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Société

À la UneSociété

Les Banyamulenge brisent le silence : « Le Rwanda nous instrumentalise, nous ne sommes pas ses otages »

by admin9775 25 juin 2025
written by admin9775

Dans une déclaration rare et ferme, la communauté banyamulenge, souvent perçue comme un pion dans le conflit qui déchire l’Est de la République démocratique du Congo (RDC), a dénoncé avec force les manipulations du Rwanda. Par la voix de l’Honorable Ennoc Sebineza, son représentant, elle accuse Kigali d’exploiter les tensions ethniques pour justifier son ingérence militaire et politique en territoire congolais.

« Le Rwanda détruit notre vivre-ensemble »

« Le Rwanda prétend nous défendre, mais c’est un mensonge. Il ne fait que diviser pour mieux régner, sapant les fondements de la cohésion entre les communautés congolaises », a affirmé Sebineza, visiblement ému. Ce discours marque une rupture avec le silence habituel d’une minorité longtemps instrumentalisée dans les conflits régionaux.

Depuis des années, le Rwanda justifie ses interventions en RDC en invoquant la protection des Tutsi congolais, dont les Banyamulenge. Mais selon des rapports onusiens et des ONG locales, cette rhétorique masque une stratégie plus large : affaiblir la souveraineté congolaise tout en consolidant son emprise sur les richesses minières du Kivu.

Une communauté prise en étau

Les Banyamulenge paient un lourd tribut à cette instrumentalisation. Associés à tort aux groupes armés soutenus par Kigali, comme le M23, ils subissent des représailles de la part d’autres communautés, exacerbant les fractures ethniques. « Ceux qui nous agressent savent que nous avons été manipulés. Le Rwanda a construit son influence sur cette division, mais ce sont nos familles qui souffrent », déplore Sebineza.

Sur le terrain, la situation est explosive. Malgré les dénégations de Kigali, le M23 – dont les liens avec le Rwanda sont documentés – multiplie les attaques contre l’armée congolaise et les civils, alimentant un cycle de violences et de déplacements massifs.

Un appel à l’unité congolaise

Face à cette escalade, les Banyamulenge lancent un message clair : ils refusent d’être les otages d’un conflit qu’ils ne soutiennent pas. « Nous ne voulons pas de cette guerre. Nous sommes Congolais et voulons vivre en paix avec nos voisins », insiste Sebineza.

Cette prise de parole intervient dans un contexte régional tendu, alors que les diplomates s’activent pour relancer des négociations de paix. Elle met en lumière la complexité d’un conflit où les civils, quelles que soient leurs origines, restent les premières victimes des calculs géopolitiques.

Par Basengezi Ntomo, correspondant à Goma
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À la UneSociété

Gestion des fonds miniers : l’ODEP dénonce un scandale financier et une trahison envers les communautés locales

by admin9775 24 juin 2025
written by admin9775

L’Observatoire de la Dépense Publique (ODEP) a rendu public ce lundi une analyse accablante du rapport d’audit de la Cour des comptes sur la gestion des fonds destinés aux communautés locales dans le secteur minier. Les conclusions révèlent des manquements massifs, des fraudes et une mauvaise gouvernance qui privent les populations de ressources vitales.

Un manque à gagner de 150 millions USD

Entre 2018 et 2023, seulement 213 millions USD sur les 310 millions attendus ont été effectivement versés par les entreprises minières au titre de la dotation de 0,3 % de leur chiffre d’affaires, prévue par le Code minier. Ce déficit de près de 100 millions USD s’explique en partie par des déclarations frauduleuses : certaines sociétés ont sciemment sous-évalué leurs revenus pour réduire leurs contributions, engendrant un préjudice supplémentaire de 50 millions USD.

Plus grave encore, l’ODEP a constaté des écarts de 16 milliards USD entre les chiffres déclarés aux services fiscaux et ceux transmis aux structures locales (DOTs), soulignant une opacité systémique.

Détournements et gestion chaotique des DOTs

Sur 70 entreprises minières recensées, seules 46 DOTs (structures de gestion locale des fonds) ont été mises en place, et leur fonctionnement est marqué par des irrégularités :

  • Dépenses injustifiées et non documentées ;
  • Marchés publics attribués sans appel d’offres ;
  • Détournements purs et simples, comme les 47 500 USD disparus à la DOT de Shituru Mining Corporation.

