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Tribunes

À la UneTribunes

Samy Badibanga relance le débat stratégique sur les corridors Banana–Lobito et interpelle sur la souveraineté économique de la RDC

by admin9775 3 mai 2026

L’ancien Premier ministre Samy Badibanga a relancé un débat stratégique majeur sur l’orientation des infrastructures économiques de la République démocratique du Congo, en mettant en garde contre une dépendance excessive au corridor de Lobito et en plaidant pour une priorisation du corridor de Banana comme axe structurant du développement national.

Dans une tribune publiée au lendemain du passage de la Première ministre Judith Suminwa Tuluka à la Banque mondiale, l’ancien chef du gouvernement estime que le choix entre les deux corridors dépasse largement le cadre technique et engage directement le modèle de développement, la souveraineté économique et la sécurité territoriale de la RDC.

Pour Badibanga, la réponse est claire : « il ne s’agit pas d’un débat d’ingénieurs, mais bien d’un choix de modèle de développement ». Lors de son intervention à la Banque mondiale, Judith Suminwa a plaidé pour le redimensionnement du corridor de Lobito. Cette option, qui bénéficie déjà d’un soutien international, consiste notamment à réhabiliter la section ferroviaire Kolwezi–Dilolo, longue de 430 kilomètres, afin de faciliter l’exportation rapide des minerais congolais via le port angolais de Lobito. Une solution jugée pragmatique par certains partenaires, dans un contexte où l’Angola mobilise d’importants financements et expertises pour relancer cet axe stratégique.

Mais cette orientation n’est pas sans conséquences, avertit Samy Badibanga. Selon lui, faire du corridor de Lobito l’axe principal d’évacuation des ressources congolaises reviendrait à externaliser une part importante de la souveraineté économique du pays. Les minerais de la RDC risqueraient alors de continuer à alimenter l’industrialisation d’autres économies, sans transformation locale significative. L’ancien chef du gouvernement insiste : les ressources minières ne doivent pas être réduites à une simple rente à exporter. Elles doivent, au contraire, servir de levier pour structurer une économie nationale intégrée. Cela implique des investissements massifs dans les infrastructures de transport et d’énergie, notamment des voies ferrées performantes, des réseaux routiers, des plateformes multimodales et des centrales hydroélectriques, capables de soutenir à la fois une industrie compétitive et un secteur agricole à grande échelle.

Dans cette perspective, Badibanga met en avant le corridor de Banana, qu’il présente comme une alternative stratégique. Long de 3 300 kilomètres, cet axe pourrait relier plusieurs régions clés du pays, de Kisangani aux Kivu, en passant par le Katanga jusqu’à Kinshasa et favoriser une véritable intégration territoriale. Il permettrait également de développer des chaînes de valeur locales, en misant sur la transformation des matières premières sur le sol congolais.

Cependant, ce projet accuse un retard notable par rapport au corridor de Lobito. Un décalage que l’ancien Premier ministre attribue en partie aux trois décennies de conflits dans l’est du pays, lesquels ont affaibli les capacités d’investissement de l’État et fragilisé la cohésion nationale. Pour l’ex-PM, ce constat renforce justement l’urgence d’investir dans les infrastructures, considérées à la fois comme un moteur de développement mais aussi un outil de sécurité nationale.

Qu’on se le dise. Le temps est un facteur déterminant dans ce dossier. Badibanga souligne que les partenaires internationaux ont déjà orienté des financements significatifs vers le corridor de Lobito. En l’absence d’une stratégie claire et d’un plan décennal ambitieux de désenclavement plaçant Banana au centre, la RDC pourrait voir se développer des corridors économiques échappant à son contrôle direct. Les enjeux, selon lui, sont considérables : création de millions d’emplois, potentiel de centaines de milliards de dollars de PIB supplémentaires, mais aussi préservation de la souveraineté économique du pays. À défaut de décisions structurantes, le risque est celui d’un maintien durable dans un modèle d’exportation brute et de dépendance logistique.

Face à ces choix, Samy Badibanga appelle urgemment à l’organisation d’un large débat national associant les institutions, les experts, le secteur privé, les syndicats et la société civile. L’objectif est de « trancher clairement entre deux options, celle du raccourci pratique incarnée par Lobito, et celle d’un investissement de long terme dans des infrastructures nationales au service de la transformation économique ».

Aux yeux de l’ancien chef du gouvernement, la décision ne peut plus être différée. Elle engage, au-delà des considérations économiques, la capacité du pays à maîtriser son développement et à transformer ses ressources en richesse partagée.

Tribune

– Corridors de Banana et Lobito : ALERTE, l’avenir économique de la RDC en question –

La RDC est-elle en train de perdre son plus puissant levier de développement économique ? Nos minerais ne sont pas seulement une richesse exceptionnelle, ils sont notre principal vecteur de développement économique, d’aménagement du territoire source essentielle de prospérité, de sécurité et de souveraineté à long terme. Ce sont les minerais qui justifient et rentabilisent les investissements dans les infrastructures de transport et énergie, qui eux- mêmes constituent les fondations et la colonne vertébrale de notre développement économique et social.

Il est crucial de comprendre à quel point nous sommes aujourd’hui face à un choix qui déterminera notre avenir économique pour longtemps. Le corridor de Banana est la colonne vertébrale de notre développement économique. Lobito est un axe majeur de développement de l’Angola. Il ne manque au corridor de Lobito que la section ferroviaire de Kolwezi à Dilolo pour rejoindre le rail qui mène au port de Lobito en Angola. Le corridor de Banana, long de 3300 km avance également rapidement, sous l’impulsion du chef de l’Etat, mais accuse un retard notable par rapport à celui de Lobito. Les 30 ans de guerre d’agression à l’est n’y sont pas étrangers.

Dans le monde entier, les activités industrielles se développent toujours le long d’un axe d’infrastructures offrant une haute performance logistique et une énergie à bas coût.

C’est la réalité des plus grands corridors économiques mondiaux en Chine (Yangtsé), aux Etats-Unis (Great lakes) et en Europe (Banane Bleue). Sans infrastructures performantes de transport, il est impossible de développer la production agricole.

