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Corée du Sud: le Parlement destitue le président Yoon Suk-yeol

by Sam's Londele 14 décembre 2024
written by Sam's Londele

Le Parlement sud-coréen a adopté samedi une motion de destitution contre le président Yoon Suk-yeol, pour sa tentative ratée d’imposer la loi martiale le 3 décembre.

Un total de 204 députés ont voté en faveur de la motion et 85 contre. Trois élus se sont abstenus et huit bulletins ont été déclarés nuls, selon le résultat annoncé par le président de la chambre.

Des dizaines de milliers de manifestants massés à l’extérieur de l’Assemblée nationale en attendant le vote ont explosé de joie à l’annonce du résultat. Près de 80% des sud-coréens réclamaient la destitution du président Yoon après sa tentative de coup de force militaire raté le 3 décembre. La crise politique est toute fois loin d’être terminée, rapporte notre correspondant à Séoul, Célio Fioretti.

Yoon Suk-yeol est désormais suspendu, en attendant que la Cour constitutionnelle valide ou non sa destitution. Elle dispose pour cela de 180 jours. L’intérim sera assuré par le Premier ministre Han Duck-soo. « J’ai le cœur lourd. Je vais mobiliser toutes mes forces (…) pour assurer une gouvernance stable », a-t-il déclaré aux journalistes. Si la Cour confirme la destitution, Yoon Suk-yeol deviendra le deuxième président de l’histoire de la Corée du Sud à subir ce sort, après Park Geun-hye en 2017.

Mais il existe aussi un précédent de destitution votée par le Parlement puis invalidée deux mois plus tard par la Cour constitutionnelle : celle de Roh Moo-hyun en 2004.

L’impopulaire président Yoon, 63 ans, avait sidéré la Corée du Sud en imposant dans la nuit du 3 au 4 décembre la loi martiale et en envoyant l’armée au Parlement pour empêcher les députés de s’y réunir.

« La destitution d’aujourd’hui est la grande victoire du peuple et de la démocratie », s’est félicité Park Chan-dae, chef du groupe du Parti démocrate, la principale force d’opposition au Parlement.  L’imposition de la loi martiale « est une violation claire de la Constitution et une grave infraction à la loi », avait déclaré Park Chan-dae à la tribune avant le scrutin. « Yoon Suk-yeol est le cerveau de cette rébellion ». « Je vous demande instamment de voter en faveur de la destitution afin de laisser une leçon historique selon laquelle ceux qui détruisent l’ordre constitutionnel devront rendre des comptes », avait-il poursuivi.

RFI via CONGO PUB Online

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À la UneProvince

Jacquemin Shabani ordonne la réhabilitation du bourgmestre de Fungurume suspendu par Fifi Masuka

by Sam's Londele 14 décembre 2024
written by Sam's Londele

Rebondissement dans l’affaire de la suspension de Lesaint Kaleng, bourgmestre de la commune de Fungurume, dans la province du Lualaba. Dans un télégramme daté du 12 décembre, le vice-Premier ministre et ministre de l’Intérieur, Jacquemin Shabani, demande à la gouverneure du Lualaba, Fifi Masuka, de retirer son arrêté portant suspension du bourgmestre.

Dans le même télégramme, Jacquemin Shabani convoque la gouverneure Fifi Masuka à son bureau à Kinshasa, dès réception de cette correspondance.

Pour rappel, la gouverneure du Lualaba avait suspendu Lesaint Kaleng, l’accusant d’indiscipline, d’insubordination et de détournement de fonds publics, notamment des redevances minières.

RADIO OKAPI via CONGO PUB Online

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À la UneSociété

Exécution de l’opération « Ndobo » : des inspecteurs de la police annoncés sur terrain pour veiller au respect des droits humains

by Sam's Londele 14 décembre 2024
written by Sam's Londele

Les inspecteurs de la Police Nationale Congolaise seront déployés sur terrain dès le début de la semaine prochaine, dans le cadre de l’opération « Ndobo » visant à lutter contre le banditisme urbain en République démocratique du Congo.