La répartition légale des fonds – 90 % pour les projets communautaires, 6 % pour les DOTs et 4 % pour la supervision – est rarement appliquée, privant les populations d’écoles, de centres de santé et d’infrastructures de base.

L’ODEP exige des réformes immédiates

Pour Florimond Muteba Tshitenge, président de l’ODEP, ce mécanisme censé réparer les inégalités s’est transformé en « trahison » envers les communautés locales. L’organisation réclame :

  1. Une plateforme numérique pour tracer les versements et l’utilisation des fonds ;
  2. Des sanctions contre les entreprises défaillantes ;
  3. La formation des comités locaux pour une gestion transparente ;
  4. Un cadre légal renforcé, incluant la société civile dans le processus.

Enfin, l’ODEP plaide pour des audits citoyens indépendants afin de rétablir la confiance dans un système miné par la corruption. « Les richesses minières doivent bénéficier aux populations, et non à une poignée d’acteurs malhonnêtes », conclut le rapport.

Une affaire à suivre, alors que la pression monte pour une véritable redevabilité dans la gestion des ressources naturelles de la RDC.

Par Marc Etumba, correspondant à Kinshasa
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À la UneSociété

Le Gouvernement congolais répond aux propositions du CNSA sur les prisonniers politiques et le dialogue

by admin9775 23 juin 2025
written by admin9775

Le gouvernement de la République Démocratique du Congo, par la voix du ministre intérimaire de la Justice Samuel Mbemba, a opposé une fin de non-recevoir partielle aux recommandations du Conseil National de Suivi de l’Accord (CNSA) concernant la libération des prisonniers politiques en amont du dialogue avec le Rwanda.

Lors d’une déclaration solennelle faite ce lundi à Kinshasa, le Garde des Sceaux a réaffirmé l’attachement des autorités congolaises aux principes intangibles de la justice transitionnelle. « Il existe des standards internationaux en matière de dialogue dans les pays en conflit. Ces standards prévoient notamment que la vérité doit être établie à travers des procès aboutis et que les victimes doivent être identifiées avant toute réparation », a martelé le ministre Mbemba.

Cette position gouvernementale intervient alors que le CNSA, réuni en session ordinaire les 17 et 19 juin derniers sous la présidence de Joseph Olenghankoy Mukundji, avait plaidé pour des mesures d’apaisement incluant la libération des détenus politiques et la levée des restrictions judiciaires. Le Conseil justifait ces recommandations par la nécessité de créer un climat de confiance propice au dialogue, dans un contexte où l’Est du pays subit depuis trois ans l’occupation des combattants du M23 soutenus par l’armée rwandaise.

Le ministre de la Justice a cependant reconnu l’urgence de la situation, tout en insistant sur la nécessité de ne pas sacrifier la justice sur l’autel de la réconciliation. « Nous comprenons les préoccupations du CNSA, mais nous devons trouver un équilibre entre les impératifs de paix et les droits inaliénables des victimes », a-t-il déclaré, laissant entrevoir la possibilité d’examens au cas par cas plutôt qu’une amnistie générale.

Cette prise de position ouvre un débat crucial sur l’articulation entre justice et processus de paix, alors que la communauté internationale suit avec attention l’évolution de la crise dans la région des Grands Lacs. Les prochains jours devraient voir se multiplier les consultations entre les différentes parties prenantes pour tenter de trouver une voie médiane acceptable par tous.

Alors que le président Tshisekedi poursuit ses efforts diplomatiques avec le Rwanda dans le cadre des pourparlers de Doha et Washington, cette question épineuse des prisonniers politiques pourrait constituer un point de friction déterminant dans la recherche d’une solution durable à la crise sécuritaire qui mine l’Est du pays depuis des années.

La balle est désormais dans le camp des autorités congolaises, qui devront trancher entre les exigences de justice et les nécessités politiques du moment, dans un contexte où chaque décision est scrutée à la fois par la population congolaise et par la communauté internationale.