Or la RDC est déjà identifiée comme un des 6 pays (Brésil, RDC, Ukraine, Indonésie, Turquie, Australie) pouvant devenir une grande puissance agricole mondiale, à condition de disposer des infrastructures logistiques. Et pour l’énergie, nous avons tout le potentiel nécessaire d’hydroélectricité. Mais ce sont les minerais qui justifient la rentabilité des investissements massifs dans les infrastructures de transport et énergie, telles que les lignes ferroviaires, routes et plateformes multimodales, et les centrales hydroélectriques.

Si tous nos minerais quittent notre territoire vers l’Angola, nous risquons de perdre le levier qui justifie les investissements en infrastructures de transport- logistique et énergie qui permettront le développement industriel national. L’enjeu est immense car il s’agit de millions d’emplois et de centaines de milliards de dollars de PIB et d’investissements. Force est de constater que jusqu’à aujourd’hui, les partenaires internationaux ne se sont intéressés et n’ont financé que le corridor de Lobito. Et il ne s’agit pas seulement d’économie.

Le président de la République a dit le 8 avril que « chaque infrastructure doit être une pierre de plus posée à l’édifice de notre souveraineté économique et de notre puissance nationale ». Le corridor de Banana est la colonne vertébrale des infrastructures nationales, sur lequel pourront progressivement se connecter les autres provinces du pays, notamment Kisangani et les Kivus. Il faut rappeler que c’est l’absence d’infrastructures de transport-logistiques qui est précisément l’une des faiblesses et causes majeures de la guerre de 30 ans à l’Est. L’aménagement du territoire, et les infrastructures sont ainsi la condition sine qua none de notre sécurité et souveraineté.

La priorité à donner à notre développement national par le corridor de Banana mérite par conséquent un véritable débat national réunissant les élus, les économistes et spécialistes des infrastructures, les entreprises et les syndicats. Le risque est considérable puisque l’opportunité historique de saisir le levier de développement par nos minerais s’envole et qu’il va développer les corridors d’industrialisation des pays voisins. Il faut toujours se rappeler que personne ne défendra les intérêts de la RDC à notre place.

Au Katanga, choisir de développer et réhabiliter le rail qui mène de Kolwezi à la frontière angolaise à Dilolo, sur environ 430 km, c’est faire le choix d’une solution temporaire pour l’évacuation des minerais, qui risque de devenir une réalité à long terme.

A la place, construire une voie ferrée performante de Kolwezi au Kasaï, puis vers Kikwit et Kinshasa, c’est faire le choix de disposer de nos propres infrastructures de souveraineté et développe la multimodalité indispensable à la performance d’un corridor, ceci demeure la priorité des priorités, car c’est à partir de ces infrastructures que nous pourrons développer notre agriculture et les industries minières et agroalimentaires, sans compter la valeur ajoutée d’un secteur logistique puissant. Le général américain Eisenowher disait que «l es amateurs discutent de stratégie, les professionnels parlent de logistique ». Ouvrons sans tarder le débat de la logistique et mettons en œuvre en priorité un véritable plan décennal de développement de corridor économique et industriel sur notre territoire.

Samy BADIBANGA

Ancien Premier ministre

316 Vues
3 mai 2026
À la UneTribunes

Réformer la Constitution en RDC : une nécessité historique et souveraine (Tunda Ya Kasende)

by admin9775 31 mars 2026

Un débat intense anime actuellement la République démocratique du Congo autour de l’opportunité de réviser ou de remplacer la Constitution du 18 février 2006. Cette discussion, loin d’être anodine, engage l’avenir institutionnel, politique et social de notre pays.

J’interviens dans ce débat à double titre : d’une part, en tant que témoin direct ayant participé aux assises de Sun City en février 2002, qui ont jeté les bases de cette loi fondamentale ; d’autre part, en tant que chercheur dont les travaux doctoraux ont porté sur la souveraineté et la gouvernance de la RDC.

Sur le plan des principes, rien, ni en théorie du droit ni en philosophie juridique, n’interdit à un État souverain de modifier ou de remplacer sa Constitution. Il serait d’ailleurs contraire à la logique démocratique qu’une génération impose indéfiniment ses choix aux suivantes. Comme le rappelle l’adage latin « Nemo populum in perpetuum obligare potest » : nul ne peut engager un peuple pour toujours. Toute réflexion sur une réforme constitutionnelle devrait s’inscrire dans cette évidence.

La RDC doit aujourd’hui adapter ses institutions à ses réalités propres. Son histoire, sa diversité ethnique et linguistique, l’étendue de son territoire, ses traditions de résolution des conflits — notamment sous l’arbre à palabres — ainsi que ses défis de développement exigent une approche contextualisée de la démocratie. Faute de quoi, nous risquons de fragiliser davantage notre souveraineté, notamment face aux intérêts extérieurs attirés par nos immenses ressources.

Il convient également de rappeler que la Constitution de 2006 est née d’un compromis entre anciennes forces belligérantes issues du dialogue intercongolais. À ce titre, elle peut être perçue comme une « Constitution des belligérants », façonnée dans un contexte de sortie de crise, avec l’implication d’acteurs étrangers.

Or, les objectifs assignés à cette Constitution n’ont pas été pleinement atteints. La paix reste fragile, particulièrement dans l’Est du pays, en proie à des conflits persistants. L’unité nationale demeure également inachevée, tandis que certaines entités échappent encore au contrôle effectif des institutions légitimes.

Sur le plan institutionnel, la complexité et le coût élevé de l’appareil étatique constituent un frein au développement. L’abondance des structures administratives et politiques, ainsi que l’importance des effectifs institutionnels, pèsent lourdement sur les ressources nationales. À titre de comparaison, des institutions plus légères ont, par le passé, permis l’adoption de réformes structurantes dans des domaines clés comme les mines, les investissements ou les forêts.

