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À la Une

À la Une

Attaque au nord du Mali : la junte rompt ses relations diplomatiques avec l’Ukraine

by Ruben Yale 5 août 2024
written by Ruben Yale

Le Mali a rompu dimanche ses relations diplomatiques avec l’Ukraine, accusant Kiev d’être impliqué dans une lourde défaite de l’armée malienne et du groupe Wagner fin juillet dans des combats contre séparatistes et jihadistes à Tinzaouatène.

Le gouvernement du Mali, dirigé depuis 2020 par une junte, a décidé la « rupture avec effet immédiat de ses relations diplomatiques avec l’Ukraine », a déclaré son porte-parole, le colonel Abdoulaye Maïga dimanche 4 août. Il accuse ce pays d’être impliqué dans une lourde défaite de l’armée malienne et du groupe Wagner fin juillet dans des combats contre des séparatistes et des jihadistes dans le nord.

Séparatistes et jihadistes ont affirmé avoir tué des dizaines de membres du groupe paramilitaire russe Wagner et de soldats maliens lors de combats à Tinzaouatène, à la frontière algérienne, dans l’extrême nord-est du pays. L’armée malienne et Wagner avaient reconnu des pertes importantes, sans donner de bilan précis. Cette défaite est la plus lourde subie en une bataille par le groupe Wagner en Afrique, s’accordent les analystes.

Le gouvernement du Mali « a pris connaissance, avec une profonde stupeur, des propos subversifs par lesquels Andriy Yusov, porte-parole de l’agence ukrainienne de renseignement militaire, a avoué l’implication de l’Ukraine dans une attaque lâche, traître et barbare de groupes armés terroristes ayant entraîné la mort d’éléments des Forces de Défense et de Sécurité maliennes », dénonce Abdoulaye Maïga dans le communiqué.

« Le fait que les rebelles aient reçu les données nécessaires qui leur ont permis de mener à bien une opération contre les criminels de guerre russes, a déjà été observé par le monde entier. Bien entendu, nous ne divulguerons pas les détails. Plus d’informations à venir ici aussi », avait déclaré lundi Andriy Yusov à la télévision ukrainienne. Une vidéo qu’avait relayée l’ambassadeur ukrainien au Sénégal.

Le gouvernement malien juge que ces actes « violent la souveraineté du Mali, dépassent le cadre de l’ingérence étrangère, et constituent un soutien au terrorisme international ».

Il va saisir les autorités judiciaires compétentes, prendre les « mesures nécessaires pour prévenir toute déstabilisation du Mali à partir d’États africains, notamment à partir d’ambassades ukrainiennes installées dans la sous-région, avec des terroristes déguisés en diplomates », a dit Abdoulaye Maïga.

Le Sénégal dénonce une propagande médiatique

Samedi, les nouvelles autorités sénégalaises avaient indiqué avoir convoqué l’ambassadeur d’Ukraine à Dakar pour avoir publié une vidéo de soutien aux récentes attaques meurtrières contre l’armée malienne et ses alliés russes.

« Constant dans sa position de neutralité constructive dans le conflit russo-ukrainien, le Sénégal ne peut tolérer une quelconque tentative de transférer sur son territoire la propagande médiatique en cours dans ce conflit », avait déclaré le ministère sénégalais des Affaires étrangères dans un communiqué.

La junte au Mali dirigée par le colonel Assimi Goïta a depuis 2022 multiplié les actes de rupture. Elle a rompu l’alliance ancienne avec la France et ses partenaires européens, pour se tourner militairement et politiquement vers la Russie.

Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a réaffirmé cette semaine son soutien à Bamako, lors d’un appel téléphonique avec son homologue malien Abdoulaye Diop.

Les groupes armés séparatistes ont perdu depuis 2023 le contrôle de plusieurs localités du Nord, après une offensive de l’armée malienne qui a culminé par la prise de Kidal, bastion de la revendication indépendantiste et enjeu de souveraineté majeur pour l’État central.

France 24 via CONGO PUB Online

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À la Une

Les bourses asiatiques dégringolent face aux craintes de récession aux États-Unis

by Ruben Yale 5 août 2024
written by Ruben Yale

Les Bourses asiatiques étaient en chute libre lundi : Tokyo est marqué par la plus grosse dégringolade en points de son histoire tandis que Séoul et Taïwan connaissent des dévissages vertigineux, sur fond de craintes de récession aux États-Unis.

L’indice vedette Nikkei de la capitale nippone, qui avait déjà dévissé de 5,8 % vendredi, s’est effondré de 12,4 % à 31 458,42 points, reculant de quelque 4 400 points sur la séance, au-delà de son précédent record qui remontait au krach boursier d’octobre 1987.

L’indice élargi Topix a sombré de 12,23 % à 2 227,15 points.

L’indice Taiex de Taïwan tombait de plus de 8 %, et le KOSPI à Séoul décrochait de 9,6 % vers 06 H 15 GMT.

Les Bourses chinoises reculaient plus modérément, l’indice Hang Seng de Hong Kong lâchant 2,7 %, l’indice composite de Shanghai 1,4 % et celui de Shenzhen 1,8 %.

« Il y a tout simplement trop de feux à éteindre, ce qui fait d’une éventuelle reprise lundi une chimère – en particulier avec la résurgence des craintes de récession aux États-Unis et le spectre menaçant d’un atterrissage brutal qui refroidit les investisseurs mondiaux jusqu’à l’os », a commenté Stephen Innes de SPI Asset Management.

« L’élément déclencheur ? Un rapport sur l’emploi américain qui a tellement manqué sa cible qu’il n’a pas seulement fait se décrocher des mâchoires, mais aussi les actions et les rendements obligataires » à Wall Street, a-t-il ajouté.