L’inspecteur général de la Police, le Commissaire divisionnaire principal Philémon Patience Mushid Yav, l’a annoncé, le jeudi 12 décembre, à l’occasion d’un briefing d’orientation avec l’équipe qui sera dépêchée dans les rues de Kinshasa.

L’objectif de cette mission sera d’accompagner le Commissariat provincial de la Police, ville de Kinshasa, dans l’exécution de l’opération « Ndobo ». Pour l’Inspection générale de la police, il sera notamment question de veiller au respect des droits humains par les policiers mais également à la préservation de l’image de policiers engagés dans la traque des bandits de rues, appelés « Kuluna » à Kinshasa.

Les inspecteurs, a noté Philémon Patience Mushid Yav, seront aussi déployés, du 20 décembre 2024 au 10 janvier 2025, pour suivre de très près la sécurisation de la population et de ses biens par la police en cette période de festivités de fin d’année.

Soulignant que la République Démocratique du Congo est membre de la Commission des droits de l’homme aux Nations-Unies, ce haut responsable de la Police a convié les inspecteurs à la bonne collaboration avec les unités déjà engagées sur terrain pour la même cause. Aussi les a-t-il appelés à la discipline et à la fermeté.

Il faut rappeler que l’Inspection Générale de la Police nationale congolaise (IG-PNC) a pour entre autres mission de veiller à l’application stricte, par les policiers, des lois et règlements de la République.

CL

ACTU 30 via CONGO PUB Online

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À la UneSport

Maniema Union – AS FAR : « Nous avons adopté une attitude positive pour essayer d’avoir les premiers trois points » (Papy Kimoto)

by Sam's Londele 14 décembre 2024
written by Sam's Londele

L’Association Sportive Maniema Union, l’un des représentants de la RDC cette saison en ligue des champions de la CAF, est en quête d’une victoire de son histoire en phase de poules de cette compétition africaine.

L’équipe de Kindu (Maniema) tentera de réaliser cet exploit ce samedi 15 décembre 2024 contre l’Association sportive des Forces armées royales au stade des martyrs de la Pentecôte sous le coup de 14 heures de Kinshasa.

L’entraîneur de Maniema Union, qui était devant la presse ce vendredi, a révélé que son équipe s’est préparée à toute éventualité et tous les moyens seront mobilisés pour tenter d’obtenir une première victoire dans ce match de la 3ème journée du groupe B.

« Nous sommes conscients aussi que si nous gagnons, on peut se retrouver en première place. Nous avons mis toutes les batteries en œuvre. On a travaillé tout au long de la semaine avec beaucoup de sérénité, surtout sur les points qui n’ont pas encore marché jusqu’à aujourd’hui. Et je crois que demain, tout ira bien. Tous les matchs servent quand-même à quelque chose, quels que soient les résultats. Nous sommes prêts à toute l’éventualité. On veut vraiment être beaucoup plus présents, surtout en attaque et essayer de marquer tôt. Mais ça reste toujours un match de football. Nous avons adopté une attitude vraiment, je pense, positive pour essayer d’avoir les premiers trois points. Je pense qu’on aura les stylos après le match », a déclaré devant la presse Papy Kimoto, entraîneur de l’AS Maniema Union.

À noter que Maniema Union, qui joue pour la première fois de son histoire une phase des poules de la ligue des champions, compte deux points après matchs joués dans ce groupe B.

Mechack Wabeno

ACTU 30 via CONGO PUB Online

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À la UneSociété

Lutte contre la criminalité à Kinshasa : plus de 780 « Kuluna » jugés en flagrance

by Sam's Londele 14 décembre 2024
written by Sam's Londele

Après leur interpellation, au total 784 présumés bandits urbains sont désormais jugés en flagrance, dans le strict respect des lois de la République. Le ministère de l’Intérieur, en étroite collaboration avec le Commissariat provincial de la Police nationale congolaise ville de Kinshasa , a lancé de nouvelles audiences foraines pour juger les présumés bandits urbains, appelés Kuluna, à travers certains districts de la capitale dans le cadre de l’opération Ndobo.

Cette initiative vise à dissuader quiconque s’adonne à des activités de banditisme et de terrorisme, qui troublent l’ordre public et endeuillent de nombreuses familles. Dans le district de la Funa, à la maison communale de Kalamu, 45 prétendus inciviques sont devant les juges.