Dès lors, la RDC doit assumer pleinement son destin en se dotant d’un modèle de gouvernance adapté à ses réalités. Une réforme constitutionnelle bien pensée pourrait insuffler une nouvelle dynamique, en levant les blocages institutionnels et en favorisant l’émergence d’un État plus efficace, stable et prospère.

L’histoire constitutionnelle comparée montre que de telles réformes peuvent être décisives. En France, par exemple, les transitions vers les IVe et Ve Républiques ont permis de refonder l’État à des moments critiques de son histoire.

Depuis son accession au pouvoir, Félix Tshisekedi a manifesté sa volonté de répondre aux attentes de la population, notamment sur les plans sécuritaire, économique et social. Toutefois, face à l’ampleur des défis — en particulier dans l’Est du pays — des ajustements juridiques et politiques s’avèrent nécessaires pour accompagner efficacement les efforts de reconstruction et de développement.

En définitive, toute réforme constitutionnelle doit être portée par la volonté souveraine du peuple congolais, à l’abri de toute ingérence extérieure. Il ne s’agit pas d’un exercice académique, mais d’une réponse concrète aux aspirations profondes de la nation.

Dans cette perspective, il est essentiel que les Congolais se rassemblent autour d’une vision commune, orientée vers la construction d’un État plus juste, plus fort et véritablement au service de son peuple.


Maître Tunda ya Kasende Célestin (PhD)
Professeur et chercheur
Vice-Premier ministre honoraire et ancien ministre de la Justice

414 Vues
31 mars 2026
À la UneTribunes

Infractions numériques en RDC : Me Honoré Mvula Kabala appelle à renforcer les bases techniques de la justice digitale

by admin9775 5 mars 2026

La récente communication du ministre de la Justice relative à la mise en œuvre des poursuites en matière d’infractions numériques marque une volonté claire de l’exécutif congolais de renforcer la lutte contre les abus commis sur les réseaux sociaux. L’initiative vise notamment à poursuivre systématiquement des faits tels que la diffusion de fausses informations, la diffamation, les injures, le harcèlement en ligne ou encore l’incitation à la haine.

Cette démarche traduit une préoccupation légitime : le cyberespace congolais ne peut constituer une zone de non-droit. Les libertés fondamentales, tout comme les responsabilités juridiques, doivent s’y appliquer avec la même exigence que dans l’espace physique. La protection de la dignité humaine, de la réputation des citoyens et de l’ordre public demeure une obligation pour l’État.

Cependant, l’efficacité d’une telle politique répressive ne saurait reposer uniquement sur l’affirmation d’une volonté politique, aussi déterminée soit-elle. En matière numérique, la question centrale reste celle de la preuve : son authenticité, son intégrité et sa traçabilité.

Dans l’environnement digital, les contenus peuvent être modifiés, manipulés ou supprimés avec une grande facilité. Dès lors, toute action judiciaire doit s’appuyer sur des mécanismes techniques solides permettant de garantir la fiabilité de la preuve électronique. Sans ces garanties, les procédures risquent de se heurter à des fragilités probatoires susceptibles d’affaiblir l’action publique devant les juridictions.

À cet égard, le Code du numérique de la République démocratique du Congo prévoit déjà plusieurs instruments structurants. Parmi eux figurent notamment l’autorité de certification ainsi que les dispositifs d’authentification sécurisée. Ces mécanismes ne sont pas accessoires : ils constituent le socle de la sécurité juridique dans l’écosystème numérique.

Une infrastructure de confiance numérique pleinement opérationnelle permettrait notamment d’assurer la certification des identités numériques, la fiabilité des signatures électroniques et la conservation sécurisée des preuves digitales. Autant d’éléments indispensables pour garantir que les poursuites engagées reposent sur des bases techniques incontestables.

La question dépasse donc le simple cadre de la répression. Elle renvoie à un enjeu plus large : celui de la souveraineté numérique de l’État congolais. Affirmer cette souveraineté implique non seulement de rappeler l’application de la loi dans l’espace numérique, mais aussi de mettre en place les infrastructures technologiques et institutionnelles capables d’en assurer l’effectivité.

Cela suppose également un investissement important dans la formation spécialisée des magistrats, des enquêteurs et des experts appelés à traiter les infractions numériques. La maîtrise des techniques de collecte, de conservation et d’analyse de la preuve électronique devient aujourd’hui une condition essentielle pour garantir l’efficacité de la justice dans l’univers digital.

De la même manière, la coopération internationale doit être renforcée afin de faire face aux infractions commises depuis l’étranger, phénomène fréquent dans le domaine du cybercrime.

La lutte contre la cybercriminalité constitue donc un chantier complexe qui exige une approche globale. Elle ne peut se limiter à l’énoncé de sanctions ou à la multiplication des poursuites. Elle doit s’inscrire dans une stratégie cohérente associant cadre juridique, infrastructures technologiques et renforcement des capacités institutionnelles.

C’est à cette condition que la répression des infractions numériques pourra s’exercer dans le respect du principe de légalité, de proportionnalité des peines et des droits de la défense, tout en garantissant une protection efficace des citoyens dans l’espace numérique.

Me Honoré Mvula Kabala
Chercheur en droit du numérique.

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5 mars 2026
À la UneTribunes

François Rubota : « Vingt ans après, repenser l’esprit de la Constitution du 18 février 2006 »

by admin9775 21 février 2026

Vingt ans après sa promulgation, la Constitution du 18 février 2006 continue d’alimenter débats et interrogations en République démocratique du Congo. À l’occasion de son vingtième anniversaire, célébré ce 18 février 2026, l’acteur politique François Rubota dresse un bilan critique de ce texte fondamental, adopté dans l’espoir de tourner la page d’une longue séquence de crises institutionnelles.