Les craintes d’une escalade des tensions au Moyen-Orient ajoutaient également à la volatilité des marchés, dans la foulée des menaces de l’Iran et de ses alliés contre Israël, accusé par le mouvement islamiste palestinien Hamas et le Hezbollah libanais de la mort mercredi du chef du Hamas, Ismaïl Haniyeh.

Avant même des chiffres de l’emploi particulièrement inquiétants publiés vendredi aux États-Unis, la Bourse de Tokyo avait connu une journée noire, le Nikkei connaissant sa plus vertigineuse chute en points depuis 1987 et la deuxième plus forte de son histoire. Ce record a donc été battu lundi.

Plusieurs facteurs ont joué, comme un rapport américain préoccupant sur l’activité manufacturière en juillet et une chute des valeurs technologiques à cause des doutes sur les perspectives de croissance du secteur.

« Cependant, le déclencheur immédiat de cette aversion au risque semble être la hausse inattendue des taux d’intérêt » annoncée mercredi par la Banque du Japon, selon Dilin Wu, stratégiste chez Pepperstone.

« Cette décision a frappé le marché boursier japonais comme un coup de tonnerre ».

Les banques et Nintendo dans les abysses 

Ce resserrement monétaire après des années de taux négatifs, conjugué à un ralentissement de l’activité économique américaine, a notamment précipité la remontée du yen, soutenue également par des interventions de la banque centrale japonaise sur le marché des changes.

Ce mouvement de change est néfaste pour les entreprises japonaises exportatrices qui avaient bénéficié de la chute de la devise nippone.

« Nous pensons qu’une grande partie des bénéfices liés aux taux de change pour les exportateurs et les multinationales fortement représentées dans l’indice Nikkei 225 est derrière nous », a souligné Amir Anvarzadeh dans une note de Asymmetric Advisors.

En ce qui concerne les prochaines annonces de résultats, « les comparaisons seront probablement plus difficiles à partir du second semestre, car les bénéfices diminuent considérablement » en raison du renforcement du yen, a-t-il ajouté.

Les banques japonaises ont été particulièrement malmenées, Mitsubishi UFJ Financial Group s’affalant de 17,84 %, Sumitomo Mitsui Financial Group (SMFG) de 15,52 % et Mizuho de 19,71 %.

L’action Nintendo s’est avachie de 16,52 % après que le géant japonais du jeu vidéo a vu son bénéfice net chuter au premier trimestre, et maintenu vendredi des prévisions extrêmement conservatrices alors que sa prochaine console n’est pas attendue avant plusieurs mois.

A Taïwan, le géant des puces TSMC perdait 9,75 %.

Le dollar creusait encore ses pertes, au plus bas depuis janvier à 142,35 yens vers 06 H 15 GMT, contre 146,53 yens vendredi à 21 H 00 GMT.

L’euro valait 155,21 yens contre 159,87 yens en fin de semaine dernière et s’échangeait pour 1,0904 dollar, contre 1,0911 dollar vendredi.

Les cours du pétrole accéléraient leur repli : le prix du baril de WTI américain perdait 1,4 % à 72,49 dollars et celui de Brent de la mer du Nord lâchait 1,28 % à 75,83 dollars vers 06 H 05 GMT.

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À la Une

Bangladesh : victime de la colère populaire, la Première ministre Sheikh Hasina démissionne

by Ruben Yale 5 août 2024
written by Ruben Yale

La Première ministre du Bangladesh Sheikh Hasina a démissionné, a déclaré lundi le chef de l’armée. Le général Waker-uz-Zaman a annoncé dans la foulée la formation prochaine d' »un gouvernement intérimaire ». 

Au lendemain d’une journée sanglante au cours de laquelle des affrontements ont fait au moins 94 morts à travers le pays, des milliers de manifestants antigouvernementaux ont pris d’assaut le palais de la Première ministre lundi 5 août à Dacca, la capitale du Bangladesh, selon la télévision. Sur des images diffusées par la chaîne bangladaise Channel 24, on voit une foule de personnes en train de rentrer dans la résidence de Sheikh Hasina et de saluer la caméra.

L’actuel chef de l’armée, le général Waker-uz-Zaman, a annoncé la démission de Sheikh Hasina. Des discussions sont en cours pour former un gouvernement intérimaire, a-t-il ajouté.

Un vaste dispositif de sécurité avait été déployé à Dacca, où les rues conduisant au bureau de la Première ministre avaient été barricadées par la police et l’armée avec du fil barbelé. 

L’avion de Sheikh Hasina atterri à Agartala, ville du nord-est de l’Inde,  a rapporté la chaîne de télévision CNN-News18.

Au moins 300 personnes ont été tuées depuis le début des manifestations en juillet, selon un bilan de l’AFP à partir de données de la police, de responsable et de sources hospitalières.

Couvre-feu, internet coupé

Dans le pays sous couvre feu, l’internet était également coupé depuis ce matin. Pour la seule journée de dimanche, les heurts entre opposants à Sheikh Hasina, forces de l’ordre et partisans du parti au pouvoir avaient fait au moins 94 morts dans tout le pays.

C’est le bilan le plus lourd en une seule journée depuis le début des manifestations antigouvernementales il y a un mois dans ce pays musulman de 170 millions d’habitants où les étudiants contestent, sur fond de chômage aigu des diplômés, les faveurs dont bénéficient les proches du pouvoir pour devenir fonctionnaires.

Parmi les morts figurent au moins 14 policiers, selon le porte-parole de la police, Kamrul Ahsan. Les camps rivaux se sont affrontés à coups de bâton et de couteau et les forces de l’ordre ont tiré à balles réelles. Un commissariat à Enayetpour (nord-est) a été pris d’assaut et 11 policiers tués, selon la police.