Des victimes et témoins de cette audience foraine, partagent leurs expériences tout en encourageant la Police nationale congolaise à intensifier la poursuite de ce genre d’opérations pour traquer tous les autres qui ne sont pas encore arrêtés. Accusés de terrorisme urbain, d’association de malfaiteurs et d’extorsion, ces présumés bandits urbains ont l’occasion de présenter leurs moyens de défense devant les juges.

Le commissaire divisionnaire adjoint Blaise Kilimbalimba, commandant de la Police ville de Kinshasa, reste déterminé à éradiquer ce fléau sur instruction de sa haute hiérarchie, pour que les Kinoise et Kinois vivent en toute sécurité surtout en cette période de fête.

James Arjoun M

ACTU 30 via CONGO PUB Online

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À la UneSociété

Le syndicat de la SNCC plaide pour la mise à la retraite des agents de plus de 65 ans

by Sam's Londele 13 décembre 2024
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 La délégation syndicale de la Société nationale des chemins de fer du Congo (SNCC) a plaidé, jeudi 12 décembre, auprès du vice-Premier ministre chargé des Transports, Jean-Pierre Bemba Gombo, pour la mise à la retraite des agents qui ont atteint l’âge de départ depuis plus de 10 ans.
Ces agents continuent de travailler parce que les fonds pour payer leurs indemnités de sortie ne sont pas disponibles, ont fait savoir les syndicalistes.
Lors de leurs échanges avec Jean-Pierre Bemba, ces membres de la délégation syndicale ont voulu savoir où en est le dossier de la paie de ces agents, dont certains ont plus de 75 ans.
La directrice des ressources humaines, Jenny Luta, qui a fait partie de cette délégation, a affirmé qu’il s’agit de la 2e rencontre en deux mois avec le ministre des Transports, afin de trouver une solution à ce problème qui perdure depuis plusieurs années.  
 « Nous étions ici au mois d’octobre pour poser ce problème très préoccupant pour la SNCC, des agents qui ont déjà atteint et dépasse l’âge de la retraite continuent de travailler. En ce moment-là, le ministre nous avait fait une offre de facilitation auprès de la Banque centrale du Congo pour les fonds qui sont logés chez Afriland Bank, la banque qui est sous sa tutelle pour le moment », a expliqué Jenny Luta.
Selon elle, Jean-Pierre Bemba les a rassurés et a promis de poursuivre les contacts auprès de la Banque centrale et auprès du ministre de la Justice pour trouver une solution en tenant compte du délai butoir de recouvrement des fonds, fixé au 31 décembre 2024.
« Nous espérons qu’avant cette date, nous aurons une suite favorable », a souligné la directrice des ressources humaines de la SNCC, au sortir de l’audience avec vice-Premier ministre chargé des Transports.

RADIO OKAPI via CONGO PUB Online

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À la UneProvince

Kasaï-Oriental : l’Assemblée provinciale déclare le projet d’édit budgétaire 2025 recevable

by Sam's Londele 13 décembre 2024
written by Sam's Londele

Le projet d’édit budgétaire du Kasaï-Oriental pour l’exercice 2025, chiffré à plus de 1233 milliards de francs congolais, soit une augmentation de 200%, par rapport au budget précédent qui était de 364 milliards de francs congolais, a été déclaré recevable par les députés provinciaux réunis en séance plénière, jeudi 12 décembre, à Mbuji-Mayi, chef-lieu de la province.

Lors de la défense de ce projet, le gouverneur Jean-Paul Mbuebua a précisé que ce budget, qui est équilibré en recettes et dépenses, lui permettra d’accomplir son programme d’action.

Après présentation du texte par le gouverneur de province suivie d’un débat houleux, le projet d’édit budgétaire pour l’exercice 2025 a été déclaré à l’unanimité recevable.

Il sied de noter qu’après son adoption, ce projet d’édit a été transmis à la Commission économique, financière et contrôle budgétaire (ECOFIN) pour le toilettage.