Depuis l’indépendance, proclamée le 30 juin 1960, le pays a connu des turbulences politiques récurrentes, marquées par la contestation de la légitimité des institutions et de leurs dirigeants. Cette instabilité a culminé durant les guerres ayant ravagé le territoire entre 1996 et 2003. C’est dans ce contexte que les forces politiques et sociales congolaises, réunies dans le cadre du Dialogue intercongolais, ont signé l’Accord global et inclusif le 17 décembre 2002 à Pretoria, en Afrique du Sud. Cet accord ouvrait la voie à un nouvel ordre politique fondé sur une Constitution démocratique, destinée à permettre au peuple de choisir souverainement ses dirigeants à travers des élections libres, pluralistes, transparentes et crédibles.

Quatre résultats majeurs étaient attendus de cette nouvelle architecture institutionnelle : mettre fin aux guerres récurrentes, résoudre la crise de légitimité, assurer l’alternance par des élections régulières et crédibles, et engager la reconstruction du pays.

Deux décennies plus tard, François Rubota estime que ces objectifs ne sont que partiellement atteints. Selon lui, l’esprit de la Constitution a été fragilisé par des violations répétées. Il observe que la RDC demeure confrontée à une guerre persistante, notamment dans sa partie orientale, ce qui traduirait l’incapacité du cadre constitutionnel à prévenir durablement les prises de pouvoir par la force.

Sur le plan politique, les cycles électoraux successifs n’ont pas mis un terme aux contestations. Les scrutins, comme les institutions qui en sont issues, continuent d’être remis en cause par une partie de la classe politique et de l’opinion, entretenant la crise de légitimité que la Constitution ambitionnait de résorber.

Dans l’Est du pays, malgré les efforts de reconstruction entrepris après les conflits successifs, la situation sécuritaire et humanitaire reste préoccupante. Pour François Rubota, ce constat illustre l’écart entre les promesses initiales du pacte constitutionnel et leur mise en œuvre effective.

Il s’interroge également sur l’application de l’article 64, qui consacre le devoir de tout citoyen de faire échec à toute prise de pouvoir par la force ou à l’exercice du pouvoir en violation des dispositions constitutionnelles. À ses yeux, la responsabilité de la classe politique est engagée dans la persistance des crises. Il estime en substance que si la gouvernance politique était plus respectueuse des principes constitutionnels, le pays ne serait pas plongé dans une insécurité durable.

Alors que certains évoquent l’idée d’une « conférence de Berlin 2 » pour redéfinir les équilibres territoriaux et que d’autres appellent à un nouveau dialogue global et inclusif, François Rubota rappelle que les conclusions de l’Accord de Pretoria ayant conduit à l’adoption de la Constitution actuelle ne sont, selon lui, pas respectées dans leur esprit.

Parvenue à ce qu’il qualifie de « majorité d’âge » constitutionnelle, la Loi fondamentale pourrait, selon lui, faire l’objet d’une réforme afin de mieux s’adapter aux réalités contemporaines du pays. Il cite notamment la révision de 2011 ayant instauré l’élection présidentielle à un seul tour, une disposition qu’il juge aujourd’hui sujette à débat.

Par Pascal Kabeya
CONGO PUB Online

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21 février 2026
À la UneTribunes

20 ans de la Constitution : Olivier Kamitatu défend l’esprit du texte et accuse ses fossoyeurs

by admin9775 19 février 2026

Promulguée le 18 février 2006 par l’ancien président Joseph Kabila, à l’issue d’un référendum crédité de 84,31 % de suffrages favorables, la Constitution de la République démocratique du Congo célèbre aujourd’hui ses 20 ans.

Président de l’Assemblée nationale durant la transition (2003-2006), Olivier Kamitatu fut l’une des figures de proue de l’élaboration de cette loi fondamentale, issue des travaux du Dialogue intercongolais de Sun City.

Dans une tribune publiée ce 18 février, il est revenu sur les fondements et l’esprit du texte, estimant que la Constitution n’a pas failli, mais que ceux chargés de la faire respecter l’ont trahie.

« Celui qui veut changer la Constitution de 2006 ne veut pas améliorer la République. Il veut se débarrasser des limites que la République lui impose. On ne change pas les règles du jeu quand on a perdu la confiance du peuple. On rend les clés. »,

« Il faut le dire sans détour : la Constitution de 2006 n’a pas échoué. Ce sont ceux qui devaient l’appliquer qui ont trahi », écrit l’ancien ministre du Plan.

Dans un argumentaire pédagogique, il énumère les écarts entre les principes consacrés par la loi fondamentale et leur mise en œuvre par les régimes successifs. Il rappelle que la Constitution consacre la séparation des pouvoirs, alors que la pratique aurait instauré leur confusion. Elle prévoit la rétrocession de 40 % des recettes nationales aux provinces, mais celles-ci recevraient, selon lui, moins de 10 %. Elle proclame le caractère sacré de la personne humaine, tandis que les réalités évoquent massacres, misère et impunité. Elle institue un Premier ministre chargé de conduire la politique de la Nation, mais la pratique en aurait fait un simple exécutant de la présidence.

Dans la suite de sa tribune, l’actuel directeur de cabinet de Moïse Katumbi a également évoqué la fin du second mandat de l’ancien chef de l’État « Il fut grand, aussi, lorsque après avoir caressé la tentation de se maintenir au pouvoir au-delà du terme constitutionnel il a entendu le refus du peuple et n’a pas forcé le destin. D’autres, sur ce continent et ailleurs, ont fait ce choix funeste. Lui ne l’a pas fait. Et ce renoncement, quelles qu’en aient été les circonstances, mérite d’être inscrit à son crédit. »

Proche de Moïse Katumbi, Olivier Kamitatu dénonce une gouvernance qu’il qualifie de « petit despotisme », estimant que le problème ne réside pas dans le texte lui-même, mais dans le non-respect du serment constitutionnel par ceux qui exercent le pouvoir.

Il revient également sur l’épisode de 2015, lorsque, avec ses collègues du G7, il s’était opposé aux velléités de maintien au pouvoir de Joseph Kabila au-delà de ses deux mandats constitutionnels. Révoqué de ses fonctions de ministre du Plan, il dit avoir assumé ce choix comme un honneur. Il cite notamment Pierre Lumbi, Charles Mwando, Dieudonné Bolengetenge, Jean-Claude Kibala, Sama Lukonde et Moïse Katumbi parmi ceux qui avaient refusé de cautionner une révision jugée anticonstitutionnelle.