Par Marc Etumba, correspondant à Kinshasa
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À la UneSociété

Général Kainerugaba : Une déclaration controversée contre les Wazalendo après sa visite à Kinshasa

by admin9775 23 juin 2025
written by admin9775

Le général ougandais Muhoozi Kainerugaba, fils du président Yoweri Museveni, a suscité la polémique en qualifiant les Wazalendo, milices alliées aux FARDC dans la lutte contre le M23, de « force négative ». Cette déclaration intervient moins de 24 heures après une rencontre officielle avec le président congolais Félix Tshisekedi, où il avait pourtant salué la coopération entre l’Ouganda et la RDC.

Une visite courtoise suivie d’une déclaration inattendue

Lors de sa visite à Kinshasa le 24 mai 2024, Kainerugaba avait exprimé sa gratitude envers les autorités congolaises pour leur accueil chaleureux. Il avait également confirmé la prolongation de l’opération Shujaa, une collaboration militaire entre l’armée ougandaise (UPDF) et les FARDC pour combattre les rebelles des ADF dans les provinces de l’Ituri et du Nord-Kivu. Dans un message publié sur les réseaux sociaux, il avait remercié le président Tshisekedi et le lieutenant-général Jules Banza Mwilambwe, chef d’état-major des FARDC, tout en célébrant le renforcement des liens entre les deux pays.

Un revirement surprenant

Pourtant, dès le lendemain, le général ougandais a adopté un ton radicalement différent en s’en prenant aux Wazalendo, ces groupes d’autodéfense soutenus par le gouvernement congolais dans la guerre contre le M23. Dans une déclaration sans équivoque, il a affirmé : « Le Wazalendo est sans aucun doute une force négative ! Je pense que les forces conjointes de l’UPDF et des FARDC les attaqueront partout où nous les trouverons. À moins qu’ils ne soient assez intelligents pour se rendre. »

Cette prise de position a immédiatement soulevé des interrogations, car les Wazalendo sont considérés comme des partenaires des FARDC dans la lutte contre le M23, un groupe rebelle accusé d’être soutenu par le Rwanda.

Quelles implications pour la coopération RDC-Ouganda ?

Cette déclaration met en lumière les tensions sous-jacentes dans la région. Alors que l’Ouganda collabore avec la RDC contre les ADF, ses relations avec le Rwanda, allié présumé du M23, restent ambiguës. Certains analystes y voient un double jeu de Kampala, qui chercherait à affaiblir les milices congolaises tout en maintenant des intérêts économiques dans l’Est de la RDC.

Pour l’instant, le gouvernement congolais n’a pas réagi officiellement. Cependant, si l’UPDF devait passer à l’action contre les Wazalendo, cela pourrait entraîner une crise diplomatique entre les deux pays.

Une chose est sûre : cette déclaration relance le débat sur la complexité des alliances dans la région et les défis de la stabilisation de l’Est de la RDC.

Par Marc Etumba, correspondant à Kinshasa
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À la UneSociété

Tshisekedi reçoit les religieux : Un dialogue sous tension entre espoirs et défiance

by admin9775 22 juin 2025
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Le président Félix Tshisekedi a finalement rencontré ce samedi les représentants de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) et de l’Église du Christ au Congo (ECC), après des mois d’attente. Cette audience, qualifiée de « mieux vaut tard que jamais » par certains observateurs, intervient dans un contexte de crise multiforme où l’Église catholique, autrefois médiatrice incontestée, voit son influence remise en question.

Une rencontre aux enjeux multiples

Les évêques et pasteurs ont présenté au chef de l’État les conclusions de leurs consultations avec divers acteurs politiques et sociaux, dans l’optique de proposer des pistes de sortie de crise. En réponse, Tshisekedi a annoncé la mise en place d’une équipe de travail chargée d’approfondir leurs recommandations.

Cependant, des sources proches des discussions révèlent que le président, bien qu’ouvert au dialogue, ne souhaite pas que le cardinal Fridolin Ambongo (CENCO) ou le pasteur André Muteba (ECC) en prennent la direction. « Oui, il veut un dialogue social, mais pas sous leur leadership », confie un témoin de la réunion.

La CENCO en perte de crédibilité ?