Merveille Mpandanjila

ACTU 30 via CONGO PUB Online

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À la UneMonde

Le risque de morcellement plane sur la Syrie post-Assad

by Sam's Londele 13 décembre 2024
written by Sam's Londele

Le régime des Assad en Syrie est tombé ce 8 décembre après plus d’un demi-siècle de règne sans partage. Une nouvelle page s’ouvre pour ce pays dont la libération du joug de la terreur pourrait être synonyme de partition et de divisions.

La rapidité et la facilité avec lesquelles la dictature syrienne s’est effondrée sont déconcertantes. D’aucun se sont interrogés sur le rôle de diverses puissances. Mais il semble que ce soit la Turquie, imprégnée d’une forme de néo-ottomanisme, qui ait été aux avant-postes de cet événement historique qui risque de morceler la Syrie.

« Désormais, nous ne pouvons permettre que la Syrie soit à nouveau divisée […]. Toute attaque contre la liberté du peuple syrien, la stabilité de la nouvelle administration syrienne et l’intégrité de son territoire nous trouvera contre elle aux côtés du peuple syrien », a déclaré le chef de l’État turc Recep Tayyip Erdogan mardi 10 décembre. Une annonce qui peut surprendre, tant Ankara s’est impliqué dans la chute du régime syrien, conscient du risque de dislocation, mais focalisé par la question kurde, en fournissant le matériel et la logistique aux rebelles islamistes de l’Organisation de libération du Levant (HTS) désormais au pouvoir à Damas.

« Un véritable risque que des immixtions étrangères se poursuivent »

« L’un des principaux défis des semaines à venir pour la Syrie sera de maintenir son unité et son intégrité territoriale et sa souveraineté, analyse Karim Émile Bitar, chercheur associé à l’IRIS, spécialiste du Moyen-Orient. Il y a un véritable risque que des immixtions étrangères permanentes se poursuivent, notamment de la Turquie qui a en effet joué un rôle de pointe dans l’écroulement du régime syrien, mais également des interférences israéliennes. »

Car aujourd’hui, le pays est devenu une mosaïque de zones contrôlées par différents groupes. Et toutes les hypothèses sont avancées quant à ce que pourra être la Syrie post-Assad. Si Abou Mohammed al-Joulani, chef du groupe jihadiste HTS, arrive à maintenir l’unité du pays comme il l’a fait à Idleb, en instaurant une forme de totalitarisme islamique, les minorités druzes et alaouites, et le peu de chrétiens encore sur place, risquent d’être poussés vers l’extérieur, ou alors soumis à un régime de contrôle très strict.

« Quant aux Kurdes, note Fabrice Balanche*, spécialiste du Moyen-Orient et maître de conférences à l’Université Lyon 2, je crois que pour eux c’est vraiment très mal parti. [Recep Tayyip] Erdoğan veut les écraser. Et comme HTS est l’instrument d’Erdoğan, ils vont participer à l’élimination du Rojava [Kurdistan syrien, NDLR]. » À moins que les États-Unis se montrent fermes à l’égard de la Turquie et en fassent une ligne rouge.

Mais le plan du président élu Donald Trump est de déléguer, finalement, la gestion de la Syrie à la Turquie. L’Américain incite à ne pas se mêler du « foutoir » syrien, tandis que l’administration du président sortant Joe Biden juge, au contraire, qu’il en va des intérêts vitaux des États-Unis. La chute du régime Assad et l’effondrement de l’axe iranien – qui comprend également le Hamas palestinien, les rebelles houthis au Yémen et des milices en Irak – représente une défaite pour Moscou, allié de Damas depuis l’ère soviétique, mais c’est une victoire pour Washington qui l’espérait depuis 2011.

« Trump va certainement vouloir négocier avec la Russie, note Karim Émile Bitar. On peut même se demander si le fait que la Russie ait lâché le régime d’Assad et n’ait pas opposé la moindre résistance ne fait pas partie d’une sorte de deal. Est-ce que la Russie aurait obtenu quelque chose en contrepartie ? La même question pourrait se poser pour l’Iran, préoccupé essentiellement par la survie de son propre régime. » Selon le quotidien américain Washington Post, les combattants syriens ont reçu environ 150 drones ainsi qu’un autre soutien secret des agents des services de renseignement ukrainiens quelques semaines avant l’avancée des rebelles qui ont renversé Bachar el-Assad.