Il évoque aussi les mobilisations citoyennes qui ont coûté la vie à plusieurs jeunes Congolais, citant notamment Rossy Tshimanga et Thérèse Kapangala, tombés, selon lui, pour défendre l’intangibilité de l’article 220.

Le débat sur une éventuelle révision constitutionnelle demeure d’actualité. L’actuel chef de l’État, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, autrefois farouche opposant à toute modification destinée à prolonger le mandat présidentiel, avait évoqué fin 2024 la possibilité d’amender ou de revoir la Constitution, qu’il qualifiait d’« œuvre conçue à l’étranger ». Il avait annoncé la mise en place d’une commission pluridisciplinaire chargée d’examiner l’opportunité d’un tel changement, une initiative compliquée par la guerre impliquant l’Alliance Fleuve Congo/M23 dans l’est du pays.

Vingt ans après sa promulgation, la Constitution congolaise demeure ainsi au cœur du débat politique national, entre défense de son esprit originel et interrogations sur son adaptation aux défis contemporains.

Par Marc Etumba, correspondant à Kinshasa
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399 Vues
19 février 2026
À la UneTribunes

RDC – Rwanda – ONU : analyse critique et réflexion politique parÉric KambaAuteur-Chercheur  et Géostratège

by admin9775 9 janvier 2026

La crise sécuritaire à l’Est de la République démocratique du Congo n’est plus une tragédie oubliée ni un conflit « complexe » sans responsables identifiables. Les faits sont aujourd’hui établis, documentés et reconnus au plus haut niveau international, notamment par le Conseil de sécurité de l’ONU. Pourtant, malgré deux résolutions claires et successives, l’agression se poursuit, les morts s’accumulent, les déplacés se comptent par millions, et l’impunité demeure.

1. Deux résolutions onusiennes sans ambiguïté… mais sans effet coercitif

La Résolution 2773 (février 2025) marque un tournant politique majeur. Pour la première fois de manière unanime, le Conseil de sécurité :
   •   exige le retrait immédiat des troupes rwandaises du territoire congolais,
   •   condamne explicitement l’offensive du M23 et la prise de villes stratégiques,
   •   demande au Rwanda de cesser tout soutien militaire aux rebelles, sur la base de rapports concordants d’experts de l’ONU,
   •   confie à la MONUSCO un rôle dans l’application d’un futur cessez-le-feu,
   •   soutient les efforts régionaux menés par l’Union africaine, la SADC et la Communauté d’Afrique de l’Est.

En décembre 2025, la Résolution 2808 prolonge le mandat de la MONUSCO et réitère mot pour mot les exigences de la résolution précédente, tout en constatant l’échec du cessez-le-feu et l’intensification des combats. Autrement dit : le Conseil de sécurité sait, condamne, mais ne contraint pas.

2. Doha : un accord vidé de sa substance par les faits

Le processus de Doha, signé sous médiation qatarie entre le gouvernement congolais et le M23/AFC, devait ouvrir la voie à une désescalade. Or, sur le terrain, les avancées rebelles ont continué, rendant l’accord fragile, voire illusoire.

L’expression « ne plus revenir sur Doha » traduit une lassitude légitime :
   •   lassitude face à des accords signés puis violés,
   •   lassitude face à une diplomatie circulaire où l’agresseur gagne du temps pendant que les civils paient le prix du sang.

Les résolutions onusiennes sont claires : les mécanismes existants doivent être appliqués, pas renégociés indéfiniment pendant que l’occupation progresse.

3. Pourquoi l’ONU ne contraint-elle pas le Rwanda ?

Trois raisons structurelles expliquent cette impuissance apparente :

a) Une ONU sans bras armé souverain

L’ONU ne dispose pas d’une armée propre. Toute action coercitive dépend d’un mandat robuste du Conseil de sécurité, souvent paralysé par des intérêts géopolitiques divergents entre grandes puissances.

b) Un conflit régional instrumentalisé

Le soutien rwandais au M23 est établi, tout comme l’existence d’acteurs armés congolais tels que les FDLR, souvent utilisés comme prétexte sécuritaire par Kigali. Cette complexité est exploitée pour diluer les responsabilités.

c) Une MONUSCO affaiblie

La MONUSCO opère avec :
   •   des moyens limités,
   •   un mandat politiquement contraint,
   •   une hostilité croissante sur le terrain,
ce qui la transforme davantage en force de contention qu’en instrument de dissuasion.

4. La responsabilité écrasante des États-Unis et de la communauté internationale

Le point le plus troublant – et le plus grave – réside dans l’attitude des États-Unis.
Washington a désigné publiquement et sans ambiguïté le Rwanda comme force motrice derrière le M23. Dès lors, une question s’impose :

Pourquoi cette reconnaissance politique ne se traduit-elle pas par une action ferme ?

Sous une administration se revendiquant de la force, de la dissuasion et du rapport de puissance, notamment celle de Donald Trump, l’argument du « manque de leviers » ne tient pas.
Les États-Unis disposent :
   •   de leviers diplomatiques,
   •   de leviers financiers,
   •   de leviers sécuritaires,
   •   et d’un pouvoir de sanctions ciblées redoutablement efficace.

Pourquoi ces outils ont-ils été utilisés contre le Venezuela, l’Iran ou la Russie, mais jamais sérieusement contre le Rwanda, malgré des résolutions onusiennes violées et des crimes documentés ?

5. Une guerre injuste, des crimes massifs, un silence complice

La guerre imposée à la RDC n’est pas une fatalité africaine. C’est une agression caractérisée, aux conséquences humaines dramatiques :
   •   milliers de morts,
   •   millions de déplacés,
   •   violences sexuelles systématiques,
   •   pillage organisé des ressources,
   •   destruction du tissu social.

Face à cela, le silence, l’inaction ou la prudence diplomatique excessive deviennent une forme de complicité.