La police tire des gaz lacrymogènes sur des manifestants à Bogra, au Bangladesh, le 4 août 2024
La police tire des gaz lacrymogènes sur des manifestants à Bogra, au Bangladesh, le 4 août 2024 © – / AFP

Dacca transformé « en champ de bataille »

Tout Dacca s’est transformé « en champ de bataille » et une foule de plusieurs milliers de manifestants a mis le feu à des voitures et des motos près d’un hôpital, selon une autre source policière.

Des manifestants ont été vus en train d’escalader une statue du père de Sheikh Hasina, le fondateur du Bangladesh Sheikh Mujibur Rahman, tentant de la démolir à coup de marteaux.

À Dacca, des coups de feu et détonations répétées ont été entendus après la tombée de la nuit alors que des manifestants bravaient le couvre-feu.

Plus tôt dans la journée, des milliers de Bangladais s’étaient rassemblés sur une place de Dacca pour exiger la démission de Sheikh Hasina. Ils répondaient à l’appel du collectif étudiant Students Against Discrimination (« Étudiants contre les discriminations ») qui avait exhorté la veille à la désobéissance civile.

Les militaires « toujours aux côtés du peuple »

Ces affrontements comptent parmi les plus meurtriers depuis l’arrivée au pouvoir il y a 15 ans de Sheikh Hasina.

D’anciens officiers militaires ont depuis apporté leur soutien aux contestataires. Dans une prise de position hautement symbolique contre la Première ministre, un ancien chef de l’armée, le général Ikbal Karim Bhuiyan, et plusieurs autres ex-officiers supérieurs ont appelé au retrait des troupes de la rue, en soulignant que les gens n’avaient « plus peur de sacrifier leur vie ».

Manifestation antigouvernementale à Dacca, le 4 août 2024
Manifestation antigouvernementale à Dacca, le 4 août 2024 © Munir UZ ZAMAN / AFP

Dans plusieurs cas, des soldats et des policiers ne sont d’ailleurs pas intervenus contre les protestataires, contrairement au mois dernier. « Ceux qui sont responsables d’avoir poussé les habitants de ce pays dans un état de misère aussi extrême devront être traduits en justice », a aussi estimé Ikbal Karim Bhuiyan.

« Vivre librement »

Le pays compte de nombreux diplômés au chômage, et les étudiants exigent l’abolition d’un système de discrimination positive qui réserve un quota d’emplois publics aux familles des vétérans de l’indépendance.

Partiellement aboli en 2018, ce système a été restauré en juin par la justice, mettant le feu aux poudres, avant un nouveau retournement fin juillet de la Cour suprême.

La crise sociale s’est muée en crise politique à partir du 16 juillet, quand la répression a fait ses premiers morts, les manifestants réclamant alors la démission de Sheikh Hasina.

« Il ne s’agit plus seulement de quotas d’emplois », a déclaré à l’AFP Sakhawat, une jeune manifestante rencontrée à Dacca, où elle réalisait un graff sur un mur qualifiant Sheikh Hasina de « tueuse ». « Nous voulons que les futures générations puissent vivre librement ».

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À la Une

Snel-hebdo : la dernière semaine marquée par l’amélioration de la desserte en électricité à Kisangani

by Ruben Yale 5 août 2024
written by Ruben Yale

Les activités hebdomadaires de la Société nationale d’électricité (Snel S.A) de la semaine du 29 juillet au 04 août 2024, ont été marquées par l’évaluation des travaux de réhabilitation du réseau de distribution de Kisangani (nord-est de la République démocratique du Congo), pour améliorer la desserte.

Une délégation mixte Snel-caucus des élus de Tshopo a effectué une descente à Kisangani, consécutive à la dernière réunion avec les élus de cette province tenue à Kinshasa en rapport avec le plan de stabilisation et d’amélioration de la desserte en énergie électrique dans cette ville. Cela, compte tenu des différents financements mis à la disposition de la Snel notamment le Fonds spécial de réparation et d’indemnisation des victimes des activités armées de l’Ouganda en RDC (Frivao).

Conduite par le Directeur général Fabrice Lusinde, cette mission avait pour objectif de palper du doigt la situation de la desserte en énergie électrique de la Tshopo notamment les travaux de réhabilitation des réseaux de distribution de l’énergie électrique à  Lubunga. 

Le ministre des Ressources hydroélectrique et électricité, Teddy Lwamba, séjournant à Kisangani, pour prendre part à la Journée commémorative du Génocide congolais (Genocost) du vendredi 02 août, a, à son tour, effectué une visite dans les différentes installations de la Snel S.A notamment la sous-station de Kabondo et de la Centrale de la Tshopo, accompagné du Directeur général de la Snel, Fabrice Lusinde. 

En outre, le ministre des Ressources hydrauliques et de l’électricité Teddy Lwamba, a été conduit à Lubunga pour examiner les travaux effectués par les fonds Frivao. 

S’agissant de la présence de la première ministre Judith Suminwa à Kisangani, lors de sa visite à la Centrale hydroélectrique de la Tshopo, la Cheffe du gouvernement congolais a demandé au ministre des Ressources hydrauliques et au Directeur général de la Snel S.A, tous deux dans sa suite, de lui présenter un plan d’actions en vue de trouver rapidement un début de solution, étant donné que les alternatives de financement existent.

A Bukavu, la Direction régionale du Sud-Kivu modernise la gestion de l’énergie électrique dans la région au grand bonheur de sa clientèle.

De ce fait, la société civile du cette région a encouragé les initiatives entreprises par la direction générale de la Snel visant à réduire les délestages, longtemps décriés par la population. 

Les équipes de la Snel sont intervenues dans plusieurs postes et sur le réseau électrique, pour améliorer l’approvisionnement énergétique dans différentes régions. 

