Une résolution visant à limiter les pouvoirs de Donald Trump dans la guerre contre l’Iran a été rejetée mercredi 4 mars au Sénat américain, en raison du soutien robuste de la majorité républicaine pour l’opération américano-israélienne.
Fin janvier, avant même le déclenchement du conflit, le sénateur démocrate Tim Kaine avait introduit une résolution pour « ordonner le retrait des forces armées américaines des hostilités contre la République islamique d’Iran qui n’ont pas été autorisées par le Congrès ». Mais son initiative a été rejetée avec 53 voix contre et 47 pour. Comme prévu, les sénateurs républicains ont donc fait bloc derrière la Maison Blanche, rapporte notre correspondant à Washington, Vincent Souriau. Un seul élu conservateur, Rand Paul, le libertarien du Kentucky, s’est rangé du côté démocrate en faveur de cette résolution. Mais ça n’a pas suffi à inverser le rapport de force.
Face à un président qui a étendu l’emprise du pouvoir exécutif sur le législatif depuis son retour à la Maison Blanche en janvier 2025, Tim Kaine, aux côtés de nombreux autres parlementaires démocrates, assurait vouloir réaffirmer l’autorité du Congrès, seul habilité par la Constitution des États-Unis à déclarer la guerre.
« Les Américains veulent que le président Trump fasse baisser les prix – pas qu’il nous entraîne dans des guerres inutiles et éternelles », avait déclaré le sénateur de Virginie dans un communiqué mardi, qui dénonce depuis samedi un conflit lancé de manière « illégale » par le républicain.
À l’issue mardi d’un briefing classé secret défense entre les sénateurs et notamment le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio, sur la guerre contre l’Iran, Tim Kaine avait assuré à l’AFP qu’aucune preuve n’avait été présentée par le gouvernement sur l’existence d’une « menace imminente de l’Iran » contre les États-Unis.
Une question au cœur du débat
Cette question de « menace imminente » est au cœur du débat sur la légalité du déclenchement du conflit par Donald Trump. Car si le Congrès est le seul habilité à déclarer la guerre, une loi de 1973 permet au président de déclencher une intervention militaire limitée pour répondre à une situation d’urgence créée par une attaque contre les États-Unis. Dans sa vidéo annonçant l’opération samedi, Donald Trump avait justement évoqué une menace « imminente » posée selon lui par l’Iran, mais n’a pas convaincu l’opposition démocrate à ce sujet.
À la Chambre des représentants, une résolution similaire à celle de Tim Kaine au Sénat devrait être soumise au vote jeudi, mais un échec est là aussi attendu. « L’idée que nous retirions ce pouvoir à notre commandant en chef, le président, de finir le boulot est une perspective effrayante pour moi », avait affirmé lundi le président républicain de la Chambre des représentants, Mike Johnson. « C’est dangereux, et j’espère et je crois que nous avons suffisamment de voix pour rejeter cela », avait-il ajouté devant la presse au Capitole.
Un seul scénario semble pouvoir faire bouger les lignes : l’hypothèse de mobiliser des troupes au sol. Les Républicains indiquent que ce dans ce cas-là, ils seront particulièrement vigilants et qu’ils attendront de sérieuses explications de l’exécutif.
Après le Sénat, c’est à la Chambre des représentants de se prononcer à son tour ce jeudi sur les pouvoirs de guerre du président.

Depuis samedi 28 février, Israël et les États-Unis mènent des frappes contre la capitale iranienne Téhéran. Le Guide suprême Ali Khamenei a été tué dans l’attaque israélo-américaine samedi. À la suite de cette annonce, la République islamique a déclaré 40 jours de deuil et sept jours fériés, mais ses obsèques, prévues ce mercredi 4 mars, ont été reportées. La télévision d’État iranienne a également rapporté dimanche la mort de quatre autres responsables. Les frappes ont continué dans différents pays de la région.

Israël a lancé dans la soirée de mercredi une nouvelle vague de frappes sur l’Iran. Jeudi matin, des explosions ont été entendues à Téhéran, selon l’agence de presse Tasnim. L’État hébreu se bat sur deux fronts,bombardant également le Liban et plus particulièrement les banlieues sud de Beyrouth, la capitale, ainsi que des régions à l’est du pays. Au moins 75 personnes sont mortes sous les bombardements israéliens au Liban.Le Hezbollah a affirmé que ses combattants étaient engagés dans des affrontements «directs » avec des soldats israéliens à six kilomètres de la frontière avec Israël.
Un sous-marin américain a coulé mercredi une frégate iranienne au large du Sri Lanka, dans l’océan Indien, tuant au moins 87 marins et faisant des dizaines de disparus. Le bâtiment iranien était le premier coulé par une torpille américaine depuis la Seconde Guerre mondiale.
RFI