Conclusion : taper sur la table ou assumer l’histoire

Le Rwanda défie ouvertement les résolutions de l’ONU.
L’ONU constate mais n’impose pas.
Les États-Unis savent mais hésitent.
La communauté internationale observe pendant que le Congo saigne.

Il est temps de poser une vérité simple et dérangeante :
si le droit international ne s’applique pas quand un pays africain est agressé, alors ce droit devient un outil sélectif, vidé de toute crédibilité.

Mettre fin à cette guerre ne relève plus de la diplomatie de communiqués, mais d’un choix politique clair.
L’histoire jugera sévèrement ceux qui, ayant le pouvoir d’arrêter l’injustice, auront choisi de ne pas « taper sur la table ».
Éric Kamba
Auteur – Chercheur – Géostratège
Analyste des questions africaines et des relations internationales.”

443 Vues
9 janvier 2026
À la UneTribunes

La Face cachée du Conclave de Nairobi : Sauvons le Rwanda ( Tribune de Julien Paluku)

by admin9775 3 novembre 2025

Depuis l’agression de la RDC par le Rwanda avec la présence de ses troupes sur le sol congolais, le Président Kagame n’a jamais été aussi critiqué à l’international.

Depuis l’agression de la RDC par le Rwanda avec la présence de ses troupes sur le sol congolais, le Président Kagame n’a jamais été aussi critiqué à l’international.

De notre mémoire de chercheur sur les questions de la région des grands lacs africains, c’est la première fois depuis le génocide de 1994,l’AFDL-RCD-CNDP-M23(I) que le Président Rwandais est désavoué pour les crimes perpétrés en RDC par ses troupes.

La corde au coup, Paul Kagame a tenté de recruter certains congolais pour chercher à « congoliser la guerre et les affaires ».

Quelques faits majeurs sont à rappeler.

  1. En 2024, l’ambassadrice des USA en RDC a déclaré publiquement ceci: « Nous avons arrêté l’assistance militaire au Rwanda.. »;
  2. Le Département du Trésor des #USA a sanctionné, en février 2025, James Kabarebe, Ministre rwandais de l’intégration régionale pour son rôle dans le conflit;
  3. En février 2025, la Royaume-Uni a pris la décision de suspendre la majorité de son aide financière au Rwanda;
  4. En debut 2025, le gouvernement Belge a annoncé des actions diplomatiques visant à réduire l’accès du Rwanda au financement du développement;
  5. Le 4 mars 2025, le Gouvernement du Canada a annoncé des « restrictions commerciales » avec le Rwanda;
  6. Bien avant, en juillet 2024, 34 pays réunis au sein de l’Assemblée Parlementaire Francophone ont voté une résolution condamnant « l’agression de la RDC par le Rwanda »;
  7. En février 2025, ce qui a enfoncé le clou, c’est la Résolution 2773 du Conseil de Sécurité de l’ONU condamnant directement le soutien des Forces de défense rwandaises(RDF) au M23 et exigeant le retrait immédiat des RDF du territoire Congolais;
  8. En mars 2025,l’Union Européenne a sanctionné des responsables de l’armée rwandaise(RDF) notamment le Général Major Innocent Kabandana et le Général de Brigade Pascal Muhizi pour leur rôle dans le soutien au M23;
  9. Ces échantillons de décisions ont mis à nu la véritable face du Président Kagame qui était connu pour son rôle joué dans la fin du génocide de 1994 en sa qualité de commandant du Front Patriotique Rwandais(FPR). Cette posture de victime-sauveur a aveuglé le monde et il s’en est servi pour commettre des crimes graves et des pillages systématiques des ressources naturelles brandissant la bonne gouvernance. Or, le Rwanda est la pire dictature et le pire des Etats africains en matière de respect des droits de l’homme et des règles démocratiques. Tous les opposants rwandais sont soit en prison soit tués. Même les artistes sont traqués comme le pauvre Kizito Mihigo tué en 2020 pour avoir sorti une chanson qui n’avait pas plu au régime de Kigali;
  10. Face à la montée de la prise de conscience collective au niveau international, grâce au travail réalisé par la RDC, Kagame est dans la tourmente. La preuve:des sorties médiatiques intempestives traduisant l’énervement. Le Régime de Kigali a trouvé que les hommes comme Makenga ne donnent pas une dimension Congolaise à la crise car il est récidiviste,condamné,radié des forces armées et incapable d’asseoir une autorité;
  11. C’est ainsi que,pour essayer de s’y soustraire, Paul Kagame va convaincre un autre acteur à jouer le jeu: un piège tendu ou un deal retrouvé? Sortir tête haute de la crise est l’objectif de Kagame qui se convainc que la présence d’un acteur de ce calibre va rendre la crise congolo-congolaise. D’où l’arrivée à Goma et Bukavu suivie du CONCLAVE DE NAIROBI pour l’opération « SAUVONS LE RWANDA… »;
  12. Et le trouble-fait,c’est le Ministre Rwandais qui, réagissant à l’ouverture de l’aéroport de Goma, réaffirme la mainmise de Kigali alors que son Chef venait de réussir l’opération de sauver le Rwanda.

Ah! On va taper sur quelqu’un…parce qu’il continue même à claironner que la guerre est ethnique.

A Goma, c’est la débandade totale.

Ailleurs, ceux qui se sont appropriés le Conclave roucoulent.

En effet, Chasser le Naturel, Il Revient au Galop.

Julien Paluku Kahongya
Ministre du Commerce Extérieur
Doctorant en Sciences Po/ Unikin

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3 novembre 2025
À la UneTribunes

« tout candidat gouverneur doit d’abord être député provincial » (Une tribune dominicale de Julien Paluku)

by admin9775 7 septembre 2025

Le ministre du Commerce extérieur a proposé une révision des textes de sorte que tout candidat gouverneur en République démocratique du Congo puisse d’abord être député provincial et avoir habité dans la province les cinq dernières années, dans un post publié dimanche sur son compte X, consulté par l’ACP.