Autrefois considérée comme un acteur neutre et respecté, la CENCO fait aujourd’hui face à des critiques acerbes. Le Mouvement de libération du Congo (MLC) de Jean-Pierre Bemba a même ironiquement invité l’institution ecclésiale à « s’enregistrer comme parti politique » si elle entend continuer à s’immiscer dans les affaires de l’État.

Au sein même des fidèles catholiques, des voix s’élèvent pour contester sa représentativité. « La CENCO ne représente pas tous les catholiques congolais. Nous ne sommes pas obligés d’applaudir toutes ses initiatives », affirme un commentateur sous le pseudonyme de Maloba.

Fayulu en embuscade, les initiatives externes en échec

Alors que l’Église semble perdre du terrain, l’opposant Martin Fayulu se positionne comme un possible médiateur. Certains analystes y voient une manœuvre pour s’imposer comme un prétendant sérieux à la primature dans un éventuel gouvernement d’union nationale.

Par ailleurs, le texte souligne l’échec des médiations internationales (Doha, Nairobi, Angola, etc.), jugées inefficaces face à une crise qui nécessite, selon plusieurs observateurs, une solution purement congolaise.

Vers un dialogue réellement inclusif ?

Le président Tshisekedi insiste sur la nécessité d’une approche large, intégrant toutes les sensibilités politiques et sociales. Mgr Evariste Ejiba Yamapia, président de la plateforme des confessions religieuses, évoque la recherche d’un « cadre commun » pour un programme concerté.

Mais la question reste entière : ce dialogue parviendra-t-il à identifier les causes profondes des crises et à proposer des solutions durables ? Ou ne sera-t-il qu’une nouvelle manœuvre pour gagner du temps ?

Si cette rencontre marque un pas vers le dialogue, les défis restent immenses. Entre défiance envers les religieux, repositionnement de l’opposition et attentes populaires, la route vers une résolution pacifique de la crise congolaise semble encore longue. L’histoire s’écrit, les regards se croisent… et l’avenir dira si cette initiative aboutira à du concret.

Par Marc Etumba, correspondant à Kinshasa
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À la UneSociété

Affaire Kasanji-Mokia : Une victoire judiciaire controversée qui interroge le système judiciaire congolais

by admin9775 21 juin 2025
written by admin9775

Dans un rebondissement inattendu, l’ancien gouverneur du Kasaï Oriental, Ngoy Kasanji, a finalement repris possession de sa villa située sur l’avenue Roi Baudouin à Gombe, mettant fin à quatre années de bataille judiciaire acharnée contre Gabriel Mokia. Cette décision surprenante intervient malgré une série de jugements antérieurs ayant systématiquement donné raison à Mokia, le propriétaire légal depuis 1996.

Le dossier, particulièrement complexe, trouve ses origines dans une vente publique organisée par le tribunal en 1996, au cours de laquelle Gabriel Mokia avait acquis légalement la propriété. Pourtant, en 2013, Ngoy Kasanji s’était installé dans les lieux alors même que le litige était en cours. Malgré plusieurs décisions de justice confirmant les droits de Mokia, dont une ordonnance d’expulsion prononcée par la Cour suprême en 2018, Kasanji était parvenu à maintenir son occupation jusqu’en août 2020, date à laquelle les forces de l’ordre l’avaient finalement expulsé.

Ce revirement judiciaire récent suscite de vives interrogations au sein des milieux juridiques congolais. Plusieurs sources proches du dossier évoquent des manœuvres douteuses ayant influencé le processus judiciaire, mettant en lumière les dysfonctionnements chroniques qui minent l’appareil judiciaire congolais. La décision de la Cour de cassation, intervenue dans un contexte de tensions entre les magistrats et le ministre de la Justice Constant Mutamba, ajoute une dimension politique à cette affaire déjà complexe.

L’absence de réaction du chef de l’État face à ce qui apparaît comme une parodie de justice soulève des questions sur son engagement réel à réformer le système judiciaire. Cette affaire intervient d’ailleurs alors que le ministre Mutamba, connu pour ses tentatives de réforme ambitieuses, a récemment été écarté de ses fonctions, victime selon certains observateurs des réseaux d’influence qui sévissent au sein de l’appareil judiciaire.