Il s’agit entre autres : les remises en service des cabines Ruzizi après remplacement du tableau électrique de distribution générale moyenne tension (DGBT). Kisenso 17 après investigations sur le Transfo et remplacement d’un fusible moyenne tension. 

ACP via CONGO PUB Online

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À la Une

La Première ministre quitte Kisangani sur une note d’espoir

by Ruben Yale 5 août 2024
written by Ruben Yale

La Première ministre de la République démocratique du Congo (RDC) a regagné  Kinshasa, vendredi, après un séjour à Kisangani, chef-lieu de la province de la Tshopo (Est) sur une note d’espoir, à l’issue des  activités commémoratives du génocide congolais pour des gains économiques (GENOCOST), a-t-on appris de source officielle.

« C’est sur une note d’espoir que la Première ministre Judith Suminwa a bouclé son séjour dans la province de la Tshopo. Au nom du Chef de l’Etat, le numéro un du Gouvernement y a inauguré le site mémoriel aménagé en mémoire des victimes de la guerre de 6 jours à Kisangani », a-t-on lu dimanche dans un communiqué de la Primature.

Ce cimetière érigé dans la commune de Makiso, par le Fonds national des réparations des victimes de violences sexuelles liées aux conflits et des victimes des crimes contre la paix et la sécurité de l’humanité (FONAREV) comprend trois stèles dédiées aux différentes victimes qu’a connues la ville à la suite des affrontements entre les armées rwandaise et ougandaise, une fosse commune où reposent 8 membres d’une même famille, la famille Otshudi, tous tués au même moment après l’explosion d’une bombe lors desdits affrontements, ainsi que 93 croix représentant l’année du début de la commission de graves atrocités liées aux conflits et aux crimes contre la paix et la sécurité de l’humanité sur le sol congolais.

En proie à l’émotion, le visage marqué par les conséquences de la barbarie humaine, la Première ministre s’est recueillie en ce lieu de mémoire chargé de souvenirs les plus cruels, sous les airs de l’hymne aux morts exécuté par la Garde républicaine. Par la même occasion, au nom du Président de la République et de toute la Nation, elle a rendu un hommage mérité à tous ces compatriotes victimes des conflits armés fomentés et menés par les pays voisins sur fond des intérêts économiques.

Au cimetière de 6 jours, la Première ministre a également pu rencontrer une victime, et c’est la seule rescapée de la famille Otshudi. L’ayant longuement étreinte, la Cheffe du Gouvernement l’a rassurée qu’elles ne seront plus jamais seules.

Cérémonie officielle à la Mairie de Kisangani

À la Mairie de Kisangani, lieu choisi pour la cérémonie officielle du Genocost, la patronne l’exécutif national, accompagnée de plusieurs membres du Gouvernement et de plusieurs invités dont les membres de la communauté internationale, a rencontré d’autres victimes qui ont raconté à l’assistance les récits de différents drames qu’ils ont connus à la suite de l’agression rwando-ougandaise. Des enfants qui se sont retrouvés amputés ; des filles mineures violées et utilisées comme esclaves sexuelles ; des familles victimes d’exécutions sommaires. Des récits dont la charge émotionnelle a plongé toute l’assistance dans l’émoi.

Reconnaissance du Genocost et création d’un Tribunal pénal international pour la RDC

Après les témoignages des victimes, place aux discours officiels qui se sont transformés en véritables plaidoyers. Successivement, le Directeur Général du Fonds national des réparations des victimes de violences sexuelles liées aux conflits et des victimes des crimes contre la paix et la sécurité de l’humanité (FONAREV), Kevin Ngunga, le Coordonnateur de la Commission interinstitutionnelle d’aide aux victimes et d’appui aux réformes (CIAVAR), François Kakese et la ministre des Droits humains, Chantal Chambu ont mené un plaidoyer en faveur de la reconnaissance du génocide congolais sur le plan international, voire de l’intégration du Genocost dans le système éducatif congolais.

Prenant la parole à son tour, la Première ministre Suminwa a lancé un appel pour la création d’un Tribunal pénal international pour la RDC au regard de graves violations du droit humanitaire et des droits de l’homme. Pour le numéro un du Gouvernement, « la réparation ne suffit pas ». Il faut, en plus, mettre effectivement en place les autres mécanismes de justice transitionnelle, tels que prônés par le Président de la République, notamment les poursuites judiciaires et les garanties de non répétition.

Le message d’espoir de la Première ministre

Mais, pour la Première ministre, le Genocost c’est aussi l’occasion de lancer un appel à la solidarité de toute la nation ainsi que d’exprimer la détermination de son Gouvernement à ne rien oublier et surtout à ne rien abandonner.

« Nous ne sommes pas des pleurnichards. Il s’agit d’un devoir de mémoire. Nous n’abandonnerons pas. Nous allons continuer à lutter pour la paix pour que notre population puisse à jamais profiter de nos richesses. Et pour cela, soyons tous solidaires. Vive la RDC », a-t-elle écrit sur un tableau après sa visite du village expo construit pour la circonstance.

Visite des services publics provinciaux

Soucieuse des conditions de vie des Boyomais, la Cheffe du Gouvernement a visité quelques services publics de la Province de la Tshopo, après les activités commémoratives du GENOCOST ; et ce en compagnie de quelques députés nationaux et provinciaux, des membres du gouvernement et du Gouverneur de Province. D’abord, elle s’est rendue au barrage hydroélectrique de la Tshopo où une usine de captage d’eau est installée afin de produire l’électricité pour la population de Kisangani et des environs. Cette centrale provinciale ayant une capacité de 19 mégawatts, n’en produit à ce jour que 3. À ce sujet, la Première Ministre a demandé au ministre des Ressources hydrauliques et au Directeur Général de la Société nationale d’électricité (SNEL) de lui présenter un plan d’actions en vue de trouver rapidement un début de solution, étant donné que les alternatives de financement existent.

