La coalition de l’opposition C64 a annoncé, ce mardi, l’organisation d’une marche populaire sur l’ensemble du territoire national le 8 juillet prochain. Cette décision a été prise à l’issue d’une réunion d’évaluation consacrée aux événements du 12 juin et intervient dans un contexte de vives tensions politiques autour des réformes institutionnelles en cours.
À Kinshasa, les organisateurs prévoient que le cortège converge vers le Palais de la Nation. La plateforme entend faire de cette mobilisation une démonstration de force politique visant à exprimer son opposition à ce qu’elle qualifie de « dérive institutionnelle ».
Dans une déclaration commune, les principaux leaders de la coalition, notamment Jean-Marc Kabund, Martin Fayulu, Moïse Katumbi, Delly Sesanga et Augustin Matata Ponyo, accusent le président de la République, Félix Tshisekedi, de s’éloigner des principes consacrés par la Constitution.
« Nous estimons que Félix Tshisekedi a trahi son serment. Il est en rébellion vis-à-vis de l’ordre constitutionnel », affirment les responsables de la plateforme.
Le président de l’Engagement pour la citoyenneté et le développement (ECiDé), Martin Fayulu, a réitéré cet appel à la mobilisation.
« Nous appelons à une marche à travers toute la République ce 8 juillet pour exiger le départ de monsieur Félix Tshisekedi à la tête du pays. Il a trahi la nation. Nous allons chuter devant le Palais de la Nation », a-t-il déclaré.
La coalition C64 estime que cette mobilisation nationale permettra de porter les revendications de l’opposition auprès des institutions et de l’opinion publique.
Le référendum au cœur des tensions politiques

Cette annonce intervient au lendemain de l’adoption par le Sénat du projet de loi portant organisation du référendum. Approuvé lundi en séance plénière, le texte a achevé son parcours parlementaire et doit désormais être transmis au président de la République pour promulgation avant son entrée en vigueur.
Pour l’opposition, cette réforme alimente les inquiétudes sur une éventuelle remise en cause de l’équilibre institutionnel. De son côté, la majorité présidentielle rejette régulièrement ces accusations et défend une démarche conforme aux dispositions constitutionnelles.
Le dialogue politique encore possible ?
L’appel à une marche nationale relance le débat sur l’avenir du dialogue politique en République démocratique du Congo.
Alors que les positions entre le pouvoir et l’opposition semblent se durcir, plusieurs observateurs estiment qu’un cadre de concertation inclusif demeure indispensable pour prévenir une escalade des tensions.
Dans un contexte marqué par des défis sécuritaires persistants dans l’est du pays et par des enjeux institutionnels majeurs, la capacité des acteurs politiques à privilégier le dialogue pourrait s’avérer déterminante pour préserver la stabilité du pays dans les mois à venir.
Par Marc Etumba, correspondant à Kinshasa
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