Le Conseil supérieur de la magistrature, censé garantir l’indépendance et l’intégrité du système judiciaire, reste étrangement silencieux face à ces dérives, perpétuant ainsi une culture d’impunité qui mine la crédibilité des institutions congolaises.

Gabriel Mokia, légitime propriétaire selon toutes les décisions de justice antérieures, n’a pas encore réagi officiellement à ce nouveau développement. Son silence contraste avec les déclarations triomphales de Ngoy Kasanji, qui n’a pas manqué de remercier « la justice et le chef de l’État » pour cette issue inespérée.

Cette affaire emblématique met en lumière les profondes lacunes du système foncier congolais et les défaillances chroniques de son appareil judiciaire. Elle illustre comment, en RDC, les rapports de force et les influences extrajudiciaires peuvent prévaloir sur le droit et la justice, même dans des dossiers apparemment clairs et tranchés depuis des années.

Alors que le pays prétend à un État de droit, cette décision controversée vient rappeler cruellement le long chemin qui reste à parcourir pour réformer en profondeur une justice congolaise que beaucoup jugent moribonde. L’affaire Kasanji-Mokia pourrait bien devenir le symbole des réformes urgentes que nécessite le système judiciaire congolais, à moins qu’elle ne reste qu’un exemple supplémentaire de l’impunité qui y règne.

Par Marc Etumba, correspondant à Kinshasa
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À la UneSociété

La RDC se dote de drones de combat turcs Bayraktar TB2 : atout stratégique ou risque d’escalade ?

by admin9775 21 juin 2025
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Dans un mouvement visant à consolider sa souveraineté face aux groupes armés, la République démocratique du Congo a officiellement intégré quatre drones Bayraktar TB2 dans son arsenal militaire. Acquise auprès de la Turquie, cette technologie de poiDans un effort significatif pour consolider ses capacités militaires, la République démocratique du Congo a fait l’acquisition de quatre drones de combat Bayraktar TB2 auprès de la Turquie. Cette acquisition stratégique vise principalement à renforcer les opérations contre les groupes armés, notamment le M23, dans les régions instables de l’est du pays.

Ces drones de dernière génération offrent aux Forces armées de la RDC (FARDC) deux atouts majeurs. Premièrement, ils permettent une surveillance aérienne approfondie des zones reculées du Nord-Kivu et de l’Ituri, théâtre d’opérations des groupes rebelles. Deuxièmement, leur capacité de frappe de précision pourrait réduire le besoin d’opérations terrestres risquées pour les troupes congolaises.

Cette décision intervient dans un contexte géopolitique tendu, marqué par des accusations répétées de Kinshasa contre le Rwanda, soupçonné de soutenir le mouvement M23. L’arrivée de ces drones pourrait modifier l’équilibre des forces dans la région et réduire la dépendance de la RDC vis-à-vis des soutiens militaires étrangers, notamment ceux de la Communauté est-africaine.

Cependant, cette modernisation de l’arsenal congolais ne va pas sans soulever des inquiétudes. Les observateurs internationaux pointent plusieurs risques potentiels. Sur le plan régional, cette acquisition pourrait être perçue comme une menace par le Rwanda, risquant d’alimenter une course aux armements dans la région des Grands Lacs.

Les questions relatives aux droits humains constituent un autre sujet de préoccupation. L’utilisation de drones Bayraktar dans d’autres conflits, comme en Libye ou au Haut-Karabakh, a parfois entraîné des frappes accidentelles sur des populations civiles. Les FARDC devront donc mettre en place des protocoles stricts pour garantir le respect du droit international humanitaire.

L’aspect financier de cet achat interroge également. Dans un pays où plus de 60% de la population vit sous le seuil de pauvreté, l’investissement conséquent que représente cette acquisition militaire suscite des débats sur les priorités budgétaires du gouvernement congolais.

À Kinshasa, les autorités militaires se veulent rassurantes. Un porte-parole des FARDC a déclaré que ces drones constituaient avant tout « un outil de dissuasion et de protection, et non d’agression ». Les partenaires internationaux de la RDC, notamment les États-Unis, suivent néanmoins cette évolution avec attention, préoccupés par ses possibles répercussions sur la stabilité régionale.