Ensuite, la Cheffe du Gouvernement a visité la Direction provinciale de l’Agence congolaise des grands travaux (ACGT). Il y est installé une usine de production des maisons préfabriquées, dont les premières productions remontent à l’année 2018. Mais, depuis plus rien. La Première Ministre a, néanmoins, pu visiter une maison témoin préfabriquée sur place, sur base des panneaux produits à base de sel de polystyrène. Une technologie appelée SCHNELL HOME devant apporter des avantages certains en termes de durabilité des matériaux, facilité et rapidité de construction et à moindre coût. En effet, le coût de construction par la technologie Schnell représente le 1/3 du coût de construction par la méthode traditionnelle (briques, bétons …). Et la durée de construction, environ le 1/5 de temps par rapport à la méthode traditionnelle.

Plusieurs autres avantages, selon le Directeur provincial de l’ACGT, Patrick Luyeye, sont la garantie de sécurité, le risque d’incendie amoindri, pas de risque sismique ni de fissures. Ce dernier en a profité pour faire un plaidoyer en direction du numéro un du Gouvernement afin qu’une solution en termes de partenariat public-privé (PPP) soit trouvée. La Première ministre a promis d’examiner rapidement la situation, étant donné que le ministre des Infrastructures et Travaux publics avait déjà proposé un plan dans le même sens.

Il faut rappeler que les questions relatives à l’accès aux services sociaux de base constituent  l’un des engagements majeurs compris dans le discours d’investiture du Président de la République, prononcé le 20 janvier, et qui forment le contrat qu’il a conclu avec le peuple congolais pour son second mandat. La Première ministre en a fait le 4ème pilier du  Programme d’actions de son Gouvernement (PAG 2024-2028) où sont prévues des actions pour relever les défis relatifs à l’électricité et au logement entre autres.

À la fin de son séjour à Kisangani, la Cheffe du Gouvernement est revenue sur la question du Genocost pour affirmer que son Gouvernement va se battre pour qu’on ne connaisse plus des crimes graves contre les populations congolaises de la part des pays étrangers, y compris entre les communautés.

Notons qu’au-delà de Kisangani, les activités commémoratives du Genocost se sont déroulées simultanément dans plusieurs autres parties du pays, avec la participation des autres membres du Gouvernement dépêchés pour la circonstance. 

ACP via CONGO PUB Online

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À la UneMusique & Culture

Culture : Ferre Gola en concert le 7 décembre à Bruxelles

by Ruben Yale 5 août 2024
written by Ruben Yale

L’artiste musicien Ferre Gola a annoncé la tenue de son concert le samedi 07 décembre à l’ING Arena Bruxelles (Belgique). Ce concert va intervenir cinq (5) mois après sa prestation au Festival Couleur Café de la capitale belge.

Celui qu’on appelle affectueusement « Jésus de nuance » deviendra le deuxième artiste musicien congolais à s’être produit dans cette salle mythique de Belgique, après Fally Ipupa, qui avait aussi livré un concert au mois de décembre dernier.

Pour prendre part à cet événement historique, la même source a indiqué que la billetterie sera ouverte le lundi 05 août, à 10h00, à travers Ticklive.

Le musicien Ferre Gola tiendra son concert dans une salle de 15.000 places assises, et peut accueillir jusqu’à 18.000 spectateurs.

Frank Kalonji

Actu 7 via CONGO PUB Online

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À la UneSociété

Butembo : Un ancien journaliste tué par des inconnus armés

by Ruben Yale 5 août 2024
written by Ruben Yale

Paluku Kasonia Ghislain, ancien journaliste du desk Swahili à la radio Upendo Kivu émettant dans la ville de Butembo, province du Nord-Kivu, a été retrouvé mort le dimanche 4 août 2024.

D’après Kakule Musayi, acteur de la société civile locale, le corps sans vie de cet ex – professionnel du micro a été abandonné à l’esplanade du stade frère Maurice de la Cellule Lwamiso, au quartier Congo Ya Sika, dans la commune de Vulamba, ville de Butembo, au Nord-Kivu.

Cet acteur de la société civile précise à Actu30.cd que Paluku Kasonia Ghislain a été tué par balle par des inconnus armés qui, aprè leur forfait, ont abandonné le corps pour une destination inconnue.

Face à cette situation qui prend d’ampleur et au regard des instruments juridiques qui consacrent la sacralité de la vie humaine, la société civile forces vives noyau de la commune de Vulamba appelle l’autorité urbaine, en tant que président du Conseil de sécurité, à s’impliquer non seulement pour la restauration de l’autorité de l’État dans cette municipalité, mais également pour la protection des citoyens qui sont ses administrés.

Elle demande aux autorités judiciaires (Auditorat militaire de Butem) d’ouvrir des enquêtes urgentes pour cette fin et de mettre en mouvement une action publique contre les présumés auteurs des tueries qui, vont devoir subir la rigueur de la loi, aux fins de décourager ce comportement criminel. À la population, surtout les jeunes, de se désolidariser de tout groupe de nature à prôner les anti-valeurs comme moyens de règlement des comptes.

Anderson Shada Djuma

Actu 30 via CONGO PUB Online

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À la UneSport

Martin Bakole bat Jared Anderson au 5e round par KO

by admin9775 4 août 2024
written by admin9775

Martin Bakole, s’est imposé devant, Jared Anderson (24 ans), qui l’a battu au 5e round par K.O technique sur décision de l’arbitre. L’Américain Jared Anderson,

Martin Bakole continue sa conquête du titre des poids-lourd et ne compte pas s’arrêter là, à l’issue de ce combat, le natif de Kananga remporte la ceinture de Champion North American Boxing Fédération, et celle de Champion WBA International.

