier pour elle.
  • Elle durcit le débat sur l’intégration : En la présentant comme une trahison de l’accord Trump et une menace existentielle pour le Congo, il rend politiquement plus difficile toute avancée en ce sens, en dehors des cercles diplomatiques fermés.
  • Elle consolide le narratif de Kinshasa : Son discours épouse parfaitement la position officielle congolaise qui refuse toute légitimité au M23 et le considère comme une armée d’occupation rwandaise. Il offre une caisse de résonance puissante à ce point de vue auprès d’une audience américaine spécifique.

Cette prise de position publique illustre comment la crise de l’Est congolais dépasse le cadre des chancelleries pour s’inviter dans le débat politique plus large aux États-Unis. Elle montre également la difficulté croissante à trouver des solutions de compromis, comme l’intégration, lorsque l’un des acteurs est de plus en plus perçu non comme un parti congolais, mais comme un proxy d’une puissance étrangère. La pression monte sur les artisans de l’accord de Washington pour qu’ils proposent une voie alternative crédible au retrait militaire et à la démilitarisation, sous peine de voir l’initiative de paix s’enliser dans une impasse totale.

Par Marius Bopenga
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À la UneSociété

Jean-Claude Katende exige des poursuites internationales après l’aveu rwandais de soutien au M23

by admin9775 24 janvier 2026
written by admin9775

Le défenseur des droits humains Jean-Claude Katende a réagi avec une vive fermeté, ce samedi, à la reconnaissance par le Rwanda de sa « coordination sécuritaire » avec le mouvement rebelle M23. Sur son compte X (anciennement Twitter), l’activiste a qualifié cette révélation de confirmation éclatante de ce qu’il dénonce depuis des années et en a tiré des conclusions sans appel, appelant à la justice internationale.

« Maintenant que le Rwanda reconnaît soutenir le M23, pensez-vous qu’il n’y a pas des Rwandais dans ce groupe rebelle ? » Cette question rhétorique, posée par Katende, vise directement le cœur du déni longtemps entretenu par Kigali sur la composition du mouvement. Pour lui, l’aveu officiel lève tout doute : le M23 n’est pas une pure rébellion congolaise, mais l’instrument d’une agression étrangère.

De l’aveu à la conclusion : « Le M23 exécute l’agenda du Rwanda »

L’activiste tire une conclusion politique majeure de cette reconnaissance : « J’en conclus que le M23 exécute l’agenda du Rwanda qui a investi des moyens militaires et humains dans l’occupation du Congo ». Cette analyse va au-delà de la simple coordination défensive évoquée par Kigali ; elle y voit une stratégie délibérée d’occupation et de déstabilisation, financée et dirigée depuis l’extérieur.

Un appel à la justice : poursuites pour violations des droits humains et pillage

Face à ce qu’il qualifie d’« ingérence caractérisée et d’atteinte grave à la souveraineté nationale », Jean-Claude Katende passe de la dénonciation à la revendication judiciaire. Il appelle explicitement à la fin de l’impunité.

Son exigence est double et ciblée :

  1. Poursuites contre les responsables : Il demande que « les Rwandais, chefs et éléments militaires du M23 » soient jugés.
  2. Qualification des crimes : Les charges doivent porter sur la « violation des droits humains et [le] pillage du Congo ».

Cette prise de position place l’accent sur la responsabilité pénale individuelle des acteurs, tant rwandais que ceux opérant sous la bannière du M23, pour les exactions commises depuis le début de la rébellion.

Une fenêtre pour la justice internationale

Pour Katende, les révélations rwandaises créent une opportunité juridique et politique unique. En reconnaissant son implication, le Rwanda a, selon cette logique, également reconnu un certain niveau de responsabilité et de contrôle sur les actions du groupe. Cet aveu pourrait, dans l’esprit de l’activiste, être utilisé comme un élément à charge devant des instances comme la Cour pénale internationale (CPI) ou dans le cadre de procédures nationales fondées sur la compétence universelle.

Une pression qui monte d’un cran

La réaction de Jean-Claude Katende, figure respectée de la société civile congolaise, illustre comment l’aveu de Kigali est perçu à Kinshasa non comme un geste de transparence, mais comme une confession justifiant une escalade des demandes de sanctions et de justice. Elle reflète la colère d’une partie de l’opinion publique congolaise qui exige des comptes après des années de conflit, de souffrances et de dénis.

Son appel place désormais la communauté internationale, et en particulier les pays influents comme les États-Unis et les membres du Conseil de sécurité de l’ONU, face à une question concrète : maintenant que le soutien rwandais est officiellement reconnu, quelles mesures concrètes de responsabilisation seront prises pour traduire en actes la condamnation des violations des droits humains et du pillage des ressources ? La pression pour une réponse judiciaire vient de monter d’un cran.

Par Marius Bopenga
CONGO PUB Online

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