L’efficacité réelle de ces drones contre des groupes rebelles comme le M23, qui opèrent souvent en petites unités mobiles et se fondent dans le paysage, reste à démontrer. Les prochains mois permettront d’évaluer l’impact concret de cette nouvelle capacité militaire sur le terrain.

Cette acquisition marque un tournant dans la stratégie de défense de la RDC, reflétant la montée en puissance des technologies drone dans les conflits modernes. Elle place également le pays dans le débat plus large sur l’utilisation croissante des drones armés dans les conflits africains, avec ses implications tant tactiques qu’éthiques.

Par Basengezi Ntomo, correspondant à Goma
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À la UneSociété

RDC-Ouganda : Renforcement de la coopération militaire contre les ADF

by admin9775 21 juin 2025
written by admin9775

Les Forces armées de la RDC (FARDC) ont reçu ce jeudi à Kinshasa une délégation ougandaise de haut niveau, conduite par le général Muhoozi Kainerugaba, chef des Forces de défense ougandaises (UPDF). Cette visite s’inscrit dans le cadre du renforcement des opérations conjointes contre les groupes armés, en particulier les ADF (Allied Democratic Forces).

Opération Shujaa : des résultats confirmés

Les discussions ont principalement porté sur l’évolution de l’Opération Shujaa, lancée en 2021 pour neutraliser les rebelles ADF dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri. Les deux parties ont salué les avancées sur le terrain tout en convenant de la nécessité d’intensifier les efforts pour éradiquer définitivement cette menace.

Un nouvel accord pour une meilleure coordination

Un nouveau pacte militaire a été signé entre les deux pays, prévoyant :

  • Un partage accru de renseignements pour des opérations plus ciblées.
  • Des entraînements conjoints pour améliorer l’interopérabilité des forces.
  • Une coordination renforcée dans les zones frontalières, notamment autour de Beni et en Ituri.

Vers une stabilité durable dans la région ?

Le général Kainerugaba a réaffirmé l’engagement de l’Ouganda aux côtés de la RDC pour « une paix durable » dans la région. Cette visite intervient alors que les attaques des ADF ont connu une baisse significative ces derniers mois, même si des poches de résistance subsistent.

Prochaines étapes :
Les états-majors des deux armées doivent se revoir d’ici fin juillet pour évaluer la mise en œuvre des nouveaux dispositifs.

Une collaboration qui semble porter ses fruits, mais dont le succès dépendra de la pérennité des engagements pris.

Par Marc Etumba, correspondant à Kinshasa
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À la UneSociété

Affaire des 18 millions de dollars : un contrat d’armement trouble embarrasse la défense congolaise

by admin9775 20 juin 2025
written by admin9775

Un scandale financier lié à un marché d’armement présumé surfacturé secoue les hautes sphères de la défense congolaise. Au cœur de l’affaire : un acompte de 18 millions de dollars versé par la Banque Centrale du Congo pour un contrat qui ne fut jamais honoré.

Les faits :

  • Mi-janvier : la Banque Centrale verse 18 millions de dollars (50% du montant total) à Prince Invest Group pour l’achat de 50 000 roquettes RPG-7
  • Avril : Dani al-Achkar, homme d’affaires libanais lié à ce contrat, est arrêté à Kinshasa sur ordre du général Jean Roger Makombo, chef du renseignement militaire
  • Depuis son arrestation, l’homme d’affaires est maintenu au secret et pressé de rembourser l’acompte

Les zones d’ombre :

  1. Surfacturation suspectée : Une facture pro forma du fabricant révèlerait un prix unitaire bien inférieur à celui du contrat
  2. Flou contractuel : Les détails exacts du marché restent obscurs, notamment les intermédiaires impliqués
  3. Détention controversée : La mise au secret prolongée du businessman libanais soulève des questions sur les méthodes employées

Enjeux politiques :
Cette affaire met en lumière :

  • Les pratiques opaques dans les marchés d’armement congolais
  • Le rôle trouble de certains intermédiaires commerciaux
  • Les tensions au sein de l’appareil sécuritaire congolais

Le vice-Premier ministre chargé de la Défense tenterait personnellement de récupérer les fonds, révélant l’embarras des autorités face à ce contrat problématique. L’affaire intervient dans un contexte de tensions sécuritaires persistantes dans l’Est du pays, où les besoins en armement restent criants.