« Je suis prêt et je défie quiconque. Comme depuis plusieurs mois, je me sens prêt à affronter n’importe quel adversaire de ma catégorie que ce soit ici aux USA ou ailleurs. Je lance mon défi ici sur ce ring et ce boxeur qui se croit fort peut venir relever le défi », a-t-il dit sur le ring après son combat.

A l’issue de ce combat le pugiliste congolais encaisse une cagnotte de 200 000 USD, ainsi il poursuit son objectif à savoir le titre de champion du monde chez les poids-lourd.

Au début de sa carrière à un rôle de sparring-partner, notamment de Tyson Fury et d’Anthony Joshua, Martin Bakole est passé pro en 2014 à l’âge de 21 ans. Sous les ordres de Billy Nelson avec qui il s’entraîne en Écosse. Bakole a livré 24 combats, et il compte 23 victoires dont 15 par KO et une défaite.

Longtemps dans l’ombre, Martin Bakole s’était révélé au grand public en battant en mai 2022 le Français Tony Yoka, il est il est devenu le premier africain à occuper cette première place chez les poids lourds.

MN

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À la UnePolitique

RDC : 3 ans d’errance militaire et diplomatique contre le M23

by admin9775 4 août 2024
written by admin9775

Etat  de  siège,  dialogues  de  Nairobi  et  de  Luanda,  appels  à  des  missions  africaines,  à  des  sociétés  militaires  privées  ou  aux  groupes  armés  Wazalendo…

Kinshasa peine  à  trouver  la  bonne  stratégie  pour  combattre  le  M23.

Un cessez-le-feu devrait  pourtant  entrer  en  vigueur  le  4  août  prochain,  signe  de l’ouverture  d’un  possible  round  de  dialogue  entre  belligérants.

Explications.

Depuis le retour des rebelles du M23 au Nord-Kivu en 2021, la politique sécuritaire de Félix Tshisekedi pourrait être comparée au Rubik’s cube, ce jeu dont le principe est d’essayer toutes les combinaisons avant de trouver la bonne. Le hic, c’est que, pour l’instant, le chef de l’Etat congolais n’a toujours pas trouver la solution pour ramener la paix l’Est. Le président a pourtant tenté de jouer plusieurs cartes, parfois contradictoires, pour mettre fin à un conflit qui dure depuis maintenant 30 ans dans l’Est congolais et qui ne se résume pas uniquement à la seule présence de la rébellion M23 et de son parrain rwandais. Aujourd’hui près de 200 groupes armés pullulent dans la région. Bien avant la résurgence du M23 et dès son arrivée au pouvoir en 2019, Félix Tshisekedi avait cherché à considérer le Rwanda comme un « partenaire sécuritaire ». Le président congolais avait même rencontré son homologue rwandais, Paul Kagame, considéré alors comme un « frère ». L’armée rwandaise avait pu opérer à l’Est pour combattre les Forces démocratiques pour la libération du Rwanda (FDLR), un groupe armé entraîné par d’anciens génocidaires, et considéré comme une menace par Kigali. En 2020, une délégation du M23 a même séjourné dans la capitale congolaise pendant près de 14 mois, alors que le mouvement rebelle était en sommeil depuis 2013. Les tentatives de négociations n’ont finalement pas eu lieu et les rebelles sont retournés dans les montagnes. La rébellion ressurgira fin 2021, les armes à la main.

Entrée des troupes ougandaises et état de siège

Pour lutter contre un autre groupe armé très meurtrier, les forces démocratiques alliées (ADF), un mouvement d’origine ougandaise affilié à l’Etat islamique, Félix Tshisekedi autorise Kampala à envoyer ses soldats sur le sol congolais. Une décision qui fâche Kigali, voyant son frère ennemi ougandais s’implanter dans ce qu’il considère être comme son pré-carré. De nombreux observateurs estiment que l’entrée des troupes ougandaises en RDC constitue l’un des principaux facteurs de « réveil » du M23 par le Rwanda. L’entrée de l’Ouganda au Congo interroge sur les objectifs réels de Kampala qui semblent davantage économiques que sécuritaires. L’armée du président Museveni s’est notamment attachée à construire de nombreuses routes pour relier le Nord du Congo à la frontière ougandaise. Avant le retour des rebelles du M23 au Nord-Kivu, Félix Tshisekedi lance également une nouvelle initiative à l’Est pour essayer de ramener la sécurité en décrétant l’état de siège dans les deux provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri. Les autorités civiles sont remplacées par des militaires et les actions de l’armée congolaise (FARDC) sont censées se renforcer. Là encore, peine perdue. Le dispositif est inefficace : le nombre de groupes armés augmente avec celui des déplacés. Et, ironie du sort, c’est sous état de siège que le M23 fera son retour offensif au Nord-Kivu contre l’armée régulière.

Processus de Nairobi au point mort et échec de l’EAC

Sur le plan diplomatique, deux initiatives vont être prises au niveau régional. A Nairobi, un dialogue est lancé par Uhuru Kenyatta avec comme objectif d’ouvrir des négociations entre le gouvernement congolais et les groupes armés de l’Est de la RDC qui acceptent de déposer les armes. Problème, le M23 est exclu du processus et seuls quelques mouvements mineurs y participent, sans effet sur le conflit. L’initiative kényane est dans l’impasse depuis décembre 2023. D’autant que Kinshasa, qui a fait appelle à la force régionale de l’East african community (EAC) pour combattre le M23, n’est pas satisfaite de l’implication des soldats est-africains. L’EAC a, certes, repris quelques positions libérées par le M23, mais n’a pas été offensive sur le terrain. Au Congo, le général kényan qui dirige la force est même accusé de jouer le jeu du M23 en créant une zone tampon entre l’armée régulière et les rebelles, favorisant l’implantation durable du mouvement soutenu par Kigali.