« Israël savait ce qui allait se produire »

La chute du régime syrien du clan Assad représente aussi une victoire pour Israël. C’est par la Syrie que le Hezbollah libanais – qui a fait la guerre aux côtés de Assad pendant 13 ans contre HTS et les rebelles sunnites – recevait des armes d’Iran. Ces derniers jours, Tel-Aviv s’est employé à détruire méthodiquement toutes les infrastructures de l’armée syrienne, qui demeurait la seule institution pluriethnique du pays (la seule du monde arabe à avoir eu des chefs d’état-major chrétiens) malgré le poids des Alaouites et la corruption. Reste ainsi aujourd’hui uniquement des milices confessionnelles ou ethniques qu’un potentiel futur État central, seul détenteur de la force légitime, risque de ne pas pouvoir démilitariser.

Les rebelles du HTS avaient « salué » le massacre du 7-Octobre et avaient pris fait et cause pour les Palestiniens. Mais dès la prise de pouvoir du HTS à Damas, Joulani a voulu rassurer les États-Unis et Israël sur le fait que « la nouvelle Syrie comprend leurs intérêts ». Aujourd’hui, les dirigeants du HTS sont très prudents et considèrent que l’ennemi principal à leurs yeux est l’Iran.

Israël était-il au courant de la chute imminente du régime de Damas ? Pour Fabrice Balanche, depuis le 7 octobre 2023, les Israéliens se rendent compte qu’ils sont dans une guerre existentielle et qu’il va falloir absolument réagir. La première réaction est d’écraser le Hamas, ensuite de neutraliser le Hezbollah au Liban. « La troisième option, c’était de bombarder l’Iran, mais là, c’était quand même un gros morceau en plus », d’autant que le régime de Téhéran possède des missiles balistiques capables de frapper Israël. « La solution intermédiaire, assez efficace, était de faire tomber le régime syrien pour casser l’axe iranien et empêcher justement le renouvellement du stock d’armes du Hezbollah […]. Les Israéliens savent très bien ce qui se passe de l’autre côté de leurs frontières. Israël savait ce qui allait se produire. »

Le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahu a annoncé dimanche 8 décembre avoir ordonné à l’armée de « prendre le contrôle » de la zone tampon du Golan après la chute du président syrien, affirmant ensuite que la partie du Golan syrien occupée et annexée par Israël appartenait à son pays « pour l’éternité », soit une violation de l’accord de désengagement de 1974 entre Israël et la Syrie. Cette sortie lui a valu une saillie de la part de Téhéran : « Il ne fait aucun doute que ce qui s’est passé en Syrie est le résultat d’un complot des États-Unis et d’Israël », a assuré ce 11 décembre le guide suprême iranien Khamenei.

Un morcellement de la Syrie pourrait profiter à Israël aussi, comme il a profité il y a un siècle à la France quand le général français Henri Gouraud, qui avait proclamé la création du Grand Liban en 1920, a morcelé la Syrie en mosaïque de petits États divisés selon des critères confessionnels. Un élément alors essentiel dans la politique coloniale française au Levant : diviser les territoires pour mieux les contrôler.

« Pour Israël, tout ce qui peut diviser et entretenir une instabilité dans le voisinage permet d’éviter d’avoir un État syrien sunnite fort qui commence à revendiquer le Golan », affirme de son côté Fabrice Balanche. « Il y a encore beaucoup de questions sans réponses à ce stade, mais l’un des principaux risques qui pèsent sur la Syrie est celui de la dislocation, de la fragmentation, en mini États-confessionnels, prévient Karim Émile Bitar. Cette solution ne serait pas viable et pérenne, car il y a en Syrie une très grande imbrication, interpénétration des communautés. Mais si le jeu des puissances devait perdurer, il y a un risque sur l’unité territoriale de ce pays. »