« Le Gouverneur est conçu ailleurs et ne vient devant l’Assemblée provinciale que pour la campagne et l’élection. A mon humble avis, une révision des textes est nécessaire et donc la loi sur la libre administration des provinces pour obliger tout candidat Gouverneur d’être d’abord un député provincial et d’avoir habité dans la province les 5 dernières années », écrit-il dans cette tribune.  

Selon cet ancien chef de l’exécutif provincial du Nord-Kivu, le 1er avantage est d’avoir un gouverneur qui connait la province, ses problèmes, ses défis, ses priorités et qui exprime dès le départ, la volonté de travailler en province.

« Beaucoup de Congolais pensent que le niveau provincial est trop bas. Ils préfèrent se présenter à la députation nationale ou aux sénatoriales pour venir ensuite postuler comme Gouverneur. La logique cachée est que le centre d’intérêts est naturellement ailleurs », note-t-il.

Et de poursuivre : « Le 2ème avantage est de provoquer un exode urbain par la renaissance de l’intérêt pour les provinces. Les « élites » qui traînent à Kinshasa vont rentrer en provinces pour joindre leur expertise à celle qui y existe ».

« Mon passage de 21 ans (1998-2019) dans la territoriale conforte ma conviction que le pouvoir se trouve aussi en province et beaucoup l’ignorent. Kinshasa est un fourre-tout hétéroclite où coexistent intérêts financiers, promiscuité, pauvreté », renchérit-il.

Julien Paluku suggère par ailleurs, une autre révision des textes en ce qui concerne la notion de la « Motion » de défiance ou de censure.

A l’en croire, « dans la configuration actuelle de notre démocratie avec un niveau élevé de pauvreté, il faut innover. Ma proposition est de donner plus de responsabilité à la Cour des comptes et à l’Inspection Générale des Finances. En cas de faute de gestion, les bureaux des Assemblées provinciales saisissent ces structures spécialisées qui auront le pouvoir de vérifier et de déférer le fautif devant la justice, ce qui entraînera sa démission d’office ».

Cette démarche, estime-t-il, a pour avantage « d’éviter l’arbitraire et le chantage. Elle permet en outre aux gouverneurs de ne pas se comporter en électrons libres ou intouchables car l’épée de Damoclès reste suspendue sur eux. Cela permettra également aux députés provinciaux de se concentrer sur leurs missions traditionnelles : Représenter la population, Voter les Édits provinciaux qui traduisent les politiques publiques provinciales et Contrôler le gouvernement provincial. En effet, les chantages sur les exécutifs provinciaux les poussent à ne se limiter qu’à protéger leurs postes. D’où l’utilisation abusive des moyens financiers de la province. Dans ces conditions, le débat sur la pertinence ou non des ministres provinciaux devra s’ouvrir. L’existence du Sénat ou non devra faire l’objet des choix politiques au regard du régime politique à définir ».

Pour Docteur Paluku, la retenue des 40% à la source et la Caisse Nationale de Péréquation devront aussi faire l’objet de nouveaux débats.

Loin de lui l’idée de remettre en cause dans sa réflexion les institutions actuelles, cet ancien ministre de l’Industrie réalise que, 20 ans après le référendum de 2005, le peuple congolais est en droit de se poser des questions et d’évaluer ses décisions. « Même l’enfant né il y a 20 ans a subi des adaptations et des traitements pour survivre. Si les gouvernants, toutes Institutions confondues, tardent, depuis 2006, à exécuter collectivement les prescrits de la Constitution, ce qu’il y a un problème à identifier : l’homme ou le texte? La Nation doit en parler. Le copier-coller de l’Occident qui nous a trop aliénés s’exécute dans un environnement totalement différent. Tout repose sur la gouvernance politique et administrative », conclut-il.

Cet ancien gouverneur du Nord-Kivu reconnait certes, que l’architecture constitutionnelle depuis 2006 en RDC, dispose qu’un gouverneur est élu au sein ou en dehors de l’Assemblée Provinciale.    

L’architecture constitutionnelle depuis 2006 dispose qu’un Gouverneur est élu au sein ou en dehors de l’Assemblée Provinciale. Voilà le premier biais car le plus souvent le Gouverneur est conçu ailleurs et ne vient devant l’Assemblée que pour la campagne et l’élection. A mon humble avis, une révision des textes est nécessaire et donc la loi sur la libre administration des provinces pour obliger tout candidat Gouverneur d’être d’abord un Député Provincial et d’avoir habité dans la province les 5 dernières années.

ACP

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7 septembre 2025
À la UneTribunes

Nangaa, le Judas des temps modernes (Tribune Monsenepwo)

by admin9775 4 septembre 2025

Il y a des silences qui honorent et des paroles qui condamnent. Corneille Nangaa, lui, a choisi de s’enfoncer dans l’infamie par la parole. Hier encore, il a osé accuser le président Félix Tshisekedi de tribaliste, comme si le mensonge, répété avec arrogance, pouvait devenir vérité.

Or, jamais aucun rapport crédible, ni national ni international, n’a associé le chef de l’État congolais à une quelconque ségrégation tribale. Au contraire, les rapports successifs du Groupe d’experts de l’ONU sur la RDC (2022, 2023, 2024), ceux de Human Rights Watch et d’Amnesty International, désignent clairement les alliés de Nangaa, le M23 soutenu par le Rwanda, comme responsables de massacres à caractère ethnique dans l’est de la RDC.

En juin 2022 à Kishishe, plus de 300 civils, majoritairement swahiliphones, furent exécutés en quelques jours, selon les Nations unies. Depuis la prise de Bunagana, plus de 10 000 Congolais ont été tués et des milliers d’autres ensevelis dans des fosses communes. Voilà la réalité ! Pendant que Félix Tshisekedi œuvre à unir le pays et à défendre son intégrité, c’est Nangaa et ses maîtres à penser qui signent chaque jour l’acte de décès des Congolais de l’est.

Alors, qui est le vrai meurtrier ? Qui est le vrai tribaliste ? Celui qui gouverne au nom de tous, ou celui qui pactise avec des forces étrangères pour exterminer une partie du peuple ?