Luanda patine, le M23 avance

Les efforts diplomatiques se concentrent désormais sur le processus de Luanda, avec le président angolais Joao Lourenço à la manoeuvre. Ici, plus question de dialogue entre les groupes armés et le gouvernement congolais, mais directement entre Félix Tshisekedi et Paul Kagame. Kinshasa ne veut pas négocier avec le M23, sachant que c’est Kigali qui pilote et aide le groupe rebelle. Une rencontre entre les deux hommes est toujours en négociation depuis plusieurs mois, sans succès. Félix Tshisekedi avait affirmé récemment qu’un dialogue avec le président Kagame ne pouvait se tenir qu’après le retrait de toutes les troupes rwandaises du sol congolais. Car, depuis le retour du M23 au Nord-Kivu, la rébellion soutenue par Kigali occupe une grande partie de la province, encercle la capitale régionale, Goma, et progresse vers le Nord. Le dernier rapport du groupe d’experts de l’ONU est sans appel : « 3.000 à 4.000 militaires rwandais » se battent aux côtés des rebelles. C’est davantage que le nombre de combattants du M23. L’ONU affirme que l’armée rwandaise a « de facto » pris « le contrôle et la direction des opérations du M23 ». Plus de 2 millions de déplacés campent autour de Goma, la dernière zone sûre du Nord-Kivu, même si plusieurs obus sont récemment tombés sur le camp de déplacés de Mugunga.

Zones contrôlées par le M23 en juillet 2024.

La mission de la SADC en quête de financement

Kinshasa cherche de nouvelles solutions militaires. Encore une fois en sous-traitant sa sécurité à l’extérieur. Après l’échec de la mission de l’EAC, les autorités congolaises se tournent maintenant vers la Communauté de développement d’Afrique australe (SADC). Des troupes sud-africaines, malawites et tanzaniennes sont déployées timidement. A terme, 8.000 hommes sont prévus, mais la mission peine à boucler son budget. Les pays contributeurs rechignent à financer la mission et la SAMIDRC compte sur des fonds de l’Union européenne et des Etats-Unis. Selon nos informations, Washington semble très réservé sur la mission et redoute que le conflit se régionalise. Sur le terrain militaire, la SADC n’est pas plus efficace que l’EAC. Le M23 poursuit sa progression vers le Nord de la province, en direction de Butembo, pour la première fois en dehors de sa zone historique d’influence. Kinshasa a aussi fait appel à deux sociétés militaires privées : Agemira dirigée par le Français Olivier Bazin, et Congo Protection du Roumain Horatiu Prota. Officiellement, ce sont des « instructeurs », Kinshasa déteste le terme de « mercenaires », même si certains se battent bien aux côtés des FARDC ou dans la protection rapprochée du chef de l’Etat.

Le très encombrant soutien des Wazalendo

Du nouveau matériel militaire a également fait son entrée dans l’armée congolaise. Des drones chinois ont été achetés, mais certains ont déjà été mis hors d’usage par les batteries anti-aériennes du M23 et de Kigali. En fait, Kinshasa compte essentiellement sur la galaxie des Wazalendo (« Patriotes » en swahili), une force composée d’une multitude de groupes armés pour contrer la rébellion. Devant l’incapacité de l’armée congolaise à reprendre le moindre territoire au M23, l’armée congolaise est allée chercher, dès 2022, du soutien dans ces contingents de jeunes miliciens, qui se battaient encore il y a quelques mois contre les FARDC dans leurs zones de contrôle. De nombreuses exactions commises par ces groupes sont relevées par la société civile. Cet étrange attelage entre des militaires sous-équipés, sous-payés, mal commandés et corrompus, et des miliciens sans foi ni loi, ne parvient pas déstabiliser la rébellion du M23. Mais surtout, Kinshasa joue un jeu dangereux en armant ces groupes qu’il faudra bien, un jour, faire revenir à la vie civile. Pourtant, au front, ce sont le plus souvent les Wazalendo qui affrontent le M23, et non les FARDC.

Quelle porte de sortie ?

Dans ce maelström sécuritaire difficile à dénouer, les multiples tâtonnements de Kinshasa ont, pour l’instant, tous été un échec. Les nombreuses cartes jouées par Félix Tshisekedi pour mettre fin au M23, n’ont pas porté leurs fruits. La « montée en puissance » de l’armée congolaise annoncée depuis 3 ans par le gouvernement se fait toujours attendre. L’armée congolaise n’a pas repris un centimètre de territoire sur le M23, alors que les rebelles continuent d’étendre leur emprise. Face à l’enlisement du conflit, quelles solutions s’offrent à Kinshasa ? Si on s’accorde à penser que les FARDC ne sont pas en mesure de gagner la guerre, la négociation avec le Rwanda, et, ou le M23, est une porte de sortie envisageable.

Le problème est que Kinshasa a toujours refusé le dialogue avec « les terroristes du M23 », car politiquement difficile à tenir, d’autant que les autorités congolaises arriveraient autour de la table en position de faiblesse militaire. Cette sortie de crise négociée semble être tout de même sur la table au Palais de la Nation. Mais pour Félix Tshisekedi, une négociation avec les rebelles ne serait possible qu’en l’intégrant dans un dialogue politique plus large, incluant l’opposition congolaise. A peine réélu, le président congolais ne souhaite pas se retrouver dans une situation proche du « 1+4 » de 2003, avec un pouvoir diminué. Pour cela, il faudrait attendre 2 ou 3 ans, et donc jouer la montre. Plus le temps passe, plus Félix Tshisekedi sait que la réforme de son armée et sa « montée en puissance » prendra beaucoup de temps, et plus la solution négociée se rapproche.