Pour Karim Émile Bitar, il y a un risque que, s’il n’y a pas de pression internationale pour que la Turquie et Israël fassent preuve de plus de retenue, ils pourraient être tentés de maximiser leur avantage. « Erdogan pourrait être tenté de consolider son autorité dans le nord de la Syrie de régler ses comptes avec certaines factions kurdes. Et Israël de poursuivre l’annexion du mont Hermon, créer une zone tampon autour de la zone tampon, ce qui est pour le moins problématique. »

« Le diable attend les Syriens à l’autre bout du tunnel »

La Syrie post-Assad représente aussi une opportunité pour les jihadistes du groupe État islamique (EI), qui pourraient tenter de profiter d’un potentiel chaos pour reconquérir des territoires et faire libérer ses combattants emprisonnés en zone kurde. Dès l’annonce de la chute du régime de Damas dimanche 8 décembre, les États-Unis ont mené plus de 70 frappes sur des cibles jihadistes de l’EI. « Le risque est que l’EI mène des attaques spectaculaires contre les minorités, pour semer le chaos et déstabiliser la Syrie pour la replonger dans une guerre civile. Comme il l’a fait en Irak », analyse sur RFI Asiem El Difraoui, docteur à l’Institut d’études politiques de Paris, spécialiste de la mouvance jihadiste internationale.

Quant aux pays sunnites de la région, et particulièrement du Golfe, ils pourraient ne pas voir d’un très bon œil la montée en puissance de la Turquie en Syrie, « qui devient un protectorat pro-turc », selon les termes de Fabrice Balanche. Ainsi, Riyad pourrait soutenir les groupes sunnites rebelles du Sud, concurrents de HTS, pour justement ne pas laisser le monopole à la Turquie, avec le risque d’un scénario à la libyenne. Mais « ce qui compte aujourd’hui pour les pays du Golfe, c’est qu’il y ait une stabilité en Syrie et que la Syrie arrête de produire du captagon, qui pourrit leur jeunesse. »

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HTS pourrait aussi représenter une menace pour les pays de la région en enracinant l’idée qu’on pourrait remodeler le Moyen-Orient. « Il y a des pays en effet qui ont des raisons d’être inquiets aujourd’hui, comme la Jordanie, explique Karim Émile Bitar. Une grande partie des membres de l’administration Trump considèrent que le véritable État palestinien est la Jordanie. Il y a évidemment aussi des risques qui pèsent sur les Houthis au Yémen et sur le régime iranien lui-même. Est-ce que le régime iranien parviendra à négocier sa propre survie en changeant son comportement ou est-ce qu’il sera à son tour emporté dans la tourmente ? C’est à cette question qu’il faudra s’intéresser dans les semaines qui viennent. »

De son côté, le chercheur Fabrice Balanche s’interroge sur l’avenir du Liban, « celui qui devrait subir le contrecoup du changement de régime en Syrie parce que les sunnites libanais aidés par les jihadistes syriens et les Israéliens vont vouloir faire la peau au Hezbollah. Et un Hezbollah affaibli en Syrie, on a vu ce que ça a donné. Un Hezbollah affaibli au Liban aussi, ça peut relancer la guerre civile dans le pays. »

La chute du régime sanguinaire de Bachar el-Assad a galvanisé une grande partie du monde, et avant tout les Syriens qui ont vécu plus de cinquante ans de terreur. Mais plusieurs acteurs antagonistes, aux agendas différents, vont désormais devoir s’accorder avec le groupe islamiste sunnite HTS, ce dernier appelant les Syriens à l’unité et à la réconciliation, et les réfugiés à rentrer au pays. « J’espère que je me trompe, se désole Adel Bakawan, spécialiste du Moyen-Orient, mais je crois qu’aujourd’hui le diable attend les Syriens à l’autre bout du tunnel. »

RFI via CONGO PUB Online

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À la UneMonde

«Inquiet» pour l’avenir de la Syrie, Antony Blinken en visite en Jordanie et en Turquie

by Sam's Londele 12 décembre 2024
written by Sam's Londele

La situation au Moyen-Orient continue de susciter l’attention internationale. Le secrétaire d’État américain Antony Blinken est dans la région à partir de ce jeudi 12 décembre, en Jordanie, puis demain vendredi en Turquie, et il sera surtout question de la Syrie.

