La mort de Jason Arday, ancien professeur de l’Université de Cambridge, suscite une vive émotion au Royaume-Uni. Le sociologue de 41 ans a été retrouvé mort vendredi à son domicile, dans un contexte marqué par une importante polémique autour de son parcours académique et professionnel.
Le Premier ministre britannique Andy Burnham a qualifié cette disparition de « tragédie », appelant à éviter les jugements précipités et à prendre le temps de comprendre les circonstances ayant entouré les derniers mois de la vie du sociologue.
Une polémique qui avait éclaté fin juillet

Jason Arday était devenu en 2023 le plus jeune professeur noir de l’histoire de Cambridge. Sa nomination avait été présentée comme un symbole important de la diversité au sein d’une institution universitaire particulièrement prestigieuse.
Mais son parcours a récemment fait l’objet d’un examen particulièrement intense. Un chercheur connu pour ses critiques des politiques de discrimination positive l’avait notamment accusé d’avoir plagié sa thèse.
Jason Arday avait reconnu certaines erreurs, qu’il présentait comme commises de bonne foi, tandis que l’Université de Cambridge avait ouvert une enquête interne afin d’examiner les accusations.
Par la suite, d’autres interrogations concernant son curriculum vitae et son parcours universitaire avaient été relayées publiquement, notamment par des médias conservateurs.
Ses proches dénoncent une campagne de désinformation

La famille et plusieurs personnes ayant travaillé avec Jason Arday dénoncent aujourd’hui une campagne de désinformation destinée, selon elles, à le discréditer.
L’ancien professeur avait lui-même évoqué les conséquences personnelles de cette exposition médiatique. « Les accusations incessantes, les spéculations et les commentaires publics ont eu de profondes répercussions sur moi », avait-il écrit dans un communiqué.
Face à la pression, il avait finalement quitté son poste à Cambridge, affirmant vouloir protéger sa santé mentale.
La polémique s’était encore intensifiée cette semaine après les témoignages d’anciens camarades de classe évoquant certains souvenirs de son enfance. Ces témoignages entraient notamment en contradiction avec des déclarations antérieures de Jason Arday concernant son enfance et son autisme.
Une enquête privilégie la piste du suicide

Les policiers qui ont découvert son corps à son domicile privilégient, à ce stade, la piste du suicide. Les circonstances exactes de son décès restent toutefois du ressort de l’enquête.
Ses proches estiment que l’intensité de la controverse et la multiplication des accusations publiques doivent être prises en compte dans la compréhension de ce qui s’est passé, tout en appelant à ne pas tirer de conclusions hâtives.
L’Université de Cambridge a exprimé sa tristesse après l’annonce de sa disparition.
Le maire de Londres, Sadiq Khan, a également dénoncé ce qu’il considère comme un « procès médiatique » inacceptable.
De son côté, Andy Burnham a appelé à la prudence : « Ce n’est pas le moment de porter des jugements hâtifs. C’est plutôt un moment de réflexion pour comprendre comment on en est arrivé là. »
La disparition de Jason Arday relance ainsi les débats sur la pression médiatique exercée sur les personnalités publiques, les accusations dans le monde universitaire, le racisme et les conséquences que peuvent avoir les campagnes de mise en cause publique sur la santé et la vie personnelle des personnes concernées.
Par Pascal Kabeya
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