De la trêve au cessez-le-feu

Dans le même sens, la médiation angolaise, qui cherche toujours à mettre autour de la même table Félix Tshisekedi et Paul Kagame, vient de marquer un point en réussissant à négocier un cessez-le-feu entre Kinshasa et Kigali ce mardi 30 juillet. Un cessez-le-feu qui doit entrer en vigueur le 4 août prochain. Le «mécanisme de vérification ad hoc», déjà en place pour surveiller la zone, « sera renforcé » annonce Luanda. Reste à savoir si l’arrêt des combats sera vraiment respecté sur le terrain.

Depuis le 5 juillet, déjà, une « trêve humanitaire » de 2 semaines avait été décrétée pour permettre aux ONG d’intervenir auprès des 2 millions de déplacés du Nord-Kivu. Mais le bruit des armes ne s’est pas vraiment tu dans la région. Pourtant, il semblerait que l’annonce de ce cessez-le-feu soit plutôt de bonne augure avec l’ouverture d’un prochain round de dialogue entre les belligérants. Reste à savoir quand, où, et avec qui ?

Couper l’aide financière à Kigali

« Le conflit congolais-rwandais est extrêmement difficile à résoudre », explique Jason Stearns, le directeur du Groupe d’études sur le Congo (GEC) de l’Université de New-York dans un long article de Foreign Affairs. « Un acteur tire un avantage politique des combats (Félix Tshisekedi, ndlr). L’autre en tire un avantage matériel (Paul Kagame, grâce aux minerais détournés, ndlr). Ces parties ne sont pas susceptibles de parvenir à la paix d’elles-mêmes. Au contraire, elles ont plutôt intérêt à faire monter le conflit en flèche ». Le chercheur estime pourtant « qu’il existe un moyen de briser le cycle de l’escalade dans l’Est du Congo ». Selon lui, il faut revenir 10 ans en arrière pour comprendre comment la première rébellion du M23 a été brisée. « Entre 2012 et 2013, le M23 a pris le contrôle d’une partie du territoire congolais similaire à celle qu’il contrôle aujourd’hui, y compris la ville de Goma. En réponse, les donateurs occidentaux ont suspendu l’aide de 240 millions de dollars au gouvernement rwandais. Les conséquences économiques ont été désastreuses : en 2013, le PIB du Rwanda était inférieur de 2 % aux prévisions de la Banque centrale. Kigali a alors coupé l’aide à la milice, qui s’est rapidement effondrée ». Pour Jason Stearns, la pression économique internationale, et notamment américaine, pourrait faire plier Kigali dans son soutien au M23.

« Résoudre la crise du M23 libérera une bande passante importante »

Le Rwanda a, depuis plusieurs années, mené une « diplomatie du casque bleu » très efficace à l’ONU. « L’armée rwandaise a été déployée dans le cadre de missions bilatérales et multilatérales en République centrafricaine, où elle fournit un contrepoids aux entreprises de sécurité russes, explique Jason Stearns. Elle est également à l’œuvre au Mozambique, où elle contribue à protéger un investissement gazier de 20 milliards de dollars de TotalEnergies, une grande entreprise française. Et le Rwanda envoie 5.900 soldats aux forces de maintien de la paix de l’ONU, ce qui en fait le plus grand contributeur africain ». Il faudra donc que les diplomates américains et européens acceptent d’aller au bras de fer avec Kigali pour faire reculer Paul Kagame. Mais attention, prévient enfin le chercheur, « la guerre à l’Est du Congo ne repose pas uniquement sur le M23. De nombreux groupes armés, hauts gradés et politiciens congolais sont également impliqués dans le conflit. Mais résoudre la crise du M23 libérera une bande passante importante. Une fois qu’ils ne seront plus accaparés par la lutte contre les mandataires rwandais, le gouvernement et le peuple congolais pourront s’attaquer aux dimensions structurelles à long terme de la guerre ». Un bémol à cette analyse. Durant les 10 ans de sommeil du M23, les autorités congolaises n’en ont malheureusement pas profité pour améliorer la gouvernance du pays.

Christophe Rigaud

Afrikarabia via CONGO PUB Online

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Genocost : « Il est temps de mettre fin à l’exploitation, à la souffrance, à l’humiliation et à l’injustice qu’endurent les congolais » (Mukwege)

by admin9775 3 août 2024
written by admin9775

Le prix Nobel de la paix 2018, le Dr Dénis Mukwege a appelé à la fin de l « ’exploitation, de la souffrance, de l’humiliation et de l’injustice qu’endurent les congolais », suite au conflit sécuritaire dans la partie Est de la République démocratique du Congo (RDC).

Il l’a fait savoir à l’occasion de la commémoration du génocide congolais célébré chaque 2 août, à l’hommage des millions de victimes des atrocités de l’Est pour des intérêts économiques.

« Il est temps de mettre fin à l’exploitation, à la souffrance, à l’humiliation et à l’injustice qu’endurent les congolais. Les responsables étatiques et non étatiques du pillage des ressources de la RDC et des atrocités des masses doivent rendre des comptes », a-t-il déclaré.

Pour le prix Nobel de la paix, « pendant que les pays économiquement avancés planifient une transition énergétique dite verte, il y a urgence à assurer la transparence du commerce des minerais stratégiques et à mettre fin aux liens qui existent entre les groupes armés et les sociétés d’exploitation minière, les réseaux de contrebande et de trafics ainsi que les filières opaques d’approvisionnement transfrontalier ».

À cause de ses ressources minières, la RDC est victime, depuis près de trois décennies, d’un théâtre d’insécurité orchestrée par les groupes armés qui sèment terreur et désolation, en s’illustrant dans le pillage répété des minerais.

Daniel Bawuna

Actu 7 via CONGO PUB Online

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