Antony Blinken effectue son douzième voyage dans la région, depuis l’attaque du Hamas contre Israël le 7 octobre 2023. La situation à Gaza et la recherche d’un cessez-le-feu avec Israël que les États ne parviennent pas à obtenir malgré leurs efforts affichés, ne seront que l’un des aspects du voyage.

C’est aussi ce qui se passe à Damas, qui inquiète l’administration Biden finissante. Antony Blinken va d’abord en parler à Aqaba, en Jordanie, puis à Ankara en Turquie, deux partenaires importants pour les États-Unis. Depuis qu’ils ont salué le renversement du régime de Bachar el-Assad, les États-Unis ne cachent pas leur inquiétude sur l’avenir et sur les intentions des nouveaux maîtres jihadistes de la Syrie.

Le département d’État se dit favorable à une transition inclusive, menée par les Syriens, vers un gouvernement responsable et représentatif. Ce gouvernement devra aussi respecter les droits des minorités, faciliter l’acheminement de l’aide humanitaire, empêcher que le pays serve de base au terrorisme et permettre la sécurisation et la destruction des stocks d’armes chimiques, selon les souhaits de Washington. « Je ne suis pas confiant », a dit Antony Blinken au moment de partir. De son côté, le président Biden dit vouloir se concentrer sur les actes plutôt que sur les mots des nouveaux maîtres de Damas.

After 14 years of conflict, the Syrian people finally have reason for hope. The United States strongly supports a peaceful transition of power to an accountable Syrian government through an inclusive Syrian-led process.

— Secretary Antony Blinken (@SecBlinken) December 8, 2024

Cette administration Biden n’en a plus que pour un peu plus d’un mois. Depuis la chute du régime, Donald Trump répète que la situation en Syrie ne concerne pas les États-Unis. « Nous ne sommes pas impliqués là-bas », indique le président élu dans un entretien au magazine Paris Match publié ce mercredi 11 décembre. Pourtant, les États-Unis ont environ 900 soldats dans le pays en mission contre l’organisation État islamique. Des frappes aériennes ont déjà été menées contre elle depuis la fuite de Bachar el-Assad.

RFI via CONGO PUB Online

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À la UneEconomie

l’Etat prévoit de mobiliser 1.476,4 milliards de CDF en décembre 2024

by Sam's Londele 12 décembre 2024
written by Sam's Londele

Le plan de trésorerie prévisionnel de l’État congolais pour décembre 2024 prévoit des recettes de 1.476,4 milliards de Francs congolais (CDF), tandis que les dépenses sont estimées à 2.239,7 milliards de Francs congolais (CDF).

« Pour le mois de décembre 2024, le plan de trésorerie prévisionnel renseigne un niveau des recettes de 1.476,4 milliards de CDF et des dépenses de 2.239,7 milliards de Francs congolais », renseigne la note de conjoncture économique de la Banque Centrale du Congo.

Ce déséquilibre indique un besoin urgent de financement pour le mois à venir.

Les autorités financières espèrent que la mobilisation des recettes sera renforcée par des mesures fiscales et une meilleure gestion des ressources. Les recettes prévues incluent des impôts directs et indirects, ainsi que des revenus douaniers.

Cependant, les défis demeurent considérables. La RDC a déjà rencontré des difficultés dans l’exécution de ses plans budgétaires précédents, souvent marqués par des déficits importants.

En novembre 2024, l’État a enregistré un déficit de 651,6 milliards de Francs congolais (CDF).

Les experts économiques soulignent la nécessité d’une réforme structurelle pour améliorer la collecte des recettes fiscales et réduire les dépenses publiques superflues.

Le Gouvernement du pays a annoncé son intention d’accroître la transparence dans la gestion des finances publiques pour renforcer la confiance des citoyens et des investisseurs. Des efforts sont en cours pour réduire les pratiques frauduleuses qui minent les ressources de l’État.

Les mois précédents ont montré une tendance à la hausse dans la collecte des recettes, mais cela n’a pas suffi à compenser les dépenses croissantes.

Le ministère des Finances devra surveiller de près l’évolution économique pour ajuster ses prévisions.

Mitterrand MASAMUNA

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