Questions en suspens :

  • Quels circuits financiers ont permis ce transfert de fonds important ?
  • Qui sont les véritables bénéficiaires de cette opération ?
  • Pourquoi le contrat n’a-t-il pas été honoré malgré le versement de l’acompte ?

Cette affaire risque de provoquer des remous dans les cercles du pouvoir, alors que la gestion des fonds de défense fait l’objet d’un examen minutieux de la part des partenaires internationaux de la RDC.

Par Marc Etumba, correspondant à Kinshasa
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Démission fracassante du ministre de la Justice Constant Mutamba : un départ sous haute tension

by admin9775 19 juin 2025
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Le ministre d’État en charge de la Justice et Garde des Sceaux, Constant Mutamba, a officiellement remis sa démission au président de la République Félix Tshisekedi dans une lettre rendue publique ce mardi. Cette décision, communiquée également à la Première ministre Judith Suminwa et au président de l’Assemblée nationale, intervient dans un climat de fortes tensions politiques.

Dans sa missive, le ministre démissionnaire dresse un bilan exhaustif de son action tout en dévoilant des accusations gravissimes. « J’ai mis en œuvre des réformes courageuses dans un secteur judiciaire que vous-même, Monsieur le Président, aviez qualifié de malade », écrit-il en préambule, soulignant avoir œuvré pour la réhabilitation des droits des citoyens injustement lésés et la protection du patrimoine public contre les réseaux mafieux.

Parmi les réalisations phares de son mandat, Constant Mutamba cite la numérisation des juridictions commerciales, la redynamisation du Guichet Unique de Création d’Entreprise permettant désormais de créer une société en deux jours, ainsi que l’insaisissabilité des biens des entreprises publiques. Il rappelle également la création d’une commission spéciale chargée de veiller à la bonne exécution des décisions de justice.

Le ton se fait particulièrement grave lorsque l’ancien ministre évoque ce qu’il qualifie de « complot politique ourdi contre sa personne ». Dans des termes sans équivoque, il affirme : « Après avoir échappé à plusieurs tentatives d’empoisonnement et d’élimination physique, les réseaux mafieux, y compris ceux infiltrés au service de nos ennemis, ont réussi à m’humilier en raison de mon engagement ». Il va plus loin en établissant un lien direct avec la crise sécuritaire dans l’Est du pays : « Ce complot ne vise pas ma personne, mais cherche à désorganiser la riposte gouvernementale face à l’agression rwandaise ».

Face aux rumeurs de malversations financières qui circulaient à son encontre, notamment concernant le projet de construction de la prison centrale de Kisangani, l’ancien ministre se défend avec véhémence : « Je n’ai pris aucun dollar de l’État. Mon intégrité morale et ma fidélité aux valeurs républicaines restent intactes ».

Ce départ intervient à un moment critique pour le gouvernement Suminwa, alors que la RDC doit faire face à d’immenses défis sécuritaires et politiques. Les observateurs s’interrogent sur les répercussions de cette démission, d’autant que Constant Mutamba laisse entendre qu’il compte poursuivre son combat « pour une justice équitable et contre les agresseurs du pays » sous une autre forme.

Cette crainte d’accointances entre magistrat débout et magistrat assis anime beaucoup d’observateurs dans ce qui apparaît aujourd’hui comme un front entre le ministre d’Etat de la Justice en disgrâce, Constant Mutamba, et le corps de magistrats. Sa mise en accusation est considérée par certains comme un règlement des comptes des magistrats envers quelqu’un qui les a mis mal à l’aise.

La succession à la tête de ce ministère stratégique s’annonce délicate dans un contexte où les réformes judiciaires engagées sont plus que jamais nécessaires pour consolider l’État de droit. Cette crise ouverte au sein de l’appareil d’État pourrait bien marquer un tournant dans la vie politique congolaise.

Par Marc Etumba, correspondant à Kinshasa
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