– La pseudo-rébellion, une fuite en avant personnelle –

Nangaa aime se présenter en visionnaire politique, mais son histoire n’est qu’un enchaînement de frustrations égoïstes : Après la crise FCC-CACH, il avait supplié pour rempiler à la tête de la CENI. Rejeté ; Kabila lui avait offert deux mines d’or en Ituri ; quand le cadastre minier lui réclama des titres, il prit peur ;
Il avait exigé une médaille de l’Ordre national des héros. Refusé ; Il redoutait les enquêtes de la Cour des comptes sur le milliard de dollars dilapidé à la CENI.

Voilà le moteur de sa rébellion : la peur de rendre des comptes, le refus d’être un citoyen ordinaire. Pas d’idéologie. Pas de conviction. Juste la corruption élevée en doctrine.

– Un otage sous contrôle de Kigali –

Aujourd’hui, Corneille Nangaa n’est plus un homme libre. Ses téléphones, ses mouvements, même ses discours sont sous le contrôle de Kigali. Il vit dans une prison à ciel ouvert et récite, comme un perroquet fatigué, la partition écrite par d’autres. Quand il parle de “territoires libérés” au Nord et au Sud-Kivu, il confesse involontairement la vérité : ces territoires ont été libérés de leurs populations autochtones, massacrées, violées, déplacées par centaines de milliers. C’est une épuration ethnique documentée par l’ONU et par le Conseil de sécurité.

– Nanga Le faux prophète –

Pour justifier sa trahison, Nangaa convoque la bible. Mais, il ne ressemble pas au prophète qu’il prétend être. Il est l’Ananias de notre temps, celui qui a menti à la communauté et vendu son âme pour quelques pièces d’or. Comme Judas, il a livré son peuple à ses bourreaux. La parole de Dieu ne l’exonère pas. Elle le condamne davantage.

– Le piège Mbeki et la colère de Nangaa –

Son amertume vient aussi de l’échec du plan monté avec Thabo Mbeki : faire passer la RDC pour un État incohérent aux yeux du Qatar et des États-Unis, afin de torpiller les soutiens stratégiques à notre pays. Mais Félix Tshisekedi a été clair. Aucun dialogue avec des Congolais inféodés. Et voilà pourquoi Nangaa éructe : parce que son piège a échoué, parce que sa duplicité est exposée.

– En guise de Conclusion –

Corneille Nangaa n’est pas un opposant. Il n’est pas un rebelle. Il n’est pas un visionnaire.
Il est un pantin de Kigali, un traître aux mains sales, un Judas des temps modernes. Sa bouche insulte, mais ses mains dégoulinent du sang de Kishishe, de Bunagana, de Rubaya. Son nom n’est pas écrit dans les pages de l’histoire des libérateurs, mais gravé dans le registre sombre des traîtres.

Au lieu de traiter Félix Tshisekedi de tribaliste, qu’il réponde à une seule question : Qui, de lui ou du président de la République, est cité dans les rapports de l’ONU comme complice de massacres ethniques dans l’est ?

L’Histoire a déjà rendu son verdict. Corneille Nangaa est un traître. Et les traîtres, comme Judas, finissent toujours dans l’oubli et l’opprobre.

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4 septembre 2025
À la UneTribunes

Pourquoi toujours des conférences sur l’Afrique ? (Une tribune de Julien Paluku)

by admin9775 24 août 2025

Le Docteur Julien Paluku Kahongya, ministre de l’Industrie de la RDC, a partagé ce dimanche une réflexion approfondie sur la multiplication des conférences internationales dédiées à l’Afrique, depuis sa participation à la TICAD9 au Japon.

À mon arrivée au Japon pour la TICAD9, une question m’a habité : pourquoi tant de conférences et de sommets dédiés à l’Afrique ? États-Unis-Afrique, Russie-Afrique, Chine-Afrique, Inde-Afrique, Japon-Afrique… La liste est longue, et beaucoup s’interrogent sur les motivations réelles de cet engouement soudain.

Deux agendas structurants pour un continent convoité

Pour lui, l’explication réside dans la position stratégique que occupe désormais l’Afrique, tiraillée entre deux feuilles de route mondiales :

  1. L’Agenda 2030 de l’ONU, centré sur les 17 Objectifs de Développement Durable (ODD).
  2. L’Agenda 2063 de l’Union Africaine, une vision ambitieuse qui vise à faire de l’Afrique une puissance mondiale prospère, unie et pacifique à l’horizon de son centenaire.

C’est cette dynamique, couplée à l’immense potentiel économique et démographique du continent – un marché de 1,4 milliard de consommateurs – qui attire toutes les convoitises.

Mais que cherchent réellement les puissances étrangères ?

Derrière les beaux discours de partenariat se cachent des intérêts multiples :

  • Des enjeux économiques colossaux : accès aux marchés, aux minerais critiques, aux terres rares.
  • Une bataille d’influence géopolitique : chaque sommet est l’occasion d’étendre sa sphère d’influence.
  • Une compétition stratégique : la course à l’Afrique est ouverte, et personne ne veut être left behind.

Dans ce grand jeu, quelle doit être la posture de l’Afrique ?

Certes, ces sommets offrent des opportunités : financements, transferts de technologie, diversification des partenariats. Mais le piège serait d’accepter des solutions importées, inadaptées à nos réalités locales. Le copier-coller serait une erreur fatale.

La vraie réponse doit venir de nous. L’Afrique doit :

  • Définir clairement ses priorités, en s’appropriant l’Agenda 2063 comme boussole.
  • Combattre ses propres démons : corruption, mauvaise gouvernance, manque de vision.
  • Négocier en position de force, en unité et en lucidité.

Les conférences internationales ne sont pas des passe-temps diplomatiques. Elles peuvent être des accélérateurs de développement, à condition que nous abordions ces rendez-vous avec une vision claire, une stratégie négociatrice et la volonté inflexible de défendre nos intérêts.

Le temps n’est plus aux discours. Il est à l’action. À nous de jouer.

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